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Parcours d’une artiste professionnelle en devenir: interview de mon élève Élodie

Avr 17

Il y a maintenant 3 ans, une élève très motivée s’est inscrite à mes cours.
Son rêve: vivre de ses créations. Sa volonté de faire toujours mieux m’a tout de suite plu et elle force l’admiration.
Je suis fier aujourd'hui de vous la présenter sur le blog, puisqu’elle va  partager avec nous son parcours et son expérience.

illustration aquarelle

- Salut Elodie, peux-tu te présenter et parler un peu de ton parcours scolaire et professionnel?

J’ai 34 ans, je suis originaire de Vannes, en Bretagne, où je suis revenue vivre depuis fin 2014, après avoir vécu 5 ans en Suisse pour mes études.
J’ai un parcours universitaire bien loin de l’univers artistique. J’ai toujours été bonne élève, et au lycée on m’a dit de faire un BAC S parce que c’était soit-disant la voie royale qui ouvrait toutes les portes. J’avais déclaré que je ne voulais pas faire d’études longues, mais je ne savais pas quoi faire après le BAC et j’ai visité la fac de biologie, pas loin de chez moi.
J’ai trouvé ça chouette, je suis entrée en licence de biologie... et je suis allée jusqu’à BAC+9, en m’accrochant au fait que j’aimais l’écologie et que l’étude du comportement animal me passionnait quand même pas mal. Après mon master d’écologie (Bac+5) je me suis retrouvée de nouveau à ne pas savoir “quoi faire après”.

 Les autres étudiants postulaient, depuis des mois déjà, à des offres de doctorat... j’ai fait pareil, parce que je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre avec mon diplôme hyper spécialisé qui me préparait à une carrière dans la recherche. C’est comme ça que je me suis retrouvée prise pour un poste de doctorante, dans un institut de recherche pour l’agriculture biologique, en Suisse.
J’ai commencé à recevoir un salaire, j’ai trouvé un appartement à Bâle, j’ai acheté des meubles, j’avais de quoi économiser, voyager... pourtant je n’ai jamais été aussi malheureuse que pendant ce doctorat, j’en ai vraiment bavé.

J’ai fini en burn-out après 4 ans; j’allais au boulot la boule au ventre et la gorge serrée et je rentrais chez moi en pleurant. J’ai failli arrêter 3 mois avant la fin de ma thèse, parce que je me suis retrouvée chez mon médecin pour des pertes d’équilibre. J’étais aussi sans arrêt malade (grippes et bronchites à répétition, mal de dos). Une fois le diplôme en poche, je me suis sentie complètement vidée et brisée et je ne savais de nouveau pas quoi faire de ma vie, une situation récurrente pour moi.
Je savais juste que je ne voulais pas rester dans la recherche, comme m’y destinaient mes études. J’en avais assez soupé de tout ça : j’ai décidé de m’occuper de moi et de prendre mon temps pour trouver ce que j’avais envie de faire.

Je me suis lancée dans la permaculture, dans la Communication Non Violente, je me suis passionnée pour la gouvernance partagée. J’ai fait du bénévolat dans différentes associations, avec à chaque fois, l’intention de créer mon poste dans l’un de ces domaines que j’explorais. A chaque fois, ça a été un échec et une déception (le milieu associatif... je  préfère ne pas m’étendre). Je cherchais en vain quoi faire de ma vie, quelle était ma voie. Il n’y a que depuis que j’ai embrassé la voie artistique que je me sens enfin pleinement à ma place, confiante et heureuse dans tout ce que je fais.

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- À quel âge as-tu appris véritablement les bases du dessin ? Comment s’est passé ton apprentissage ?

Je dessinais déjà étant enfant. J’ai vraiment commencé vers 9 ans, en copiant des images de chevaux, et à l’adolescence, je copiais des images de mangas.
Au collège, le prof d’Arts plastiques m’a appris à travailler au graphite et à estomper. Mais je n’ai véritablement appris les bases du dessin qu’en devenant ton élève il y a 3 ans.
Je reprenais le crayon après l’avoir complètement laissé de côté pendant mes études. J’en avais marre de ne faire que copier des photos. J’en avais marre d’être coincée dans l’hyper-réalisme, j’avais envie de pouvoir m’écarter de mes références photos, de simplifier, de styliser et de dessiner d’imagination. Mais je ne connaissais rien à la perspective, je n’avais aucune notion d’anatomie...

Tomber sur tes formations, ça a été comme trouver le Graal pour moi. J’ai eu l’impression de tout absorber comme une éponge et je me suis mise à pratiquer régulièrement (avec acharnement à certaines périodes). J’ai passé des heures à dessiner des formes dans l’espace, des escaliers, des ombres portées; puis des crânes, des membres, des muscles. J’ai commencé à faire des vignettes, à réfléchir à la composition.

Mais il a fallu beaucoup de temps de digestion et d’exercices pour que la théorie se transfère dans la pratique. Sur le moment je me suis parfois demandée si je progressais vraiment. Et puis il y a un an, quand j’ai commencé à sortir dessiner en plein air et à faire des sessions Croquis Café avec des poses courtes, j’ai senti que tous les exercices que j’avais fait s’étaient intégrés. C’est dur à expliquer, mais d’un coup, c’est devenu plus intuitif et plus fluide; comme quand on apprend à conduire une voiture : au début il faut penser à tous les gestes, et puis au bout d’un moment, on passe les vitesses sans même s’en rendre compte.

illustration aquarelle

- Avais-tu déjà dans l’idée de devenir une artiste quand tu étais plus jeune ? Quand cette idée t’est-elle apparue ?

Quand j’étais plus jeune, je voulais devenir écrivain (est-ce que ça se voit un peu que j’aime écrire...? XD). Je voulais même faire mon stage de 3ème chez un écrivain du coin. Ça ne s’est pas fait, j’ai atterri en stage avec le biologiste de l’aquarium de Vannes... C’est comme si j’avais pris la mauvaise route à ce carrefour là (même si, en vérité, je considère qu’il n’y a pas de “mauvais chemin”, juste le chemin, celui qu’on doit parcourir pour se construire, même s’il nous paraît détourné... La Nature n’avance jamais en ligne droite).

Etant enfant, je ne pensais donc pas exactement à devenir artiste, même si, pour moi, l’écriture, le dessin et la peinture sont liés (ce sont des disciplines qui me font ressentir la même émulation créative et la même satisfaction, même si les moyens sont différents). Comme je l’ai dit, après mon doctorat, j’ai cherché que faire de ma vie, j’ai testé plein de choses pour “trouver ma voie”, et en parallèle, j’ai repris le dessin mais je n’ai jamais osé considérer que cela pourrait être plus qu’un hobby. Moi je cherchais à faire quelque chose qui “ait un sens”, qui soit “utile” (pour la planète, pour l’humanité, etc). Donc je cherchais partout, sauf au bon endroit, sous mon nez, dans ce qui me faisait le plus plaisir. L’idée de devenir artiste s’est “imposée à moi” il y a seulement un an.

- Tes parents t’ont-ils poussée à faire du dessin et à devenir une artiste ?

Je peux honnêtement dire que mes parents ne m’ont jamais poussée à rien du tout, ni à faire des études universitaires, ni à devenir artiste. Par contre, ils ont toujours voulu mon bonheur et ont toujours été derrière moi à m’encourager, quoi que je décide de faire. Je sais que j’ai beaucoup de chance pour ça. Ma mère a été d’un grand soutien pour moi ces dernières années : si elle ne m’avait pas offert le gîte et le couvert depuis mon retour en France après mon doctorat, j’aurais été forcée de trouver un boulot alimentaire, avec je ne sais quelles conséquences sur ma santé physique et mon état psychologique, et avec très peu de temps et d’énergie pour me remettre au dessin (aurais-je repris le crayon dans ces conditions ? Pas sûr...)

Je sais qu’elle s’est inquiétée bien souvent de me voir dans l’incertitude par rapport à mon futur, mais elle a accepté que “sa fille n’est pas tout à fait comme les autres” pour reprendre ses mots, et elle ne m’a jamais mis la pression à retrouver un boulot, même si elle a parfois eu du mal à joindre les deux bouts. J’ai beaucoup de gratitude envers elle pour ça, et le fait qu’elle croie en moi et en mon projet depuis le début est un soutien très important pour moi. 

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- Quelles sont tes sources d’inspiration? as-tu des illustrateurs/illustratrices ou peintres préféré(e)s?

Parmi mes sources d’inspiration : la nature et les animaux, les chevaux en particulier, et les gens aussi. J’aime mélanger tout ça pour représenter des personnages et des animaux en interaction, et j’espère pouvoir inventer de plus en plus des paysages un peu fantasques autour. Car j’aime aussi tout ce qui est d’ordre fantastique et fantaisiste : j’aime bien les univers un peu magiques, voire un peu bizarroïdes ou décalés (reste de ma période punk/goth peut-être, haha!).

J’ai effectivement des artistes préférés, qui m’inspirent :

Parmi les maîtres aquarellistes, je citerai juste Alvaro Castagnet, pour les superbes ambiances qu’il arrive à rendre.

Marc Taro Holmes, très connu parmi les Urban Sketchers, dont j’adore les “aquarelles directes” (sans croquis préalable, une belle leçon de lâcher prise).

David Lobenberg, pour ses portraits à l’aquarelle aux couleurs éclatantes.

Ko byung jun, un artiste découvert sur Pinterest, dont j’adore les portraits percutants et un peu décalés.

Charlie Mackesy, dont j’admire la ligne à l’encre d’une simplicité trompeuse (quand on essaye de simplifier autant que lui en gardant quelque chose de lisible et de vivant, on se rend compte à quel point c’est difficile !). Je suis en amour avec le livre qu’il vient de sortir, “The boy, the mole, the fox and the horse”, plein de sagesse, qui rappelle l’univers du Petit Prince.

Sur youtube, je suis aussi pas mal de chaînes, mais parmi celles qui m’inspirent le plus, il y a :

- ERUDA art, parce que ses peintures me transportent dans un autre univers; j’ai à chaque fois la mâchoire qui se décroche quand je regarde ses speedpaintings.

- Gary Tucker, dont j’admire le coup de pinceau calligraphique, la capacité à simplifier des scènes complexes et à utiliser les couleurs pour poser des ambiances.

- Misulbu; j’ai le souffle coupé aussi quand je vois ses portraits prendre forme.
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- Qu’est-ce qui t’a décidée à véritablement te lancer en professionnelle?

Ça va peut-être sembler un peu incongru, mais cette “décision” est la conséquence d’une rupture amoureuse. Il y a un an et demi, mon amoureux de l’époque est parti en voyage, à pied avec son sac sur le dos. Il ne savait pas pour combien de temps il partait et ne souhaitait pas communiquer du tout, avec personne. Le sentiment de perte a été terrible pour moi: je pensais être forte et pouvoir continuer ma vie indépendamment de cela, comme je l’avais toujours fait.
Mais son départ m’a durement impactée et avec le recul, je crois que j’ai fait une dépression à ce moment là. La seule chose qui m’a tenue debout et m’a fait continuer à me lever le matin, ça a été le dessin, et surtout la découverte de l’aquarelle, dont je suis tombée amoureuse. Je peux remercier mon ex pour ça: j’avais toujours dit que je n’aimais pas l’aquarelle, car j’avais essayé étant ado et je n’y avais rien compris.

Mais c’est lui qui m’a mis des crayons aquarellables dans les mains peu avant son départ et j’ai adoré ça... parfois je me dis que je l’ai peut-être rencontré uniquement pour cette raison ^^ .En tout cas, alors que j’étais au fond du puits, cette passion a été suffisamment puissante pour me donner de la joie au quotidien et l’envie d’avancer. Un jour, ma mère (chez qui je vis actuellement) m’a dit, inquiète: “mais tu ne peux quand même pas rester comme ça et passer tout ton temps à fuir dans la peinture”. Je lui ai répondu “mais ce n’est pas juste une fuite, je compte en faire ma vie, donc j’investis dans mon futur.” Et en le disant, j’ai réalisé que c’était vrai, que l’idée était là, bien ancrée en moi, depuis plusieurs semaines. J’avais commencé à visualiser dans ma tête mes pages sur les réseaux sociaux, ma chaîne youtube avec des tutoriels...

Finalement je n’ai pas exactement décidé de me lancer en temps que professionnelle; l’idée a fait son chemin et s’est imposée d’elle-même, et j’ai senti au fond de moi que c’était juste. Je n’ai pas trouvé ma voie en la cherchant, c’est ma voie qui m’a trouvée quand je me suis concentrée sur ce que j’aimais faire, parce que je ne pouvais plus rien faire d’autre. Autrement dit, j’étais déjà sur ma voie, mais la Vie a dû me mettre une grosse claque pour que j’en prenne conscience et que je m’autorise à suivre mon coeur et à accepter que le dessin et la peinture soient plus qu’un simple hobby. Finalement, j’ai compris que faire quelque chose “qui a du sens” et qui est “utile” ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.  Maintenant je suis convaincue que le moteur de tout c’est la joie, et que quand on fait ce qui nous met en joie, on rayonne quelque chose de positif et d’utile dans le monde, même si on ne lutte pas contre le réchauffement climatique ou la famine.

- Pourrais-tu nous parler d’un de tes projets, que tu as mis en images et qui te tient particulièrement à cœur ? 

Je viens de démarrer un projet que j’ai en tête depuis au moins 2 ans, une série de peintures intitulée “Horses and women”, ou “Des chevaux et des femmes” en français. Si ça me tient tant à coeur, c’est que les chevaux ont une place importante dans mon coeur depuis que je suis enfant.

Pendant mon doctorat je me suis occupée de différents chevaux et poneys de propriétaires et ce qui m’importait, ce n’était pas de les monter mais de tisser un lien avec eux. Je restais souvent assise des heures dans un enclos à juste “être” avec un cheval, ce que peu de gens comprennent.
Faire ça avec un chien c’est considéré comme normal, mais le faire avec un cheval c’est considéré comme bizarre, parce que le cheval a une image “d’utilité”. Et même dans le milieu de ce qu’on appelle “l’équitation éthologique” où l’on prône des méthodes douces, je constate que cette idée d’utilité du cheval reste présente... On lui laisse la possibilité de s’exprimer seulement jusqu’au moment où ça contrarie la finalité qui reste de le monter et de lui demander de faire ceci ou cela. Les méthodes douces employées visent malgré tout à le dresser et à l’entraîner.

Moi j’ai passé des heures “à ne rien faire” en compagnie des chevaux, ça compte parmi les plus belles heures de ma vie, et quand j’ai fait mon burn-out en 2013 c’est ce qui m’a sauvée. Fin 2012 je suis partie en Californie pour un stage de 10 jours avec Carolyn Resnick, une femme qui a développé, au contact des chevaux sauvages, une méthode pour créer un lien “de coeur à coeur” avec eux. Nous étions 13 femmes lors de ce stage, et certaines de ces femmes sont restées mes amies, nous sommes toujours en contact.

Ensuite, à 3 mois de la fin de mon doctorat, quand tout le monde me pressait de finir d’écrire ma thèse, moi je passais 3 ou 4 jours par semaine dans une écurie, assise pendant des heures au milieu d’une bande de chevaux. C’était ma bouffée d’oxygène, sans ça j’aurais vraiment plongé et je n’aurais pas pu aller au bout. Donc j’ai à coeur d’illustrer le lien formidable qui peut exister entre les femmes et les chevaux, quand les 2 sont totalement libres d’exprimer leurs opinions et leurs limites. J’ai récemment peint un premier tryptique en format 30 x 30 cm, et j’ai d’autres oeuvres en préparation pour cette série. Jusqu’ici je me suis inspirée de photos personnelles ou que des amies m’ont autorisée à utiliser. J’ai opté pour un style semi-réaliste, pour sortir de mon obsession du détail, un encrage à l’encre grise dynamique et fluide, posé au stylo plume “Fude nib” ou au calame en bambou, et un jeu avec les couleurs pour focaliser l’attention sur le lien entre le cheval et la femme sur chaque image. Au niveau des couleurs, j’essaye d’avoir de vrais partis pris. Je ne recherche pas la perfection mais l’émotion (pour une perfectionniste comme moi, c’est tout un chemin). J’ai énormément de plaisir à commencer cette série en tout cas.

aqurelle équitation
aquarelle cheval
aqurelle équitation

Je profite aussi de cette rubrique pour vous présenter ma petite mascotte ! Il y a quelques temps j’ai commencé à la dessiner sur le tableau Veleda accroché dans ma cuisine, pour illustrer les jours de la semaine. C’est comme ça qu’elle est née. C’est un peu une représentation ultra-simplifiée de moi: elle a grosso-modo ma silhouette, ma coiffure, je l’habille avec mes fringues, mais je ne détaille rien.
Comme elle vit dans un monde imaginaire, elle peut faire tous ces trucs qui me sont impossibles, du style parler aux animaux ou s’accrocher à un ballon de baudruche pour monter dans les nuages! Anatomiquement, elle est loin d’être vraiment correcte mais je veux qu’elle reste une petite silhouette dynamique et spontanée. Ce sont de petits dessins que je fais rapidement sans me prendre la tête mais j’espère les améliorer avec le temps et la pratique, ça m’entraîne gentiment au dessin d’imagination et de mémoire (qui restent difficiles pour moi). Je l’ai appelée “Alichina”, qui est mon ancien pseudo ici sur AAD.

illustration cheval passion
artiste danse
artiste vole
artiste nature

- Quels sont tes projets d’avenir ?  À quel stade de ta vie te vois-tu dans 10 ans?

Mes projets dans l’immédiat sont de m’investir sur la chaîne youtube et le blog AAD en concoctant plein de super tutoriels sur les techniques de mise en couleur en traditionnel, aquarelle principalement, mais aussi crayons de couleur, craies à la cire, un peu de pastels gras, techniques mixtes et je n’exclue pas d’explorer d’autres choses comme l’acrylique ou le pastel sec, dans le futur. J’ai plein d’idées !  

En parallèle, je vais construire mon site internet avec un portfolio pour mettre mes oeuvres originales à la vente, petit à petit. Il y aura aussi une partie blog et une chaîne youtube où je compte vlogger: j’aimerais partager ce que j’ai vécu et ce que je vis, dans l’idée que ça puisse encourager et booster des personnes qui sont, comme j’ai pu l’être, en train de se chercher.

Dans 10 ans, je me vois tout simplement bien installée dans ces activités. Je partagerai mon temps entre création, expos et partage sur les réseaux. Je vivrai dans une tiny house la plus autonome possible en énergie; je voudrais minimiser mon impact écologique et dépendre le moins possible du système, vivre sans dette pour garder un max de liberté sur le nombre d’heures de boulot que je dois fournir tous les mois, pouvoir bosser d’un peu n’importe où. J’aurai un camion aménagé avec un peu de matériel de peinture dedans pour pouvoir aller vadrouiller plusieurs jours et sillonner la côte Bretonne en quête de jolis coins à peindre; ou même partir plus loin pendant quelques mois? Toutes mes expériences continueront de nourrir mon Art, mes vidéos et mes écrits. J’aurai un amoureux aussi, un compagnon qui aura envie de cheminer à mes côtés. Et peut-être quelques poneys ! En tout cas une vie simple, dont le moteur sera la joie.

- Peux-tu nous communiquer les liens vers tes réseaux sociaux?

Ma page Facebook : https://www.facebook.com/ElodieMyHeartInMyArt

Ma chaîne Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCELG7UiGVjeHeinFKeJZLWA

Le site web est encore très loin d’être prêt à être mis en ligne, mais il sera dispo à cette adresse : www.myheartinmyart.com
illustratrice équine

- Je t’ai demandé de rejoindre l’équipe du blog car je sais que tu seras d’une grande aide ici et que tu comprends ma philosophie d’enseignement. Qu’est-ce que cela représente pour toi?

Pour moi, ça représente une opportunité inouïe, un ascenseur vers la réalisation de mes rêves ! Quand tu m’as contactée pour me faire cette proposition, ça a aussi été un sacré ascenseur émotionnel ! J’étais abasourdie, je me suis dit “on ne m’avait pas prévenue que c’était Noël aujourd’hui !” .
Tes formations ont été déterminantes dans ma progression en tant qu’artiste, donc j’ai été hyper touchée de ta confiance, et je suis extrêmement heureuse d’avoir atteint aujourd’hui un niveau qui me permet de contribuer au projet. J’espère aider le plus de personnes possible à progresser.

J’espère pouvoir encourager celles et ceux qui se sentent découragés, leur donner des clefs pour ne rien lâcher. Tu le répètes souvent et je suis entièrement d’accord avec ça: le dessin et la peinture c’est une affaire de régularité et de persévérance. Les progrès sont lents et parfois on traverse des moments de doute et d’amertume.
Mais quand on aime vraiment ça, s’accrocher vaut tellement le coup ! Il faut savoir être doux avec soi-même parfois, ne pas se focaliser que sur ses défauts et ce qu’on ne sait pas encore faire, mais regarder et célébrer le chemin qu’on a déjà fait. Pour moi, tout ça, c’est dans la lignée de ce que tu transmets, et c’est ce type d’énergie que j’ai envie de véhiculer aussi. Merci de me donner cette chance incroyable !

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- Que conseillerais-tu aux personnes qui se lancent dans la peinture en partant de zéro?

En premier lieu, faites les choses avec joie, sans pression du résultat. Autorisez vous à tester et à faire des erreurs, à “gaspiller” du papier et de la peinture; pour moi, rien n’est gaspillé tant que vous conscientisez ce que vous faites et que vous tâchez d’en apprendre les leçons pour les fois prochaines. Alternez entre des exercices pour travailler la technique, et des petits projets plus libres qui vous tiennent à coeur, histoire de garder la motivation.

Donnez vous les moyens d’apprendre dans de bonnes conditions: si vous avez un petit budget comme moi (je touche le RSA depuis 5 ans), investissez dans un minimum de matériel, mais dans du matériel de bonne qualité. Apprendre à peindre en partant de zéro, c’est déjà difficile, alors il n’y a rien de plus frustrant que de tenter d’apprendre avec un matériel qui ne coopère pas !

Tâchez de définir très précisément à quoi vous aimeriez que ressemblent vos peintures; est-ce que vous voulez un rendu réaliste ou quelque chose de plus vaporeux et mystérieux ? Est-ce que vous voulez une ligne à l’encre ou pas ? Est-ce que vous voulez des couleurs qui pètent ou des atmosphères plus adoucies ? Est-ce que vous voulez que les coups de pinceaux soient visibles, qu’ils aient un style calligraphique et dynamique, ou est-ce que vous préférez, au contraire, qu’ils soient invisibles ? Essayez d’imaginer le résultat que vous cherchez à obtenir pour chaque peinture que vous allez faire. Posez ça sur papier si besoin. Car il est très difficile d’atteindre un résultat quand on ne sait pas ce qu’on cherche à atteindre. Même si certaines peintures sont le résultat d’heureux hasards, c’est plus facile de savoir sur quoi travailler quand on sait ce qu’on veut obtenir comme rendu.

Apprenez à planifier votre travail; je vais vous le rabâcher comme Pit, faites des vignettes en niveaux de gris, puis des vignettes en couleurs pour tester différentes harmonies et ambiances. Faites des peintures en petit format en guise d’essais. Faites des itérations, ça vous permettra d’apprendre à connaître votre sujet, d’être à l’aise et donc de pouvoir improviser un peu au moment de passer sur l’oeuvre finale, en plus grand format.

Inspirez vous du travail d’artistes que vous admirez pour définir vos préférences en matière de style, mais ne vous comparez pas à eux, en vous disant que vous êtes nul. Dites vous que ces artistes ont des milliers d’heures de peinture derrière eux, qu’ils ont répété les gestes des centaines de fois, et qu’ils ont aussi certainement raté des centaines de peintures qu’ils ne montrent pas au public. Il n’y a pas de raccourci, il faut en passer par là.

Alors mon dernier conseil: armez vous de patience, travaillez régulièrement en profitant du chemin, persévérez, n’abandonnez pas trop tôt. Datez vos peintures et conservez les par ordre chronologique. Dans les moments de découragement, quand vous aurez l’impression de ne pas progresser, regardez vos premières réalisations; vos avancées vous sauteront aux yeux, ça vous donnera un coup de boost !

Un grand merci à Élodie pour avoir répondu à mes questions. Vous la retrouverez très prochainement sur le blog et/ou sur la chaîne youtube d’apprendre à dessiner.

Ne manquez rien de ses tutoriels!

L'abonnement au blog est gratuit et vous pouvez vous désinscrire quand bon vous semble (heureusement d'ailleurs!) 😉

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A propos de l'auteur

Pit Graf, créateur du blog Apprendre-a-dessiner, ancien kinésithérapeute recyclé en prof de dessin: il a juré fidélité à ses lecteurs et ses élèves pour la vie (jusqu'à ce que la mort les sépare).

  • Barjav dit :

    Bonjour Elodie
    Très beau, touchant et intéressant témoignage. On y retrouve nos enfants, leurs doutes, leurs recherches d’orientation, de débouchés, de sens, leur retour momentané à la maison pour se réorienter…on s’y retrouve un peu aussi, mauvaise orientation, des années d’un métier fait à contre cœur etc…un peu comme Courtailler aussi qui témoigne plus bas on attend souvent trop longtemps.
    Ayant connu pour soi et pour ses enfants ces années de méandres professionnels et de vie, on ne peu que se réjouir de voir où tu en es. Félicitations et bonne continuation.

    J’avais en projet de me mettre à la peinture (pour ma retraite dans 2-3 ans) après les formations de bases que je suis en train de suivre ici, je pensais à l’huile mais tu m’as donné envie de “ré”essayer l’aquarelle que j’avais délaissée après un pitoyable essaie (manque de bases de dessins ! mauvais matériel ?).

    Merci pour ce témoignage et tes tutos.

    Barjav

    • Bonjour Barjav,
      Un grand merci pour ce beau commentaire. Cela me touche de savoir que mon parcours résonne avec du vécu et que mon partage t’ait donné envie de re-tenter l’aquarelle. Oui, quand on ne la comprend pas elle peut nous mettre en échec, mais une fois qu’on apprend à jouer avec elle et à se laisser un peu porter là où elle veut bien nous emmener, le voyage est magnifique 🙂
      Je te souhaite une bonne continuation aussi, amuse toi bien à dessiner et peindre !

  • Courtaillier dit :

    Témoignage touchant et plein d’espoir pour toutes celles et tous ceux qui partagent la même passion et s’égarent dans un métier qui ne leur ressemble pas. Je me suis sans doute un peu perdu dans une vie professionnelle qui ne me correspondait pas tant que cela, et il m’a fallu attendre l’âge de la retraite pour pouvoir enfin vivre chaque jour le bonheur de dessiner, ce qui constitue au fond ma véritable identité. Heureuse Elodie, tu as su trouver ta voie. Une vie merveilleuse s’ouvre devant toi et je te souhaite de tout cœur d’en profiter pleinement chaque instant de chaque jour !..

  • J’ai beaucoup aimé ton interview. Et j’aime beaucoup ton univers. Il est beau et plein de coeur, de passion.

  • Khaled dit :

    “My heart in my art” tout y est dit sur l’état d’âme d’Elodie. On se reconnaît en elle, dans son parcours, entre conviction et incertitude, entre ambition et résignation, entre aspiration perdue et rêve retrouvé.
    Le chemin est en effet long et incertain, parfois semé d’embuches, mais l’essentiel est de faire confiance en sa capacité de rebondir et poursuive ce qui nous comble spirituellement, intellectuellement et sentimentalement, sans abandonner. On se construit dès fois en suivant des voies multiples avec obstination, tout en s’adonnant aux activités scientifiques, littéraires ou artistiques sans rien lâcher. Et parfois, on plaque tout et on recommence de nouveau. Seulement, on ne peut pas être parfait partout. D’où la nécessité de continuer à réaliser ses aspirations, quitte à ce qu’elles se fassent en parallèle, en les étalant dans le temps au même titre que le déroulement d’un cycle de vie dont on considère de prime abord la durée comme infinie. Rien ne sert de se précipiter. Vivre le moment sereinement et dessiner ce qui nous inspire et nous plaît sans angoisse ni challenge. Les projets se construisent pas à pas quelle que soit leur nature. Bref, après tout, dessiner ou peindre un sujet, c’est se faire plaisir dès l’instant qu’on l’exécute avant que se soit vendable ou qu’on en vive. Bravo et bon courage à tous ceux qui arrivent à en vivre, tout en s’accrochant à leurs étoiles qui les comblent continuellement.

    • Merci pour ce superbe commentaire, je n’aurais pas dit mieux. Oui, en effet, la notion de longueur du chemin, de construction pas à pas avec plusieurs choses arrivant en parallèle et de méandres tortueux est importante. Et oui, se faire plaisir dans l’instant est le plus important selon moi 🙂

  • Cyrilus dit :

    Joli témoignage.
    Bravo et bon courage à Elodie !

  • Super témoignage ! 🙂 (J’ai laissé un commentaire plus fourni, mais il a dû être coupé au montage… sans doute dans les indésirables…)
    Merci en tout cas, et bonne continuation ! 🙂

  • Bravo et bonne continuation… je reprends goût au dessin après 3 ans d’arrêt suite à un burn out…. je trouve super ton parcours il est inspirant…. et merci à Pit d’avoir laissé cette place ou l’on peut vous découvrir… j’espère qu’il y en aura d’autres…

  • Thiliae dit :

    Quel bonheur de lire cette éclosion! Je redémarre le dessin, j’ai dessiné jusqu’à mes 17 ans et depuis plus rien. J’ai 44 ans aujourd’hui, alors j’entame un “renouveau” départ. Tes propos m’encouragent et me rassurent, ils me rappellent que oui c’est possible.
    Par ailleurs, tes mots résonnent: joie, gratitude, lâcher prise, bienveillance, rayonner… Etre soi dans le tout.
    Belle route à toi.

  • portail dit :

    Merci Élodie, pour cet interview riche en valeurs humaines

  • Ley-ley dit :

    Une belle découverte! Merci d’avoir partagé ton parcours, on est beaucoup à douter et à se questionner, alors ça fait plaisir de te lire. Bonne continuation pour la suite 🙂

  • laurent G dit :

    Merci pour ce beau témoignage, qui me fait du bien 🙂

  • bass042 dit :

    Excellent article et content de voir Élodie rejoindre la team “Apprendre à dessiner”!

  • Coryne dit :

    Un parcours semé d’embûches, un peu comme le mien. Ça re- donne confiance.
    Bravo Élodie

  • Nathalie dit :

    Eh bien Elodie, je crois bien que je ne t’avais jamais entendue (oups lue 😉 ) parler aussi longuement de toi ! Bravo pour ce témoignage authentique et un grand merci de nous offrir à voir enfin la manifestation de ton – grand- talent… J’adore.

    • Merci beaucoup pour ces mots Nathalie 🙂 On peut dire que tu as été une des personnes aux premières loges pour me voir cheminer ces 2 dernières années, alors merci pour tes encouragements sur le chemin, qui ont nourri mon besoin de confiance en ce que je pouvais offrir au monde 😉 Actuellement je savoure et je remercie la Vie.

  • Henry-Louis dit :

    Un parcours chaotique comme j’aime – qui génère…le talent. Bravo Elo.

  • Irina7 dit :

    Un grand merci, Elodie ! Ton partage m’a touché énormément avec ta sincérité et simplicité. Je te souhaite aller encore plus profondément dans ta joie pour nous la partager par tes peintures.

  • Emma dit :

    Merci pour cette interview. Elle donne à réfléchir
    c’était très inspirant.

  • Ma'ari dit :

    bravo pour ta ténacité ^^

  • Andree dit :

    Merci beaucoup pour cette entrevue très très inspirante. Bravo à Elodie !

  • Tif dit :

    Merci beaucoup pour ce partage très motivant 🙂

  • alg dit :

    Et au passage, merci pour la découverte de tous ces artistes qui vous inspirent !

  • Chable Colette dit :

    Superbe travail, super parcours, ce n’était certes pas facile et je suis très heureuse pour toi que tu sois intégrée dans l’équipe de Pit. ! J’aime beaucoup les chevaux, les dessiner, mais je veux aller plus loin que copier, c’est pour cela que je me suis inscrite aux cours débutants, et maintenant je vais commencer la formation croquis. J’ai programmé ça pour fin avril, c’est bientôt. En attendant, je fais ce que j’ai appris dans les premiers cours, et je suis déjà contente ! Ravie de te savoir dans l’équipe, j’aime aussi beaucoup l’aquarelle. A bientôt sur le site, bon courage, ta persévérance paiera !
    Cordialement, Colette

    • Merci beaucoup à toi pour ce message Colette. Si tu aimes les chevaux et l’aquarelle, tu devrais aimer les tutoriels à venir j’espère. Éclate toi bien avec les formations de Pit, je te souhaite courage et persévérance dans les moments de doute 😉

  • alg dit :

    Joli parcours que je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle avec celui de ma propre fille (qui après 3 ans d’infographie,+ un master Anglais ne sait toujours pas ce que sera demain…)
    C’est hyper motivant et je vous souhaite, Elodie, de continuer à réaliser vos rêves !

  • Super retour ! Et quel boulot ! Très beau !
    Interview inspirée et inspirante, cela donne envie de persévérez !

  • Khouré Niang dit :

    Waouh vous avez un bon parcours Elodie. Et vos dessins 😍 magnifique. Bonne continuation.

  • Julie_Plages dit :

    Un beau témoignage. Bravo pour votre persévérance Elodie, vous avez l’air d’en avoir bavé, mais le tout c’est que maintenant vous puissiez faire ce que vous aimez, dans la joie et la bonne humeur.
    Bonne continuation ! 🙂

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