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Arthur Rackham, l’enchanteur

 

19 septembre 1867 – 6 septembre 1939

 

Apprentissage du soir

Issu d’une famille nombreuse de la classe moyenne, Arthur Rackham est né à Londres le 19 septembre 1867. De son enfance, on sait surtout qu’il était d’une santé fragile et qu’il séjourna environ un an en Australie pour “changer d’air”. Arthur étudia à la City of London School et, dès 1888, il figura comme aquarelliste dans les expositions publiques de la Royal Academy. Durant cette scolarité, le jeune homme remporta quelques prix pour ses dessins et laissa transparaître un peu de son futur génie. Enfant curieux, il devait cette soif d’apprendre à ses parents qui donnaient à tous leurs enfants une éducation en décalage avec l’esprit victorien  prônant une éducation très sévère.

Arthur Rackham eut une enfance globalement heureuse bien que 3 de ses frères décédèrent très jeunes. Peut-être est-ce à cause de ces drames familiaux ou encore du décalage entre son éducation et la société victorienne basée sur un réalisme qui prévaut sur l’imaginaire, mais toujours est-il qu’Arthur Rackham développa un univers peuplé de fées, de personnages issus du folklore anglo-saxon, mais aussi de composantes réelles du monde des hommes.

À 18 ans, il commença à travailler pour le bureau des incendies de Westminster tout en suivant des cours au Lameth College of Art.

 

“Siegfried and the Twilight of the Gods”, édition de 1911

 

Pendant 7 ans, il étudia aussi dur que possible en dehors des horaires de travail afin d’acquérir assez de technique pour pouvoir espérer suivre une carrière d’artiste. Ainsi, en 1892, il quitta son emploi au bureau des incendies et commença à travailler pour le Westminster Budget (jusqu’en 1896) en tant que reporter et illustrateur. Arthur recherchait alors encore son style et son approche était plus laborieuse et méthodique que spontanée. Les horaires rigides du journal exigeaient des croquis rapides plutôt qu’un travail soigneux que Rackham préférait. Ces 4 années passées à travailler pour le Westminster Budget furent donc de son propre aveu les plus dures de sa vie artistique. Rackham pensait également que la photographie allait supplanter l’illustration dans les journaux, ce qui l’inquiétait pour son avenir.

Cependant, cette expérience professionnelle lui permit de se faire la main et démontra qu’il était capable d’aborder de très nombreux thèmes. Les éditeurs remarquèrent cette polyvalence et réalisèrent rapidement que la présence d’une illustration signée Arthur Rackham dans leurs magazines boostait les ventes.

 

“Brünnhilde mène doucement et silencieusement son cheval vers la caverne”,
illustration de l’or du Rhin et la Valkyrie, 1910.

 

Dans le même temps, il réalisait aussi des illustrations pour des livres comme en 1893 avec le livre de Thomas Rhodes “To the Other Side”, ouvrage devenu très rare de nos jours. Ce livre fut un succès et donna lieu à d’autres commandes, ce qui lui permit de démissionner de son poste au Westminster Budget en 1896. En effet, il assura les illustrations de “The Ingoldsby Legends” en 1898, “Tales from Shakespeare”  en 1899 et “Contes des frères Grimm”  en 1900. Rackham n’était pas encore au sommet de son art, c’est pourquoi ces illustrations furent rééditées par la suite, une fois qu’il fut  devenu célèbre.

À 30 ans, il avait réalisé les illustrations d’une dizaine de livres. Cependant, ses travaux n’avaient pas encore la renommée de ceux d’Aubrey Beardsley, de 5 ans plus jeune, qui attiraient davantage les regards. En 1898, Aubrey Beardsley décéda d’une tuberculose à Menton alors qu’il était descendu dans le Sud de la France pour s’y faire soigner. La disparition de ce très jeune artiste laissa un grand vide et les critiques se tournèrent alors par la suite vers Rackham

 

La révélation

Rackham commença donc à se faire un nom, mais il était toujours en recherche de son propre style. C’est alors qu’en 1900, il fit la rencontre d’Edith Starkie. La jeune femme vivait dans une maison à côté du studio de l’artiste et était elle-même artiste. Portraitiste, Edith Starkie était capable de faire ressortir le meilleur d’Arthur. Elle fut sa meilleure critique et Arthur respectait grandement les jugements de la demoiselle. Beaucoup de critiques d’art sont convaincus que c’est durant cette période de séduction suivie d’ un mariage en 1903 que Rackham a su trouver son style et qu’il céda à son penchant naturel pour les mondes fantastiques et magiques. Son épouse l’a aussi aidé à améliorer sa technique en aquarelle. Une progression qui tomba à point nommé, car Arthur put profiter des progrès techniques de son époque et ainsi  s’exprimer pleinement dans son art.

En 1905, Rackham fit un premier grand pas vers la gloire avec l’édition de son travail pour “Rip van Winckle”  pour lequel il réalisa une série d’illustrations au lavis et à l’aquarelle. Une majorité de ces livres sortirent en édition limitée et signés par l’artiste lui-même. D’ailleurs, l’édition de 1905 proposait autant de pages d’illustrations que de textes ; ce qui était très rare alors.

 

Illustration tirée de “Rip Van Winkle”, 1905

 

“Les Contes des frères Grimm”  connut un grand succès et fut réédité deux fois, mais la première grande réussite éditoriale d’Arthur Rackham date de l’année 1907, avec la publication d’une nouvelle version de “Alice au pays des merveilles”. En effet, il fut reproché à Rackham d’avoir trahi l’œuvre originale de Lewis Carroll et les illustrations de John Tenniel. Etait-ce la peur de la concurrence ou du conservatisme ? Quoi qu’il en soit ses détracteurs ne nièrent jamais les qualités artistiques de Rackham dans ces illustrations. Et pour cause, les lecteurs adhérèrent immédiatement à cette nouvelle version et au travail de Rackham. Les conservateurs furent alors dépassés par la vague de sympathie envers l’artiste, à tel point que les illustrations de Rackham devinrent la référence et détrônèrent le travail de John Tenniel. La “Alice” de Rackham semblait être bien vivante selon les défenseurs du jeune artiste. Et c’est cette impression de vie qui fit le succès de Rackham.

 

“Alice au pays des merveilles”, 1907

 

En 1909, Rackham illustra à nouveau “Les Contes des frères Grimm”, mais cette fois-ci avec 40 images en couleur et 50 en noir et blanc (contre 1 en couleur et 99 en noir et blanc précédemment). L’artiste pouvait alors procéder comme il le souhaitait, à savoir dessiner très soigneusement son sujet au crayon puis, une fois complètement satisfait du résultat,  passer le dessin à l’encre de Chine.

L’apparition et le développement de la trichromie (procédé permettant de reproduire un très grand nombre de couleurs à partir de trois couleurs primaires) en Angleterre offrirent une nouvelle dimension aux illustrations de l’artiste. Préférant n’utiliser que très peu les 3 couleurs primaires, Rackham opta plutôt pour des gris colorés. Ce choix, couplé à son travail du trait, rendirent son oeuvre rapidement reconnaissable et l’observateur plongeait immédiatement dans l’univers de l’artiste britannique. D’ailleurs, les éditions de “Cinderella” (1919) et “Sleeping beauty” (1920) démontrèrent encore une fois toute la polyvalence et la qualité de la technique de l’artiste alors célèbre.

Rackham continua à illustrer les grands textes de la littérature de l’époque en y apportant sa vision artistique et en laissant sa grande imagination s’exprimer. William Shakespeare, Edgar Allan Poe, Hans Christian Andersen, Washington Irving, Friedrich De la Motte Fouqué, Charles Dickens …

 

“Poe’s Tales of Mystery and Imagination”, 1935.

 

“Poe’s Tales of Mystery and Imagination”, 1935

 

Cette polyvalence révéla aussi plusieurs aspects de sa personnalité. Les illustrations de “Peter Pan in Kensington Gardens” (roman de Sir James Barrie) laissèrent découvrir aux lecteurs le côté fantastique de sa personnalité, quand dans ses illustrations pour les frères Grimm, l’artiste se faisait plus observateur de la nature humaine. D’ailleurs, avec “Peter Pan in Kensington Gardens”, Rackham atteignit le sommet de son art.

Alors qu’il était déjà Membre de la Royal Watercolour Society, sa renommée fut totale lorsqu’il devint maître de la “Art worker’s guild” en 1919. Les revenus de ses illustrations et rééditions étaient largement complétés par ses participations aux galeries annuelles de Leicester. Il exposa également à Milan, Barcelone ou Paris. Il fut considéré comme l’un des plus grands illustrateurs de l’âge d’or de l’illustration britannique (des années 1890 à la fin de la Première Guerre mondiale). Jusqu’en 1920, le public appréciait fortement l’univers de la fantaisie et des fées. D’ailleurs le marché des livres illustrés de haute qualité était alors  important et nombre d’ouvrages étaient offerts pour les fêtes. Une grande quantité de ces livres fut rééditée en version “Luxe” (comme pour “Les Contes des frères Grimm” cités plus haut).

 

“Peter Pan dans Kensington Gardens”, 1906

 

Lui qui enfant, dessinait tard la nuit dans son lit, continua de le faire dans ses vieilles années, mais à cause de la maladie. Son corps déclinait mais son esprit restait toujours aussi absorbé. D’ailleurs, “The Wind in the willows”, son dernier chef d’œuvre fut réalisé pendant de longs mois de travail depuis son lit. L’œuvre fut publiée à titre posthume, dans un premier temps aux États-Unis en 1940, puis une décennie plus tard en Angleterre.

L’artiste mourut le 6 septembre 1939.

Tout au long de sa carrière, Rackham démontra une réelle habileté à mêler réel et fantastique, obtenant ainsi un très large succès. Sa minutie et sa vision très personnelle dans chacune de ses œuvres ont contribué à ce succès. Beardsley, Caldecott, Cruikshank, Doyle ou encore Dürer furent ses sources d’inspiration tout comme les estampes japonaises.

Au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, ses œuvres demeurèrent très populaires après sa mort et ses illustrations furent maintes fois réutilisées pour des ouvrages en version brochée, reliée ou pour des cartes postales. Ses originaux font toujours l’objet d’une véritable quête du saint Graal de la part des grandes maisons d’enchères.

 

“Alice au pays des merveilles”, 1907

 

Changement de décor pour notre prochaine fiche artiste. Celle-ci sera consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec, le truculent.

 

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