Dans cet article, laissez-moi soulever une question qui me tient à cœur : Comment dessiner sur son carnet de croquis?
Ou plutôt, quelles sont les pratiques que je recommande (et celles que je ne recommande pas).

En effet, vous êtes nombreux à me demander ce que j’utilise comme matériel.
Bien que la question puisse sembler pertinente au premier abord, il me faut répondre encore une fois que je ne recommande pas aux débutants d’acheter trop de matériel. En général un crayon HB et une feuille A4 de base font bien l’affaire. Acheter un gros coffret Faber Castell dans ses premiers mois d’apprentissage me semble vraiment inutile, voire délirant. Enfin, chacun dépense son argent comme il le souhaite, je dis juste que c’est dommage de ne pas attendre d’être un peu plus affûté pour pouvoir apprécier à sa juste valeur la qualité des fournitures.
Mais je sais que certains sont obnubilés par le matériel, ce que je peux comprendre car il y a à peine quelques années je cherchais aussi LE matériel parfait qui me permettrait de devenir LE dessinateur parfait, avant de m’apercevoir que le matériel n’est que peu de chose et que chacun devrait d’abord expérimenter dans son coin pour trouver les fournitures qui lui conviennent au mieux.
Au risque de me répéter: l’idée et l’intention sont les éléments déterminants du succès d’une illustration ou d’un dessin. Le matériel et la technique comptent, bien entendu, mais pas autant qu’on aurait tendance à le croire.
Je suis conscient que certains dessinateurs débutants ne m’écouteront pas, surtout les plus jeunes, et je sais que c’est en découvrant et en expérimentant par soi-même qu’on apprend le mieux. Je souhaiterais simplement éviter à la plupart d’entre vous tous les désagréments par lesquels je suis passé depuis mes débuts, comme le fait de perdre mon argent dans du matériel inutile, voilà tout. Ça ne me coûte rien de vous mettre en garde contre ce phénomène de surconsommation. 😉

 

Parlons matériel (mais c’est bien pour vous faire plaisir ^^)

Donc voici le matériel que j’utilise en général quand je ne suis pas à la maison :

  • Pour le Carnet de croquis : carnet Moleskine ou carnet à spirale
  • Pour le média : criterium staedler 2mm, Pentel Pocket brush, mines noires (cretacolor ou Pitt), fusain tendre compressé (plus rarement car trop salissant pour les travaux en extérieur).
  • 95% du temps, je n’utilise pas de couleur car j’ai horreur de porter trop de matériel quand je me déplace. Et puis il m’est plus difficile de me concentrer quand je ne suis pas chez moi. Il m’arrive toutefois de sortir mon mini-coffret aquarelle lorsque je suis au calme à la campagne ou en vacances à la plage.
  • Et pour ce qui est de mon tablet PC, c’est bête à dire mais après trois heures d’utilisation on se retrouve bête quand la batterie est vide, tandis que mes carnets de croquis restent opérationnels 7j/7, 24H/24. Donc, avant de croire que la tablet PC va révolutionner votre monde, pesez le pour et le contre. Le carnet de croquis sera toujours supérieur à toutes les technologies actuelles pour ce qui est de l’autonomie. 😉 (d’ailleurs en parlant de tablet PC, j’en avais fait une vidéo il y a quelques temps, si vous souhaitez y jeter un coup d’oeil sur ma chaine youtube Pit Dessin.)
pose courte
Quels que soient mes objectifs du jour, j’aime m’échauffer en pratiquant des poses d’après modèle (de 30 secondes à 5 minutes en général). Cela me permet de me “dérouiller” un peu la main.

 

Pourquoi un carnet de croquis ?

Voici les gros avantages du carnet de croquis:

  • un carnet relié est toujours plus facile à conserver sur une étagère, et ceci nous empêche de vouloir jeter nos vieux dessins. Cela rend bien service, car de temps à autre, il est très motivant de constater les progrès que l’on a fait en comparant les dessins récents avec les anciens.
  • il est facile d’emmener notre carnet partout où nous allons, et sans forcément abîmer ou froisser nos dessins, ce qui est vraiment pratique.
  • Le fait que nos dessins soient présents dans un carnet relié (et je parle précisément des carnets type Moleskine à couverture dure) remonte un peu notre estime de nous et l’on accorde plus de valeur à chacune de nos créations. En effet, la tendance est que, dans un élan de fierté, nous voudrions faire disparaître les preuves de nos échecs en nous débarrassant de tous nos essais infructueux. Je crois qu’au contraire, il est très important pour nous de nous souvenir des hauts comme des bas. Personnellement, je pense qu’il est nécessaire d’entretenir la motivation de notre « futur moi » (en partant du principe que le dessin et la peinture sont des apprentissages qui durent toute notre vie). Donc je fais tout pour que mon « futur moi » se souvienne de ce par quoi il est passé pour parvenir à son niveau actuel, notamment en laissant des traces de mon évolution au fil des années, concrétisée par les différents carnets exposés dans ma bibliothèque.

 

Les fonctions souvent méconnues du carnet de croquis

En jetant un coup d’oeil sur les carnets de croquis de certains artistes professionnels, on constate que bien souvent, chaque page a été soignée aux petits oignons, et que la plupart des dessins sont ultra- minutieux.
Mais la réalité, c’est que, malgré tout ce qu’on peut dire, l’artiste professionnel doit payer ses factures avant tout. S’il montre des croquis peu esthétiques, il y a de grandes chances pour que personne ne s’intéresse à lui! C’est la dure loi du marché de l’Art.

Donc pour les débutants ou amateurs, il est indispensable de comprendre que:
Le carnet de croquis est un terrain de jeu. Il n’est pas là pour faire joli mais pour que l’on puisse pratiquer, expérimenter et écrire ses idées, où que l’on soit.
Le carnet de croquis doit permettre au dessinateur de sortir de sa zone de confort: c’est le point le plus important. Et ce que j’entends par «sortir de sa zone de confort » c’est « éviter comme la peste tout ce que je sais déjà très bien dessiner ».

Il est nécessaire de prendre des risques sur son carnet de croquis. Le seul danger véritable serait de ne jamais rien risquer, car sans prise de risque aucun progrès n’est possible.
En clair, si toutes les pages d’un carnet de croquis semblent familières dans le contenu et/ou dans la forme, c’est que ce carnet a été sous-exploité, purement et simplement. Si vous prenez le risque de dessiner quelque chose qui ne vous met pas du tout à l’aise, ce n’est pas grave. Laissez-vous la possibilité d’échouer et de recommencer à côté. Vous apprendrez bien plus vite de cette façon. Il n’y a aucune honte à avoir.

Laissez-vous une chance de progresser, votre carnet de croquis vous le rendra bien, et dans quelques années vous serez content de l’avoir conservé dans votre bibliothèque et d’y jeter un coup d’œil à vos heures perdues. Plus le temps passe, et plus nous sommes heureux de pouvoir mettre des images sur notre passé. Cela me fait penser à cette période de mon adolescence où je détestais me voir en photo, et où je supportais mal que ma mère prenne des clichés. Aujourd’hui je suis bien content de pouvoir consulter les vieux albums. La vérité, c’est que sans les souvenirs, nous n’aurions plus aucune identité. Pour le dessin, c’est exactement la même chose : écrivez votre histoire, et conservez vos archives! Car un dessin fait partie de vous et de votre histoire, que vous le vouliez ou non! 🙂

james jean carnet de croquis
Une double page issue du carnet de croquis de l’illustrateur James Jean. Je ne sais pas combien de temps il a passé là-dessus, mais connaissant le format de ses carnets, je dirais qu’il doit avoir des loupes à la place des yeux… 😉 Je reste admiratif devant autant de détails et de finesse. Entre nous soit dit, je n’aurais jamais la patience de faire de même sur mon carnet de croquis.

 

Une question d’objectifs…

Chacun devrait avoir un ou plusieurs objectifs avant même de poser son crayon sur le papier. Commencer un dessin la tête vide n’est jamais de très bon augure, à moins que ce soit un exercice volontaire (c’est ce que j’appelle le dessin instinctif, mais je vais y revenir un peu plus loin).
Chaque croquis, chaque création, devrait être l’occasion d’apprendre : apprendre une nouvelle technique, apprendre à utiliser un nouvel outil, essayer un nouveau concept… Et si cet exercice peut nous amener à produire un dessin intéressant et présentable, c’est encore mieux : on va dire que c’est la cerise sur le gâteau.

Personnellement, mon carnet de croquis me sert à réduire l’écart entre ce que je peux créer d’imagination, et ce que je peux dessiner à partir d’une référence. En mélangeant les pratiques, je me suis aperçu que je progressais  beaucoup plus vite que si je ne faisais que du dessin d’observation, que du dessin d’imagination ou que du dessin de mémoire.
C’est un peu comme visionner un film étranger avec les voix originales en s’aidant des sous-titres. Si on veut progresser, il suffit de s’aider de moins en moins des sous-titres et de se forcer à écouter directement les dialogues. Lorsqu’on hésite sur un mot ou une expression, on peut jeter un coup d’œil bref sur le sous-titrage. En dessin c’est pareil : lorsqu’on hésite sur un élément (anatomique par exemple), il ne faut pas hésiter à s’aider de référence. Mais encore une fois, si vous n’entraînez pas votre cerveau à réfléchir et à mémoriser les formes à plus ou moins long terme, n’attendez pas qu’il s’entraîne de lui-même pendant votre sommeil. Ne perdez pas votre précieux temps et ne devenez pas le dessinateur routinier qui ne vise jamais plus haut que ses acquis.

dessin divers
Cette double page est un bon exemple de ce que je dessine en mode “dessin d’inspiration”. Quand j’en éprouve le besoin, je lève la tête vers ma bibliothèque d’images puis je retourne au boulot en essayant de mémoriser les formes et de les styliser sur le papier. En travaillant de cette façon, j’ai très vite progressé ces dernières années. (Note: un loup qui bave sur la lune, vous n’aviez encore jamais vu ça, avouez! ^^ )

 

Les différentes pratiques du dessin sur carnet

Si vous avez déjà pris la peine de lire mes anciens articles, certaines notions abordées ici vous sembleront familières. Voici les différentes pratiques que vous pouvez employer pour remplir les pages de votre carnet :

  • Le dessin d’observation: ce peut être un dessin à partir d’un modèle vivant, d’une nature morte, ou d’une étude d’œuvre existante.
  • Le dessin de mémoire à court terme: consultez cet article si vous souhaitez vous entraîner spécifiquement sur ce point.
  • Le dessin sur le vif :  Le dessin sur le vif est un mélange de dessin d’observation combinée à la mémoire à court terme et à la rapidité d’exécution. Par exemple, imaginez-vous dans un lieu public : vous tentez de dessiner quelqu’un qui est assis sur un banc. Malheureusement, comme il ignore certainement que vous le dessinez, et s’il a décidé de bouger et de vous mener la vie difficile, vous allez devoir faire vite et vous souvenir de la position dans laquelle il était quelques secondes auparavant.
  • Le dessin inspiré de références: on reconnaît un bon dessin inspiré lorsqu’il est quasi- impossible de dire si le dessin est vraiment issu de la référence photo ou pas. C’est d’ailleurs une partie du travail de tout bon illustrateur qui se respecte. On peut constater qu’il y a une vague ressemblance entre dessin et référence photo, mais certains éléments ont été réajustés intelligemment de façon à styliser le dessin ou à servir une histoire. Par exemple, si vous dessinez un personnage dans un décor, vous pouvez vous inspirer d’une pose issue d’un modèle, mais des conditions d’éclairage d’une autre photo. Ajoutez à cela votre propre style ou traitement, vous obtiendrez une création authentique imprégnée de votre style.
  • Le dessin d’imagination: voir cet article.
  • Le dessin instinctif: Il s’agit d’une pratique artistique qui consiste à se vider la tête en dessinant à l’instinct et aux sensations, en laissant la porte ouverte pour un “heureux hasard”. C’est une pratique adaptée à la recherche d’abstraction. Rien ne nous empêche de mélanger cette pratique avec d’autres, si notre objectif est, par exemple, de mêler le figuratif à l’abstrait.

    croquis sur le vif
    Un exemple classique de croquis d’observation et pris sur le vif. J’aime dessiner directement à l’encre, cela me rajoute un défi supplémentaire: plus le droit à l’erreur!

 

Choix du carnet et bonne pratique

Voici quelques petits conseils en vrac qui vous permettront de choisir votre carnet afin d’être plus à l’aise au moment de passer à l’action, tout en restant productif.

Tout d’abord, parlons de la couverture. Si vous choisissez un carnet de croquis à couverture souple, bien souvent avec des spirales, sachez qu’ils résistent mal au temps et à l’usure pour la plupart. D’un autre côté, il est plus pratique de dessiner dessus par comparaison avec un carnet double page relié. Je m’explique: L’avantage du carnet à spirales est de vous laisser la possibilité de dessiner sur la feuille du dessus, en vous appuyant confortablement sur les feuilles du dessous (supportées par une plaque cartonnée), ce qui améliore la qualité du trait, sans parler de l’ergonomie qui s’avère d’une qualité bien supérieure à celle des carnets en format paysage.
Le carnet double page à couverture dure, quant à lui, est vraiment plus robuste, mais la qualité de l’ergonomie laisse toutefois à désirer. On se sent tout de suite moins à l’aise en dessinant sur la page de gauche notamment, et on est tenté de tourner le carnet toutes les deux minutes, alors que la répartition des poids ne convient pas forcément.
Voici toutefois une petite astuce qui vous permettra de toujours dessiner sur la page de droite: dessinez normalement sur les pages de droite en sautant toutes les pages de gauche, et arrivés à la fin du carnet, retournez-le et recommencez de la même manière sur les pages de droite. En retournant le carnet, vous avez transformé les pages de gauche en pages de droite. Seul inconvénient, lorsque vous consultez votre carnet, une page dessinée sur deux sera à l’envers, ce qui s’avère un peu ennuyeux à la lecture.

Parlons maintenant posture. On a beau dire ce que l’on veut, c’est à chacun de trouver la position dans laquelle il est confortable, car on a tous des morphologies et des facilités différentes. Personnellement j’aime être assis et bien adossé pendant que je dessine.
Aussi, il est préférable de toujours garder son carnet de croquis parallèle à la scène que l’on dessine car si l’on doit à chaque fois baisser la tête vers son dessin et remonter la tête vers la scène visuelle, c’est beaucoup plus contraignant et les probabilités de se tromper dans les proportions augmentent considérablement. Alors que si l’on a la possibilité d’observer ET la feuille, ET la scène visuelle en passant de l’une à l’autre d’un bref mouvement de l’oeil seulement, on constatera que les croquis d’observation seront bien meilleurs.

Maintenant je vous mets au défi de dessiner d’observation à l’extérieur avec un carnet double page. Sincèrement ce n’est pas pratique. Quand vous savez que vous allez être mal installé, mieux vaut utiliser le carnet à spirales en format portrait (c’est-à-dire tenu à la verticale).

Enfin, si vous dessinez des inconnus sur le vif, vous vous apercevrez qu’il est parfois nécessaire de rester debout pour être plus mobile et avoir un meilleur champ de vision. Dans ce cas, vous devrez peut-être dessiner en baissant la tête, sauf si vous avez un tout petit carnet de poche, ce qui peut s’avérer très utile pour les esquisses ne prenant pas plus d’une ou deux minutes.

Si vous souhaitez ne pas vous faire remarquer quand vous dessinez en public, ne regardez jamais celui ou celle que vous dessinez dans les yeux, ou alors portez des lunettes de soleil. S’il vous a remarqué, continuez comme si de rien n’était. Il ne s’intéressera certainement plus à vous quelques instants après 🙂 .
De la même manière, si vous ne souhaitez pas être dérangé, mettez vos écouteurs, même si vous n’écoutez aucune musique. Faites aussi en sorte que personne ne puisse passer derrière votre dos et regarder au-dessus de votre épaule si vous voulez vraiment être au calme.
Au début quand je pratiquais dans la rue, je stressais à l’idée que les gens viennent me regarder dessiner. Au pire un inconnu viendra vous voir et n’aimera pas votre dessin. Et alors? Il n’y a pas mort d’homme, loin de là. Mettre sa timidité de côté paye vraiment. 😉

types de carnet de croquis
L’éternel combat entre le carnet à spirales et le carnet dur double page…

 

Syndrome d’Automatisme lié au Dessin d’Imagination (SADI)

Oui, je viens juste de l’inventer, j’avoue 😀 . C’est la maladie dégénérative du dessinateur qui pratique le dessin d’imagination 90% du temps et qui n’a pas vraiment conscience qu’il dessine toujours les mêmes choses. Autre pathologie qui se rajoute à celle-là, il ne se fixe jamais aucun objectif d’apprentissage. Il erre sur son carnet de croquis comme une âme en peine et sans but précis, et un beau matin en se réveillant, il s’aperçoit que pendant toutes ces années de pratique, il n’a pas progressé. Bien sûr il pourra trouver cela injuste. Et lorsqu’on va lui demander pourquoi il ne dessine plus, il expliquera par A+B qu’il n’est pas fait pour ça et que pour devenir très bon, il faut avoir un talent inné, talent qu’il n’a pas, évidemment. Foutaise, vous l’aurez compris.

Les symptômes touchent bien souvent les plus jeunes, mais il arrive que le virus se déclare parfois après la vingtaine.
Parmi ces symptômes, on retrouve une répétition automatisée des idées, du contenu, de la forme, des motifs, des traitements, des codes graphiques…et j’en passe.
Pour guérir de cette “maladie graphique”, je ne vois qu’un seul moyen: varier ses activités et ses pratiques sur le carnet, et se donner des objectifs avant même de tracer son premier trait.
La définition d’objectifs est l’élément invariable qui fait la différence entre ceux qui progressent et ceux qui stagnent. A bon entendeur! 🙂

croquis animaux
J’aime varier les techniques et les sujets. N’étant pas tout à fait à l’aise avec les animaux, j’avais décidé ce jour-là de m’y coller pour changer, et tant qu’à faire de rendre les tonalités au crayon.

 

Une question de conditionnement…

Ce que j’ai pu constater en 9 ans de pratique sérieuse du dessin, c’est que le cerveau humain est bien meilleur pour transformer, que pour créer en partant de rien. C’est un fait, et ce principe s’applique dans presque toutes les disciplines.
C’est parce que nous sommes exposés à ce qui nous entoure que nous sommes capables de retranscrire ce que nous voyons sur le papier. Nous sommes inspirés bien souvent sans même le savoir par dame nature (voir l’article sur l’inspiration créative). Malgré tout ce qu’on pourrait croire, nous n’inventons rien, nous nous contentons simplement de combiner ce que mère nature a mis à notre disposition.
Aussi, ce qui va déterminer en grande partie le niveau d’un dessinateur, c’est sa capacité à mémoriser, à projeter et à relier les formes dans l’espace.
Un dessinateur ayant acquis les bases mais ne s’entraînant qu’à dessiner d’observation, aura bien plus de difficultés pour progresser qu’un individu qui alterne les pratiques créatives. C’est un fait.

croquis encre noir
Voilà encore un bon exemple de dessins d’imagination mêlés à des dessins d’inspiration. J’essaie en général de lier tous les éléments entre eux pour leur donner un sens. C’est le genre de croquis que je fais lorsque je me sens d’humeur créative.

Vous avez parfois l’impression de ne plus progresser ?
Alors il y a de fortes chances pour que vous ayez perdu de vue vos objectifs, ou d’ailleurs, peut-être que vous n’en avez jamais eus! par conséquent, je vous conseille de dresser une liste de ce que vous savez déjà faire (vos facilités), et de ce qui vous pose problème (vos lacunes). Ecrivez dès à présent vos objectifs à court terme sur un bout de votre carnet, et adaptez vos exercices en conséquence.
Par exemple, ces deux ou trois prochaines semaines, vous pouvez décider d’apprendre à dessiner un visage de trois-quarts en n’utilisant que votre imagination. Pour cela, vous pouvez dessiner 30% du temps grâce à l’observation, 30% du temps de mémoire, 10% du temps en stylisant les visages à partir de référence photo, et enfin 30% du temps à partir de l’imagination pure.
Dans tous les cas, faites confiance à votre bon sens et laissez toujours une place pour la réflexion ! 😉

 

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