Les artistes vont-ils être remplacés par des intelligences artificielles?

Les machines vont-elles remplacer les artistes?

Après avoir fait mes propres essais de génération d’images à partir de phrase plus ou moins complexes, j’ai voulu en savoir plus ces outils de création à base d’Intelligence artificielle. D’ailleurs la quasi-totalité des images contenue dans cet article a été créée avec MidJourney v4, en moins d’un quart d’heure (pour vous donner une idée).

Pour creuser sur le sujet des images générées par IA, je me suis tourné vers mon ami Eric Debeir, spécialiste en réseaux de neurones et en machine learning.
Je souhaitais connaitre son opinion franche sur les dernières évolutions en termes d'”intelligence artificielle”.
Je voulais savoir notamment comment il voyait le futur des artistes dans un contexte aussi exceptionnel que celui que nous vivons actuellement, avec notamment la montée des modèles tels que MidJourney, OpenAI et StableAI pour ne citer qu’eux.

Je sais qu’Éric est quelqu’un de très franc, passionné à la fois par les mathématiques et l’art.
C’était donc la personne idéale à interviewer pour faire le point sur le deep learning.

Portrait d'Eric, directeur scientifique de Datalchemy

Pit : Bonjour Eric, merci d’avoir pris du temps pour répondre à cette interview, je sais que tu es très occupé….
Peux-tu te présenter brièvement?
Peux-tu décrire ton cursus scolaire jusqu’à ta situation professionnelle d’aujourd’hui?

Eric : Je suis un abruti comme il y en a quelques milliards, passionné de mathématiques et de création artistique. Mon cursus est un petit bordel appréciable entre école d’ingénieur, projets artistiques et carrière scientifique. Je suis tombé dans “l’intelligence artificielle” en 2014. Je suis aujourd’hui directeur scientifique de Datalchemy qui travaille en IA pour différents clients.

 

Pit : Pour les novices qui nous lisent, peux-tu nous donner ta définition du deep learning?

Eric : Le Deep Learning est une nouvelle forme d’un domaine plus vaste nommé le Machine Learning. Le Machine Learning est une nouvelle approche de l’informatique avec un nouveau paradigme. Avant, nous avions besoin de spécifier exactement le fonctionnement d’un algorithme. Aujourd’hui, nous pouvons créer un algorithme à partir d’une grande masse de données, et de nouveaux outils assez révolutionnaires sont apparus ces dernières années.

L'utilisation du terme "intelligence artificielle": une aberration!

Peinture de paysage dans le style de Bierstadt

Pit : Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser aux réseaux de neurones et au deeplearning?

Eric : Les mathématiques (sans lesquelles il n’y a pas de joie possible sur cette terre (avis personnel)), et les exploits observés en 2014. AlphaGo, par exemple, est une révolution que beaucoup pensaient impossible, le jeu de Go étant d’une extrême complexité.

 

Pit : Que penses-tu du terme “intelligence artificielle”?
Penses-tu que les machines vont bientôt venir nous chercher pour nous désosser et nous réduire en miettes?

Eric : Je déteste ce terme qui est une tromperie gigantesque et insupportable.
Quand on entend les mots “intelligence artificielle”, on imagine évidemment tous des “êtres” numériques plus ou moins conscients comme dans les livres / bds / films ou jeux vidéo. On imagine la reproduction d’une intelligence humaine sous une forme numérique…

Et tout cela n’a strictement rien à voir avec les outils du Deep Learning.
On appelle ces outils IA aujourd’hui pour des raisons à la fois historiques et marketing, mais cela n’a rien à voir avec la réalité de ces outils qui sont de gros circuits entrée/sortie basés sur une multitude de calculs mathématiques assez simples.

Pour le dire autrement, si le Deep Learning est de l’Intelligence artificielle, alors, on peut considérer que n’importe quel logiciel (Photoshop, ou le premier jeu vidéo) en est aussi.

Pour le répéter autrement, prétendre que les outils que nous avons aujourd’hui en Deep Learning sont un pas vers l’intelligence artificielle, c’est comme prétendre que nos voitures sont un pas vers le voyage intergalactique.
Pour simplifier : les IAs (au sens de la SF) n’existent juste pas. Et beaucoup de discussions sur l’éthique ou de potentielles “attaques de robot” sont de la mauvaise littérature sans réalité scientifique.

Portrait d'une femme dans le style de Sargent

Au sujet du transhumanisme et de la transcendance

Pit : Crois-tu en la transcendance de la technologie et au transhumanisme?

Eric : J’y crois très peu.

 

Pit : Dans quels domaines peut s’appliquer le deep learning?
Peux-tu donner quelques exemples évidents? Et d’autres moins évidents?

Eric : Des tonnes de domaines, c’est justement un des aspects passionnants de ces outils, qui peuvent s’appliquer à de nombreux sujets très différents. Ici, en me restreignant au côté artistique, et cette liste n’est sûrement pas exhaustive

Génération d’images originales à partir d’un dataset : le stylegan par exemple
https://github.com/NVlabs/stylegan3
https://compvis.github.io/taming-transformers/

 

Cette approche a récemment fait du bruit, entre modèles de diffusion et découverte d’un espace commun texte/image : les DALLE-2 ou plus récemment l’excellent Stable Diffusion
https://openai.com/dall-e-2/
https://github.com/CompVis/stable-diffusion

 

La conversion d’images d’un domaine vers l’autre (peinture vers photo, hiver vers été), avec l’ancêtre du CycleGan :
https://junyanz.github.io/CycleGAN/

 

La découverte d’un environnement 3d à partir d’une photographie
https://github.com/NVlabs/instant-ngp

 

La modification précise d’une image de départ
https://github.com/orpatashnik/StyleCLIP

 

La création d’images à partir d’un dessin simpliste
http://gaugan.org/gaugan2/

 

Ou en musique :
La séparation de sources (partir d’un mix et récupérer les pistes séparées) :
https://github.com/sigsep/open-unmix-pytorch

La génération de musique
https://openai.com/blog/jukebox/


La découverte de lignes mélodiques ou autres outils de composition
https://magenta.tensorflow.org/demos

 

Très récemment, on voit apparaître des approches proches de la génération d’image (modèles de diffusion), mais pour la musique :
https://storage.googleapis.com/music-synthesis-with-spectrogram-diffusion/index.html

La version réaliste de Mario

Les limites du Deep Learning

Pit : Quelles sont globalement les limites que l’on retrouve le plus dans les modèles de deep learning?

Eric : La principale limite à date est notre incompréhension de ces outils. Nous les entraînons, observons des résultats incroyables, mais nous savons peu ou pas nous en servir. Il faudrait que de plus en plus, des utilisateurs puissent s’emparer de ces nouveaux outils pour mieux les comprendre et découvrir leurs possibilités.

Sinon, il existe quelques limites assez connues :

  • Ces modèles peuvent coûter cher à entraîner, demandent un matériel précis, et ont un bilan écologique assez dégueulasse
  • Une quantité énorme de données est nécessaire pour entraîner un modèle
  • Notre compréhension scientifique de ces outils reste à date très limitée, et donc bien peu efficace

Pit : De ton côté, sur quoi travailles-tu? Je sais que certains détails des projets sur lesquels tu travailles doivent être tenus secrets, mais peux-tu développer un peu sur quoi tu travailles actuellement?

Eric : 80% de mon travail est confidentiel :/ Je travaille sur de l’image, de la vidéo, du son, du texte ou de la robotique…
Sur le plan personnel, je joue énormément avec les outils “artistiques” disponibles (quand j’en ai le temps)

Escalier vers le paradis

Les modèles connus de Deep Learning

Pit : Peux-tu nous résumer les différents modèles principaux (les plus connus) de deep learning appliqués à la création d’images obtenues à partir de requêtes textuelles?

Eric : Le premier modèle a vraiment faire quelque chose d’impressionnant est le premier DALL-E. Ces modèles apprennent ce qu’on appelle un espace latent (soit, un espace le plus simple possible) dans lequel ils vont résumer en même temps une image et une phrase. Ces modèles sont entraînés de manière à avoir le même “résumé” entre une image et le texte qui la décrit. Une fois que ce modèle est entraîné, on peut partir d’une phrase, trouver le vecteur latent “résumé”, et ensuite créer une image qui ait le même “résumé”.

Ces vecteurs latents sont le Graal dans cette histoire. Une image de 1000px par 1000px, en couleur, c’est 3.000.000 de valeurs numériques. Et on arrive à “résumer” cette image par un vecteur qui contiendra entre 500 et 1000 valeurs, vecteur qui semble recouvrir un très grand nombre de styles et de contenus. Tu peux imaginer une machine avec 1000 leviers. Chaque combinaison des 1000 leviers donne une nouvelle image incroyable. Il ne reste plus qu’à apprendre à jouer de ces leviers.

 

Pit : Quel est le projet qui t’impressionne le plus actuellement dans le domaine des visuels créés à partir de texte et pourquoi?

Eric : Sans hésitation, Stable Diffusion. Déjà, car les résultats sont excellents. Mais surtout, car contrairement au DALL-E d’OpenAI, ils ont diffusé l’ensemble des modèles qui fait que chacun peut jouer chez soi (pour peu qu’il dispose d’un gpu assez cher).

Combat de boxe entre grands-mères

Quel avenir pour les artistes face aux "IA"?

Pit : Quels impacts penses-tu que le deep learning aura potentiellement sur les artistes et le monde de l’image dans le futur proche, à moyen et à long terme?

Eric : L’apocalypse professionnelle et une révolution artistique

L’apocalypse : Très vite, il sera “facilement” possible de générer des visuels incroyables uniquement en jouant avec des phrases. On peut imaginer que sur de nombreux projets commerciaux, les dirigeants arrêteront de (mal) payer un artiste pour faire des économies tout en ayant des visuels impressionnants à disposition. Peut-être le public s’habituera-t-il et retrouvera-t-on une valeur à la création humaine. Mais les projets à petit budget vont disparaître. Or, ce sont ces projets qui permettent à de jeunes débutants de faire leurs premières armes et de vivre, sans rien enlever au fait que de nombreux dinosaures du domaine continuent de vivre en partie de cette activité.

La révolution : nous sommes face à une redéfinition totale de ce qu’est une image. Nous avons une machine à laquelle nous ne comprenons rien, aujourd’hui. Évidemment, la communauté artistique va se saisir de ces nouveaux outils, les exploiter, les redécouvrir, les détourner. Le sampling n’a pas tué la musique. De nouveaux courants ou pratiques artistiques que nous n’imaginons même pas vont naître de ces outils.

Harry Potter devant Poudlard

Pit : Si tu étais un artiste en devenir, que ferais-tu dans le contexte actuel?

Eric Honnêtement, je serais assez stressé et (attention, j’ai une tendance pessimiste), dans certains cas, je réfléchirai à une réorientation pro si les sujets qui me vont vivre financièrement semblent rentrer dans ce que peuvent générer les IAs. En même temps, créativement, j’aurais envie d’éprouver à fond ces nouveaux outils pour devenir un des premiers acteurs à les maîtriser. C’est une belle montagne à gravir, avec des mathématiques en embuscade, mais il y a des choses incroyables à trouver. Plus prosaïquement, un artiste avec sa culture et sa pratique sera vite un excellent utilisateur de ces IAs. Apprendre à travailler avec peut permettre d’aller beaucoup plus vite sur certaines parties et de mieux se concentrer sur d’autres. Autant s’y mettre.

 

Pit : As-tu quelque chose à ajouter sur le sujet qui pourrait être pertinent pour la communauté apprendre à dessiner?

Eric Miaw & rrrrrrrrrr

 

Pit : merci encore pour ton temps

Aquarelle représentant New-York (flat iron)

Conclusion sur les innovations des IA dans la création d'image

Je dois avouer que la première fois que j’ai vu ce qu’était capable de faire la version 4 de Midjourney (début novembre 2022), mon coeur a failli lâcher.
Jamais je n’aurais imaginé voir cela de mon vivant.

Je suis très ambivalent sur le sujet:
D’un côté je ressens une excitation incroyable pour l’outil et cela me donne envie d’essayer plein d’idées afin d’accélérer mes projets.

D’un autre côté, je ressens la peur de perdre mon travail à terme et de voir le monde de l’illustration se métamorphoser en un univers dominé par le machine learning.

Y a t-il de l’espoir pour les artistes, notamment les illustrateurs, concept artist et tous les métiers de création d’images?
Ma réponse est oui.
Cependant, les industries vont changer radicalement.

Et à la question: “pourquoi ne régule-t-on pas les outils de machine learning?”, je réponds que le processus est déjà en cours.
Les gouvernements et les comités d’éthique vont être contraints de réagir vite pour faire le ménage face à un nouveau paradigme qui pénalise certaines industries… et pas que les artistes, loin de là!

D’autres industries comme celle des transports ou de la médecine vont être révolutionnées les prochaines années.
Il faut s’y attendre.

Mais si le Machine Learning doit co-exister avec l’humain, il faudra qu’il nous serve avant tout et pas le contraire.
Nous avons donc la responsabilité de participer à la discussion, d’échanger de façon productive et de décider des barrières à ne pas dépasser.

L’heure n’est pas à l’émotion. Nous allons devoir décider des limites du Deep Learning et de tous ces algorithmes mathématiques qui vont transformer nos vies au cours des prochaines décennies.

Pour contribuer à la discussion, je suis en train de rédiger un essai sur ma vision de l’avenir et des mesures à mettre en place pour ne pas que nous devenions les esclaves de nos propres outils.

Dans tous les cas, il faut garder la tête haute et ne pas se décourager. Il existe des solutions à tout.
Nous ne pouvons clairement pas rester à l’âge de pierre, mais nous nous devons de ne pas nous tirer une balle dans le pied non plus.

Gardez en tête que chaque cerveau humain est unique. Notre originalité fait notre force.
L’artiste ne sera jamais vraiment remplacé par la machine, mais les domaines vont clairement être ébranlés.
Cela ne doit pas nous décourager à apprendre et nous former aux métiers de l’image, car la vision de l’artiste, sa sensibilité et ses idées ne peuvent être remplacées.
L’avantage du Machine Learning est que nous pouvons déléguer une partie de nos tâches et gagner en rapidité et en productivité.

J’aimerais aussi rajouté que le travail manuel sera de plus en plus rare, mais ce qui est rare a beaucoup de valeur.
Ma façon de voir les choses: le travail de l’artiste prendra encore plus de valeur dans un monde de machine.

 

Et toi qui me lis, que penses-tu de cette révolution?
Partage tes craintes, tes espoirs et tes pensées en commentaire.

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33 réponses
  1. WELCOME TO THE MACHINE (Pink Floyd)

    Étant amateur de Go, en 2014, AlphaGo fut ma vraie frayeur. Je connaissais un mathématicien dans les années 90 qui m’assurait que jamais, au grand jamais, un ordinateur ne pourra battre un humain tant ce jeu est complexe…! Pas de bol.

    Aujourd’hui, on a des chiens robots -pouvant être équipés d’armes létales de haute précision- surveillent déjà des villes en Chine, les caméras à reconnaissance faciale, la surveillance d’internet (un iota freiné au couplage VPN et Tor).

    Mais les cartes bancaires, cartes de fidélité vous tracent déjà depuis longtemps. Alors, bientôt le passeport vaccinal? Il ne manquera plus que la singularité s’immisce pour que toute l’humanité soit détruite façon Skynet (Terminator).

    La liste noire est longue et plutôt bien sourcée, regardons récemment en Nouvelle-Zélande où la ministre demande aux amis-familles-voisins etc. de dénoncer les néo-terrorises (antivax)… C’est un peu hors-sujet mais cela prouve aussi que les humains sont des robots programmables (ingénierie sociale).

    Bref, je reste pessimiste et je pense, à l’instar de certaines «Intelligences Artificielles» -lorsqu’on ne leur coupe pas le micro- que la machine remplacera l’homme dans tous les domaines, et qu’au passage elle ne manquera pas d’éradiquer ces petites «choses» à 2 pattes qui leur seront devenus totalement inutiles.

    La singularité est peu être déjà parmi nous…

    Bonne journée ;)

  2. Dessiner, peindre , jouer , faire de la musique , écrire c’est avant tout un moyen de nous raconter des histoires , nos histoires …que ce soit avec un logiciel , un pinceau ou une guitare ça n’a absolument aucune importance …les seul choses qui compte sont le voyage et le rêve et ça je trouve que beaucoup de monde l oublie , comme si la création n’était qu un vulgaire objet fini sans but .

  3. Je suis un peu dubitatif sur les conclusions , est-ce que ça va changer la manière de créer ? Certainement, tout comme photoshop ou la photo numérique ont changé la manière de créer des images à leur débuts , mais pour le reste je ne suis pas fondamentalement d accord , j avoue même être totalement dans l incompréhension face à l oublie de la variable la plus importante là dedans à savoir : créer.
    Le but du dessin , de la photo de la vidéo , du jeu, de la musique et de tout autre support artistique est avant de de s exprimer , de partager des émotions , une vision , un concept , des idées , des manières de concevoir le monde , des fantasmes et tout un tas d autres choses , en bref la création est un processus entièrement dirigé et guidé. Hors dans le cas y’a de tout ces articles sur les ia c’est un fait qui est totalement occulté on parles des ia comme de créateurs autonome capable de faire des chefs d œuvres en 2 phrases et ça c’est pour moi du pure fantasme l ia donne une itération rien de plus, aussi “belle ” et réaliste soit elle , ça reste une vulgaire itération en tant que telle elle n’exprime strictement rien . Même au niveau industriel il n’y a que les employés mono tâches qui sont réellement menacés pour les autres çà ne sera qu’une transformation comme ça a toujours été le cas dans toute les industries , l ia n’a absolument rien de créatif elle peut tout au mieux accélérer le processus mais c’est tout . Un concept artiste n’est pas un robot qui fait de jolies images 😂 c’est une personne qui suit ou crée une direction artistique dans le but de créer ou participer à une œuvre ça demande beaucoup plus de compétences que le fait de créer une image sympa a peu près cohérente ou réaliste .
    Après pour les jobs répétitifs qui ne nécessite aucune ou très peu de créativité qui exploitent déjà des artistes c’est sûr que c’est un peu mal barré , mais qui a envie de faire de la rotoscopie 12h par jour même si c’est pour ubisoft ? Personnellement je préfères y voir les possibilités plutôt que les limites .
    Pour moi ce qui va vraiment changer avec ces outils ces qu’ils vont nous rendre de plus en plus autonome et ça c’est génial ! Je pense qu on peut se permette à imaginer un futur plus ou moins proche ou une équipe de 5 ou 10 personnes sera capable de faire un triple A , des bds des films d animation de la vfx et j en passe à la manière des grands studios et ça c’est juste trop trop cool . Ça va juste permettre à beaucoup de gens dans l ombre d exprimer pleinement leur potentiel sans avoir à se dire je vais passer les 10 prochaines années dans ce placard à faire de la retouches pour des mecs qui ne connaissent même pas mon prénom 😂

  4. Voilà un article très intéressant. Merci pour cette interview.
    J’ai découvert aussi le travail des IA très récemment, pour générer des illustrations ou compléter des dessins.
    C’est assez impressionnant et ce n’est qu’un début je pense car elles vont encore se perfectionner.
    L’article me donne envie de tester moi-même pour voir le résultat. C’est passionnant!
    Pour les professionnels, j’avoue que ça doit faire peur. Surtout les concept-artists ou les illustrateurs dans le jeu vidéo.

    On va vers un monde à la fois plus intelligent où on est capable de créer des IA, et plus bête, où n’importe qui sera capable de créer une illu de fou en quelques clics, sans savoir se servir de ses mains et de sa tête.
    Après, ça reste du digital. Les enfants continueront à dessiner avec leurs mimines et les passionnés n’échangeront probablement pas de suite leurs papiers/toiles, crayons, pinceaux…etc. Mais il y aura sûrement moins de passionnés qui continueront à terme, à dessiner, et qui tomberont dans la facilité de l’usage de l’IA.

    Comme pour le livre, même si le digital est bien pratique, ça ne vaut pas l’odeur et le ressenti de tourner les pages.
    Voir des expos d’œuvres générées par IA sera probablement très beau, mais n’aura sûrement pas la même saveur. Au mieux ça fera de jolis fonds d’écrans. :P
    Perso, en tant que fan de BD, j’adore voir les planches, avec leurs petites ratures, les corrections de l’artiste, le travail de la couleur… On n’a pas ça sur une planche cleanée et imprimée et encore moins sur une illu générée. D’ailleurs j’éprouve toujours plus de plaisir à lire une BD réalisée en traditionnel, plutôt qu’en numérique (même si maintenant, le numérique peut donner l’illusion du tradi).

    Bref, l’arrivée des IA en dessin/illustration, me rend à la fois enthousiaste et dubitatif sur leur usage et sur la direction que l’humanité emprunte.

  5. Bonjour,

    Merci pour cet article passionnant et pour tous vos commentaires. Je suis d’autant plus émue par ce sujet qu’en 1984 je suivais mon premier cours d’AI et en 2015, quasi mon dernier! Celui-ci était le “deep learning” en “Computer Vision”!

    Les créateurs devront s’adapter et trouver leur niche, comme les peintres quand la photo est arrivée. Il y aura toujours un “Picasso” pour créer ce que l’AI ne peut pas faire.

    Produire un style original et cohérent est à la portée de certains créatifs, pas encore d’une AI, si? Reste à trouver des compagnies ou des clients prêts à payer le juste prix. Pour ceux qui sont à la recherche d’illustrations “à bas coût”, ces outils AI seront précieux, mais qui d’entre vous n’est pas dégoûté en ouvrant un livre ou un magasine où les illustrations proviennent d’une base de données d’images gratuites? L’oeil exigeant les détectent rapidement, malheureusement, ces yeux-là sont souvent ceux des artistes eux-mêmes!

    Quoique qu’on dise, on s’inspire tous des productions des autres artistes, alors pourquoi pas de celles des outils d’AI? Pour ma part j’apprécie “ARTOMATON” dans sa manière de simplifier l’image; elle peut me guider dans la création de peintures à l’encaustique (voir instagram @vincy.lacroix). Et j’utilise “snapseeds” (sans AI) pour mieux concevoir des dessins au fusain.

    Vive la technologie tant qu’elle ne tue pas la créativité!

    1. merci Vinciane,
      Les résultats de deep learning ne sont pas encore assez puissants à ma connaissance pour sortir des limites des images qu’on lui a fait ingérer. C’est d’ailleurs toute la limite du machine learning: il lui est impossible de sortir des sentiers battus, malgré le fait qu’il donne l’impression que si par moment. Le produit du deep learning est un croisement/nuancier entre tous les produits de l’humain et n’est aucunement un génie qui saurait inventer quelque de vraiment original. Par contre sa force de travail est extra-ordinaire.

  6. Pour ma part, il me paraît impossible que la machine remplace l’humain en Art :

    1 – L’IA nécessite une base de donnée d’images.. qui sont faites par des humains! même si le programme utilise ses propres créations ou celles crées par d’autres programmes : il y a un moment où cela va tourner en rond et il faudra nourrir de nouveau la bête pour renouveler son inspiration.

    2 – Dessiner est avant tout une passion, donc la plupart des gens continueront avec les médias qu’ils utilisent déjà. Par contre cela pourrait révéler des talents de composition : il existe beaucoup de personnes qui savent composer mais pas dessiner.

    3 – L’émotion : déjà que pour un humain c’est difficile de ressentir, d’exprimer y de décrire ses émotions alors je ne voie pas comment on pourrait coder une IA qui sache le faire. En gros l’IA va générer du beau mais plat soit tout le contraire de ce que l’on peut ressentir avec un simple dessin d’enfant. D’ailleurs je voie mal celui-ci utiliser une IA pour dessiner, surtout que selon moi dessiner est plus intuitif que d’écrire.

    4 – Professionnellement parlant, c’est sûr ce que cela risque de mettre quelques illustrateurs au chômage encore faut il savoir l’utiliser l’IA… C’est comme pour tout : plus on comprend comment cela fonctionne, plus on augmente les chances d’avoir un bon résultat, et perso je ne connais pas beaucoup de personnes capables de comprendre une IA.. D’un autre côté cela pourrait augmenter la productivité du professionnel, l’IA peut servir de guide et d’inspiration mais en aucun cas savoir ce que l’on a dans la tête et encore moins dans le coeur..

    Pour conclure je dirais que cela peut éventuellement générer un nouveau courant artistique mais sans pour autant occulter les autres. Ca me fait penser au débat dessin/musique numérique vs traditionnel, moi je dis : les deux mon colonel!

  7. Bonsoir à tous, et merci Pit pour cet échange.

    Pour résumer plus ou moins grossièrement mes pensées, et pour rebondir à cette phrase:” Le sampling n’a pas tué la musique.”
    Le CD n’a pas tué le vynil (vu qu’il revient !).
    La liseuse n’a pas tuer le livre (les livres se vendent toujours autant !).

    Il va surement y avoir un effet de mode et les gens reviendront à une méthode “fait maison” et par un être vivant !

    Attention, je résume très grossièrement …. Mais je flippe un peu quand même !

    1. Merci Nicolas.
      Je pense que ça va un peu plus loin que cela.
      Nous vivons un changement de paradigme.
      Le cerveau humain ne sera jamais vraiment remplacé (ou en tout cas on est loin du compte).
      Cependant le deep learning permet une exécution qui va plus de 1000 à 10000 fois plus vite que l’humain.
      Aucun outil ne permettait pour le moment une telle productivité.
      De plus, le processus de calcul est très difficile à expliquer, même pour les scientifiques.
      Ce qui fait que ces nouveaux outils sont à la fois surpuissants, mais aussi: nous ne les comprenons pas vraiment. Et donc il est difficile d’anticiper ce qu’ils seront capables de faire dans 1 ou 10 ans.
      Je pense que c’est une révolution bien plus grande que toutes les révolutions que nous avons connus par le passé. Enfin, c’est mon opinion et mon impression personnelle. Je suis probablement biaisé.

      1. Espérons que l’humain sera faire la part des choses et que le deep learning ne tuera pas les “petits” qui œuvrent tous les jours avec leur expérience et leurs petites mains pour espérer en vivre !

  8. Bonjour ! Je suis d’accord avec tout ce qui s’est dit précédemment. En résumé les 2 types de créations sont passionnantes pour des personnes pleines de curiosité et de créativité, il y a tant de choses à expérimenter! bien que j’ai l’impression que l’IA ait plus besoin de techniciens que d’artistes purement créatifs, sauf pour celui qui crée les machines et logiciels.
    Ceci-dit, il ne faut pas oublier que les machines sont énergie-dépendantes : il suffit d’une panne d’électricité ou d’un bug du réseau informatique pour arrêter la création …. un petit “clic” et puis “stop” : écran noir….
    Alors que nos crayons, pinceaux, pigments, feuilles, murs , rochers sont toujours là, matériel simplissime, pour créer à partir de nos cerveaux, de nos corps physiques et de notre sensibilité. Il ne manque rien !
    Les grottes préhistoriques montrent qu’il est possible de créer pour des milliers d’années à partir de si peu de choses…
    Je pense qu’il ne sert à rien d’avoir peur : le vrai artiste, si c’est sa mission de vie, trouvera toujours de quoi remplir sa mission d’artiste.
    Quant à en vivre…voilà la question : Artiste et Argent commencent pareil mais ne jouent pas dans la même cour : Sensibilité contre Rentabilité !!! Est-ce vraiment un débat ? Les lignes de fuite peuvent se rencontrer…parfois… Celui qui le souhaite doit essayer, y croire et pratiquer… dans quelque domaine que ce soit. Mais ce n’est que mon avis.
    Bonne journée
    Valérie

    1. merci Valérie.
      Je pense que le deep learning a besoin d’artistes techniciens, qui comprennent le comportement de la machine face à leurs phrases, mais doivent également rester maitre du contenu généré.
      L’artiste devient le directeur artistique de la machine. Sans vision, sans intention, et particulièrement au sein d’un projet bien défini, c’est l’artiste qui décide de l’empreinte graphique d’un projet. Il doit s’adapter et doit connaitre les capacités de son outil à tout moment pour en tirer partie au mieux, comme il le fait avec d’autres logiciels.
      Une bonne culture de l’image est donc nécessaire pour que le projet aille dans son sens. Sans vision précise du projet, il est très facile de se perdre.

  9. Bonjour à tous, Bonjour Pit,

    J’avoue que jusqu’ici les IA ne m’inquiétaient pas du tout, jusqu’à ce que je découvre, comme toi Pit, ce que Midjourney pouvait faire. Je suis en pleine reconversion et depuis quelques semaines je le sens découragée et je me demande si tous mes efforts mis pour atteindre un niveau professionnel valent encore la peine,
    Reste cependant une question qu’on se pose tous, QUID des droits d’auteurs en ce qui concerne la génération d’image par IA sachant que celles ci se basent sur des images faites par… des artistes ? Les images générées par IA pourront elles être utilisées en outrepassant la question des droits d’auteur ? Et si non, les utilisateurs de ces images ne seront ils pas obligés de créditer les images sources utilisées par l’IA…
    Bref, je crois que nous sommes encore tranquilles pour quelques temps, mais effectivement sûrement pas des décennies :/

  10. Excellent échange et réflexions sur le sujet!

    Moi, dans mon cas, cette nouvelle technologie m’a complètement paralysée. Je regarde mes crayons et je ne fais plus rien avec. Mais je suis d’avis qu’il faut prendre le virage et s’amuser à découvrir d’autres façons de s’exprimer dans l’art!

    Par ailleurs, il faut connaître les bases du dessin pour pouvoir apprécier le résultat produit par la machine! Il y aura toujours de la place pour la connaissance fondamentale ( la science des couleurs, de la perspective, etc). Il faut entraîner notre esprit critique et créatif avec ou sans les nouveaux outils. Ça, c’est la vraie intelligence! Si on n’aura plus besoin de “savoir faire” avec nos mains, il reste le “savoir” et le “savoir être” dans tout ce renouveau.

    Bonne journée à toute votre équipe

  11. D’accord avec tout ce qui a déjà été dit, mais je rajouterais aussi que même avec une requête textuelle de 10 lignes l’ia ne sera jamais aussi précise que l’image de son oeuvre que l’artiste a en tête.
    Donc à minima il faudra qqun à la retouche si tel élément doit être exactement dessiné de tel manière ou avec une couleur précise, ce qui je pense concerne la majorité des situations.

    1. pour le moment Louis, c’est vrai, mais il est déjà possible de retoucher certaines parties de l’image.
      Je pense que dans le futur il sera tout à fait possible de retoucher les image grace à l’IA très facilement, un peu comme le content fill de photoshop mais en beaucoup plus puissant.
      Dall-e a commencé à le faire et j’ai vu une autre IA remplir les traits de croquis avec du contenu. Dans 2 ou 3 ans je pense que ce sera une histoire ancienne.
      Mais la vision de l’artiste est clairement plus importante que ces outils. On est d’accord.

  12. Hello,

    Merci Pit pour ce très bon article. On comprend un peu mieux comment tout cela fonctionne. Je regarde toujours avec méfiance ces logiciels même si je suis un peu moins pessimiste qu’il y a quelques mois. Les personnes de travaillant dans l’industrie de l’image vont malheureusement souffrir de ces bouleversements mais selon moi, cela renforcera le statut d’artiste qui travaillera sans artifice. Pour ma part, dans ma démarche artistique, cela m’incite non pas à m’adapter à ces outils mais plutôt à revenir à un art plus épuré, reprendre une feuille de papier et un crayon :) :)

  13. Franchement, cette article m’a donné envie d’apprendre le deep learning… pas que je pense que la machine remplacera l’homme, mais plutôt que je suis une passionné d’informatique et d’IA (et je pense comme Éric, l’IA que nous présente la SF est un énorme bobard). Et surtout, je suis persuadé que son développement va d’une certaine façon augmenter la valeur artistique de l’humain.
    Bref, le futur nous le dira.

    1. c’est ce que je te souhaite Emmanuela. Tu as toutes les ressources nécessaires.
      Si tu habites sur Paris, je peux t’organiser une rencontre avec Eric si tu veux, s’il est d’accord bien sûr.

  14. Salut Pit,

    Les AI ne génerent qu a partir de ce qu on leur donne a manger. C est a dire la justesse de la phrase pour E Dale par exemple. Mais elle peut aussi imaginer plein de variante, qu il faut ensuite trier !

    L AI est limitée a ce qui existe deja. Elle en fait des metaphore en associant des mots/images/style.

    Pour moi c est la meme revolution qui s est opéré dans la bureautique ou la comptabilité, qui va s oppérer dans l art et dans le film. Une impressionnante augmentation de la productivité et une restructuration du secteur. C est un peu pareil que l arrivée de l appareil photo numerique, ou des premiers ordi.

    Pour moi c est aussi une enorme source d´idée avant de faire sa “propre” toile.
    Il faut juste prendre le train en marche.
    D un autre coté personne n enlevera 3 choses a l artiste :
    – L emotion ou le message personnel qu il veut transmettre.
    – Le touché matiere. Un robot peut peindre une toile bien plus precisement qu un peintre une image générée par informatique. Mais avoir un tableau robot chez soit ou l intention de quelqu un, d un copain peintre, c est pas la meme chose !
    – Simplement l accomplissement d avoir peind une belle peinture pour l artiste lui meme !

  15. Salut Pit
    Pour moi l’intelligence artificielle n’est pas prête de remplacer l’artiste
    J’ai du mal avec le dessin digital alors bon…
    Même si c du dessin ça n’a pas d’âme à mes yeux.
    Je suis une grande lectrice et c con mais je préfère payer 20 € plutôt que 3 pour sa version ebook. J’aime les pages à tourner,l’odeur…
    Pour le dessin c pareil.
    J’ai 54 ans. Ceci explique peut-être cela.
    J’en parlerai avec mes 5 fils bientôt pour connaître leur avis tiens…
    Bises
    Mûre

    1. Je comprends tout à fait ton point de vue Muriel.
      Il n’y a rien de tel que la sensation du papier et du matériel physique.

      Je dois t’avouer que mon activité de dessin digital vient de la demande de mes clients, je préfère 100 fois le papier également.
      Et si je lis sur ma tablette, c’est aussi parce que je déménage beaucoup et que je n’ai pas de place chez moi, étant très minimaliste par nature.

      J’ai 42 ans, mais ma soif d’apprendre et de découvrir de nouveaux outils de productivité est de plus en plus forte. Je pense que c’est surtout une histoire de caractère et d’objectif.

  16. La création par deep learning c’est comme toutes les avancées technologiques, il faut apprendre à travailler avec et ne pas aller contre le progrés.
    Les artistes vont devoir s’adapter. Surtout que, comme dit dans l’article, ce sont les mieux placés pour tirer meilleur parti de cette technologie. Actuellement les machines ne savent pas tout créer et il y a encore beaucoup de défauts dans ce qui est produit. Mais quand on sait dessiner, il est aisé de retravailler une image et ainsi diviser sont temps de travail.

    1. Absolument Fabrice.
      Tu as tout raison sur le fait que les algos piochent dans les infos mises à disposition, et qu’au final leur produit n’est qu’un mélange de nos produits.
      Mais bon, faut bien avouer que ça claque quand on recoupe les images produites par des millions d’humains en moins de 30 secondes ! :D
      c’est impressionnant.

  17. La machine a remplacé l’humain dans bien des domaines.
    Des métiers d’artisans ont pratiquement disparu. Mais ceux qui pratiquent ces métiers excellent souvent dans le luxe et donc sont plutôt rares face à l’industrie.
    Il y a 15 jours j’ai été au festival de carnets de voyage à Clermont-Ferrand. C’est la grand’ messe des carnettistes et passionnés. Il y a eu environ 20 000 visiteurs sur le week-end.
    Alors je pense que pour des illustrations de marketing, de jeux, et autres, je pense que l’IAs va se développer.
    Par contre il y a des personnes qui veulent prendre leur carnet et dessiner. Elles vont avoir besoin de formations par exemple. Elles vont rechercher des éditions d’artistes qu’elles apprécient.
    Enfin ce n’est que mon avis et je ne suis pas experte.

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