Avant de lire cet article, je vous recommande la lecture de ces deux articles:
Copier intelligemment un dessin
Comment dessiner d’observation

Une grande majorité des dessinateurs commencent en copiant les dessins des autres ou des photos diverses et variées.
Nous avons tous commencé comme ça étant petits.

Sauf qu’arrivés à l’âge adulte, nous pouvons être confrontés à nos propres incertitudes et nos propres peurs.
Si le dessin de copie vous suffit et vous rend heureux, tant mieux, vous n’aurez pas besoin de lire cet article, car il ne vous concerne pas en réalité! ^^

Cela dit, une grande majorité des copieurs invétérés voudraient d’une manière ou d’une autre s’en sortir.
Il faut dire qu’utiliser la technique de la grille, ou décalquer toute sa vie n’est pas forcément très agréable ou épanouissant, enfin chacun son truc .^^
Encore une fois je ne suis pas là pour juger, ceux qui assument leur pratique de copie et qui s’en contentent ne sont en rien visés par cet article! (je préfère le répéter pour éviter toute polémique).

Voici donc les étapes à suivre que je vous conseille de suivre si vous souhaitez vous détacher peu à peu du dessin de copie pur et dur.

 

Première étape: prendre du recul

Détendez-vous avant tout. La plupart des gens sont bien trop occupés à se regarder le nombril pour s’intéresser à ce que vous faites à la maison, et à ce sur quoi vous vous entrainez. 🙂
Si vous souhaitez apprendre vraiment à dessiner et faire fonctionner votre cerveau autrement qu’à votre habitude, cela ne regarde que vous. Considérez à la limite cela comme du développement personnel.

Détachez-vous une bonne fois pour toutes du regard des autres, et assumez vos faiblesses d’humains!
Nous sommes tous passés par là d’une manière ou d’une autre. Ces étapes sont nécessaires pour vous trouver une identité dans le dessin.
Soufflez un coup et prenez une bonne fois pour toute votre décision. Il n’y a pas d’âge pour apprendre. Pourquoi ne pas commencer maintenant à changer vos habitudes renforcées depuis des années par vos peurs.

Notez que certains d’entre nous auront toujours assez d’énergie pour trouver des excuses ou critiquer les productions des autres.
Sachez qu’il ne s’agit que d’une forme de frustration. N’en tenez compte en aucun cas! Placez-vous dans la peau de celui qui agit, et non de celui qui regarde. Et regardez devant vous et non derrière vous.

Félicitation!
Nous pouvons maintenant commencer notre apprentissage! 🙂

 

Deuxième étape: le dessin d’observation amélioré

Tout travail de copie démarre par une pratique d’observation linéaire.
On observe les contours, on essaie d’évaluer les proportions comme on peut, on se laisse souvent débordé par les détails…
Mais si on commence à s’entrainer à repérer les formes simples en deux dimensions, tout devient plus simple et concis.
C’est grâce à cette synthèse que vous faites avec des formes simples en deux dimensions, que vous commencerez à travailler votre mémoire graphique efficacement.
Voyez cela comme un moyen mnémotechnique pour faciliter votre perception en 2D.

Plus vous allez segmenter un dessin, et plus vous travaillerez vite et efficacement.
Sauf que votre niveau d’observation ne doit pas s’arrêter à cette perception en deux dimensions.
Il vous faudra essayer aussi de voir en 3 dimensions, et notamment de synthétiser les formes complexes en formes plus simples en 3D (dites primitives).

C’est seulement à partir du moment ou vous serez autant à l’aise en vision 2D qu’en 3D, qu’il vous sera possible de sublimer un dessin et dépasser le stade de la copie basique.
En effet, percevoir un objet en 2D vous permettra d’améliorer son graphisme/design, et le voir en 3D vous donnera entre autre accès à des outils tels que la perspective, l’utilisation de la lumière, la restriction des valeurs, la compréhension des couleurs,  la profondeur atmosphérique… tout ce qu’il vous faut pour donner de la profondeur et du volume à vos dessins.

Un bon exercice, est d’observer un objet existant et de commencer à le tourner dans tous les sens dans sa tête, sans en changer le design (comme je l’avais déjà expliqué dans un article). C’est une introduction à la projection mentale.

Notez que le dessin d’observation sera une tâche continue durant toute votre vie de dessinateur, car c’est en copiant intelligemment qu’on peut enrichir notre bibliothèque interne d’images. Voyez cela en quelque sorte comme une sorte de préparation au dessin de mémoire, mais cela implique que vous passiez un minimum de temps à analyser les images qui vous intéressent.

 

Troisième étape: le dessin d’inspiration

À partir du moment où vous maitrisez les bases, et où vous avez une très bonne idée de comment fonctionne visuellement le monde, il est temps de tester.
Le dessin est maintenant votre terrain de jeu.
Vous pouvez à présent sélectionner une multitude de références photos (et de références tout court d’ailleurs), afin de vous en inspirer pour commencer à représenter le monde à votre manière.
Il s’agit donc de vous tester, et de chercher votre style tout en vous amusant, mais aussi tout en créant des dessins uniques et personnels.

Il est par exemple possible de s’inspirer d’une pose de personnage, du design d’un autre personnage, de la lumière appliquée à une case de BD, du style d’un de vos illustrateurs préférés, des techniques de hachure d’un autre auteur… et j’en passe…. ce qui fera qu’au bout du compte, vous produirez une création unique en son genre, orientée et maitrisée du début à la fin.
Et à force de travailler de cette façon, il vous sera de plus en plus simple de créer votre propre univers et de développer votre style.
C’est en fait un réel travail de recherche et développement graphique il fait intervenir la quasi-totalité des capacités visuo-spatiales du cerveau.

Je passe la moitié de mon temps à dessiner de cette façon. C’est comme cela que je prends le plus de plaisir, car on n’a de cesse d’apprendre en observant de cette manière, tout en se laissant une marge pour la découverte et la liberté graphique.
En gros actuellement, je passe environ 40% de mon temps à dessiner d’observation, 40% à dessiner d’inspiration et 20% à dessiner d’imagination ou de mémoire.

 

Quatrième étape: le dessin de mémoire

En réalité, il s’agit là d’une activité continue. Dès que vous avez un moment, forcez-vous à travailler ce genre d’exercice de mémorisation.
À long terme les formes en 2D vous paraitront davantage familières et faciles à percevoir.
D’autant plus que les exercices de segmentations seront facilités et vous gagnerez en conséquence en vitesse d’observation et d’exécution.

 

Cinquième étape: le dessin d’imagination

Besoin de vous en faire un dessin? 🙂
Voilà un article qui pourra vous en dire un peu plus.
Le dessin d’imagination est un mélange de toutes les compétences artistiques que vous avez acquises au cours des années.
C’est le saint Graal du dessinateur créatif.
Cela dit, son gros inconvénient est que l’on atteint rapidement ses limites graphiques. Il est donc bon de le coupler avec le dessin d’observation et le dessin d’inspiration pour le nourrir correctement et le faire mûrir petit à petit.

Gardez en tête qu’une construction bien organisée représente votre atout majeur pour vous en sortir quel que soit le cas de figure et pour gagner du temps. Allez au plus simple dans vos esquisses, et montez en détails petit à petit. Vous serez récompensé au bout du compte.

Voici un petit vidéocast où je parle en vrac de cela.

Des questions?
veuillez les laisser en commentaires comme d’habitude 😉

 

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Fini de copier bêtement les dessins des autres ou des photos trouvées sur internet!
Apprenez les véritables bases du dessin à votre rythme, en partant d'un niveau zéro. Si vous pensiez que le dessin n'était pas fait pour vous, alors vous allez être surpris! ;o)