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John Singer Sargent, l’itinérant

 

 

12 janvier 1856 – 14 avril 1925 Autoportrait de 1906

 

Enfance itinérante

Issu d’une grande famille coloniale américaine, John Singer Sargent est né au début de l’année 1856 à Florence. Le père du peintre, Fitz William Sargent, était médecin à Philadelphie et il épousa en 1850 Mary Newbold Singer, fille d’un riche commerçant. John Singer Sargent eut une sœur aînée qu’il n’a pas connue, celle-ci étant décédée avant la naissance du futur artiste. Pour se remettre de cette terrible perte, les parents de John Singer Sargent décidèrent de faire un voyage en Europe. Comme ils étaient amoureux du vieux continent, leur séjour, qui devait être temporaire, se transforma finalement en une vie itinérante. La famille passa les hivers dans les villes du sud (Nice, Rome ou Florence) et les étés dans les Alpes ou toutes autres régions au climat moins chaud. C’est donc dans ces circonstances que vit le jour en 1856 John Singer Sargent. Il eut ensuite 5 frères et sœurs.

Bien que ses parents soient issus d’un milieu aisé, ils vécurent modestement. Le père de l’artiste ne pratiquant plus la médecine, les finances de la famille reposaient sur un héritage et des économies. Comme la famille déménageait constamment, John Singer Sargent ne put pas suivre une scolarité classique et étudia sous la tutelle de son père. La mère de l’artiste était convaincue des bienfaits de cette vie itinérante pour la culture et l’éducation de ses enfants. Cela permit en tout cas à l’artiste d’apprendre plusieurs langues et de parler couramment l’allemand, le français et l’italien.

Son intérêt pour l’art fut sans doute lié au fait que sa mère était une artiste amatrice de bon niveau et qu’il avait ainsi à disposition tout le matériel nécessaire. Enfant curieux, il fut encouragé par sa mère. C’est ainsi que John Singer Sargent commença à dessiner les paysages des lieux qu’il visitait en famille. Sa vie en Italie lui permit d’admirer les œuvres des grands maîtres de la Renaissance et de parfaire son éducation artistique.

 

Formation

Curieux et volontaire, John suivit quelques leçons d’aquarelle du peintre paysagiste allemand Carl Welsh, tout en poursuivant son éducation généraliste avec son père.

Consciente que John avait sûrement trouvé sa voie, sa mère Mary Newbold Singer l’encouragea alors à s’inscrire aux Beaux-Arts de Florence fin 1873. Puis comme d’habitude, sa famille changea de lieu de résidence et en 1874, John tenta le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris (après avoir convaincu son père de l’intérêt de telles études). Une tentative couronnée de succès. Donc après une enfance itinérante en Europe, Sargent se fixa à Paris en 1874 et fréquenta l’atelier de Carolus-Duran, portraitiste et professeur réputé. À tout juste 18 ans, John suivit donc les enseignements de Carolus-Duran qui encourageait ses étudiants à se libérer de “la rigidité du style des anciens maîtres”. Carolus-Duran insistait pour que ses élèves ne fassent pas de croquis détaillés mais se dirigent directement vers la toile avec un pinceau.

Durant les 4 années qu’il passa aux Beaux-Arts parisiens, John se perfectionna dans les domaines de l’anatomie et de la perspective. Ainsi, il se fit remarquer par ses travaux et grâce à son nouvel ami, Paul César Helleu, il rencontra plusieurs artistes comme Degas ou Rodin. John passa également beaucoup de temps dans les musées pour dessiner les œuvres de maîtres ou dans un atelier qu’il partageait avec un autre jeune peintre américain, James Carroll Beckwith.

Il fut un des élèves préférés de Carolus-Duran (dont il peint le portrait en 1879). D’ailleurs, Julian Alden Weir, peintre américain et également étudiant à l’École des Beaux-arts, affirma un jour que Sargent était « l’un de ses camarades les plus talentueux ».

Bien qu’il se considérait d’abord comme américain, John n’avait jamais mis les pieds en Amérique. En juin 1876, à 20 ans, il fit donc le voyage vers le continent américain en compagnie de sa mère et de sa sœur Emily.

 

Portrait de Carolus-Duran, John Singer Sargent, 1879

 

Début de carrière

Vers la fin 1879, John reprit sa vie itinérante en réalisant des voyages en Espagne (copiant alors les œuvres de Diego Velasquez), aux Pays-Bas et à nouveau en Italie. Il réalisa alors des études sur le vif, des paysages et scènes de genre. En plus du goût pour l’art, le jeune homme partageait aussi avec sa mère l’amour du voyage. D’ailleurs, les peintures de paysage représentent une partie importante de son œuvre.

Bien que sachant tout peindre, le jeune artiste se posait des questions sur la suite à donner à sa carrière artistique. Sa formation était terminée et son cœur restait indécis. Il opta alors pour les peintures de paysage mais il comprit assez vite que pour jouir d’une meilleure exposition médiatique et trouver des clients, le portrait serait la meilleure option.

 

Portrait de Mlle Béatrice Townsend, John Singer Sargent, 1882

 

Polyvalent et talentueux, il vit justement son premier succès dans le portrait de son maître (1879) que nous évoquions juste avant. Parlant le français couramment, cela l’aida également pour se faire accepter et trouver des clients. Sa notoriété décolla à vitesse grand V et il put ainsi fixer ses propres prix de vente de ses œuvres ou refuser des commandes. Entre 1877 et 1882, Sargent proposa plusieurs types de peintures au Salon mais ce sont ses portraits qui furent les mieux accueillis (renforçant ainsi sa réputation de portraitiste).

Mais sa carrière connut un coup de moins bien lorsque l’une de ses réalisations se retrouva au cœur d’un scandale. Au Salon de 1884, John présenta “Madame X”, portrait de Virginie Amélie Avegno. Cette Américaine était une mondaine parisienne, épouse d’un banquier et elle avait posé pour plusieurs tableaux.

 

“Madame X », John Singer Sargent, 1884

 

Dans la première version de l’œuvre (celle qui fit scandale), on pouvait voir la robe qui glissait au niveau de l’épaule droite et qui laissait apparaître une partie de la poitrine. Sargent voulait de cette manière représenter la liberté de pensée et de comportement de Virginie Amélie Avegno. Malheureusement pour l’artiste, le tableau fut violemment rejeté par la critique et beaucoup de ses admirateurs se détournèrent de lui. Il corrigea l’œuvre pour “éteindre l’incendie” mais le mal était fait. Malgré tout, cette œuvre était sa préférée et il ne s’en sépara que très tardivement. Aujourd’hui, en plus d’être l’une de ses plus célèbres œuvres, elle est aussi une des plus appréciées.

Une de ses dernières œuvres “françaises” est réalisée avec Monet. Les deux artistes se connaissaient depuis une dizaine d’années mais commençaient seulement à être proches. C’est en 1885 à Giverny que les deux peintres se retrouvèrent pour créer. “Claude Monet peignant à l’orée d’un bois” est le résultat de cette sortie.

 

“Claude Monet peignant à l’orée d’un bois”, John Singer Sargent, 1885

 

L’Adieu à la France

Face à cette cabale, Sargent quitte Paris et la France en 1886 pour s’installer à Londres. Extrêmement marqué par les critiques du Salon, le jeune peintre pensa même à mettre un terme à sa carrière artistique.

Alors qu’en France, il jouissait d’une solide réputation, voilà qu’il dut presque repartir de zéro en essayant de conquérir le public et les collectionneurs anglais. Et autant dire, que ce n’était pas gagné d’avance, son nouveau public estimant le travail de Sargent trop influencé par l’art français. Mais l’écrivain Henry James, ami de Sargent et admirateur de ses œuvres, contribua à inverser la critique petit à petit.

D’ailleurs, Sargent connut son premier succès anglais très peu de temps après son arrivée. Lors d’une exposition à la Royal Academy, Sargent présenta “Carnation, Lily Lily, Rose”, œuvre qui fut ensuite acquise par la Tate Gallery (aujourd’hui renommée Tate Britain).

Sargent devint le portraitiste préféré de la haute société britannique et nord-américaine. D’ailleurs, on “s’arrachait” ses services : Rockefeller, Roosevelt, Wilson, Robert Louis Stevenson ou encore son ami Henry James.

 

“Carnation, Lily, Lily, Rose”, John Singer Sargent, 1886

 

Par la suite, Sargent retourna aux Etats-Unis, compléta une vingtaine de commandes et vit une exposition consacrée à son travail se tenir à Boston. On fit aussi appel à lui pour peindre la façade de la Boston Public Library en 1890. Des voyages aux Etats-Unis, il va en faire fréquemment dans les années 1890 afin de répondre aux commandes.

Le douloureux chapitre du Salon de 1884 ne semblait plus être qu’un lointain souvenir et lorsqu’il rentra en Europe, ce fut en artiste confirmé et reconnu qu’il posa les pieds sur le sol anglais. On proposa même de le faire Sir en 1907 mais compte tenu du fait qu’il n’était pas anglais, ce fut impossible.

Les années passant, Sargent menait toujours une vie faite de voyages mais il commença à se lasser des portraits. À partir de 1907, sa préférence alla alors aux paysages qu’il représentait à l’aquarelle lors de ses périples de plus en plus nombreux. Il confirma ainsi le fait qu’il était capable de tout peindre et il acquit de cette manière une nouvelle réputation : celle d’un excellent aquarelliste.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, Sargent se rendit sur le front français en tant qu’artiste de guerre officiel.

 

“Corfou, ombre et lumière”, John Singer Sargent, 1909

Dernières années

Discret, Sargent n’eut jamais de vie de couple, pas connue en tout cas. Il partageait sa vie d’artiste avec sa famille et ses amis. Comme explication de sa vie de célibataire et de quelques rumeurs de l’époque, certains pensent que l’artiste était homosexuel. Rien d’anormal me direz-vous sauf qu’en son temps, cela aurait pu lui valoir des problèmes judiciaires et ruiner sa réputation.

Sargent n’avait pas non plus d’assistant. Préparation des toiles, choix des tenues pour ses modèles, vernissages, négociations, expéditions ou documentation, l’artiste faisait tout sans aucune aide. En ce qui concerne sa méthodologie, Sargent préférait ne pas trop perdre de temps avec les croquis et aimait commencer à peindre directement.

John Singer Sargent mourut dans son sommeil le 14 avril 1925 à Londres. Il laissa derrière lui une collection d’environ 2 000 aquarelles, plus de 900 toiles et un nombre incalculable de dessins. Si on met de côté l’épisode du tableau “Madame X”, Sargent eut un succès colossal de son vivant mais après sa mort, son œuvre fut dévalorisée dans les années 30 par certains intellectuels. Après la Deuxième Guerre, ses travaux furent redécouverts et sa popularité ne fit qu’augmenter à partir des années 60. Différentes expositions prestigieuses mirent en avant l’œuvre du peintre.

Dans les années 2000, quelques unes de ses œuvres furent vendues.

Les transactions étaient comprises entre 10 et 25 millions d’euros par œuvre. À l’époque, John Singer Sargent demandait environ 100 000 dollars par portrait (somme ramenée aux taux actuels).

 

“Rio dei mendicanti, Venise”, John Singer Sargent, 1909

 

Ultime portrait

Portrait de Lady Curzon, John Singer Sargent, 1925

 

 

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