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Médiums, techniques et utilisation, 1ère partie

Gouache

Louis-Gabriel Moreau (1740–1806), « Paysage à la tour carrée »

 

La gouache offre beaucoup de possibilités en matière de supports, de déclinaisons de couleurs ou d’expérimentations. Les effets rappellent ceux de l’huile tout en conservant la matité propre à la gouache. Matité que l’on peut rapprocher de celle du pastel.

Lorsque l’on travaille en pâte épaisse, on peut voir les traces de la brosse. La gouache étant une peinture couvrante, les couleurs s’éclaircissent avec du blanc et elles se mélangent bien. Pour obtenir une nouvelle nuance, il faudra prélever une partie de la couleur d’origine et la mélanger avec un peu de blanc.

Les couleurs peuvent aussi être diluées et offrir un aspect similaire à celui de l’aquarelle. Il faudra apporter plus ou moins d’eau selon la texture que l’on souhaite obtenir.  La teinte va perdre en opacité, deviendra plus claire mais restera similaire.

Si au contraire on souhaite assombrir, il sera possible de rajouter des couches de la même teinte. Cela permet de densifier une couleur. Ou alors, il est possible de rajouter du noir ou toute autre couleur plus sombre que celle que l’on veut retravailler.

Les variétés de texture et de teintes sont donc importantes.

Une préparation classique (moyennement diluée) doit être souple. À titre de repère, lorsque l’on secoue le pinceau chargé de peinture, une seule goutte doit en tomber.

 

Pierre Antoine Baudouin, “Le modèle honnête”, 1769

 

L’avantage (ou son inconvénient) c’est sa rapidité de séchage. Et comme la gouache est une peinture couvrante, cela permet de superposer des couleurs claires sur des foncées tout comme il est possible d’utiliser des papiers de couleurs variées.

La superposition des couches s’opère de la façon suivante :

  • gouache humide sur gouache humide. Cela demande de marier rapidité et précision. Pas forcément simple
  • gouache humide sur gouache sèche. Il est possible de travailler les détails sur une gouache sèche ; chaque teinte restera bien séparée de la précédente.

Une chose à prendre en compte : bien qu’elle donne des teintes puissantes, la gouache pâlit en séchant. Donc attention à ne pas trop rajouter de blanc !

Autre inconvénient lorsque l’on travaille avec des couches trop épaisses. Celles-ci peuvent s’écailler. D’ailleurs, il est possible que l’on obtienne des couches épaisses sans vraiment le désirer. Notamment lorsque l’on veut retravailler un volume trop plat. Mieux vaut alors tout recouvrir d’un aplat et recommencer assez rapidement quand on constate que l’on ne s’en sort pas, plutôt que de se perdre en rajoutant des tonnes d’ombres et de lumières.

 

Nicolas Lavreince, “Jeune femme assise dans un parc”, vers 1785-1790

 

Matériel

La gouache se travaille à la spatule, au couteau, à la brosse. Tous les pinceaux destinés à l’aquarelle conviendront, en poils naturels ou synthétiques. Il s’agit ensuite d’une question de qualité. Pour débuter, 3 pinceaux ronds (fin, moyen et épais) suffiront, ainsi qu’une brosse plate de 1.5 cm de large maximum.

Un crayon sera utile également pour réaliser une esquisse et ainsi aider à situer les grandes masses. Il est d’ailleurs préférable de peindre ces grandes masses de l’arrière plant et ensuite les grands aplats. Mais mieux vaut commencer par les teintes sombres.

Plutôt que de rester bloqué sur des détails, mieux vaut utiliser un graphite.

Autres outils possibles : la brosse à dents et le peigne. La première donnera du dynamisme en projetant des gouttelettes de peinture (il suffit de plier les poils de la brosse puis de les relâcher) quand le second permettra de  créer des ondulations, des vagues.

L’éponge ou le chiffon sec permettront, eux, de renforcer les textures quand le cutter ou le couteau à peindre  réaliseront des rayures.

 

Gustave Moreau (1826-1898), « Le bon Samaritain »

 

En ce qui concerne le papier, tous ceux destinés à l’aquarelle sont utilisables pour la gouache, en théorie. Dans les faits, mieux vaut tendre les papiers d’un faible grammage (à partir de 300g/m² et pas en dessous de 200g/m²) afin d’éviter le risque de gondolement et cela avant de commencer à peindre. Avant de fixer la feuille, il faudra l’humecter recto-verso, puis la tendre sur un cadre ou une planche.

Mieux vaut s’orienter vers un grain fin qui permette de retenir la peinture et de travailler avec précision.

Il est possible de travailler sur un papier coloré. Les couleurs claires ressortiront davantage sur un papier coloré.  Les feuilles volantes sont très utiles pour les réalisations en grand format. Mais il est possible d’utiliser des cahiers spiralés pour des essais ou des cahiers de feuilles encollées.

Bois, carton et autres sont des surfaces envisageables à condition qu’elles ne soient pas grasses.

Ne pas oublier le vernis pour protéger les travaux finis et de leur donner un aspect mat ou brillant.

 

Créer ses propres couleurs

Certains peuvent être tentés de recréer toutes les couleurs à partir des 3 primaires mais pour un débutant, il est plus prudent de commencer avec une dizaine de tubes, sans oublier le blanc et le noir. Faire ses propres mélanges n’est pas forcément simple et les couleurs prêtes à utiliser sont plus intenses. On peut ainsi s’entraîner petit à petit à la technique des mélanges. De plus, cela permet aux novices de tester leur sensibilité et de compléter leur palette en fonction de celle-ci.

Si on se sent capable de créer ses propres couleurs, il faut garder à l’esprit que retrouver une nuance est une opération délicate. Donc autant prévoir les bonnes quantités dès le départ.

Que votre palette soit en plastique ou en céramique, peu importe. C’est en fonction des sensibilités de chacun, mais il faut se servir d’ une palette blanche, c’est une évidence, afin de bien prendre conscience des couleurs à utiliser. De la même manière, chacun aura sa propre façon de répartir les couleurs sur la palette: par association, par ordre d’utilisation ou par température

Pour les godets d’eau, des pots de yaourt en verre suffisent. Et si une personne veut être à l’aise, elle peut utiliser une palette de plus, uniquement consacrée aux mélanges.

 

Henri Matisse, « Jazz : le cheval, l’écuyère et le clown », 1947

 

Rangement et entretien

Bien que la gouache se travaille à l’eau, le nettoyage des outils doit se faire correctement.

Les poils des pinceaux devront être généreusement rincés avec de l’eau chaude ou tiède puis secoués au-dessus d’un papier absorbant classique. On vérifiera aussi la présence résiduelle ou non de peinture. Cette première étape n’est pas à négliger car par la suite, il faudra secouer vigoureusement le pinceau pour en chasser le plus possible d’humidité. S’il reste de la peinture dans les poils, c’est prendre alors le risque de refaire involontairement la décoration de la pièce ! 😉

Il faudra ensuite essuyer tout le reste du pinceau (notamment sa partie métallique) et lisser la touffe du pinceau pour lui redonner sa forme d’origine. Enfin, l’outil pourra sécher à l’air libre.

 

 

Pour la palette, de l’eau claire suffit pour la rincer. Une éponge et du savon seront nécessaires pour éliminer les résidus secs de certains pigments puissants. Pour la dernière étape, comme pour les pinceaux, on utilisera du papier absorbant et on laissera sécher à l’air libre.

Pour préserver les couleurs, il est nécessaire de s’assurer que chaque tube est bien refermé. Puis on les entreposera dans une boîte hermétique dédiée.

Les oeuvres peuvent être retravaillées indéfiniment (ou presque). Si on considère la réalisation comme finie, on utilisera du vernis qui la protègera de l’humidité et ralentira l’altération des pigments. Libre à chacun de la mettre sous verre pour la préserver un peu plus mais il ne faut jamais la rouler. Si on la laisse à plat, les craquelures se produiront moins facilement qu’en l’enroulant.

 

Aquarelle

Son nom vient du mot latin “aquarius” (relatif à l’eau). La peinture aquarelle était déjà connue des Égyptiens dès le 2e siècle avant notre ère. Cette technique a été utilisée pendant le moyen âge avant d’être détrônée par la peinture à l’huile et de disparaître partiellement jusqu’au 18e siècle. Mais c’est avec la période impressionniste que l’aquarelle marquera l’histoire de l’art.

Obsédés par l’idée de recréer une lumière naturelle, les impressionnistes ont donc utilisé l’aquarelle et joué avec sa transparence pour rendre les vibrations de la lumière.

 

Turner, « scène sur la Loire près des coteaux de Mauves », 1828-30

 

Pour les débutants, il est conseillé de travailler d’après photo pour la simple et bonne raison qu’il sera ainsi possible de retravailler la toile plus librement, sans être soumis aux aléas de la météo notamment. Pour le choix du sujet, il est aussi préférable d’en choisir un avec peu de détails.

Par la suite, peindre en extérieur comme pouvaient le faire les grands maîtres, permettra d’enrichir l’expérience artistique.

Mais là encore, il ne faudra pas se perdre dans les détails. Mieux vaut se concentrer sur les couleurs et les variations de nuances. Comme pour les autres techniques, avant de se lancer, mieux vaut s’interroger sur l’ambiance que l’on souhaite créer, sur la tonalité principale du sujet observé, sur le positionnement de la lumière et des ombres … etc.

Le sujet retenu doit aussi être adapté au format choisi : si le sujet retenu est trop grand, cela va générer une toile trop lourde, et un sujet trop petit donnera l’impression d’être perdu dans le décor; l’oeuvre ne semblera pas terminée.

 

Turner, « San Giorgio Maggiore, au petit matin », 1819

 

Ensuite, l’esquisse (comme pour la gouache vue plus haut) permettra de tracer les grandes lignes du sujet. Si l’esquisse est insatisfaisante, mieux vaut reprendre le tracé plutôt que de gommer. Lorsque ce n’est pas possible, recommencer intégralement l’esquisse reste la meilleure solution.

Comme le trait doit être souple et léger, les détails viendront plus tard, lors de la mise en couleur. Si le trait est trop lourd, cela va salir les couleurs. Attention donc.

 

Matériel

Le papier

La première chose à savoir, c’est que plus le papier dispose d’un grammage élevé, plus il résistera à l’eau et à la peinture. Donc avant d’acheter un papier, mieux vaut savoir  quelle quantité d’eau on souhaite utiliser, pour pouvoir bien le choisir. Cela évitera de perdre les couleurs et de voir le support gondoler. De plus, il convient de faire la différence entre l’épaisseur et le grammage, ces deux notions étant fréquemment confondues. L’épaisseur est mesurée en microns et le grammage renvoie au poids au m² du papier.

  • Pour un papier de faible grammage (moins de 300 g/m²), il faudra penser à le tendre pour éviter qu’il gondole au contact de l’eau. Ce grammage sera plutôt conseillé aux aquarellistes confirmés, maîtrisant les problématiques liées à l’humidité. Les débutants peuvent s’y essayer à condition de bien à tendre le papier avec un support.
  • Le grammage de 300 g/m² est certainement  celui qui conviendra au plus grand nombre. Plus adapté aux débutants, il offre un poids et une épaisseur permettant un temps de séchage correct et il sera moins sujet aux problèmes d’humidité.
  • Les grammages de plus de 300 g/m² sont donc les plus épais et les plus lourds. La peinture sèche bien plus lentement. Ils permettent donc de travailler plus les détails et de disposer de plus de temps.

Pour ne pas abîmer le papier, les éponges naturelles sont une bonne solution. Plus douces, elles peuvent se charger d’une grande quantité d’eau en plus des missions habituelles d’une éponge (humidification du papier, dilution d’une couleur, voire son effacement)

Autre point à ne pas prendre à la légère, le grain du papier.

  • satiné : la surface de ce type de papier est très lisse. Parfaitement adapté lorsque l’on veut rendre des traits fins et travailler les détails. Le rendu de la couleur sera uniforme.
  • fin : comme le grammage en 300 g/m², il s’agit du modèle “tout terrain”. Ce n’est pas pour rien que cette texture est la plus souvent utilisée. Les débutants préfèreront ce type de grain pour se lancer. Avec ce type de texture, une fragmentation de la couleur commence à se voir et les bords ne sont plus aussi réguliers que précédemment.
  • gros : une texture qui demande plus de maîtrise technique et qui ne sera pas adaptée pour un sujet comportant beaucoup de détails. On l’utilisera alors pour rendre les reliefs.  À noter que la fragmentation est bien plus importante, la couleur ne recouvrant pas tous les creux du papier.

Des feuilles de brouillon à la texture identique à celle utilisée pour peindre, serviront aussi pour juger le degré de dilution des couleurs, créer un nuancier ou tester les mélanges.

 

Thomas Eakins, Joueurs de baseball, 1875

 

Pour fixer une feuille et éviter qu’elle ne gondole, il existe deux supports rigides traditionnels.

  • Le châssis : la structure doit être d’une taille inférieure à celle de la feuille. En effet, les coins vont être repliés sur le châssis et être retenus par des agrafes. On obtient alors la tension. Le cycle de l’eau est accéléré car le séchage s’effectue par les deux faces du papier à l’air libre. Inconvénients : cela fait diminuer la surface à peindre et augmenter le budget (achat des cadres).
  • Blocs encollés sur les 4 côtés : simple d’utilisation, prêt à l’emploi. Cette méthode est conseillée aux débutants. Un inconvénient néanmoins : le papier a quand même tendance à gondoler lorsque l’on utilise beaucoup d’eau. Sans oublier le budget. Si par contre, on ne peint pas beaucoup et que l’utilisation d’eau est modérée, alors ces blocs conviennent très bien.
  • Planche : technique simple mais qui demande de savoir maîtriser le cycle de l’eau. La feuille n’étant pas fixée, il faut bien l’humidifier puis la poser bien à plat sur le support choisi pour qu’elle adhère.
  • Planche avec kraft : une fois la feuille bien humidifiée puis égouttée, il faudra la poser sur une planche et coller les 4 coins avec du kraft. Bien que très utilisée, cette méthode n’est pas sans défaut. Quand le papier va sécher, il va se rétracter et il se peut que le kraft ne soit pas assez résistant pour retenir le papier. Il est sinon possible de mixer les techniques en agrafant une feuille sur une planche. Une fois que la feuille a été bien mouillée puis égouttée, il faut l’agrafer sur une planche pendant qu’elle est encore imbibée d’eau. Quand l’oeuvre est terminée, on peut la détacher et se resservir de la planche. Agrafée sur un support plat, la feuille ne bougera pas et ne se creusera pas non plus au milieu comme cela peut arriver avec un châssis. Par contre, cette méthode peut se révéler  encombrante en cas de déplacement.

 

Les couleurs
Il existe un grand nombre de fabricants disposant tous (ou presque) de leur propre boutique en ligne. Cela vous permet de voir tous leurs produits et la liste des revendeurs près de chez vous. Mais si des couleurs portent le même nom d’un fabricant à un autre, une fois sur le papier, le résultat peut être très différent. L’inverse est vrai aussi: des noms différents mais un résultat très semblable. En ce qui concerne, les peintures fines ou extra-fines, nous verrons la différence plus bas dans cet article.

Comme pour la gouache, les débutants devront se limiter en matière de couleurs. Dix à douze suffiront dans un premier temps. Ce n’est que par la suite (en fonction des progrès et des sujets retenus) qu’il sera envisageable d’élargir la palette. Des couleurs qui doivent aussi être choisies en fonction des préférences de l’artiste et par rapport à ses thématiques préférées. Portrait et paysage ne demandent pas forcément les mêmes teintes. Avec l’habitude, il est possible de travailler un grand nombre de combinaisons malgré un faible nombre de couleurs retenues sur une palette.

Quelques couleurs fréquentes :

  • jaune transparent
  • jaune de Cadmium
  • rouge de Cadmium
  • rouge Carmin
  • bleu Céruleum
  • bleu Outremer
  • Ocre jaune
  • Terre de Sienne brûlée
  • Terre d’ombre brûlée

Après qu’il s’agisse de godets ou de tubes, les deux présentent des avantages et des inconvénients. Les tubes seront à préférer lorsque l’on travaille des grands formats, que l’on souhaite faire des mélanges sans souiller les couleurs. La pâte étant souple, on peut arriver plus facilement au résultat espéré. Ils conviennent à la fois aux débutants et aux confirmés. Les inconvénients vont concerner le séchage, qui sera plus long ainsi que les quantités, qui seront  plus délicates à mesurer.

Les godets permettent un prélèvement précis de la couleur et conviennent surtout pour les petites surfaces à peindre et les esquisses. Le ½ godet est très pratique pour l’extérieur et peut servir pour les teintes les moins utilisées. Néanmoins, l’aquarelle en godet est potentiellement difficile à diluer à l’inverse des tubes.

Avoir en permanence les deux types de conditionnement est une bonne chose, les tubes permettant de travailler les teintes très utilisées et les godets pour les moins fréquentes.

Pour la palette, elle doit être imperméable ( !! ) mais aussi être satinée afin de permettre la bonne évaluation d’ une couleur. Après, c’est une question de goûts (forme, matière, avec ou sans compartiments) et d’habitudes (légère pour le transport et la pratique en extérieur ; une ou deux palettes).

En ce qui concerne l’eau, idéalement, elle ne doit pas être trop acide ou calcaire afin de ne pas modifier la tenue des couleurs une fois posées. Au pire, il reste la possibilité d’opter pour l’eau déminéralisée. Pour le pot à eau, tout est envisageable du moment qu’il est assez grand. D’ailleurs, mieux vaut en prévoir deux. En regardant Jean-Baptiste Monge travailler dans la formation dédiée, on constate qu’il n’utilise pas un seul pot à eau, mais un pour éclaircir les couleurs et un autre pour le nettoyage des pinceaux.

 

Les pinceaux : quelques exemples
Les débutants n’ont pas besoin de se suréquiper; 3 pinceaux peuvent suffire, encore une fois.

  • Le pinceau à lavis. Il permet d’appliquer de grandes quantités d’eau notamment grâce à sa forme large. Souple, il est parfait pour étaler de la couleur sur des grandes surfaces.
  • Le pinceau rond. Doté d’une  forme classique, il peut tracer de fines lignes mais aussi travailler un lavis. Un outil polyvalent et donc indispensable.
  • La brosse plate carrée. Avec elle, il est possible d’obtenir des traits précis (en utilisant la tranche) mais aussi, encore une fois, de travailler les lavis.

 

« Demoiselles d’Avignon » de Picasso, version préparatoire à l’aquarelle, 1907

 

Les artistes ayant déjà plus d’expérience rajouteront quelques pinceaux supplémentaires.

  • Le pinceau à filet. Capable de se gorger de beaucoup de peinture, cet outil aide à tracer des lignes fines.
  • La langue de chat. Pinceau adapté au glacis et aux traits de précision.
  • Le pinceau veineur. Il est utilisé pour obtenir des traits rectilignes. Ses poils sont asymétriques.
  • Le pinceau en éventail. Outil utilisé pour les fondus et les dégradés.

 

Vincent Van Gogh, “Le pont Langlois à Arles”, 1882

 

Techniques

Lavis et glacis
Il s’agit tout simplement d’une couleur appliquée de manière plus ou moins étendue avec de l’eau sur le papier afin d’obtenir une teinte à la transparence variable.

Il existe 3 sortes de lavis :

  • le lavis polychrome qui se pose sur un papier détrempé avec une eau claire. On ajoute les couleurs désirées en les répartissant plus ou moins au hasard avec un geste rapide. Le mélange peut être amplifié lorsque l’on incline le support.
  • le lavis dégradé qui s’applique sur un papier sec et dans lequel on doit faire varier l’intensité. On procède de haut en bas en augmentant ou en diminuant l’intensité de la teinte au fur et à mesure que l’on descend. Pour arriver à un tel dégradé, il faut ajouter de l’eau au mélange afin d’atténuer la couleur ou rajouter de la peinture pure pour une intensité plus forte.
  • le lavis monochrome se pose également sur papier sec. L’application se fait aussi de haut en bas, avec un geste le plus régulier possible.

 

Le glacis se définit comme la fine couche transparente de couleur étendue sur d’autres couches sèches (de teintes identiques ou différentes). Le glacis s’applique sur papier mouillé ou sec. Sur papier sec, il faut laisser sécher la première couche tandis que sur papier mouillé on peut mélanger aussitôt.

Cette technique permet d’augmenter progressivement l’intensité d’une couleur sans porter atteinte à la transparence de l’aquarelle. Pour obtenir un beau glacis, il faut attendre que les différentes couches soient bien sèches.

Le lavis est donc l’application d’une couleur sur un papier tandis que le glacis est l’application d’une couleur humide sur une autre déjà sèche.

 

Van Gogh, “Cabane avec des tournesols”, 1887

 

Mouillé sur mouillé
L’aquarelle est posée sur une surface humide qu’il s’agisse d’une peinture encore humide ou d’un papier mouillé.

La couleur se met alors à couler une fois en contact avec la surface mouillée. Plus cette dernière est humide et plus l’aquarelle va alors se disperser.

En séchant, les bords donneront un effet de flou. Si cette technique permet d’obtenir des résultats très esthétiques, elle demande néanmoins une certaine maîtrise compte tenu de sa part importante d’imprévisibilité.

 

Mouillé sur sec
Cette technique est l’inverse de la précédente. Plus simple à appréhender, elle permet d’arriver à des résultats plus précis lorsque l’on veut travailler les détails.

L’aquarelle est posée sur une surface sèche (un ancien lavis ou un papier vierge). La peinture ne coule pas et donne des contours nets une fois secs.

Pour magnifier les teintes, un nouveau lavis devra être posé sur le précédent, qui lui, devra être sec pour être retravaillé.

 

Rangement  et entretien

Pour prendre soin des pinceaux, il faut commencer par bien rincer la touffe dans un récipient d’eau claire. Puis le surplus d’eau sera évacué en secouant le pinceau.

Il faut maintenant faire preuve de délicatesse en lissant la touffe du pinceau. Le but étant de remettre tous les poils dans le même sens et de vérifier si le pinceau est bien propre.

Ensuite, les pinceaux sont à étaler sur une surface absorbante. Une fois bien secs, il suffit de les ranger dans un classique pot à pinceaux mais la touffe orientée vers le haut afin qu’elle reste droite. Pour les transporter ou les ranger pour une longue durée, une serviette éponge est suffisante. Bien enroulés, les pinceaux seront alors protégés de la poussière.

Même si l’aquarelle est une technique peu salissante, facilement nettoyable et qu’elle use moins les pinceaux, le nettoyage reste important afin de préserver les outils durablement.

Pour la peinture en tube, il suffit de bien visser le bouchon afin que le tube reste hermétique. Pour les godets, une boite en métal ou en bois retardera le dessèchement et l’apparition des fissures.

Enfin, la palette doit être passée sous l’eau dès que l’on a terminé de peindre. Du liquide vaisselle aidera à faire disparaître les taches persistantes.

 

Fine ou extra fine

On retrouve deux catégories de peinture pour la gouache, l’aquarelle, l’acrylique ou la peinture à l’huile : la peinture fine et la peinture extra fine.

Ces deux peintures se distinguent par le taux de pigment pur et la finesse du broyage lors de la fabrication. Le taux de pigment va déterminer l’intensité de la couleur et la durabilité. Donc plus le taux est fort et plus la qualité sera élevée. Lorsque le cahier des charges exige un broyage élevé, alors la pâte est homogène et lisse. La qualité d’une peinture se définit donc par sa résistance au temps qui passe, à la puissance de ses couleurs et à sa capacité couvrante.

La peinture fine est proposée à des tarifs moins élevés car elle contient moins de pigment et propose une gamme moins importante. Néanmoins, elle sera recommandée aux débutants et aux budgets plus serrés. Il ne faut pas voir cette peinture comme une sous catégorie. En effet, les artistes expérimentés peuvent s’en servir comme première couche ou pour réaliser des fonds.

Après ces quelques explications en introduction de ce paragraphe, on comprend que pour la peinture extra-fine, le taux de pigment pur est plus important et que le broyage est plus fin. La peinture extra fine se décline en un nombre conséquent de teintes et offre une grande résistance. Idéal donc pour conserver une oeuvre pendant des années. Le pigment peut être de différentes origines et l’élaboration de cette peinture est plus compliquée, ce qui provoque au final un prix de vente plus élevé.

 

 

Pinceaux et type de poils

Rapidement, les débutants vont se retrouver confrontés à la multitude de pinceaux disponibles sur le marché  et ne sauront pas s’y retrouver. Il convient tout d’abord de distinguer les types de poils avant de parler d’utilisation. Voici quelques exemples.

  • Poils naturels (fins et soies de porc)
  • Poils synthétiques
  • Mélanges naturels/synthétiques

 

Les poils naturels

  • Pinceaux en martre rouge  : élastiques, souples et robustes, ces pinceaux sont de grande qualité. Naturellement très absorbants, ils permettent de garder un très bon contrôle et une grande précision. Très appréciés pour l’aquarelle, ils sont également utilisés pour les lavis, les fondus ou la peinture à l’huile. Attention, ces pinceaux sont chers (notamment ceux fabriqués à partir de la pointe de la queue de la martre kolinsky de Sibérie). Il est possible d’en trouver des plus abordables (et aussi de moins bonne facture tout en restant haut de gamme) lorsqu’ils sont faits avec des poils provenant d’espèces de belettes différentes.
  • Les petits-gris : se chargeant bien en couleur, souvent utilisés pour l’encre, les lavis et l’aquarelle.
  • Pinceaux en poils de chèvre : Doux et fins, ils sont fréquemment utilisés pour la calligraphie. Ils se chargent bien en couleur mais la déposent moins bien que des petis gris. De plus, ils s’usent très vite.
  • Pinceaux en poils de chameau : un nom trompeur, les poils provenant habituellement d’écureuils, de chèvres, de chevaux … Ils peuvent aussi être constitués d’un mélange de plusieurs types de poils, mélange qui détermine la douceur et le prix du pinceau. On est ici sur une qualité inférieure par rapport aux précédents. On s’en servira pour l’aquarelle, le lettrage ou la détrempe.
  • Pinceaux à poils de poney : efficaces avec des médiums plus épais, ces pinceaux disposent de poils plus grossiers sans pointe et avec peu de ressort. Ils sont utilisables pour la peinture à l’huile, l’acrylique mais aussi l’aquarelle
  • Soies de porc : utiles pour l’acrylique et la peinture à l’huile. Rigides, ils peuvent contenir plus de peinture et permettent une application homogène. De qualité variable, le poil s’affaiblit si sa coloration n’est pas naturelle. Les plus résistants sont ceux qui possèdent les poils les plus rigides et les plus fournis. Inversement, les plus souples et doux sont les moins résistants. Utile pour la préparation des toiles, des fonds et la mise en place des masses.
  • Pinceaux à poils de blaireau : d’une qualité très variable, ce poil est plus épais à la pointe et présente un aspect très distinctif en touffe. Utilisé pour la peinture à l’huile et ses mélanges.
  • Pinceaux à poils de mangouste : durables, ces pinceaux sont destinés à l’acrylique et à la peinture à l’huile. Les poils sont dynamiques et robustes.
  • Pinceaux à poils de bœuf : résistants et souples, ils ne disposent pas de pointe fine. Les poils de ce type de pinceaux sont souvent mélangés avec d’autres types de poils pour accroître leur résistance dans le temps.

 

 

Les poils synthétiques

Constitués de polyester ou de nylon, ces pinceaux sont principalement utilisés pour l’acrylique. Ils sont généralement robustes et peuvent être doux ou rigides. Pour un budget limité, ils peuvent constituer une très bonne alternative. Plus simples à nettoyer, ils sont plus adaptés à l’acrylique tout simplement car ils résistent mieux “aux agressions” de ce type de peinture. Cela dit, ils restent très polyvalents. Les synthétiques doux fonctionnent très bien avec l’aquarelle et les rigides avec la peinture à l’huile. En règle générale, ils disposent d’une bonne pointe et se chargent bien en couleur.

 

Les mélanges de poils

Cette catégorie n’est pas à négliger car certains démontrent des performances quasi similaires à celles des pinceaux en martre mais avec un prix inférieur. C’est le cas des mélanges synthétique et … martre.

 

Formes et épaisseurs

Différentes tailles sont disponibles pour les pinceaux chez les différents fabricants. Malheureusement, d’un fournisseur à l’autre, les numéros de taille ne correspondent pas forcément (tailles françaises différentes des tailles anglaises par exemple). Donc lors d’un achat en ligne, il convient d’être plus vigilant. Cette différence de taille concerne aussi la taille du manche. Selon la technique utilisée, cela peut avoir une certaine importance.

Quelques formes :

  • Le plat carré est un des pinceaux destinés au lavis. Disponible en plusieurs tailles, épaisseurs et formes, il permettra de couvrir de grandes zones en aquarelle par exemple. La version courte est plus rigide et donne un résultat plus nerveux.
  • Le pinceau à lavis ovale est donc la version arrondie du pinceau précédent. Il sera utile pour la pose de grandes zones d’eau ou de couleur, pour absorber les excès ou mouiller les surfaces.
  • Le pinceau balai est un autre outil destiné au lavis. Présenté comme plus complet, il est destiné à la même utilisation.
  • Le pinceau rond est polyvalent et peut être utilisé pour les contours, les retouches, etc. Retenant bien la couleur, il offre une certaine fluidité dans la répartition de cette dernière.
  • Le pinceau filet dispose d’une forme longue, fine et pointue. Il est utile pour le tracé de lignes fines et pour les détails.
  • Le pinceau langue de chat se présente avec un rebord arrondi. On fait appel à lui pour les glacis, les tracés épais ou les reprises.
  • Le pinceau trainard est similaire au pinceau filet mais est différent au niveau de son extrémité. Si le filet est en pointe, le trainard est de forme carrée à son bout. Mais l’utilisation reste la même.
  • Le pinceau éventail est original. Il sert pour estomper les fondus, contours…
  • Le pinceau angulaire dispose d’un embout plat avec des poils plus longs d’un côté que de l’autre. Il est utile pour les traits précis et les lignes tracées avec une couleur épaisse.

 

 

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