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Tout savoir sur la peinture aquarelle

Juin 01

​Tout savoir sur la peinture aquarelle

Ça y est, vous vous apprêtez à acheter de la peinture aquarelle pour plonger dans un monde de couleurs et d’eau grâce à ce médium un peu magique. Mais face à la multitude de peintures aquarelles disponibles sur le marché, vous vous sentez un peu perdu, et les mystérieuses annotations sur les tubes et les godets vous laissent perplexe. Alors, comment choisir ? C’est ce que je vais vous expliquer dans cet article !

​Qu'est-ce que la peinture aquarelle ?

Avant même de se demander quelle peinture choisir, il faut comprendre ce qu’est la peinture aquarelle, et en quoi elle est constituée. La peinture aquarelle est faite de :

  • Un agent colorant : qui sont un ou des pigments, soit naturels soit de synthèse.
  • Un liant : qui lie les pigments entre eux pour donner à la peinture la consistance qu’on lui connaît. Il facilite également l’adhérence des pigments au support, et dans le cas de l’aquarelle il est bien évidemment soluble dans l’eau.
  • Des additifs : ce sont des agents mouillants qui évitent que la peinture ne se transforme en un caillou tout sec impossible à réactiver.
  • Un diluant : qui permet de mélanger les éléments entre eux. Dans le cas de l’aquarelle, c’est tout simplement de l’eau.

​Aquarelle fine ou extra-fine ?

​Sur le marché, on trouve typiquement 2 catégories d’aquarelle : les aquarelles fines et les aquarelles extra-fines. Parfois on trouve aussi une catégorie appelée aquarelles super-fines, comme sur le site “Aquarelle et pinceaux”, mais elles constituent en réalité le haut du panier des aquarelles fines. Je n’inclue pas les gammes scolaires, car elles sont prévues pour les enfants et leur piètre qualité ne permet pas de faire vraiment quoi que ce soit avec.

L’aquarelle fine (aussi appelée parfois aquarelle d’étude = student grade en anglais) est de moins bonne qualité que l’aquarelle extra-fine (= artist grade en anglais). La différence va se situer au niveau des constituants de la peinture que j’ai listés au-dessus :

- Au niveau des pigments : 

  • le niveau de broyage des pigments est très élevé dans le cas de l’aquarelle extra-fine, ce qui permet de supprimer tous les grumeaux et agglomérats et d’obtenir une pâte lisse et uniformément colorée, alors que dans le cas de l’aquarelle fine le broyage est plus grossier.
  • la concentration en pigments est plus élevée dans le cas de l’aquarelle extra-fine que dans le cas de l’aquarelle fine, donc on peut s’attendre à des couleurs plus intenses, plus vives, plus saturées.
  • dans le cas de l’aquarelle extra-fine, les pigments sont purs, alors que dans le cas de l’aquarelle fine les fabricants ajoutent des charges aux pigments pour diminuer le coût de fabrication.
  • la gamme de couleurs est très étendue dans le cas de l’aquarelle extra-fine alors que pour l’aquarelle fine on a une gamme de couleurs restreinte (même si elle est déjà suffisante, surtout lorsqu’on s’amuse avec les mélanges).

- Au niveau du liant :

Dans le cas de l’aquarelle extra-fine, les fabricants utilisent de la gomme arabique de qualité supérieure - la gomme arabique étant la sève solidifiée d’un arbre de la famille des acacias - alors que dans le cas des aquarelles fines, ils utilisent un liant bon marché type dextrine, qui est un dérivé de l’amidon. Quand le liant est de trop mauvaise qualité, on obtient une peinture trop soluble, avec des pigments qui adhèrent mal au papier.

- Au niveau des agents mouillants :

Dans le cas de l’aquarelle extra-fine, les fabricants utilisent souvent comme agents mouillants un mélange de glycérine et de miel, ou uniquement du miel. Le miel est onéreux, mais il permet à la peinture de rester très onctueuse, d’être réactivée facilement, et il améliore aussi la vivacité des couleurs ainsi que leur résistance dans le temps. 

Bien sûr, tout cela a une incidence sur le prix, l’aquarelle extra-fine étant grosso-modo au moins 2 fois plus chère que l’aquarelle fine. Il faut savoir que pour l’aquarelle extra-fine on a des groupes de prix, aussi appelés séries, le prix de la peinture dépendant du ou des pigments utilisés. Plus les pigments sont rares ou difficiles à synthétiser, plus le prix de la peinture est élevé. Les séries vont de 1 à généralement 4 ou 5, avec la série 1 étant la série la moins chère. Dans le cas de l’aquarelle fine en revanche, pas de groupes de prix, mais un prix unique pour toutes les couleurs. Je ne connais qu’une exception : l’aquarelle fine Van Gogh de Royal Talens, qui classe en série 2 ses couleurs spéciales métallisées.

La question que vous vous posez certainement, c’est s’il est possible de travailler avec de l’aquarelle fine ou pas. Ma réponse est oui : personnellement j’ai débuté avec une petite boîte d’aquarelle fine de 12 couleurs de la marque Lefranc & Bourgeois. Cela m’a permis de faire mes premières expériences et de valider le fait que j’aimais l’aquarelle avant d’investir dans de l’aquarelle extra-fine. Pour le test, j’ai comparé des couleurs de cette aquarelle avec des couleurs de l’aquarelle extra-fine Sennelier que j’utilise aujourd’hui. C’est à prendre à titre indicatif, car je n’avais pas exactement les mêmes couleurs dans les 2 gammes, alors j’ai du utiliser des couleurs approchantes. En tout cas, à l’oeil nu, je ne distingue pas de différence flagrante dans la vivacité des couleurs entre mon aquarelle fine et mon aquarelle extra-fine.

​J’ai également fait le test en conditions de peinture réelle : j’ai refait 2 fois la même peinture, en procédant de la même manière et en utilisant les mêmes teintes pour faire mes mélanges. Je peux dire que les mélanges se faisaient très bien et que l’application de la peinture était aisée dans les 2 cas. De nouveau, à l’oeil nu je ne vois pas de différence flagrante dans la vivacité des couleurs entre aquarelle fine et aquarelle extra-fine. Cette différence serait peut-être visible après plusieurs mois d’exposition à la lumière, car l’aquarelle extra-fine est censée mieux se conserver dans le temps vu sa qualité. C’est pour cette raison que cela vaut le coup de s’orienter vers de l’extra-fine quand on se rend compte qu’on adore vraiment l’aquarelle et qu’on veut conserver ses oeuvres, et surtout si on compte les vendre. Mais pour débuter, il est déjà possible de s’amuser et de faire de belles choses avec de l’aquarelle fine, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui ont un budget restreint !

​Aquarelle en tube ou en godet ?

Sur le marché, l’aquarelle peut s’acheter sous 2 formes différentes : les godets, qui contiennent une plaque d’aquarelle séchée qu’il faut humidifier pour réactiver, et les tubes qui contiennent de la peinture fraîche de consistance crèmeuse. On trouve 2 tailles de godets, les demi-godets et les godets entiers (qui font, en toute logique, le double des demi-godets), alors que les tubes peuvent être de tailles variables selon les marques. Le tube de taille standard pour de l’aquarelle extra-fine est de 10 ou 15 ml, mais certaines marques proposent aussi de tout petits tubes de 5 ml, pratiques pour tester des couleurs dont on n’est pas sûr qu’elles vont nous plaire, ou bien de gros tubes (21 ou même 38 ml), pratiques quant à eux pour les couleurs qu’on utilise beaucoup. 

Bien sûr, il est aussi possible d’acheter une boîte avec un assortiment de couleurs tout prêt, comme la boîte d’aquarelle fine Lefranc & Bourgeois avec laquelle j’ai débuté. C’est pratique si vous débutez et que vous ne savez pas du tout quelles couleurs choisir, d’autant plus que les assortiments de couleurs sont généralement bien pensés. Par la suite, si vous trouvez qu’il vous manque des couleurs, rien ne vous empêche d’acheter des godets supplémentaires et de les ajouter dans votre boîte. Bien sûr, si vous voulez avoir cette flexibilité, pensez à acheter une boîte dans laquelle de la place a été prévue pour ça !

Alors dans la pratique, quelle différence entre peinture en tube et peinture en godet, et pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ? Une première différence peut se situer au niveau du prix à l’achat. Le demi-godet étant de manière générale moins cher que le tube de taille standard, le budget dont vous disposez va peut-être orienter votre choix, surtout si vous avez tout un assortiment de couleurs à vous faire. Une autre différence se situe au niveau de la flexibilité : pour pouvoir utiliser des demi-godets, il faut obligatoirement une boîte d’aquarelle dans laquelle les maintenir, car il n’est pas possible de récupérer la peinture sur un godet qui se balade ! 

​Ce genre de boîte à godets est très pratique pour emporter avec soi en plein air, mais pour travailler en atelier les options sont limitées. De plus, quand on a de gros pinceaux, il devient très difficile de récupérer de la peinture dans les demi-godets. Au contraire, avec de l’aquarelle en tube, il est possible d’utiliser à peu près tout et n’importe quoi comme palette. Personnellement, quand je travaille avec un nombre de couleurs réduit, j’aime utiliser des assiettes rectangulaires blanches achetées pour même pas 1 euro chez l’Incroyable, je trouve cela très pratique. 

​Autrement, j’aime les palettes plates avec des puits qui n’ont qu’une toute petite bordure, car il est très facile de récupérer la peinture pour l’amener dans la zone de mixage afin de préparer des jus pour de grands lavis. Et quand j’ai vraiment beaucoup de jus à préparer, j’opte pour de petites coupelles (aussi achetées à même pas 50 centimes chez l’Incroyable). Avec l’aquarelle en tube, tout est possible : j’achète aussi des godets vides pour mes palettes de plein air, et je les remplis avec ma peinture.

Autre critère en faveur des tubes : la facilité à obtenir des couleurs sombres et crémeuses. Sur la photo ci-dessous, j’ai appliqué un Bleu d’Anvers de la marque Winsor & Newton en essayant d’obtenir la couleur la plus sombre possible. Sur la gauche je l’ai fait avec de l’aquarelle en godet et sur la droite avec de l’aquarelle en tube. Avec l’aquarelle en tube, ma couleur était plus crémeuse, et après séchage on voit qu’elle est plus sombre que celle appliquée avec l’aquarelle en godet.

​Cela va être d’autant plus important quand on va vouloir obtenir des couleurs sombres par mélange. Sur la photo ci-dessous j’ai mélangé du Bleu Outremer foncé et de la Terre de Sienne brûlée (aquarelle extra-fine Sennelier) pour obtenir un gris foncé. Je souhaitais me rapprocher le plus possible du noir. Sur la gauche, j’ai travaillé avec de l’aquarelle en godet et sur la droite avec de l’aquarelle en tube. Premier constat : il m’a fallu du temps et des efforts pour mélanger mon gris avec l’aquarelle en godet. J’ai du rouler maintes fois mon pinceau sur les plaques d’aquarelle pour récupérer suffisamment de pigment, retourner prendre de l’eau, recommencer à récupérer du pigment... Au contraire, avec l’aquarelle en tube, il m’a suffi de déposer un peu de peinture fraîche sur ma palette, de la mélanger avec un peu d’eau, et hop ! En quelques secondes j’avais un mélange très sombre et crémeux, proche du noir que je souhaitais obtenir. Et après séchage, la couleur obtenue avec l’aquarelle en godet reste plus claire que celle obtenue avec l’aquarelle en tube. C’est pour cela que je préfère largement travailler avec de l’aquarelle en tube, même si c’est un peu cher à l’achat, car quand j’ai beaucoup de mélanges de couleurs à faire et que je travaille sur de grandes oeuvres, cela m’enquiquine très rapidement de devoir passer des heures à faire mes mélanges de couleurs pour préparer mes lavis.

​De mystérieuses annotations...

​A présent j’aimerais vous parler de toutes les annotations un peu mystérieuses que l’on trouve sur les tubes et les godets de peinture aquarelles, car pour choisir sa peinture il est nécessaire de les comprendre. Or, quand on n’y connaît rien, on pourrait se demander si ce ne sont pas des extra-terrestres qui cherchent à nous parler en langage codé ! On trouve des noms de couleurs, des noms de pigment à la mords-moi-le-nœud avec des chiffres et des lettres, des carrés, des étoiles, des triangles, des chiffres romains, des histoires de norme ASTM... qu’est-ce que tout ça peut bien vouloir dire ???

​Aller chercher les informations sur sa peinture aquarelle

​Une première chose importante, c’est de savoir comment aller chercher les informations sur sa peinture et ses couleurs. Pour ça, rien de plus simple : il faut chercher les sites des fabricants en tapant “aquarelle + le nom du fabricant” dans la barre de recherche, ou bien “watercolor” pour les sites en anglais (watercolor = aquarelle). Généralement sur les sites des fabricants sérieux, il y a toutes les indications sur les processus de fabrication de la peinture ainsi que les informations sur les couleurs, et il est également possible de télécharger les nuanciers ou brochures officielles qui regroupent toutes ces infos. Ici, je vous donne pour l'exemple ​les liens vers les sites officiels et les nuanciers de quelques fabricants connus :

​Noms de couleurs et noms de pigments

La première information importante que l’on trouve sur un tube ou un godet, c’est bien sûr le nom de la couleur. Mais il faut savoir que les fabricants donnent les noms à leurs couleurs un peu selon leur fantaisie. Il y a bien évidemment des noms qui reviennent entre les différentes marques d’aquarelle (exemple de classiques : bleu cobalt, bleu outremer, vert émeraude, terre de Sienne brûlée, or de quinacridone, magenta...), mais ils ne correspondent pas forcément exactement à la même teinte.

Cela se remarque aisément quand on comprend le nom des pigments. Si on regarde par exemple le nom du pigment qui correspond à la terre de Sienne brûlée de la marque Winsor & Newton, on voit qu’il s’appelle PR101. Qu’est-ce que cela signifie ? “PR” veut dire “pigment red” = pigment rouge en français, et 101 est le numéro qui désigne le pigment. Tous les pigments sont désignés ainsi, avec un “P” pour “pigment”, suivi d’une ou deux lettres qui nous indique le groupe de couleur à laquelle appartient le pigment et d’un numéro qui identifie le pigment lui-même.

Pour que vous vous y retrouviez, voici la traduction pour les différents groupes de couleur :

  • PY = “pigment yellow” pour les pigments jaunes
  • PO = “pigment orange” pour les pigments oranges
  • PR = “pigment red” pour les pigments rouges
  • PV = “pigment violet” pour les pigments violets
  • PB = “pigment blue” pour les pigments bleus
  • PG = “pigment green” pour les pigments verts
  • PBr = “pigment brown” pour les pigments bruns
  • PW = “pigment white” pour les pigments blancs
  • PBk = “pigment black” pour les pigments noirs

Ainsi, si on reprend notre Terre de Sienne brûlée et qu’on compare le pigment qui la constitue entre les marques Winsor & Newton et Sennelier, on voit que dans le premier cas elle correspond au pigment rouge 101, comme nous l’avons vu précédemment, alors que dans le second elle correspond au pigment brun 7. 

​Même chose si on regarde la composition de l’or de quinacridone, une couleur constituée de plusieurs pigments, on voit qu’elle varie entre différentes marques. Pour l’aquarelle extra-fine Horadam de Schmincke, elle correspond au mélange entre PY150 et PR101, alors que pour l’aquarelle extra-fine Daniel Smith  elle correspond au mélange entre PO48 et PY150 . Elle est encore différente pour l’aquarelle extra-fine Winsor & Newton puisqu’elle est cette fois le résultat du mélange entre PR206, PV19 et PY150. Cette information ne sera sans doute pas vitale si vous débutez tout juste et que vous souhaitez juste commencer à vous amuser avec les couleurs, mais elle peut prendre de l’importance par la suite si vous progressez et que vous recherchez des teintes particulières.

​Résistance à la lumière

​Une autre information qui ne sera peut-être pas de première importance si vous débutez mais qui peut rapidement devenir très importante si vous souhaitez conserver vos oeuvres, et surtout si vous souhaitez les vendre, c’est la résistance à la lumière (= lightfastness en anglais). La résistance à la lumière, c’est la manière dont une couleur se dégrade lorsqu’elle est exposée à la lumière dans des conditions dites “normales”, par exemple lorsqu’une oeuvre est encadrée et accrochée au mur. Et quand on encadre une oeuvre pour l’exposer, on a envie qu’elle reste exactement telle qu’elle est pour disons... les 150 prochaines années minimum ? Dans ce cas, il faut s’assurer d’utiliser des couleurs qui soient bien résistantes à la lumière, sinon on court le risque de voir certaines couleurs s’affadir ou changer de teinte avec le temps.

​Généralement, on voit écrit sur les tubes et les godets “résistance à la lumière” ou “lightfastness”, suivi d’un chiffre romain. Ce chiffre romain correspond à une “note ASTM”, ASTM étant l'abréviation pour “American Society for Testing and Materials”, en français la Société américaine pour les essais et matériaux, qui a établi des normes de conservation pour archives pour les matériaux artistiques. Une note ASTM de I nous indique une résistance à la lumière maximale, alors qu’une note de V nous indique une résistance à la lumière faible, avec les notes I et II étant considérées comme permanentes pour l’usage artistique. La plupart des fabricants utilisent cette notation ASTM, mais pour certaines couleurs la note n’est pas disponible : c’est pour ça que les fabricants utilisent généralement un deuxième système de notation pour compléter. Dans le cas de Sennelier, ils nous indiquent une deuxième notation sous forme de petites étoiles, avec 3 étoiles *** indiquant une résistance à la lumière élevée et une étoile * indiquant une résistance à la lumière faible. Winsor & Newton quant à eux nous donnent une note de permanence indiquée par une lettre, qu’ils mesurent en prenant tout un tas de facteur en compte (dont la résistance à la lumière). Dans ce cas, il faut chercher les lettres A, avec AA et A nous indiquant les couleurs permanentes. Certains fabricants n’utilisent quant à eux pas du tout la note ASTM : c’est le cas de Schmincke pour son aquarelle extra-fine Horadam, qui utilise un système de notation à 5 étoiles basé sur l’échelle de laine bleue (une échelle initialement utilisée dans l’industrie textile mais qui a été adoptée par l’industrie de l’impression pour mesurer la résistance à la lumière des colorants d’encre). Mais quel que soit le système de notation utilisé, les fabricants sérieux nous donnent l’information sur la résistance à la lumière de leurs couleurs.

​Transparence et opacité

​La transparence et l’opacité va être un critère important à prendre en compte dans le choix de vos couleurs. L’aquarelle est un médium transparent par nature, mais certaines couleurs sont dites transparentes alors que d’autres sont dites opaques ou semi-opaques. Pour vous montrer la différence entre les deux, j’ai appliqué 2 jaunes citrons de l’aquarelle extra-fine Sennelier sur une bande noire. Celui du haut est opaque alors que celui du bas est transparent, et après séchage on voit que celui qui est opaque est beaucoup plus couvrant, même si l’opacité n’est pas totale car ce n’est pas une gouache ou une acrylique.

​Certains aquarellistes vous diront d’éviter absolument les couleurs opaques et de ne travailler qu’avec des couleurs transparentes. Personnellement, je ne serai pas aussi radicale : je pense qu’il faut surtout comprendre la différence qu’il y a dans la pratique entre couleurs transparentes et couleurs opaques, et comment les utiliser à bon escient. C’est vrai que les couleurs opaques peuvent être plus difficile à utiliser, surtout pour les débutants, car elles sont plus denses et crémeuses, elles fusent moins, et celles qui contiennent du blanc produisent des effets laiteux. Cela fait que si on en utilise beaucoup et qu’on commence à toutes les mélanger entre elles sans réfléchir, on peut très rapidement perdre la fraîcheur de l’aquarelle et arriver à des couleurs bourbeuses. En revanche, cette densité et le côté laiteux des couleurs qui contiennent du blanc peut tourner à notre avantage dans certains cas. Par exemple sur l’image ci-dessous, j’ai souhaité faire un ciel au-dessus de cette plage en travaillant mouillé sur mouillé, en imaginant  que le bas du ciel avait une teinte un peu ocre, comme cela se produit parfois quand le ciel est un peu voilé au-dessus de l’océan. J’ai commencé par appliquer sur le bas du ciel un jaune de Naples, une couleur opaque contenant du blanc.

Ensuite, pour faire le bleu du ciel, j’ai choisi d’utiliser un bleu royal, qui est aussi une couleur opaque contenant du blanc. Le fait qu’il fuse moins qu’un bleu transparent m’a aidé à délimiter de petits nuages en évitant qu’ils ne se réduisent trop rapidement comme peau de chagrin. Et quand je suis venue appliquer un peu de bleu dans le bas du ciel, là où il y avait déjà du jaune, le fait que les deux couleurs soient assez désaturées par le blanc qu’elles contiennent m’a permis d’éviter que le bas de mon ciel ne prenne une couleur trop verte. Si j’avais utilisé des couleurs intenses telles que le bleu phtalo et l’or de quinacridone, j’aurais terminé avec un ciel tout vert en bas !

Un autre cas où il peut être utile d’avoir quelques couleurs opaques à sa palette, c’est pour récupérer quelques petits rehauts de lumière qu’on aurait perdu. Par exemple ici j’ai détaché quelques brins d’herbes plus clairs sur le fond sombre grâce à des jaunes opaques. Bien évidemment, cela n’aura pas la même fraîcheur qu’avec de l’aquarelle transparente, mais si cela reste sur de petits détails ce n’est pas gênant. 

​Même chose si vous avez croqué rapidement de petites silhouettes de personnages, rien ne vous empêche de venir les réveiller par la suite grâce à l’emploi de quelques couleurs opaques. Donc pour résumer, mon conseil c’est d’utiliser quand même majoritairement des couleurs transparentes pour préserver la fraîcheur de l’aquarelle, mais de ne pas se priver complètement des couleurs opaques comme s’il y avait une interdiction à les utiliser. Le tout c’est de comprendre comment elles réagissent, de bien les identifier sur sa palette, et de les utiliser plutôt pures, diluées quand c’est possible, ou en mélange avec des couleurs transparentes pour éviter la gadoue résultant du mélange de plusieurs opaques entre elles. Ou bien d’utiliser leur pouvoir couvrant à la fin d’une oeuvre pour ajouter des touches de couleurs ou des rehauts de lumière.

​Généralement les fabricants nous indiquent l’opacité et la transparence par un petit carré ou un petit rond qui est rempli quand la couleur est opaque, vide quand la couleur est transparente, et à moitié rempli quand la couleur est semi-opaque. Winsor & Newton utilisent quant à eux les lettres “T” pour transparente et “O” pour opaque, et ils font, de même que Schmincke, la distinction entre les semi-transparentes “ST” et les semi-opaques “SO”. Personnellement je ne sais pas quelle est la différence entre les deux... pour moi la couleur est soit transparente, soit opaque, soit entre les deux... mais il doit bien y avoir une subtilité que je ne connais pas. N’hésitez pas à m’en faire part en commentaire si vous la connaissez.

​Granulation

​Un autre type de couleurs qu’il faut bien identifier au risque d’avoir de drôles de surprises, ce sont les couleurs granulantes. Elles possèdent des pigments plus lourds qui se déposent dans les creux du papier en créant de magnifiques effets de textures. C’est extrêmement pratique pour simuler sans effort certains matériaux comme du sable (j’en ai utilisé pour le sable de la plage au-dessus), de la roche, du bois, la façade décrépite d’un bâtiment, et cela permet de créer des effets surprenants parfois.

​En revanche dans certains cas on n’aura surtout pas envie que nos couleurs se mettent à granuler, comme par exemple quand on veut faire un beau ciel bleu bien limpide ! En parlant de ciel bleu, sachez que les bleus Cobalt et les bleus Outremer ont généralement tendance à granuler un peu. Quelle surprise lorsque j’ai débuté et que j’ai voulu faire un ciel de nuit autour d’un building : j’ai vu le bleu outremer se déposer dans les creux du papier et je me suis demandée si mon bleu avait un problème ou si j’avais fait une mauvaise manipulation pour causer cela.

​Les fabricants nous indiquent souvent par un “G” qu’une couleur est granulante. Chez Daniel Smith, ils nous mettent “Y” pour Yes = oui, la couleur est granulante et “N” pour No = non, la couleur n’est pas granulante. Sur le nuancier de l’extra-fine Sennelier, je n’ai pas trouvé l’information précise, sans doute parce que leurs couleurs ne granulent pas et ou peu. Je me suis fait la réflexion qu’il fallait regarder l’aspect des petites vignettes couleurs pour prédire si une couleur est susceptible de granuler. Par exemple, je sais que leur violet bleu granule un peu, car je l’ai à ma palette, de même que leur terre de Sienne naturelle.

​Pouvoir teintant ou colorant

​Dernière chose à laquelle il va falloir faire attention, c’est le pouvoir teintant ou le pouvoir colorant de certaines couleurs (=staining en anglais). Ce sont des couleurs dont les pigments extrêmement fins ont la capacité d’adhérer fortement au papier et de le teinter de manière irrémédiable. C’est souvent le cas des phtalo verts et bleus par exemple. Ce genre de couleur peut être utile pour effectuer des lavis en sous-couche très lumineux, qui resteront bien en place lorsqu’on viendra ​effectuer des glacis par-dessus. En revanche, cela peut être problématique si on souhaite effectuer des retraits après que la peinture ait séché, pour récupérer des lumières par exemple. Ici par exemple j’ai effectué un retrait sur un vert émeraude et sur un turquoise de phtalo : dans le cas du vert émeraude, j’ai quasiment récupéré le blanc du papier, alors que dans le cas du turquoise de phtalo le papier conserve une teinte légèrement bleutée.

​Winsor & Newton nous indiquent les couleurs teintantes par “PC” pour “pouvoir colorant” alors que Schmincke utilise un système de petits triangles : quand ils sont remplis la couleur est teintante, quand ils sont vides la couleur n’est pas teintante, et quand ils sont à demi remplis la couleur est semi-teintante. Parfois l’information n’est pas disponible, et on s’en rend compte à l’usage, ou lorsque qu’on constate que certaines couleurs tachent irrémédiablement nos palettes en plastiques !

​Les marques d'aquarelle

​Honnêtement, je n’ai pas de marque d’aquarelle à vous conseiller en particulier. Toutes celles que j’ai citées dans l’article (Winsor & Newton, Sennelier, Daniel Smith, Schmincke) ont une solide réputation. Mais il en existe d’autres que je n’ai pas citées : Rembrandt, Mijello, M Graham, Maimeri Blu, Old Holland, pour ne citer que quelques exemples. J’utilise beaucoup l’extra-fine Sennelier, parce qu’elle est facilement disponible près de chez moi, et j’apprécie qu’elle ne sèche pas vite et qu’elle soit très facile à réactiver grâce au miel qu’elle contient. Mais j’aime aussi énormément mes couleurs spéciales de la marque Daniel Smith, et j’ai également pu tester la qualité de Winsor & Newton et de M Graham... bientôt je compte tester certaines teintes particulières d’autres marques. Je pense que vous avez compris à présent que, pour savoir si un fabricant est sérieux, il suffit d’aller chercher son site officiel pour voir s’il nous donne des informations détaillées sur ses processus de fabrication et sur ses couleurs. Les avis qu’on trouve un peu partout sur les sites de vente en ligne de matériel Beaux Arts ainsi que les review sur Youtube sont aussi une bonne aide pour se faire une idée, mais rien ne vaut le plaisir de tester soi-même. Et je préfère préciser, pour ceux qui débutent complètement et se poseraient la question : les aquarelles de différentes marques se mélangent sans problème entre elles.

​Choisir ses premières couleurs

Honnêtement, le choix des couleurs à ajouter à sa palette pourrait faire l’objet d’un article entier. C’est aussi un peu personnel, car chaque artiste a ses couleurs préférées et développe ses propres palettes. Entrer dans l’univers des couleurs, c’est tout un voyage : il faut s’amuser avec les couleurs, regarder comment elles réagissent et ce que produisent différents mélanges pour se les approprier. Sinon vous serez toujours dépendants des couleurs tout droit sorties des tubes ou des godets.

Je souhaite juste donner deux ou trois pistes aux personnes qui débutent et se retrouvent un peu perdues en ce qui concerne les couleurs à choisir pour constituer leur première palette. Premièrement, sachez que si vous avez les trois couleurs primaires (un jaune, un rouge et un bleu), vous pouvez théoriquement mixer toutes les autres couleurs à partir de celles la. Ensuite, si vous voulez augmenter vos possibilités pour les mélanges, vous pouvez constituer une palette réduite avec une version chaude et une version froide de chacune des primaires : un jaune chaud et un jaune froid, un rouge chaud et un rouge froid, un bleu chaud et un bleu froid (très très grossièrement, les versions chaudes vont tirer vers le rouge/l’orange alors que les versions froides vont tirer vers le vert/bleu). Une telle palette de 6 couleurs est une espèce de valeur sûre et permet de faire déjà pas mal de choses grâce aux mélanges de couleurs. Ensuite, il peut être utile d’ajouter quelques couleurs terriennes, plus désaturées, qui vous aideront à éviter que vos oeuvres ne ressemblent à des espèces de trip sous acide avec des couleurs flashy dans tous les sens. Elles vous aideront aussi à créer facilement des gris et des bruns. Par exemple j’aime avoir à ma palette un jaune terrien type terre de Sienne naturelle ou ocre jaune (attention car les ocres sont souvent opaques), un brun cuivré type terre de Sienne brûlée ou oxyde de fer rouge, et un rouge terrien type garance brune (les noms exacts des couleurs importent peu, l’essentiel est de comprendre le principe). Et ​cela peut être aidant d’avoir également une ou deux couleurs neutres à sa palette. Personnellement je ne les utilise quasiment plus, mais je les ai beaucoup utilisées quand j’ai débuté. Elles permettent de désaturer rapidement les autres couleurs et de créer facilement des couleurs sombres. Parmi les couleurs neutres, la “teinte neutre” (= neutral tint en anglais), est un classique. C’est un gris qui ne tire ni vers le chaud ni vers le froid. Comme je n’en ai pas je vous ai mis le sépia, une teinte neutre qui tire plutôt vers le chaud, idéal donc en mélange avec des couleurs chaudes, et le gris de Payne, une teinte neutre qui tire plutôt vers le froid, idéal donc en mélange avec des couleurs froides.

Si vous n'y connaissez rien à la théorie des couleurs et que vous êtes perdus quand ils s'agit de faire des mélanges, je ne peux que vous conseiller la super formation intitulée "Théorie des couleurs" que Pit a réalisé et qui est disponible ici, sur le blog !

​Mes conseils pour résumer

Je pense qu’à présent vous êtes en mesure de comprendre les informations indiquées sur les peintures aquarelle pour pouvoir faire votre choix. Petit résumé des informations importantes pour terminer :

  • Nul besoin d’investir immédiatement dans l’aquarelle extra-fine. De l’aquarelle fine suffit pour débuter et vous permettra de tester à moindre frais si vous aimez vraiment l’aquarelle ou pas. Opter pour de l’aquarelle extra-fine se justifie lorsqu’on progresse, qu’on souhaite améliorer la luminosité de ses oeuvres, les conserver ou même les vendre.
  • Les godets sont pratiques pour emmener en plein air et peuvent suffir pour de petits formats, mais si vous pouvez vous le permettre, préférez l’aquarelle en tube pour des questions de flexibilité et de facilité à mélanger des couleurs sombres et crémeuses.
  • Faites attention aux couleurs opaques : utilisez majoritairement des couleurs transparentes pour conserver l’aspect frais et lumineux de l’aquarelle et identifiez bien les couleurs opaques à votre palette pour les utiliser à bon escient.
  • Identifiez bien les couleurs granulantes, pour pouvoir les utiliser lorsque vous voulez créer de superbes effets de texture et les éviter lorsque ces effets seraient indésirables.
  • Evitez les couleurs teintantes si vous souhaitez effectuer des retraits après que la peinture ait séché.

Sur ce, je vous souhaite une belle découverte de l'aquarelle et je vous dis à très bientôt ! N'hésitez pas à me poser vos questions en commentaires.

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A propos de l'auteur

Après un doctorat en écologie qui l'a précipitée dans le burn-out en 2013, Elodie a décidé de colorer sa vie selon ses envies ! Elle est aujourd'hui en voie de devenir artiste professionnelle. Amoureuse du papier, de l'encre et des pigments, sous forme de peinture comme de craies ou de crayons, elle a à coeur de transmettre sa passion au plus grand nombre.

  • bonne instruction, très colorée et joyeuse

  • Carol dit :

    Merci c’est très interessant.

    J’en ai assez de mon travail, et je souhaite depuis quelques années me reconvertir dans l’aquarelle, faire part et affiches pour enfants. Mais dois-je passer par une école hors de prix ou être auto didacte et me lancer ? j’aimerais bien converser avec vous.

    Merci

    • Bonjour Carol, je dirais qu’il n’y a pas de formule magique qui convienne à tout le monde, il te faudra choisir la voie qui te convient, en fonction de ton niveau en aquarelle, de tes circonstances de vie, de tes moyens, du temps dont tu disposes, etc. Si tu souhaites discuter, n’hésite pas à m’envoyer un message (message privé ici sur le forum ou bien sur ma page Facebook https://www.facebook.com/ElodieMyHeartInMyArt). Bonne chance à toi pour ton projet en tout cas 🙂

  • Max dit :

    Bonjour Elodie

    Merci pour cet article détaillé. Le simple fait d’imaginer les heures de travail qu’il a demandées force le respect.
    Aurais-tu quelques astuces et conseils en ce qui concerne les crayons aquarellables ? Fausse bonne idée ou Véritable alternative ? Evidemment, il existe toutes sortes de tutoriels sur la question que je vais évidemment visionner mais je tenais à avoir tout de même également ton avis éclairé sur la question. Si d’aventure tu utilises ce genre de crayons, quels sont les grands principes d’utilisation et de ressentis sur lesquels tu t’arrêterais ? Quels conseils personnels pourrais-tu donner quant à leur utilisation ?

    A très bientôt

    • Pit dit :

      Salut Max, pour ma part je trouve que les crayons aquarellables sont bien pour les finitions (ex: redéfinition de contours, occlusion, couleur impressionniste).
      En dehors de cela et de mon expérience, utiliser les crayons aquarellables directement en termes d’aplat et appliquer de l’eau après coup en mélangeant une ou plusieurs couleurs directement sur le papier donne des résultats médiocres.
      Mais je vais laisser parler la spécialiste 😉

    • Bonjour Max, merci beaucoup pour ton commentaire 🙂 Concernant les crayons aquarellables, je suis tout à fait d’accord avec Pit. Pour tout dire j’ai débuté l’aquarelle avec des crayons aquarellables, et je me suis vite retrouvée frustrée. Sur les grandes surfaces c’est beaucoup plus facile de prendre son pinceau et d’appliquer la peinture en un geste que de colorier laborieusement pour venir activer avec de l’eau après. Avec le crayon aquarellable tu auras aussi toujours tendance à avoir des marques sur le papier, même après activation, sauf si tu restes sur un coloriage très léger (qui sera donc très dilué une fois mouillé) sur du papier lisse. Le mélange des couleurs n’est jamais aussi fluide qu’avec l’aquarelle classique, on a beaucoup moins cet effet de fusion des couleurs dans l’eau, et il est difficile de charger du pigment dans une zone déjà mouillée pour travailler mouillé sur mouillé (il existe des moyens de le faire, en récupérant du pigment directement sur la mine ou sur une zone qu’on a préalablement coloriée, mais c’est plus laborieux qu’avec de l’aquarelle normale). Par contre c’est parfait pour faire des retouches et des détails fins comme l’a dit Pit. Et aussi si tu as envie d’explorer un style “semi crayonné”, en activant seulement certaines zones avec de l’eau pour flouter certaines parties d’un dessin. Certaines personnes l’utilisent aussi pour faire leur croquis sur le papier aquarellable, afin que le croquis se dilue par la suite et devienne invisible. Ou pourquoi pas créer certains effets de texture crayonnée sur certaines partie d’une aquarelle ? Ça peut aussi être pratique en plein air pour de petites études rapides, pour mettre 2-3 touches de couleurs sans avoir à sortir toute la palette et les pinceaux, ou dans les endroits où il est interdit de sortir de l’eau (comme les musées) : tu peux faire ton étude sur place au crayon et l’activer une fois sorti du musée. Bref, il y a des utilisations particulières mais ça n’est pas une alternative à l’aquarelle classique selon moi, c’est quelque chose de différent.

      • Max dit :

        Merci Pit et Elodie pour vos avis. Je vais du coup peut être créer sans le vouloir une discussion de sous thème dans le thème géneral. La question que je me pose à la lumière de vos explications est maintenant la suivante : si je peux mettre en couleur sans utiliser de l’aquarelle pure mais tout en ayant un rendu plus esthétique que les crayons aquarellables, vers quoi me tourner ? Elodie, tu soulèves un point qui je pense est important pour moi : le côté pratique. Effectivement, je pense que je n’en suis pas encore à utiliser de la peinture à cause du matériel dont il faut disposer pour coloriser (ou peut être est ce un préjugé de néophyte de ma part). Des crayons me paraissaient un bon compromis car cela tient finalement peu de place (quoique lorsque je vois comment Fanch s’y prend, ses godets et sa maîtrise minimalisent son “espace-matériel”. Maintenant, il faut tout de même un rendu sympa. Donc que faire ? Des crayons de couleur simples me paraissent limitant après les quelques essais que j’ai pu faire, notamment en terme de teinte pour la peau pour les personnage)…. je ne suis pas encore au stade du digital painting…. Que faire ? C’est un brin gêné que j’écris ces lignes car, Pit le sait, j’étais du genre à jurer allégence éternelle au crayon de papier….. Mais ces temps-ci, quelque chose en moi s’ennuie…

        • Il n’y a pas à être gêné ! Franchement si une part de toi commence à s’ennuyer, c’est que tu es mûr pour tester autre chose 🙂 C’est marrant j’étais comme toi il y a longtemps, je ne jurais que par le crayon, pour le côté pratique et rapide. Mais pour l’aquarelle, je pense effectivement que tu as un petit à priori concernant le matériel et la place que ça prend : si c’est pour de la colorisation simple, tu peux très bien te faire une petite boîte d’aquarelle qui tient dans la poche, avec 6 à 12 couleurs dans des petits godets (moi j’en ai de toutes petites, faites maison dans des boîtes de peppermint en métal vides lol). Un ou 2 bons pinceaux, un peu d’eau, un petit chiffon pour éponger le pinceau et c’est parti. Sinon si ce que tu appelles un “rendu sympa” c’est quelque chose d’un peu “lisse”, le crayon de couleur classique n’est effectivement pas une bonne option. Sinon il y a peut-être les feutres (à alcool ou aquarellable) mais je n’ai jamais testé donc je ne peux pas te donner d’avis là-dessus (Pit, tu as testé ?) Et il y a aussi les encres, mais c’est un peu pareil que l’aquarelle, il faut un petit peu de matériel. Sinon il y a les pastels gras ou secs, en terme d’estompage c’est assez chouette à travailler, mais les bons pastels sont assez chers et les oeuvres fragiles (et les pastels secs ça en fout partout aussi haha). Bref, personnellement je ne connais aucun médium qui rend exactement comme l’aquarelle 😀 (comment ça je milite ?)

  • Valérie dit :

    Bonjour Élodie. Une intervenante plus haut (ou bas, selon le tri utilisé) parlait de cours d’aquarelle, mais je ne vois pas de formation dans l’onglet dédié. J’ai raté quelque chose ?

  • Maryline dit :

    Bonjour Elodie, j’aime beaucoup votre grain de folie, surtout gardez le.

  • Hautefeuille dit :

    Il y a un nouveau liant synthétique pour l’aquarelle qui est l’Aquazol ( marque Golden USA). On peut faire des mélanges avec des couleurs dont le liant est la gomme arabique. Comme c’est cher j’ai acheté un tube j’ai pas vu grande différence avec l’aquarelle classique. Pour le fabricant les couleurs serait plus « colorantes » et plus stables au temps.

  • Colette dit :

    Magnifique Elodie ! Très bien documenté et très intéressant ! Merci pour toutes ces informations. Je songe sérieusement à m’inscrire au cours d’aquarelle, si tes démonstrations et explications sont aussi fouillées et intéressantes, je vais sûrement faire des progrès ! Merci encore !

    • Merci beaucoup Colette, je suis super heureuse que ça te donne envie de t’inscrire au cours 🙂 Oui je compte aller vraiment dans le détail dans la formation et proposer une progression pas à pas, avec des petits exercices à chaque étape pour pouvoir bien intégrer.

  • Lulu dit :

    Wow, c’est super détaillé et facile de compréhension ! J’ai toujours aimé l’aspect de l’aquarelle, mais même en anglais je n’ai rien trouvé d’aussi détaillé uwu
    J’imagine que le digital ne vous intéresse pas trop, mais j’ai récemment découvert un logiciel (Rebelle 3) intéressant qui permet de faire de l’aquarelle (ainsi que d’autres peintures) de manière très très réaliste… ça reste un gadget amusant à tester!

    • Pit dit :

      Bonjour Lulu,
      Je voulais parler de Rebelle 3 justement car je l’utilise.
      C’est moi qui m’en chargerais un de ces jours. 😉

    • Merci pour ce commentaire Lulu ! Oui j’ai voulu regrouper un max d’infos pour éviter aux autres de devoir chercher partout comme moi j’ai du le faire. C’est sûr que le digital ce n’est pas trop mon truc, j’aime trop les sensations que procurent le traditionnel. Le digital c’est effectivement le rayon de Pit 😉 Néanmoins c’est chouette de savoir qu’il existe cette option pour ceux qui aiment le digital alors merci d’en parler 🙂

  • Cecile dit :

    Whoua cest un vrai travail d’investigation que tu proposes ! Merci pour toutes ces explications détaillées ! Jai bien aimé certaines touches dhumour 😉 merci pour ton travail Elodie

  • Reflexogirl dit :

    Moi qui me lance (qui essaie en tout cas) dans l’aquarelle, J’ai trouvé cet article très complet et vraiment intéressant. J’ai appris bcp de choses que je n’ai pas lu ailleurs.

    Merci beaucoup pour ce gros travail de recherches et de simplification.

  • Mesmerise dit :

    Encore un magnifique article Merci pour tout ces précieux conseils à la différence ou cette fois je me permet une petite remarque constructive =p
    Le texte pourrait être un chouïa plus synthétique et factuel, je n ai pas ressenti ça partout , mais sur les plus long paragraphe au début . Voilà voilà merci encore et bonne continuation 😉

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