Les formations et le forum sont maintenant disponibles sur ce blog. Connectez-vous avec vos identifiants dessin.club -> -
Accueil ⁄ Georges Braque, l’initiateur de l’art contemporain

Georges Braque, l’initiateur de l’art contemporain

 

13 mai 1882 – 31 aout 1963

 

Enfance, formation et fauvisme

Né à Argenteuil en 1882 dans une famille de peintres décorateurs, Braque était destiné à devenir artisan comme son père et son grand-père. Il grandit en voyant son père, également peintre amateur, réaliser des toiles de type impressionniste. Alors que Braque n’a pas encore 10 ans, la famille déménage au Havre, alors en pleine période impressionniste. Plus inspiré par la vie portuaire que par les études, le jeune Georges s’inscrit malgré tout à l’École supérieure d’art de la ville (1893), mais 6 ans plus tard, il quitta le lycée sans se présenter au baccalauréat.

Il commença alors son apprentissage de peintre-décorateur chez son père et chez un de ses amis Roney, également peintre-décorateur. Puis en 1900, alors qu’il est à peine âgé de 18 ans, Georges prend la direction de Paris pour poursuivre son apprentissage jusqu’en 1906. Apprentissage artistique qui se fit avec le consentement de ses parents, mais qui fut ralenti pendant son service militaire (entre 1901 et 1902). À son retour, il s’installa à Montmartre et participa au cours Humbert durant lequel il fit la connaissance de Marie Laurencin et de Francis Picabia, futurs artistes comme lui. Il réalisa aussi ses premiers tableaux d’inspiration impressionniste.

En 1905, lors du Salon d’Automne, il découvrit avec enthousiasme le fauvisme de Matisse. Braque trouva dans ce mouvement fauve une façon de s’éloigner de l’académisme et d’explorer la couleur différemment. Avec le peintre et graveur Othon Friesz, Braque passa l’été 1906 à Anvers et réalisa alors ses premières œuvres de facture fauve. Puis après avoir été inspiré par les travaux de Cézanne qu’il put admirer lors du 4e Salon d’Automne, Georges prit la direction de L’Estaque en fin d’année.

 

« L’Estaque », Braque, 1906

 

Après avoir produit plusieurs œuvres, il en sélectionna 6 pour les exposer au Salon des indépendants de mars 1907. Une exposition qui fut un succès pour le jeune artiste. Les marchands d’art Wilhelm Uhde et Daniel-Henry Kahnweiler lui achetèrent toutes ses toiles (Kahnweiler qui devint le marchand et promoteur de Braque). Quelques mois plus tard, Braque prit la direction une nouvelle fois de L’Estaque et commença à se détacher du fauvisme.

Toujours en 1907, une rétrospective consacrée aux œuvres de Cézanne fut organisée. Cézanne étant décédé en octobre 1906. Braque y présenta 7 réalisations, mais une seule fut retenue. Toujours inspiré par les œuvres de Cézanne et pour approfondir le travail de ce dernier, Braque fit un troisième séjour à L’Estaque en compagnie de Friesz. Braques réalisa un grand nombre de toiles liées aux paysages de L’Estaque. Une année 1907 extrêmement riche pour l’artiste, car il fit aussi la rencontre de Pablo Picasso grâce au poète Guillaume Apollinaire.

 

« La maison derrière les arbres », Braque, 1906-1907

 

Picasso et naissance du cubisme

Si Picasso et Braque sont tous deux des « chercheurs en art », leurs personnalités furent opposées. D’un côté, l’artiste espagnol, doté d’un sens de l’observation poussé, ne détestait pas être sous le feu des projecteurs. Extraverti, il eut une vie mouvementée. De l’autre, Georges Braque, bien plus réservé, préférant l’intériorité et la stabilité, mais créateur tout aussi inspiré. Cette amitié fut possible grâce à leur admiration commune de certaines artistes comme Paul Cézanne, mais aussi grâce à leur but commun : transformer radicalement le rapport de la peinture à la réalité.

Ainsi, il n’est pas simple de déterminer véritablement les origines du cubisme, d’en définir précisément la paternité. Mais cette collaboration dura de 1907 au début de la guerre de 1914, Braque étant mobilisé pour partir au combat. Mais avant cela, les deux artistes travaillèrent en étroite collaboration.

En plus des premières œuvres considérées comme cubiste, citées dans notre fiche dédiée (voir le lien dans le paragraphe précédent), Braque réalisa entre janvier et juin 1908 « Le Grand Nu ». C’est après avoir vu des œuvres de Picasso (dont « Les Demoiselles d’Avignon ») que Braque vit ses réflexions préalables confirmées et qu’il se lança dans la réalisation de ce « Grand Nu ». C’est ainsi que naquit la collaboration entre Picasso et Braque, toujours en recherche, en « confrontation » ou plutôt en « compétition ».

 

« Le Grand Nu », Braque, 1908

 

Malgré cette riche collaboration naissante, Braque vit son travail refusé au Salon d’Automne de 1908. Kahnweiler, étant passablement énervé par ce rejet, offrit à Braque sa première exposition individuelle. C’est alors que le critique très conservateur Louis Vauxcelles parla de cube pour définir le style de Braque :

 

« Il méprise la forme, réduit tout, sites, figures et maisons, à des schémas géométriques, à des cubes. »

 

Ce critique ne comprit jamais les esprits artistiques avant-gardistes et s’employa à discréditer le cubisme. Un demi-échec, car quand le travail de Braque et de Picasso fut exposé, les artistes ayant visité cette exposition adoptèrent également le style du duo franco-espagnol. Par contre, le public n’était alors pas encore prêt à voir une évolution artistique aussi brutale. D’autant plus que les œuvres de Braque tendaient petit à petit vers l’abstrait.

 

« Maisons à l’Estaque », Braque, 1908

 

Inséparables, Braque et Picasso travaillaient fréquemment sur les mêmes sujets, réalisant même des œuvres se ressemblant grandement. Il n’y avait bien que certains experts pour pouvoir dire si une œuvre était de Braque ou de Picasso. Ils élaborèrent alors le cubisme analytique, une nouvelle façon de comprendre et de représenter le monde. Ainsi, ils ne cherchaient plus à copier la nature, mais à la décomposer puis à représenter le modèle étudié selon des points de vue différents, mais en une image fixe. Cependant, au fil des mois, les œuvres proposées par le duo devenaient de plus en plus complexes et de plus en plus hermétiques pour un spectateur non initié.

Se lassant de ce cubisme analytique, Braque commença à utiliser la technique des collages dans ses œuvres. Il collait des papiers peints et des journaux directement sur ses toiles, peignant aussi des chiffres et des lettres. Il se lança dans l’imitation de diverses matières comme le faux marbre et le faux bois.

Entre 1911 et sa mobilisation en août 1914, Braque se rendit à Céret où il fit la connaissance du sculpteur et peintre Henri Laurens, futur cubiste également. C’est aussi avant la Première Guerre que Braque fit la rencontre de celle qui deviendra sa femme plus tard, Marcelle Lapré. La carrière de l’artiste fut brutalement stoppée par sa mobilisation sur le front en aout 1914.

 

La période thématique

Après la guerre, Braque entra dans le troisième temps de son œuvre : la période thématique.

Se remettant au travail à partir de 1917, il continua de peintre en restant fidèle au cubisme tout en essayant de le faire évoluer en quelque chose de moins agressif, plus coloré et respectueux de la réalité de l’objet qu’il voulait représenter. Il est alors dans la continuité du cubisme synthétique qu’il avait débuté juste avant la guerre. De son côté, Picasso a évolué, mais son travail ne correspondait plus aux objectifs de Braque. Ce dernier, déconcerté par le travail de son ami, aurait même pensé que Picasso trahissait l’esprit cubique. Les deux artistes allaient donc prendre des directions différentes et leur collaboration se termina ainsi.

 

« Verre et as de trèfle », Braque, 1917

 

Selon cette nouvelle manière plus traditionnelle, il réalisa des séries de guéridons dès 1918, mais aussi de cheminées, entre 1922 à 1927. Braque travailla avec des verts, des bruns et des noirs jusqu’en 1928 où les couleurs réapparaissent et la matière devient plus fluide. Ainsi, Braque s’écarta de l’abstraction.

Vers 1930, il exécuta plusieurs séries : des baigneuses, des Plages, des Falaises. Puis jusqu’en 1938, il créa beaucoup de natures mortes décoratives comme la Nappe rose (1933), la Nappe Jaune (1935), la Nappe mauve (1936), Femme à la mandoline (1937).

Braque était alors en pleine possession de ses moyens techniques et semblait être au sommet de son art. Son travail était mondialement reconnu : rétrospective à Bâle en 1933, à Bruxelles en 1936, à New York en 1949 ; prix Carnegie en 1937… etc.

 

« Le Duo », Braque, 1937

 

L’artiste resta en France pendant toute la Deuxième Guerre mondiale et réalisa durant cette période quelques œuvres supplémentaires : les Poissons noirs (1942), le Guéridon rouge (1942), le Salon (1944). Mais en 1945, il tomba gravement malade et il fut contraint de s’arrêter de peindre durant plusieurs mois.

Fruits de ses recherches, de ses souvenirs et d’un travail acharné, Braque peignit entre 1949 et 1956 huit toiles aux couleurs plus éteintes : les « Ateliers ». Durant cette même période, l’artiste réalisa également de nombreuses décorations comme la porte du tabernacle de l’église d’Assy en 1948 ou le plafond de la salle Henri II (ou salle étrusque du Musée du Louvre), terminé et inauguré en 1953.

 

Le temps des Métamorphoses

Durant les dernières années de sa vie, Braque était incapable de travailler longtemps à ses peintures. Il sélectionna une centaine de ses œuvres qui furent retranscrites en gouaches maquettes pour une exécution en trois dimensions.

Dans cette optique, il collabora avec le diamantaire Heger de Löwenfeld et ainsi ils créèrent des céramiques, sculptures, bijoux, mosaïques ou encore des tapisseries.

Cette envie de trois dimensions est liée au fait qu’en 1960, Braque réalisa qu’il n’avait que très peu réalisé de sculpture quand son ami et concurrent Picasso en avait produit plus de 800. Durant sa période cubiste, Braque avait créé un grand nombre de sculptures en papier (ce qui fut le prélude de sa période collage), mais aucune ne fut alors conservée.

Cette aventure des Métamorphes commença par la rencontre des deux artistes, au domicile de Braque en 1961. Il put faire part au diamantaire de son intérêt pour la mythologie. André Malraux, ministre nommé par le général de Gaulle, fut mis au courant de cette nouvelle aventure par Heger de Löwenfeld et voulut qu’on le tienne précisément informé. Enthousiaste, euphorique, le ministre qui était un admirateur et collectionneur d’œuvres de Braque, lança une commande de 100 bijoux afin qu’ils soient exposés par la suite.

 

« Doris », bague en or 13.20 gr, 1962

 

Heger de Löwenfeld fit son rapport à Braque et tous les deux se mirent immédiatement au travail. Malgré son âge avancé et sa fatigue, Braque travailla quotidiennement à l’élaboration de ces gouaches maquettes

La plupart de ces œuvres furent présentées au palais du Louvre en 1963 le 21 mars. Le succès fut tellement immense que l’exposition fut prolongée jusqu’au 13 mai 1963, date d’anniversaire de l’artiste. De nombreux musées dans le monde demandèrent alors à pouvoir exposer eux aussi ces créations.

 

« Circé », Sculpture céramique, 1962

 

Braque s’est éteint le 31 aout 1963 après une riche et brillante carrière. André Malraux prononça l’oraison funèbre de l’artiste : « Et puisque tous les Français savent qu’il y a une part de l’honneur de la France qui s’appelle Victor Hugo, il est bon de leur dire qu’il y a une part de l’honneur de la France qui s’appelle Braque – parce que l’honneur d’un pays est fait aussi de ce qu’il donne au monde… ».

Après la mort de Braque, le diamantaire continua de faire connaître Braque par des expositions et conférences, de reproduire des œuvres du peintre sous forme de gouaches servant de maquette pour de nouveaux bijoux jusqu’en 1996, année de sa mort. Heger de Löwenfeld signa ses gouaches de sa main afin d’éviter toute confusion avec celles du peintre décédé. Par la suite, c’est Armand Israël qui prit le relai. Expert et ayant-droit de Georges Braque, il est le conservateur du musée dédié à l’artiste. Depuis de nombreuses années, il transmet sa passion pour le Maître à travers l’organisation d’expositions, l’édition de livres et de nombreuses conférences.

 

« Icarios », Collier en or 18K, 1963

 

« Le char de Médée », broche en or 18 K 28 grammes, 1962

 

Anecdotes sur Georges Braque

  • Braque fut donc mobilisé pour partir à la guerre dès 1914. Il fut gravement blessé (trépanation) sur le front d’Artois en 1915 et ne put reprendre le travail qu’en 1917.
  • L’artiste est enterré au cimetière marin de Varengeville. La chapelle porte les vitraux qu’il avait réalisés en 1954.
  • Braque fut donc gravement blessé et respecta une longue convalescence. De cette période difficile, il n’en ressortit aucune œuvre. Il n’en parla jamais et resta fidèle à lui-même, à savoir une personne discrète préférant l’intériorité.
  • Braque fut le premier peintre exposé de son vivant au Louvre.

 

« Mounichos », bague or 12,40 gr et camée cornaline, 1963

 

« Procris », Boutons de manchette or 18 K et émail bleu, 1962

 

Pour notre prochaine fiche, nous évoquerons la vie d’un compagnon de route de Braque, Pablo Picasso

Télécharger la fiche (Format PDF)

 

signature-pyf-aad

 

x

Déconnexion

Mot de passe

Entrez votre adresse e-mail pour recevoir un lien qui vous permettra de choisir un nouveau mot de passe.

Mot de passe

Choisissez un nouveau mot de passe.


Inscription


xCUSTOM

Your custom content goes here.