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Vivre de sa passion, c’est possible! interview de Guillaume Boucher

Je sais que certains d’entre vous sont étudiants ou en pleine reconversion, et projettent peut-être de devenir dessinateurs professionnels à plus ou moins long terme.
Vivre du dessin est un sacré pari, mais même si cette vie n’est pas le choix le plus simple qui soit, il n’y a rien de plus enrichissant que de faire ce qu’on aime et de vivre de sa passion.

Pour vous donner une idée, voici une infographie créée par Frédéric le Martelot (publiée avec son aimable autorisation) et qui résume bien tous les métiers du dessin:

métiers du dessin

Les métiers du dessin

Les parents souhaitant protéger leurs enfants en les poussant vers un « vrai métier » ,  représentent souvent de gros freins pour leur progéniture.
En raison de leurs passifs, les anciennes générations se montrent parfois bien hermétiques à l’idée que leur descendance  « vivote grâce à un métier passion », pourtant la passion est ce qui permet à certains individus de devenir des talents reconnus voire des génies dans ce qu’ils font.
En réalité, rien ne peut effacer la passion et le rêve d’enfant de certains d’entre nous.

Quand on est consumé par sa passion d’une activité, quelle qu’elle soit, cette passion nous rattrape à un moment ou à un autre de notre vie, qu’on le veuille ou non.
Mettre sa passion de côté, c’est comme renoncer à une partie de soi. On ne peut jamais vraiment en faire le deuil, et la passion refait toujours surface à un moment ou à un autre.
Mais ce que l’expérience m’a prouvé, c’est qu’à l’âge adulte, il y a toujours un moyen de prendre les bonnes décisions et de changer de vie.
Il suffit de le décider en écartant la liste des fausses excuses.

J’ai remarqué que les « jeunes » artistes professionnels sont en général un tantinet idéalistes et rêveurs, et ont extrêmement de mal à se vendre (sans parler de la peur au ventre qui va avec les débuts!).
Ce n’est pas étonnant, car rares sont les écoles qui enseignent la communication avec les clients et l’art de se promouvoir en entretien d’embauche.

Et encore plus rares sont les académies qui enseignent comment présenter un portfolio pertinent après avoir ciblé un client.
Bien souvent les étudiants sont lâchés dans le monde du travail sans avoir la moindre idée de ce qui les attend.
Je trouve cela dommage. Il y a aurait énormément à faire de ce côté-ci de l’éducation (au même titre que la gestion des finances personnelles).

La plupart du temps, les débuts d’un jeune professionnel ne sont pas simples.
À moins de sortir d’une école de renom (souvent onéreuse et difficile d’accès) ou d’être pistonné par des personnes de son réseau social, il est difficile de se faire une place dans le marché du travail au tout début.
Et ce n’est pas tant l’état du marché du travail qui fait défaut à ceux qui démarrent et qui aimeraient se faire connaître, contrairement à ce que pensent certains.
Le problème vient majoritairement du fait que le novice débute en offrant un service mal calibré par rapport à la demande (clients mal ciblés) et un défaut de communication certain.

Bien sûr, et sans vouloir entrer dans une polémique sans fin, le premier réflexe du débutant est de brader ses services, car il sait qu’il n’a aucune notoriété et qu’il est en position d’infériorité. Donc il peut accepter tout et n’importe quoi, même de travailler gratuitement sur certains projets.
Sauf que non seulement il ne se rend pas service à lui même avec cette attitude (surtout s’il est bon dans ce qu’il fait), mais il ne rend pas service à ses confrères non plus.
En agissant de la sorte, il va contribuer, sans s’en rendre compte, à la baisse du revenu moyen des professionnels de sa thématique (enfin, c’est un long débat dans lequel je ne souhaite pas rentrer ici).

En écrivant cet article , je voulais simplement renseigner sur le métier d‘illustrateur indépendant, et pour cela j’ai eu l’idée d’interviewer mon ami Guillaume Boucher, qui se trouve être à son compte depuis quelques années.
Adaptable à tout type de projet, il a su se démarquer dans un environnement très concurrentiel pour au final travailler depuis chez lui et vivre de sa passion.
Car ce n’est pas tout de produire de belles images, le plus difficile est de rendre des images qui conviennent au client tout en respectant les délais imposés.

Voici donc l’interview que j’ai faite de lui. J’espère que vous apprécierez:

 

Salut Guillaume, tout d’abord peux-tu expliquer à nos lecteurs quel a été le parcours qui t’a mené à dessiner professionnellement ? Quand est-ce que tu as réellement commencé à être passionné par le dessin ? à quel âge as-tu réellement  commencé à apprendre les bases théoriques du dessin ? Est-ce que tu as toujours su ce que tu voulais faire dans la vie ? Par quelles études es-tu passé?

Ma formation en illustration n’est pas académique, elle est vraiment un collage de cours épars et d’expériences personnelles. Je me considère toujours en formation.

J’ai eu un sérieux déclic pour le dessin vers 13 ans. J’adorais le Petit Spirou et Janry. Ce dessinateur était pour moi un dieu. Je n’arrivais pas à comprendre comment d’un simple trait de crayon quelqu’un pouvait créer une telle harmonie visuelle, une vitalité dans les personnages et un univers qui dépassait la feuille de papier. C’était de la magie. J’ai alors décidé que j’allais être capable de faire la même chose. (Et j’essaie encore tous les matins d’y parvenir….)

© Janry

Dessin de Janry

J’ai alors commencé à suivre les cours de dessin qui étaient disponibles à Rimouski, une petite Ville dans l’est du Québec. Les cours étaient très limités. C’était avant l’internet, il n’existait pas de tutoriels, ni de workshops, et encore moins de site comme apprendre-a-dessiner.org.
Il n’y avait que la bibliothèque municipale. J’aimerais tellement avoir 13 ans aujourd’hui… La quantité de ressources disponibles est incroyable. On peut facilement s’auto-instruire.

Par la suite, j’ai fait des études universitaires en Communication Graphique à l’Université Laval de Québec. C’était ce qu’il y avait de mieux pour continuer à dessiner. Il n’y avait que quelques cours d’illustration mais ça m’a permis d’élargir mes horizons.
C’était la naissance du multimédia, de la vidéo numérique et de la conception web. J’y ai développé une sensibilité visuelle pour la pureté des formes et mon approche dans la création en a été totalement transformée. Plutôt que de faire une image sur l’inspiration du moment, j’ai appris à faire de la recherche visuelle, à explorer les formes et à éviter de suivre ma 1re idée. J’y ai développé une approche de designer.

 

Quelles sont tes sources d’inspiration ? As-tu des dessinateurs favoris ?

Mes sources d’inspirations sont nombreuses.
Les peintres John Singer Sargeant, Edward Hopper et Gil Elvgren me fascinent.
En bande dessinée, Guarnido et Janry demeurent des « must » pour le cartoon.
Du côté plus réaliste, José Gonzalez qui a dessiné Vampirella durant les années 70 est un maître. Ses personnages demeurent très expressifs malgré un dessin très détaillé.
Greg Ruth, un Américain, fait un travail magnifique au pinceau. Son réalisme est extrêmement fluide.
Il y a aussi Sean Murphy qui a un style plus brut qui est très graphique. Il faut voir son travail en noir et blanc, souvent la couleur ne lui rend pas justice.
Il y a plein d’autres artistes que je trouve inspirants et je pourrais y passer la journée…

Illustration de Gil Elvgren

Illustration de Gil Elvgren

 

De ton point de vue, quelles sont les qualités requises pour vivre du dessin ?

Oh, ça c’est la question à un million de dollars… En fait, il y a mille et une façons de vivre de l’illustration.

Je vais donc m’en tenir au dessin publicitaire puisque c’est le domaine où j’ai le plus d’expérience. Les agences sollicitent mes services principalement pour du storyboard et des maquettes. Cela fait partie du processus de pré-production d’une campagne publicitaire. À ce stade, l’agence travaille à définir ses concepts pour obtenir l’approbation de son client.

Mon travail est de mettre en images les concepts de spots-télé proposés et de dessiner les éléments pour les affiches, le web, les campagnes publicitaires, etc… Ce boulot en est un de communication. Les storyboards doivent raconter l’histoire, transmettre une émotion, et ce en un minimum d’images. Pour les maquettes, tout se passe en une image. Il faut pouvoir aller à l’essentiel, ne pas se perdre dans les détails et accepter que l’image créée soit subordonnée au message.
Ce n’est pas moi la vedette. Ce qui est toujours un peu dur à accepter pour un artiste. De plus, le travail se fait en équipe. Il y a un directeur artistique (DA), un rédacteur et généralement le directeur de la création valide ou non. Il faut être flexible parce qu’il peut y avoir beaucoup de modifications. Les changements ne sont pas une remise en question de notre talent. Parfois un sketch moins intéressant sera préféré parce qu’il correspond mieux à l’intention du directeur artistique. Il faut l’accepter parce que ça fait partie du processus et c’est probablement ce qui est le plus dur pour un débutant.

 

Tu sembles être un artiste très adaptable. J’apprécie particulièrement tes illustrations finies et la façon dont tu racontes des histoires dans les storyboards. Dans quel domaine te sens-tu le plus à l’aise actuellement? Penses-tu qu’en tant qu’artiste nous avons toujours le choix de nous spécialiser dans un domaine si nous le souhaitons?

En fait, la spécialisation est inévitable. C’est impossible d’exceller dans toutes les sphères. C’est d’ailleurs un des problèmes lorsqu’on débute, on est généraliste par défaut. Malheureusement c’est un métier qui demande des spécialistes. Il ne permet pas d’en vivre si on est juste moyen dans toutes les sphères.

©Guillaume Boucher

©Guillaume Boucher

 

J’ai vu aussi que tu peignais à l’huile. Penses-tu qu’il soit important de savoir maîtriser aussi bien les outils traditionnels que les outils numériques ? Quels sont pour toi les avantages du dessin sur tablette graphique par rapport au dessin sur papier (ou la peinture sur toile) et inversement ?

La question de l’outil revient souvent. Je ne crois pas que les outils traditionnels soient un passage obligé. Je vois fréquemment des gens travailler sur une tablette graphique aux séances de modèles vivants. L’important c’est d’avoir une base fondamentale solide pour ne pas être esclave de l’outil. Utiliser le « dodge tool » (outil doigt) n’est pas un crime, mais comprendre son fonctionnement te libère.

J’aime le numérique  parce qu’il me permet d’expérimenter beaucoup plus rapidement. Si je dois changer complètement la palette de couleur d’une image ça se fait sans problème alors qu’avec un médium traditionnel il faudrait recommencer du début. Sans compter qu’aujourd’hui pour être capable de suivre sur le marché du travail, c’est un incontournable.
Je continue à travailler au crayon et à l’huile pour des projets personnels. Pour moi, il y a une poésie à jouer avec de la matière. Ça m’ancre dans le présent, c’est proche de la méditation.

 

Comment gères-tu ton temps en tant que freelance ? As-tu des routines particulières qui te font gagner du temps?

Ce qui fait gagner du temps c’est l’expérience. Un débutant devrait mettre le temps qu’il faut pour faire le meilleur travail possible. La vitesse viendra ensuite.
Les gens se souviennent d’une image, pas du temps que ça a pris pour la faire. Cependant, quand tu es freelance c’est primordial de bien estimer le temps que ça prendra pour effectuer un projet. En storyboard publicitaire, il arrive qu’on coupe les coins ronds. Remettre des dessins en retard a des conséquences sur toute la chaîne. Il faut vraiment faire attention. Encore une fois, bien gérer ses délais vient avec l’expérience et la connaissance de soi. J’évalue toujours au pire, pour m’assurer que j’aurais un coussin pour les imprévus.

©Guillaume Boucher

©Guillaume Boucher

 

Comment trouves-tu tes clients la plupart du temps?

Ça a été beaucoup de démarchage au départ. Je contactais les agences directement et envoyais mon portfolio pour faire partie de leur banque de pigistes. Tu envoies ton portfolio en espérant que ça débouchera sur quelque chose six mois ou un an plus tard. Maintenant, mon nom circule dans le milieu et en plus de mes clients réguliers, des gens m’appellent parce qu’ils ont entendu parler de moi. C’est plus facile. C’est aussi très important de continuer à expérimenter et à développer de nouvelles illustrations. Si je souhaite avoir plus de commandes dans un style d’illustration, je m’arrange pour en faire durant mes temps libres. Les clients nous engagent pour ce que nous avons déjà fait, pas pour notre « potentiel ».

 

Combien de temps t’a-t-il fallu pour te faire connaître et obtenir des missions régulièrement ?

De 3 à 4 ans. C’est dans la moyenne. Il faut prévoir au moins 5 ans. De plus, ce n’est pas 5 ans à attendre tranquillement que le téléphone sonne. Ça implique de travailler constamment sur des projets persos pour s’améliorer, en plus du boulot alimentaire qui paye le loyer. C’est beaucoup de sacrifices, alors mieux vaut aimer vraiment ce qu’on fait.

Exemple de case de storyboard couleur ©Guillaume Boucher

Exemple de case de storyboard couleur ©Guillaume Boucher

 

Penses-tu que le fait de devoir s’adapter stylistiquement à de nombreux projets empêche l’artiste d’évoluer vers le style qui lui fait envie?

Oui, parce qu’il n’y a que 24h dans une journée. Amener son style à maturité demande beaucoup de temps. Si un artiste a une vision précise de ce qu’il veut faire, il devrait y consacrer le maximum de temps.

Mais pour la majorité, comme dans mon cas, le but est plus flou. Les différentes demandes permettent d’expérimenter et de se découvrir au fil du temps. Je cherche toujours le mien et je sens que les prochaines années seront cruciales dans mon évolution.

 

Aurais-tu un « étape par étape » d’une de tes illustrations ? peux-tu expliquer comment tu procèdes pour la réalisation d’une illustration, de l’idée/concept/consigne du client à l’image finie ?

En fait, c’est très simple. Je reçois  un brief écrit ou verbal du Directeur artistique. Ensuite, je produis quelques croquis très grossiers. Ils permettent de s’assurer que les plans de caméra sont bons et de l’aspect général des personnages et environnements. J’envoie pour approbation. Ensuite, j’attaque le dessin linéaire avec tous les détails et renvoie pour approbation. Finalement, je mets en couleur et renvoie pour l’approbation finale. Ça peut sembler beaucoup de rounds d’approbations. Mais, ça reste la façon de faire la plus efficace que j’aie trouvée. La dernière chose que tu veux c’est de remettre une série d’images en couleur et te faire dire que le héros est un sexagénaire blanc alors que tu as fait une asiatique de 25 ans.

guillaume_boucher_fibe_01

Étape 01: Croquis rapide pour valider le point de vue et le positionnement des personnages

étape 02: Validation du look des personnages et de l'ensemble des détails. Le client s'assurent que les personnages ont la bonne émotion. Parfois ça sert aussi à indiquer les intentions pour l'éclairage comme dans l'image fibe_02

Étape 02: Validation du look des personnages et de l’ensemble des détails. Le client s’assure que les personnages ont la bonne émotion. Parfois cette étape sert aussi à indiquer les intentions pour l’éclairage.

étape 03:Validation des couleurs avec le client.

Étape 03: Validation des couleurs avec le client.

 

autre exemple de projet

guillaume_boucher_keurig_01

étape 1

guillaume_boucher_keurig_02

étape 2

guillaume_boucher_keurig_03

étape 3

 

autre exemple de projet

guillaume_boucher_natrel_01

étape 1

guillaume_boucher_natrel_02

étape 2

guillaume_boucher_natrel_03

étape 3

 

Dans quelle mesure penses-tu que la pratique du modèle vivant en atelier t’aide à évoluer?

Je crois que ça aide à l’éclosion de mon style personnel en développant ma perception. Il y a une énorme différence entre le dessin d’observation et dessiner d’après références photographiques. La photo a déjà fait 50% du travail. Elle a pris une réalité en 3 dimensions et l’a convertie en 2D. La manière que chaque artiste a d’interpréter cette conversion est une grosse partie de son style. Chacun perçoit l’espace et la relation du sujet à l’intérieur de celui-ci de manière unique. La photo crée une certaine standardisation.

 

Si tu devais parler au Guillaume d’il y a 10 ans, que lui dirais-tu ?

Accroche-toi, fais confiance à ton instinct.

Maquette réalisée pour un évènement ©Guillaume Boucher

Exemple de maquette réalisée pour un évènement ©Guillaume Boucher

 

Comment te vois-tu dans 10 ans ?

Je n’ai pas de plan précis. Depuis 3 ans les projets qui me sont proposés sont de plus en plus intéressants, je travaille à ce que ça continue. J’aimerais bien développer un projet de BD, c’est mon amour de jeunesse.
Je suis pas mal ce qui se passe dans le monde de la BD en Europe et tous les auteurs que je connais ont des difficultés financières, même les très bons… Alors, je vois plus cette avenue comme un loisir. Mais bon, on ne peut prédire l’avenir.

 

Peux-tu donner un lien vers ton portfolio ou tout autre lien que tu voudrais partager?

guillaumeboucher.com pour les travaux finis
Mon Instagram : J’y mets des sketchs, du modèle vivant et des « work in progress ».

 

Un grand Merci à Guillaume pour nous avoir consacré du temps!
N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire si vous en avez.

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36 commentaires pour “Vivre de sa passion, c’est possible! interview de Guillaume Boucher”

  1. schmidiger dit :

    Tres intéressant, merci…. Conclusion pour moi, c est qu il faut travaillé, envoyer, voir si sa plait puis continué a travaillé et peut etre que ton rêve d enfant verra le jours, mais c est possible

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Salut Xavier,

      Voici quelques conseils issus de ma propre expérience en tant que freelance et de toutes les infos que j’ai accumulé au fil du temps à travers des amis ou confrères (pour info, j’ai principalement bossé en tant que graphiste, beaucoup moins en illustration, même si je connais relativement bien le milieu de l’édition et de la publicité).

      – Lorsque tu envoies un extrait de ton portfolio par email, cible bien ton client, et ne contacte pas tous les éditeurs/clients/agences en même temps (on appelle ça « mitrailler l’industrie », c’est très mal vu). remarque: Les grands directeurs éditoriaux/ directeurs de collection/ directeurs artistiques se connaissent pour la plupart (le monde de l’édition est un monde assez restreint).
      – Pour de l’illustration, Le mieux est de monter un portfolio par éditeur/client (entre 5 et 10 images). En gros, si tu cibles un client (quelqu’un pour lequel tu souhaites vraiment travailler), il faut que tu te sois familiarisé et que tu connaisses bien le contenu qu’il publie déjà. Le mieux pour ça >>> leur site internet (ou par défaut Amazon ou la fnac s’ils éditent des livres).
      – N’envoie que tes meilleurs travaux. Il n’y a pas de place pour les croquis de nu ou tout autre travail non fini.
      – Pense à la place de ton futur client: ce qu’il veut c’est un professionnel fiable, qui communique bien, qui lui facilite la tâche à tout instant, qui lui fasse gagner du temps, et qui produit des travaux finis sur lequel il va pouvoir s’appuyer pour générer lui-même plus de profit (car un éditeur ne doit pas être assimilé à une oeuvre caritative, je le rappelle ^^).
      – Ne t’attends jamais à un retour immédiat. Rares sont les clients potentiels qui prennent le temps d’envoyer des retours sur ton travail (et spécialement les éditeurs de livres). Si tu veux des retours, mieux vaut s’adresser à des professionnels expérimentés de ta branche (en leur demandant gentiment, mais encore une fois, s’il sont très occupés où s’ils sont très sollicités, ils risquent de ne pas te répondre).
      – une bonne pratique pour relancer un client, si tu as déjà envoyé un premier batch d’image, c’est de les recontacter 2 à 3 mois après (google calendrier est ton ami) avec de nouvelles images (et surtout pas avec les anciennes!)
      – Etre toujours très patient et ne jamais abandonner. J’ai remarqué que les personnes ayant du succès, ne sont pas les meilleurs, mais les plus patientes et les plus persistantes, et cela vaut pour tous les domaines.
      – avoir un site internet avec son propre nom de domaine histoire de faire plus sérieux et encore une fois, de ne poster que tes meilleurs travaux. Remarque: quand tu contactes un client, mets tes 5 à 10 illustrations en pièces jointes avec un rapport poids/volume raisonnable (pas d’images haute définition super lourdes à ouvrir surtout!). Le mieux est que le tout fasse moins de 1mo. Le lien de ton site doit être contenu dans ta signature, j’insiste, car il ne faut pas compter sur la personne en face pour visiter ton site, surtout s’il n’a rien d’exceptionnel. Le site sert juste pour ton image de marque et pour la visibilité, mais ne croit pas que les éditeurs vont tomber sur ton site.
      A la limite il est plus judicieux de diffuser ton travail sur des réseaux sociaux comme Behance.net (site publié par Adobe), cgsociety.org, drawcrowd.com, deviantart.com…
      Il y a des sites comme odesk.com, elancer.com pour les freelances. Mais c’est sûr que parler un minimum d’anglais (ou en tout cas l’écrire) est un sacré avantage.
      Sinon il y a des sites français comme trouvemoiunfreelance.com.

      Ou encore les petites annonces de certains forums comme cfsl.net

      En gros, rien ne sert d’envoyer son travail à n’importe qui. Si tes travaux ne sont pas susceptibles d’intéresser ton client, il ne prendra même pas dix secondes pour regarder tes illustrations. Et si tu insistes tes mails finiront en pourriel.
      C’est la dure réalité malheureusement, c’est donc un risque à prendre que d’envoyer n’importe quoi à n’importe qui, sans prendre le temps de savoir à qui tu t’adresses.

      En espérant ne pas t’avoir trop découragé!
      trouver des clients c’est un peu comme l’apprentissage du dessin, c’est long mais ça en vaut la peine.
      Le travail de longue haleine est toujours récompensé quand il est bien réfléchi.

  2. Cédric I dit :

    Chouette article. En lisant ça, ça ne me donne pas franchement envie de me faire connaitre. J’ai l’impression en lisant Guillaume qu’il a de plus en plus de commandes, et ainsi moins de temps libre pour lui.

    Déjà que ça me fatigue de me voir demander des commandes, je crois bien que cette vie n’est pas faite pour moi. x)
    Rien que l’idée de devoir suivre les directives d’un employeur m’horripile.

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      c’est la raison pour la que je ne travaille plus que pour mes projets!
      Mais chaque personnalité est différente.
      Avoir un employeur régulier permet de vraiment pouvoir prendre des vacances et relâcher la pression.

      Le travail indépendant n’est pas fait pour tout le monde! c’est certain.
      Il faut être organisé, et savoir mettre ses objectifs persos sur le côté pour y revenir dès qu’on a le temps (et l’énergie)

      PS: Bon Guillaume m’a dit qu’il a fini 2 ou 3 jeu vidéo cet hiver, et il a le temps pour aller aux séances de modèle vivant plusieurs fois par semaine et régulièrement, en plus de prendre quelques cours de ci de là. Donc je pense pas qu’il soit le freelance le plus stressé même s’il a des périodes de bourres comme tout le monde ^^
      Je crois qu’avec l’expérience, tout devient plus simple comme toujours.

  3. Xavier dit :

    Je te remercie de cette réponse, et non sa ne me démotive pas, au contraire sa m apprends a mieux cibler avant de faire n importe quoi par ce que je suis trop enthousiaste a sa moment la… l euphorie d envoyer ton premier dossier… de toute façon pour le moment continue de travaillé je n estime pas avoir une qualité graphique suffisante, faut que je trouve mon truc à moi… (sans parler de style qui devient une obsession a trouvé a tout pris) puis je me lancerai et j attendrai… puis je te redirai
    merci pour tout se que tu fait

  4. Asur-Misoa dit :

    C’est fou comme cet article tombe à point nommé !
    Moi qui suis justement en plein introspection professionnelle^^
    Je trouve que le métier de guillaume a quelque chose de très frustrant, car au final personne ne voit ses dessins à part la sphère des décideurs… Mais quelle chance quand même, et quelle persévérance !
    Y a t’il un métier lié au dessin qui ne nécessite pas cette recherche incessante de client ?
    J’ai encore une fois appris beaucoup de choses en lisant cet article, merci 🙂

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      tu as deux possibilités qui peuvent te permettre de mieux te concentrer sur tes compétences 20%, et pas passer trop de temps pour le reste 80% (même s’il y a des inconvénients pour chaque solution hein)
      – soit passer par une société de portage salariale (qui t’évite de passer trop de temps à faire ta comptabilité)
      – soit passer par une agence si tu bosses freelance (pour t’éviter de recruter toi-même tous tes clients, en échange d’une commission sur chaque contrat)

      Mais sincèrement au tout début, mieux vaut apprendre « the hard way », et ne pas trop chercher la simplicité non plus.
      Ça permet de se mettre un peu de plomb dans la tête, et d’apprendre par soi-même pour ne pas se faire avoir par tes clients (conditions contractuelles, rétribution, droit d’auteur), puis il n’y a qu’en mettant les mains dans le cambouis qu’on apprend vraiment à être autonome et indépendant.
      On gagne en confort avec l’expérience et on finit par connaitre ses droits. 😉

      Bon, en France, l’administration n’est pas très aidante il faut l’avouer, puis les sommes gagnées en début de carrière ne te permettent pas d’en redonner à une agence.

      Une erreur à éviter par contre, est de s’inscrire en tant qu’auto-entreprenur avant d’avoir signé son premier contrat sérieux. Classique, mais je préfère avertir certains.

      • Asur-Misoa dit :

        Oui ça me serait jamais venu à l’esprit, déjà même si j’avais un client je pense que j’oserais pas non plus^^
        Je vois, en tout cas qu’il y a d’autre possibilités que de tout faire soi même, c’est rassurant.
        Mais je comprend que ça doit être formateur de se casser les dents directement avec les clients au début.

  5. Julien dit :

    Bonjour Pit 🙂 ,

    Article très intéressent, une belle expérience partagé ^^ !

    Pense tu qu’un débutant après quelques années de pratique ( 2 – 3 ans ) , pourrais travailler en free lance ou simplement travailler dans le dessin ?

    je sais bien que chacun est différent et progresse à un rythme différent mais je me poser la question ^^.

    J’ai 29 ans et je suis un débutant, je souhaiterais plus tard gagner ma vie avec le dessin :).

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Ça dépend de tellement de choses.
      Si tu as appris les bases du dessin il y a 2 ans ça me parait un peu court tout de même, même en bossant comme un acharné.
      Il faut se laisser du temps en illustration, rien que pour travailler son oeil.

  6. Ishah dit :

    Super ton article ! ^^

    Depuis quelques temps je ne vois apparaître que des article sur le métier de dessinateur et je vois souvent revenir : le jeune dessinateur ne dois pas trop rêver.
    Bref, en gros qu’il faut pas croire que ça va être facile ! (Génial !)

    Je vais bientôt quitter le lycée et aller dans une école des Beaux Arts or, bien qu’avant je me disais que je voulais devenir dessinatrice de BD, aujourd’hui c’est pas pareil.
    Maintenant, ce que je me dis c’est que tout ce que je veux c’est dessiner jusqu’à la fin de ma vie. Je suis sure et certaine de m’engager sur cette voie mais je ne sais pas sur quel autre chemin ça va me mener. J’ai beaucoup de projet mais maintenant je me rends compte que je ne sais pas vraiment où je veux aller.

    Merci beaucoup Pit ! (ノ◕ヮ◕)ノ*:・゚✧

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      D’où l’intérêt de te renseigner un maximum.
      Les débouchés artistiques ne sont pas les plus simples.
      Il faut donc bien orienter l’énergie de notre jeunesse vers des choses concrètes (par exemple prendre la peine de se renseigner sur les professionnels ayant déjà un pied dans l’industrie).

  7. czakow dit :

    Coucou, superbe article comme toujours.

    Bon je pense énormément au fait que le reseau et le point principal pour que la carrière pro commence… malheureusement.

    Apres beaucoup de sacrifice et..de chance apporte un plus… mais ne fait pas tout.

    un autre point m’embête, le fait de se specialiser.
    Je cite :  » En fait, la spécialisation est inévitable. C’est impossible d’exceller dans toutes les sphères. »
    je suis tres têtu et je ne dessine que depuis fin 2013 donc si je prend note sur ce qui a etais dit 3 a 4 ans je suis encore jeune dans le milieu.
    J’aime peindre numériquement… j’aime faire de la jeunesse… du dessin ligne claire.
    Pourquoi ? Lol devrais je en sacrifier pour n’en garder qu’un.
    Je sais que mon attitude autodidacte me porte prejudice. Et je derais peu etre me faire une raison mais pour le moment…

    Dans tous les cas j’apprécie beaucoup ce que vous faites et quand la jeune ou moins jeune generation vien me voir, je les oriente souvent vers vos precieux conseils.

    Bonne continuation.

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Pour moi se spécialiser, ce n’est pas forcément se donner un style (ligne claire par ex), mais surtout de savoir dans quelle branche tu souhaites travailler (ex: covert artist, concept artist, illustrateur jeunesse, storyboard).
      Tu as du remarquer que le style de Guillaume n’est pas encore tout à fait mûr. Je pense que ce qu’il parlait plutôt du type de mission qu’on t’attribue.

  8. Valérie dit :

    C’est un très bon article, merci Pit ^^ pour ceux ou celles qui veulent se lancer ! pour ma part j’ai abandonné mes projets de bd mais je souhaite plus pour m’orienter vers la customisation et le portrait m’enfin je me cherche encore ^^

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Le plus difficile est de savoir où l’on veut aller précisément, car il y a pas de direction.
      Il est facile de se perdre, surtout quand on veut tout savoir faire 🙂

      • Julien dit :

        Re Pit,

        Donc si on a un objectif précis comme devenir illustrateur ou dessinateur de bande dessiné, on peut y arriver avec de la détermination et de la patience 🙂 ?

        • Photo du profil de Pit Pit dit :

          Même si ce n’est pas toujours facile, oui c’est certain.
          Il faut être persistent et ne rien lâcher!

  9. virginie dit :

    Bonjour Pit. Merci pour cet article
    J’aime bien les caricatures de Guillaume Boucher que je ne connaissais pas. Je vois qu’il faut que je travaille encore pour arriver à quelque chose . Cela dit je crois être sur la bonne voie pour devenir artiste peintre. J’ai commencé l’année dernière en prenant des cours de peinture le mercredi et je vais pouvoir exposer. C’est un petit début mais ça me motive pour aller plus loin

  10. Archange dit :

    Article super intéressant. J’imagine qu’on peut très bien vivre de notre domaine de prédilection si on est acharné. BD, Concept artiste, illustrateur, etc…

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      La BD, il faut vraiment être un acharné, ou avoir une bonne base de fans et s’auto-publier.
      C’est devenu très difficile d’en vivre pour dire vrai.
      Mais l’illustration est déjà plus accessible.

  11. Bastien dit :

    Article très intéressant ! Ça permet d’avoir un meilleur aperçu malgré tout des différents risques que l’on peut rencontrer en devenant artiste. Bon, après je ne sais pas si mes objectifs professionnelles sont considérés comme dans le même domaine (je veux travailler dans l’industrie du jeu vidéo en tant que graphiste 3D ou concept artist). Le fait est que je ne connais personne dans le milieu pour m’en parler, donc j’essaye de trouver des métiers s’en rapprochant. (j’ai 18ans, donc forcément, assez inquiet par rapport à ce qui peut m’arriver !)
    Est-ce que selon vous les métiers du jeu vidéo sont comparables au travail qu’effectue Guillaume Boucher ?

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Si tu travailles en entreprise tu n’auras pas à te soucier de trouver des clients.
      Tu auras besoin de monter un portfolio béton, faire bonne figure devant la direction des ressources humaines, ou valider un test interne en tant que concept artist junior (des tests compétitifs très courants dans le milieu du jeu vidéos… je sais qu’ils le font par exemple chez Gameloft, car j’ai des amis qui y travaillent).
      En ce sens, la vie de salarié est déjà bien différente de la vie de freelance.

      Travailler en équipe c’est vraiment bien surtout quand on démarre, tu apprends des autres et tu te fais un réseau facilement car tu es déjà en contact physique.

      Concept artist et 3D artist, c’est 2 choses bien distinctes, mais ces deux corps de métier travaillent « main dans la main » en général.
      Bien sûr, Concept artist est bien plus lié à l’activité du dessin que 3D artist (modeleur, textureur, animateur…).

      Les artistes sont supervisés par un chef de projet, bien souvent appelé « Directeur artistique », qui est la personne qui est chargée d’homogénéiser le projet. C’est normalement lui (ou elle), qui a la main sur la vision globale du projet et qui est sensée diriger et amener le projet à bien. C’est une assez lourde responsabilité, et il faut être senior (=avoir bossé minimum 10 ans dans l’industrie).

      Bien sûr il arrive à Guillaume de faire du character design pour certains clients par exemple, mais je ne crois pas qu’il ait travaillé pour du jeu vidéo encore.
      Il m’avait dit la dernière fois qu’il hésitait à passer le cap, et à travailler dans des entreprises comme Ubisoft. En réalité je crois qu’il aime son indépendance, mais je ne souhaite pas parler à sa place. Je pense qu’il est près à aller où l’avenir le mènera. ^^

      En gros le job d’illustrateur ne peut pas trop s’apparenter aux métiers rencontrés dans le jeu vidéo (sauf pour les artistes de la section marketing qui créent les jaquettes des jeux).
      Il y a du dessin c’est vrai, mais on ne te demande pas les mêmes choses la plupart du temps (sans compter les périodes de rush quand l’équipe doit finir un jeu. Va demander aux gars de Rockstar Games qui passent leur temps à corriger les bugs du dernier GTA en ce moment ^^).
      Pour chaque métier ses qualités et défauts, ses hauts et ses bas.

  12. Jean-Luc dit :

    Merci pour cette interview, ça m’a permis de savoir plus sur le métier 🙂

    Je ne le connaissais pas du tout, tu pourra lui dire qu’il fait du super boulot. J’aime bien ce qu’il fait ^^.

    Par contre, j’oublie l’idée d’être professionnel. Des ami(e)s m’ont demandés de refaire une exposition récemment, j’ai bien fais de leur dire que je n’étais pas près pour en faire une autre.

    Je vais continuer à dessiner, j’ai des progrès à faire…

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Garder le dessin comme un plaisir est tout à fait honorable.
      Le dessin loisir est peut être même ce qui permet d’avoir le plus de plaisir, car avec la vie professionnelle la perception du plaisir change.
      Professionnel n’est qu’un statut, il ne faut pas l’oublier.

  13. ghislain. N dit :

    j’vois que j’ai encore du chemin à faire afin d’y trouver ma voie. sur ce, j’te remerci Pit pour cet article bien choisit !

  14. Bastien dit :

    Étrangement ça me motive encore plus à faire ce que je veux faire.
    Le fait est que je comptais intégrer des écoles spécialisés dans la discipline où je veux entrer (le Game Art en l’occurrance). Je tendrais plus à ovuloir être concept artiste, afin de pouvoir être illustrateur dans les moments de vide. Le fait est qu’une école de Game Art dans laquelle je souhaite entrer depuis des années (Supinfogame à Valenciennes) parlait essentiellement afin de devenir Graphiste de jeu 2D/3D ou Animateur. Mais le fait est le concept art m’a l’air d’être vraiment à part… Je dois bien avouer que je suis perdu.. Même si pour certains c’est risqué de vouloir vivre de sa passion, je tiens à prendre le risque mais si je ne sais même pas de quel côté m’orienter pour devenir concept artist je crains fort d’être dans une impasse… Des avis ou des idées par rapport à cela ?

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Je ne connais pas d’étude spécialisée dans le concept design.
      Ce que je peux te dire c’est que la plupart des concept artists que je connais sont soit complètement auto-didactes (jamais fait d’études artistiques), où sortent d’écoles d’illustration ,de design, d’art visuel ou d’animation.
      Ce qui compte c’est ta motivation, la rigueur et ta persistance à travailler dans la même direction.

      Evidemment des études très proches du monde du jeu vidéo seraient un plus, c’est indéniable.
      C’est ton contact avec la partie purement « dessin » et la façon dont tu communiques qui feront la différence à long terme.

      Aussi le concept artist est en réalité un concept designer. Tu ne feras donc pas vraiment d’illustration en soi, on te demandera de travailler vite et de générer des concepts qui se démarque de la plupart des autres boites de jeu vidéo.
      Le concept art est un art beaucoup plus volatile et beaucoup moins « léché » que l’illustration traditionnelle.

      On te demandera aussi, en tant que designer junior, de t’adapter aux styles des seniors et notamment des projets sur lesquels tu travailles. Donc tu dois être adaptable sans te faire bouffer pour autant.
      En règle général dans l’industrie du jeu vidéo, mieux vaut être quelqu’un qui réagit vite et qui communique bien, qu’un super bon designer.
      Oui c’est important de bien dessiner, mais ça l’est encore plus de bien communiquer dans ce métier.

      Je connais des amateurs meilleurs que certains professionnels techniquement, mais qui ne peuvent rivaliser avec l’aisance qu’ils ont dans une équipe et en terme de productivité.

  15. Bastien dit :

    Je vois.. Je pense que je ne suis vraiment pas assez renseigné par rapport aux métiers artistiques ! Je vais faire mon possible pour donner tout ce que j’ai et m’améliorer !
    En revanche, la rapidité vient-elle avec le temps ? Je veux dire qu’actuellement, certes du haut de mes 17ans je suis loin d’être un as du dessin, au contraire vu que je ne m’y suis mis que tardivement. Mais par exemple en tentant de faire un portrait réaliste d’un personnage de jeu vidéo que j’apprécie, non seulement je n’y suis pas arrivé mais en soi ce n’était pas bien grave, mais aussi j’ai tout de même mis 2-3 jours en période de vacances pour le faire ! Je ne suis vraiment pas rapide et je m’inquiète par rapport à ça, car comme tu l’as dis dans le métier du concept design il faut savoir travailler rapidement. Mais le fait est que je ne sais vraiment pas comment améliorer ma rapidité, sachant que rien que lentement mes travaux sont loin d’être des réussites.. J’ai bien peur que ce ne soit un gros frein pour moi…

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Améliore déjà ta technique, la rapidité vient avec l’expérience et la vivacité d’esprit.
      Plus tu répètes, plus ça devient facile de repérer les formes, et plus tu deviens rapide.
      Laisse toi le temps tout de même.

      Au début préfère passer beaucoup de temps sur un seul dessin, plutôt que d’être une machine à copier.
      Le plus important est que tu comprennes ce que tu fais sur le papier au tout début.
      Fais moi confiance la dessus.
      Ne t’inquiète pas pour la vitesse. Pratique encore et encore.

  16. triss dit :

    Bonjour Pit,
    J’ai une question :
    Y a -t-il une méthode simple pour ne pas se faire « piquer » son dessin?
    Avant, on m’avait dit de le poster dans une enveloppe à son nom. Quand on la reçoit, on ne l’ouvre pas et comme ça, le cachet de la poste faisant foi, on peut prouver qu’on a été le premier à faire ce dessin. Est-ce encore utile de faire ça? Et le copyright? A quoi ça sert vraiment? est ce cher?
    Bon, en fait, c’est pas une question… mais cinq…
    Peut-être ça peut être aussi utile pour d’autres!

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      Le copyright par illustration est extrêmement cher au long terme, et n’est clairement pas viable pour la plupart des professionnels.
      Aussi il faut savoir que le cachet de la poste n’a que très peu de valeurs juridiques, voire aucune.

      Garder tous tes croquis et toutes les preuves graphiques (recherches) qui t’ont amenés à une image est le mieux que tu puisses faire (et c’est gratuit).
      Ce que j’ai retenu de tout ça, c’est que ce qu’on appelle le « droit moral » de l’image (en France) t’appartiendra toujours, à partir du moment où tu conserves des preuves suffisantes de sa paternité, c’est toi qui décidera en tout temps de comment une de tes images est utilisées
      Ça peut peut même très bien s’appliquer à une toile que tu as déjà vendu à un particulier ou à une galerie: c’est toi qui va décider de l’utilisation de la toile en elle-même, même si tu l’as déjà vendu, et même si un contrat stipule noir dur blanc que « tous les droits appartiennent à l’acheteur » (en France ce n’est jamais tout à fait vrai).

      Bien sûr selon le pays, la loi peut changer. Aux US c’est un peu différent, par exemple.

      Mais bon je ne suis pas un avocat spécialisé du droit à l’image, ce sont simplement les informations que j’ai accumulées au fil du temps en échangeant avec des professionnels et avocats.

      • triss dit :

        Merci beaucoup Pit, de ta réponse. J’ai transmis à des amis…
        J’ai une autre question: connais-tu ce site:
        https://fr.eyeka.com/contests
        Il met en relation les « clients » et les artistes. Ca m’a attiré. J’ai voulu participer mais j’ai été déçue de leur attitude. Je proposais mon dessin et à chaque fois, il fallait changer quelque chose. J’ai fini par laiser tomber. J’avais l’impression d’être esclave et en plus, pour rien!
        Mais en lisant Guillaume :  » Parfois un sketch moins intéressant sera préféré parce qu’il correspond mieux à l’intention du directeur artistique. » Je comprends mieux.
        Ma question , à propos des illustrations est une question très pratique et très crue:
        Quel est le prix moyen d’ une illustration pour une affiche, par exemble?
        Ce concours eyeka, qu’en penses-tu? est-ce une arnaque pour les dessinateurs ou au contraire un tremplin intéressant? je n’en ai aucune idée!

        • Photo du profil de Pit Pit dit :

          Oui ça c’est tout à fait normal, c’est pour cela qu’il est préférable de stipuler le nombre de retouches dans le contrat d’origine. (je ne connais pas spécialement ce site mais cela me fait penser au « 99design » à la mode illustrateur, le concept ne me plait pas spécialement, ce n’est pas une arnaque mais le concept n’est pas très avantageux pour la profession, à éviter)

          Le tarif d’une illustration dépend vraiment de ton client et de son « contrat type ». Il n’y a donc pas de réponse type.
          Il y a aura des clients difficiles et d’autres moins, ça fait partie du métier.

  17. Photo du profil de Aureaignis Aureaignis dit :

    Salut pit !
    J’ai une question, si en illustration on doit cibler un public comment savoir si les illustrations pourront plaire au public visé et ne pas trop faire de déjà vu ? C’est très difficile de se démarquer des autres. Personnellement j’ai envie d’essayer plusieurs choses mais je sais pas quel public je pourrais viser.

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