Après une discussion intéressante  avec Natacha, lectrice du blog, j’ai eu l’idée d’écrire cet article qui me semblait totalement approprié pour l’occasion. En effet, Natacha a mis le doigt sur quelques imperfections de certains de mes dessins, notamment sur les portraits de femme et de bébé que je présente dans mes vidéos (proportions légèrement biaisées, valeurs trop appuyées par endroit…) . Elle m’a présenté cela avec tact et délicatesse, et m’a avoué qu’elle avait longtemps hésité à me dire tout ça de peur que je ne le prenne mal. Je lui ai répondu qu’au contraire, je préférais qu’elle me dresse une liste de tout ce qui n’allait pas dans mes dessins, ce qu’elle a immédiatement fait à ma plus grande satisfaction!

Je suis absolument convaincu que je ne suis pas un des meilleurs artistes du monde, pour autant, ceci ne m’empêche pas de prodiguer de bons conseils et des tutoriels de qualité, car si je suis bien convaincu d’une chose, c’est que la pédagogie n’est pas donnée à tout le monde (et encore moins aux meilleurs dessinateurs de ce monde)! D’ailleurs, il y a quelques années, je ne m’imaginais pas en train de donner le moindre conseil à d’autres artistes en devenir, vu que je ne me considère déjà pas moi-même comme un dessinateur accompli!

Je vais tenter d’exposer en quelques paragraphes  pourquoi un dessin imparfait n’est pas la fin du monde, bien au contraire…

 

 

La perfection est inhumaine!

Quelle est la différence entre une copie conforme et un dessin? La réponse est simple. Lorsqu’on observe un dessin, on sait qu’il est issu d’un travail manuel minutieux. Si la copie était parfaite comment verrait-on la différence avec le travail fourni par une machine? Le charme et la valeur qu’on attribue à un dessin ne sont pas spécialement liés au niveau de réalisme (bien que ceci rentre évidemment en compte pour le dessin de portrait). On donne véritablement de la valeur à tout ce qui a été fait à la main, et l’activité du dessin ne fait pas exception.

dessiner comme un robot

 

Sortir de ma zone de confort ? Oh que oui!

Être bon dans tous les domaines n’est plus possible à notre époque. Nous devons faire des choix sur chaque chose que nous entreprenons dans la vie. J’en suis la preuve vivante! ce n’est pas parce que le dessin de portrait n’est pas une de mes spécialités, que je ne peux pas pour autant l’enseigner et le transmettre de façon efficace à d’autres! il est bon de varier les activités créatives. Pour ma part j’aime varier les techniques, les supports (traditionnels ou numériques), les activités artistiques (bande dessinée, modélisation 3D, illustration, croquis, dessin d’imagination, modèle vivant, photographie, écriture de scénario…). Le fait que je ne sois pas un spécialiste d’un domaine artistique déterminé est un choix absolument conscient. Si je devais me contraindre à une seule activité, je pense que je finirai par ingérer des tonnes d’antidépresseurs. Je sais que certains individus sont assez “monotâches” pour exceller dans un domaine ciblé, mais ce n’est pas mon cas, car je ne parviens pas à m’intéresser à une seule et unique activité.affronter ses peurs

Une fois la peur passée, c‘est assez excitant de sortir de sa zone de confort. Je sais qu’au départ c’est difficile, mais une fois notre propre fierté dépassée, il devient facile de produire. Baigner éternellement dans son égo nous amène à ne plus agir par peur du jugement. Mettre son égo de côté une bonne fois pour toutes est plus que libérateur! l’égo est ce qui fait souvent la différence entre les individus qui agissent et les individus qui procrastinent (paroles de Pit 😉 ). 

 

 

La critique? Indispensable!

J’adore la critique. Sans elle, je n’aurais pas pu évoluer. J’apprécie la critique à tel point que lorsqu’on ne me critique plus, je commence à me sentir mal. C’est peut-être d’ailleurs ma plus grande force actuellement, car je sais que c’est une qualité rare de nos jours. Pourtant je n’étais pas comme ça il y a quelques années. Je sais à présent que l’égo mal placé bride plus qu’autre chose tous les progrès qu’on peut faire. Dire non à la critique, c’est faire quelque part une croix sur son évolution. Une critique constructive vaut mieux que des tonnes de blablas stériles. La pilule est difficile à avaler au début, mais une fois qu’on y a goûté et qu’on a soumis ses faiblesses à un regard objectif, on ne peut que s’améliorer. 

juge

 

On ne progresse pas sans échec!

Accueillir l’échec à bras ouverts est la première étape pour se laisser une chance de progresser. Au même titre qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, on ne peut progresser correctement sans apprendre de ses échecs. L’expérience n’est qu’une suite d’échecs. Personne n’a jamais réussi sans échouer (ou alors on devrait me présenter ces quelques individus sacrément chanceux). On ne peut réussir un dessin qu’après avoir échoué d’innombrables fois. C’est en analysant ses points faibles et le manque à combler qu’on parviendra au résultat qu’on s’est fixé. Si l’on doit assimiler les imperfections comme de petits échecs, alors grand bien nous fasse!

réussir ou échouer

 

Se faire plaisir sinon rien!

Je ne crois pas en une religion particulière. Je crois simplement que si nous n’avons pas trouvé de raison suffisante pour justifier notre existence, nous nous devons au moins d’honorer notre présence sur Terre en profitant de la vie d’une manière ou d’une autre. Je pense donc qu’il est nécessaire avant tout de se faire plaisir et de ne pas être trop dur avec soi-même. Tant pis si vos dessins ne sont pas parfaits, au moins vous aurez pris du plaisir à les réaliser et  à les montrer à votre entourage, et c’est bien là l’essentiel!

 

 

Le style est un empilement d’imperfections (calculées ou pas)

Le style d’un dessinateur n’est pas déterminé que par les choix artistiques qu’il fait. Il y a des paramètres qu’il ne pourra jamais  totalement contrôler: c’est humain, c’est comme ça! Les défauts mineurs d’un dessin ont un charme particulier: mine de rien, ils ajoutent un plus à la création artistique. C’est aussi grâce à eux qu’on reconnaît le style d’un dessinateur. 

J’espère vous avoir convaincu que les imperfections d’un dessin ne sont pas un mal, loin de là. En tant qu’artiste zen, vous vous devez de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour atteindre un certain niveau de sérénité où vous vous laisserez la possibilité de dessiner plus, tout en empêchant la peur et l’égo de prendre le contrôle sur votre productivité.

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