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Histoire de la peinture, panorama (4ème partie)

 

Le Moyen-Âge

 

  • Art de la vieille Europe

Art anglo-saxon : Connu principalement pour ses enluminures, cet art se développa sur la période  s’étalant du 5e siècle (avec l’arrivée des anglo-saxons en territoire britannique) jusqu’au début du 11e (avec l’invasion du royaume d’Angleterre par Guillaume le Conquérant). C’est une des premières formes d’art européen du Moyen Âge à apparaître. Les manuscrits étaient illustrés de motifs abstraits, de portraits ou scènes.

Le savoir-faire des artistes anglo-saxons provient de différentes sources :

  • méditerranéenne pour l’introduction des représentations humaines de manière réaliste.
  • irlandaise pour les traditions décoratives complexes.
  • anglo-saxonnes pour les pages-tapis (motifs couvrant entièrement une page) et les motifs animaliers.

Le manuscrit de Lindisfarne est un exemple de l’art influencé par l’ Europe continentale. Il est généralement considéré comme le plus beau spécimen de l’art religieux typique de ce royaume, combinant des influences celtiques, anglo-saxonnes et italiennes pour en faire la symbiose dans un « art irlando-saxon ».

Le plus ancien ouvrage enluminé anglo-saxon encore conservé est le «Livre de Durrow» (VIIe siècle).  Vers la deuxième moitié du 8e siècle, la production de manuscrits fut interrompue brutalement avec l’arrivée des vikings qui saccagèrent les monastères du nord du territoire.

 

Évangiles de Lindisfarne, vers l’an 715, Portrait de saint Matthieu

 

L’école de  Cantorbéry prit le relais et fut influencée par les manuscrits importants de la renaissance carolingienne en Europe continentale. On peut citer le Codex Aureus dit de Cantorbéry (ou de Stockholm)  qui conserve malgré tout des origines celtiques ou anglo-saxonnes. Malheureusement, les Vikings poussèrent l’exploration de l’île plus loin dans le sud, provoquant la disparition de l’école de Cantorbéry.

Ces invasions des vikings eurent un effet dévastateur sur l’art anglo-saxon jusqu’au milieu du 10e siècle. En effet, le roi Alfred mena victorieusement des guerres contre  les Vikings durant la deuxième moitié du 9e siècle, réunifiant presque tout le pays. Et  sous le règne de son petit-fils Æthelstan, l’art anglo-saxon  renaquit sur l’île au 10e siècle, avec l’école de  Winchester (ville qui devint alors le centre de la vie artistique de l’époque).

Le Bénédictionnaire de Saint Æthelwold constitue un autre exemple de manuscrit alliant différentes influences. Cet ouvrage  mélange les icônes et styles carolingiens, byzantins et celtes.

 

Bénédictionnaire de saint Æthelwold, vers 970

 

Les dessins du 10e et 11e siècles étaient réalisés à la plume et le tracé se faisait de différentes couleurs, y compris la couleur qui servait traditionnellement à l’écriture du texte. Ces changements de couleur n’étaient pas un hasard mais ils avaient pour but de faire ressortir davantage les différentes parties d’une composition. La peinture utilisée était de la gouache.

 

Art roman : ce courant artistique d’Europe de l’ouest concerne les 11e et 12e siècles, après les invasions des vikings et des sarrasins. Ce fut alors une période de renouveau sociétal et artistique profondément pluridisciplinaire (sculpture, peinture, architecture, vitraux, orfèvrerie, travail de l’ivoire, broderie et enluminure). Le terme “roman” apparut très tardivement (au 19e siècle) et faisait référence aux églises de cette époque qui s’inspiraient des basiliques romaines et de leur architecture.

La première phase de l’art roman débute en Italie (Côme, Lombardie) et dans la péninsule ibérique (Catalogne et Aragon). Elle couvre la période allant du milieu du 10e siècle à la fin du 11e.

Les décorations pariétales d’une paroi ont laissé place aux oeuvres  peintes en grandes surfaces  sur les murs dans les édifices romans. Mais beaucoup de ces peintures n’ont pas survécu aux années qui passent (iconoclasme, guerres, restaurations maladroites, murs repeints …). La chapelle de saint Eldrade (Italie) contient par exemple les plus vieilles fresques romanes connues à ce jour.

Si l’art roman avait un rôle décoratif, il avait aussi une vocation éducative. Dans la religion chrétienne, on comprit très vite le pouvoir que l’image pouvait avoir sur l’esprit des gens (bien que dans l’Ancien Testament, le sujet des représentations divines était sensible). En effet, à cette époque, une bonne partie de la population ne savait pas lire et les peintures dans les églises permettaient d’apprendre autrement que dans des livres. Ainsi, le pape Grégoire 1er sauva certainement un grand nombre de réalisations (peintures, enluminures, broderies, etc) destinées à être détruites par ceux qui appliquaient strictement les textes religieux.

Alors que la technique de la fresque (comme vu dans la partie précédente) était bien connue, on ne peut pas dire qu’elle s’appliquait dans le cas des peintures murales romanes, pour des raisons pratiques notamment.  Réaliser des fresques sur ces vastes parois, en tenant compte du temps de séchage réduit et sans trop perturber la vie des religieux était délicat. C’est pour cela qu’il est difficile de parler de fresques au sens strict dans le cas des peintures murales romanes. Les artistes préféraient travailler alors sur un enduit sec (ou quasiment) puis ils le mouillaient à nouveau afin d’étaler la peinture. Aujourd’hui, beaucoup de peintures romanes ont disparu ou sont gravement délabrées. La technique utilisée ne permettait pas d’obtenir une couche de peinture assez épaisse et résistante, à l’inverse des fresques byzantines qui étaient faites à partir d’un mélange frais de sable et de chaux; l’enduit et la peinture ne faisaient alors plus qu’un en séchant mais l’artiste devait travailler en une journée maximum (retouches comprises). Difficile à faire dans le cas roman.

Selon la zone géographique, on remarque des différences stylistiques. En Espagne comme en Italie, l’influence de l’art byzantin se ressentit. Cela est lié au fait que des villes comme Venise commerçaient durant le 11e siècle avec le Moyen-Orient. Dans le sud de l’Italie, l’influence byzantine se manifesta également mais elle était moins imposante, les artistes adaptant les techniques byzantines selon leurs besoins et envies.

Rome n’échappa pas totalement aux influences byzantines. Mais afin  de redonner la gloire passée à la ville éternelle tout en faisant passer à travers l’art leur message religieux et politique, des ecclésiastiques de Rome procédèrent à un renouveau stylistique au 12e siècle.

 

Saints Cyrille et Méthode amènent le corps de saint Clément à Rome. 11ème siècle

 

En France, les origines sont variées mais on estime que “globalement” les oeuvres sont de tradition carolingienne; art qui s’affirma durant le règne de Charlemagne et jusqu’au 10e siècle.

“Globalement”, car dans un même édifice, peuvent se côtoyer des oeuvres sans véritables caractères communs et sans indices chronologiques (notamment dans certains édifices du centre-ouest de la France).

 

Fresque de l’église de Saint-Savin

 

À l’inverse, en Bourgogne, les influences byzantines sont plus nettes,  comme dans la chapelle d’un prieuré de l’abbaye, Berzé-la-Ville. On y retrouve des influences de l’art byzantin mais aussi de l’art pictural de Rome. Les techniques y furent mixtes : peinture à fresque en majeure partie et des finitions peintes à sec. Cet ensemble du début du 12e siècle est considéré comme le plus important spécimen de la peinture romane en Bourgogne.

 

Fresque de la chapelle des moines

 

Dans le Saint Empire romain germanique, les influences de l’art roman furent ottoniennes (en rapport avec le roi Otton). Le Saint Empire romain germanique se présentait comme la continuité légitime de l’Empire d’Occident des Carolingiens et de l’Empire Romain d’occident. Cette période ottonienne va du début du 10e siècle au début du 11e. L’art roman qui succèda à l’art ottonien subit son influence.  Il n’existe pas de véritable coupure entre les deux époques.

Il y a peu de chances pour que l’exécution de ces peintures murales aient été confiées à des religieux, contrairement à l’illustration des manuscrits.

D’ailleurs, l’enluminure durant la période romane fut l’objet  de grandes transformations par rapport à l’époque carolingienne. Déjà parce qu’ au départ, cette activité  n’était assurée que par un petit nombre de personnes; ces dernières réalisant notamment des oeuvres luxueuses pour des personnalités importantes (religieuses ou non). Mais le métier finit par se généraliser avec la diffusion du livre et de la lecture dans les monastères.  Les religieux devaient être formés et disposer d’une certaine culture. Ainsi, afin de répondre à cette demande, de plus en plus de livres de genres différents furent enluminés et chaque monastère devait entretenir son propre atelier (ou scriptorium ).

Les réalisations prenaient du temps (jusqu’à plusieurs années), faisant ainsi monter le prix du manuscrit. Comme auparavant, les images peintes étaient soit ornementales soit en pleine page mais n’intervenaient qu’une fois le texte écrit. Les techniques restaient totalement artisanales et tout était fait à la main :

  • Couleurs : d’origine végétale, animale ou minérale mélangées à de la graisse animale.
  • Parchemin : obtenu à partir de peaux animales (moutons, chèvres, veau).
  • Liant : à base de blanc d’œuf; cela permettait d’obtenir des propriétés adhésives.

 

Psautier de Saint-Alban, 1125

 

La prochaine étape de notre voyage nous amènera dans l’univers des enluminures gothiques et des primitifs italiens.

 

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