Dans le futur, nous essaierons de récolter des avis sur les cours de dessin donnés dans cette école dont le programme vous est présenté dans cette fiche.

Établissement public du ministère de la Culture dédié à l’art contemporain, la Villa Arson est une entité originale. En effet, elle concentre en un même site une école d’art, un centre d’art, une résidence d’artistes et une bibliothèque spécialisée. Elle est localisée sur la colline Saint-Barthélémy et se trouve dans un important domaine d’environ deux hectares, surplombant la ville de Nice et la Baie des Anges.

La Villa Arson doit son nom à Pierre-Joseph Arson, un riche négociant qui, en 1812, acquiert cette villa de style italien du 18e siècle. Au début du 20e siècle, la villa se transforme en Grand Hôtel Saint Barthélémy, puis après la Première Guerre mondiale elle devient une maison médicale, la clinique de Cyrnos. En 1964, la Ville de Nice fait don du domaine à l’État, en vue de la construction d’une école internationale d'art, selon les souhaits du ministre des Affaires culturelles de l’époque, André Malraux. En 1972, l'école est inaugurée, et l’École nationale des arts décoratifs de Nice emménage dans ce nouvel espace, recomposé par l’architecte Michel Marot. 

En 1984, l’école change de nom  et devient l’École pilote internationale d’art et de recherche (EPIAR), associée au Centre national d’art contemporain. Puis, en 2003, elle acquiert le statut d'établissement public administratif, directement sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Dès 2005, le ministère engage un programme de rénovation et de valorisation des espaces, permettant entre autres choses la réouverture au public de l'ensemble du site et des terrasses,  qui constituent un véritable jardin suspendu et un belvédère sur la ville.

Le site regroupe donc une demeure du 18e siècle, enchâssée dans des constructions modernes des années 1960-70 issues du mouvement moderne (style brutaliste). Cette architecture se déploie comme un labyrinthe, en vastes terrasses, jardins suspendus, rues et patios.  Les réalisations de Michel Marot investissent la quasi-totalité du terrain (17 000 m2 construits sur les 23 000 de la parcelle), principalement la partie sud du site, sous la forme d'un urbanisme organisé selon l'axe d'une rue centrale; et tout en épousant la topographie de la colline.

Depuis plus de trente ans, ses expositions sont issues de projets menés avec des artistes ou des commissaires invités, qui étudient les pratiques artistiques les plus contemporaines et favorisent la rencontre avec les artistes et les œuvres, mais aussi avec le public. Ces expositions sont ouvertes à tous les publics.

Comme expliqué plus haut, le site accueille plusieurs entités. Tout d’abord, le Centre national d’art contemporain de la Villa Arson, qui fait partie d’un réseau de 47 centres d’art en France. Il met en place un programme de trois cycles d’expositions par an, et développe une mission de soutien aux artistes pour la production de nouvelles œuvres.

Une politique éditoriale, de conférences/rencontres et d’activités pour les publics accompagne cette programmation.

Il y a ensuite les résidences d’artistes. La Villa Arson accueille deux artistes boursiers en résidence par an, en parallèle au programme de résidences/recherche lié au post-diplôme. Ces artistes sont choisis par le directeur de l’établissement et le directeur du centre d’art. Pour opérer ce choix, ils se basent sur les projets à développer dans le cadre de la programmation artistique ou pédagogique. Pendant trois mois environ, les artistes sont hébergés et bénéficient d’un atelier, ainsi que d’une bourse de 5 000 euros, versée par la DRAC Provence Alpes-Côte d’Azur. La Villa peut recevoir d’autres artistes pour des séjours plus courts, lorsqu’ils souhaitent travailler à la préparation d’un projet spécifique. Ces séjours ne donnent pas droit à une bourse pour l’artiste, mais il peut avoir accès gratuitement à un hébergement et à un atelier. Il lui sera demandé en contrepartie de réaliser un workshop, ou de participer à des rencontres avec les étudiants. Ces artistes sont également choisis par le directeur de l’établissement et le directeur du centre d’art. Les candidatures spontanées sont impossibles.

La troisième entité composant le domaine est la bibliothèque d’étude et de recherche. Elle dispose d’environ 45 000 documents, dont une collection patrimoniale datant du 19e siècle (héritée de l’ancienne École Nationale des Arts Décoratifs de Nice). Néanmoins, la plus grande partie de la collection est le résultat d’une réelle volonté, existant depuis plusieurs décennies, de créer un véritable centre de ressources documentaires sur l’art contemporain. Cet outil pédagogique est également ouvert au public. La bibliothèque ne veut pas rester sur ses acquis et se modernise, notamment en numérisant ses documents, en diversifiant son offre documentaire, et en réaffirmant son rôle pédagogique et scientifique dans le développement de la recherche en art.

Enfin, l’École nationale supérieure d’art fait partie des sept  écoles nationales installées en région. Environ 200 étudiants y sont présents. L’équipe d’enseignants est composée d’artistes, d’historiens et théoriciens de l’art. Cette équipe porte les orientations pédagogiques et mène le cursus progressif en deux cycles : le DNA et le DNSEP, pour un total maximum de 10 semestres.

Les deux premiers semestres sont consacrés à l’acquisition, l’expérimentation et l’évaluation des savoirs. En concertation avec l’enseignant coordonnateur d’année et la direction des études, chaque étudiant doit déterminer, durant le 1er semestre, son programme individuel d’études. Ce programme a pour objectif de mettre en valeur l’individualisation du parcours de formation, en lien avec l’élaboration du projet personnel de l'étudiant. Il sera rempli par les enseignants concernés. Ce document contient tous les ateliers où l'étudiant travaille plus particulièrement, les workshops suivis, les échanges/stages effectués et les activités supplémentaires réalisées à la Villa Arson (comme au centre d’art ou au service des publics); sans oublier les cours inscrits dans l’emploi du temps, et qui sont les mêmes pour l’ensemble de la promotion.

Conservé par le secrétariat pédagogique dans le dossier de l'étudiant, ce programme individuel doit l’aider à définir lui-même les orientations de son parcours, et sert à établir « le supplément au diplôme », document annexé au dossier lors du passage du DNA ou du DNSEP.

La Villa Arson permet aussi à ses étudiants de poursuivre leur cursus dans le centre d’art contemporain, et de bénéficier de la présence des artistes en résidence ou invités à réaliser des expositions.

L’école est agencée en ateliers techniques de recherche, d’enseignement et de production, qui constituent cinq pôles entretenant des liens structurels et poursuivant des projets communs : 

  • Pôle peinture et dessin

Ce pôle met à disposition des espaces spécifiques (amphithéâtre dessin, ateliers techniques) et de petits matériels. L’établissement a investi dans une cabine de peinture professionnelle à air comprimé. Cela permet d’initier les étudiants à la peinture au pistolet sur divers supports, notamment en volume.

  • Pôle volume

Sont rassemblées ici plusieurs entités complémentaires, sur une surface de plus de 600 m2. On retrouve un équipement à air comprimé, un espace spécifique dévolu à l’expérimentation, et un outillage de découpe numérique dédié à des expériences transdisciplinaires (sérigraphie, céramique, gravure…). En outre, les étudiants peuvent profiter de la fibre optique et d’une connexion wifi. 

Les espaces bois sont équipés de machines performantes et récentes : scie à panneau, rabot dégauchisseuse, scie à ruban, scies radiales, perceuse à colonne, ponceuses à ruban, tour à bois, assemblage Hoffman, matériel électroportatif, machine à queues d’arondes.

Pour le métal,  un équipement est disponible en petits matériels électro-portatifs et en machines fixes : guillotine 1 x 2 en 2 mm., plieuse, cintreuses à galets, rouleuse perceuse à colonne, tronçonneuse à eau, ponceuse à ruban, une presse 10t., chalumeau oxycoupeur, un MIG, un poste à souder à arc rotatif, un découpeur plasma, une forge à gaz et un TIG.

Pour le modelage et le moulage (plâtre et matériaux de synthèse), un espace équipé est aménagé, sous la forme de grands plateaux de marbre, bac à terre, VMC.

Pour l’univers céramique, les équipements ont été adaptés à la fréquentation en hausse de l’atelier. On retrouve ainsi des fours de grande capacité dernière génération, des tours, une cabine d’émaillage, une croûteuse, une boudineuse, un broyeur à jarres, un four pour émaux sur cuivre, un touret pour l’abrasion.

Enfin, pour les matériaux souples, un atelier est ouvert à tous les étudiants. En fonction des leurs projets et de leurs compétences, une formation individuelle aux différentes machines leur est proposée. Ces projets peuvent aller de la création de costumes de performance au patronage, en passant par la sculpture textile,  le moulage ou encore le thermocollage...

  • Pôle édition (édition, gravure, sérigraphie)

L’atelier édition est équipé d’imprimantes permettant des tirages photo format poster, ou sur films transparents (typons) pour sérigraphie ou offset. Un logiciel adapté à l’imprimerie permet des séparations quadrichromiques.

Pour l’atelier gravure, on retrouve une grande presse Fleury, une presse à bras et une presse Ledeuil pour les empreintes. La production de gravures depuis 35 ans, fait l’objet d’un programme de numérisation. Cette collection est conservée à la bibliothèque de la Villa Arson.

L'atelier sérigraphie propose des tables d’impression pour tout format. On retrouve également un bloc d’insolation avec étuve de séchage, un bac de dégravage avec fond lumineux, une affûteuse de racles. Les équipements répondent à la mise en œuvre de projets, comme la réalisation de livres d’artistes, faits avec les étudiants et à l’invitation d’artistes extérieurs.

  • Pôle numérique

Le studio vidéo-infographie met à disposition un équipement de qualité professionnelle. Cela permet le tournage (caméras, pieds, éclairages…), le montage (stations de travail dédiées), la post-production (logiciels spécialisés) et la diffusion (vidéoprojecteurs, écrans LCD, streaming…) de vidéogrammes au format HD. Ce studio, c’est aussi une salle de cours informatique multipostes, dédiée aux formations techniques sur divers logiciels de retouche d’image, de mise en page et de création de sites internet. Pour l'imagerie 3D, un espace lui est dédié, tout comme pour la recherche internet. Les activités du studio sont essentiellement tournées vers la phonographie et les projets de mise en espace des sons, avec une gamme adaptée d’équipements de captation.

  • Pôle photographie

Les étudiants disposent de matériels de prise de vue, argentique comme numérique. Une salle de traitement informatique câblée avec le pôle numérique et le studio édition, permet aussi les retouches et la numérisation. Cette salle est dotée de scanners 24 x 36, 120 et 4” x 5”. L’impression de tirages jet d’encre de très haute qualité est possible sur projet.

Pour les cours théoriques et les présentations, les étudiants se retrouvent dans des amphithéâtres de 50 à 90 places. Ils sont isolés acoustiquement et câblés. Ils sont équipés d'écrans mobiles et de vidéoprojecteurs.

En plus de ces ateliers techniques et des cours théoriques (esthétique, histoire de l’art, histoire des idées, histoire des formes cinématographiques, langue anglaise), les étudiants bénéficient d’ateliers, où ils peuvent organiser leurs travaux personnels. Et pour les accompagner dans leurs recherches, ils peuvent compter sur une médiathèque spécialisée, outil d’information et de documentation. La recherche occupe une place importante dans les cursus pédagogiques de l’école. Elle propose plusieurs axes de travail, en partenariat avec des acteurs de la recherche académique et d’autres écoles d’art, françaises comme étrangères. Cela se matérialise notamment sous forme d’Ateliers de recherche et de création (ARC) : La Forme des idées, Double Bind, Posture/Imposture de l’artiste, Locus Sonus, LittOral, Céramique, etc.

 

La Villa Arson c’est également :

  • une galerie d’essais modulable grâce à un système de cloisons mobiles, qui occupe une surface totale de près de 300 m2. Cette zone peut être déployée comme un seul espace, ou comme un lieu de quatre espaces plus réduits. Afin de pouvoir montrer toutes les productions issues des studios, la galerie d’essais est câblée et reliée directement au pôle numérique. Le magasin technique  vient en complément de la galerie d’essais. Il est équipé de huit modules de diffusion et de nombreux périphériques mobiles, dédiés à la réalisation d’installations sonores et de projets de performance.
  • une galerie provisoire occupant un espace de 100 m2 et située au cœur de la Villa Arson.
  • un amphithéâtre de plus de 190 places, équipé et conçu pour la spatialisation et la présentation de travaux électroacoustiques et de cinéma pour l’oreille.

 

La dynamique de l’enseignement de l’établissement repose sur trois piliers

Tout d’abord l’autonomie. L’école ne désire pas scinder l’enseignement en différentes options. L’idée est plutôt d’ouvrir le plus largement possible les contenus, dans le cadre d’un seul et même cursus. Les étudiants peuvent élaborer leur propre parcours d’études, de manière autonome, tout en comptant sur une offre variée de cours, d’ateliers, de projets de recherche, de workshops, de séminaires et de master class. C’est alors à eux de définir par eux-mêmes leurs orientations et spécialisations. La transversalité est alors horizontale (par les différents domaines) et verticale (avec les cinq années d’études). 

Le deuxième pilier est l’ouverture aux mondes contemporains. Comme la Villa Arson est à la fois une école nationale supérieure d’art, un centre national d’art contemporain et un pôle de résidences internationales, y sont invitées chaque année de nombreuses personnalités (plasticiens, musiciens, critiques, graphistes, commissaires d’exposition, chercheurs, responsables d’institutions français et internationaux). L’école est un acteur central dans le milieu culturel, du local à l'international, grâce à la programmation du centre d’art et à la politique des résidences.

Enfin, la transversalité et l’interdisciplinarité constituent le troisième pilier. Les enseignants de l’école ont des formations de plasticiens, cinéastes, vidéastes, musiciens, écrivains, photographes, commissaires, scénaristes, réalisateurs, théoriciens ou critiques d’art. L’interaction entre enseignants, professionnels, et intervenants, permet de mettre en place une pédagogie en rapport avec les enjeux du monde et de la pluralité des formes d’expression.

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