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Défi édition spéciale – faire vivre un texte

objectif: APPRENDRE A CREER UNE ILLUSTRATION A PARTIR D’UN TEXTE

 

Deux jeunes filles de l’INSA de Rouen m’ont contacté pour leur projet de recherche, je me suis dit que ce défi un peu spécial pourrait intéresser certains d’entre vous. Voici une copie de l’email qu’elle m’ont envoyé:

« Bonjour,

Élèves à l’INSA de ROUEN, nous nous permettons de vous contacter au sujet
d’un projet dont nous aimerions vous faire part.
Depuis cette année, nous avons créé un atelier d’écriture pour les
étudiants de notre école, dans le cadre d’un projet personnel.
L’idée d’étoffer notre projet d’atelier pour lui faire prendre une autre
dimension nous est ensuite apparue de plus en plus importante : comment
faire vivre nos textes autrement ?
D’autre part, nous apprécions toutes les deux le dessin. C’est donc de la
passion de l’écriture et du dessin qu’est née l’idée suivante : pourquoi
ne pas proposer l’univers des textes formés à l’atelier à des personnes
passionnées par leur art ?

Tout serait alors imaginable, du suivi fidèle d’un passage de texte
(une page maximum) jusqu’à une interprétation totalement propre du
dessinateur, qu’il soit débutant ou non (l’interprétation de quelqu’un
qui débute justement, même si sa technique n’est pas encore « au point »,
pourrait être inspirante car il pourrait aborder les choses d’une
manière différente et
non conventionnelle).

Pour vos membres, s’inspirer d’un support écrit pour créer pourrait
s’avérer stimulant (en tout cas, ce fut le cas pour l’une d’entre nous,
quand elle s’est inspirée d’un texte pour créer à sa façon le personnage
qui s’y trouvait). Leurs créations pourraient par la suite être également
publiées sur notre blog s’ils le souhaitent.
Quant à nous, membres de l’atelier inclus, nous serions intéressés de voir
comment l’art visuel peut retranscrire et parfois même transformer les
univers que nous avons créés le plus souvent en une vingtaine de minutes,
avec quelques phrases posées comme ça sur le papier.

Nous vous avouons très sincèrement que nous avons beaucoup apprécié
l’esprit qui règne sur ce site (que nous avons d’ailleurs connu grâce à
votre article très juste sur la copie intelligente de dessin) et que c’est
pour cela que nous vous proposons d’associer art graphique et écriture.

Aussi, si cette idée vous intéresse autant que nous, vous pouvez nous
contacter à l’adresse mail utilisée pour ce message.
Très cordialement,

Lucie DECOURS et Aurélie MAIA E SILVA
Le Cercle des Écrivains Égarés »

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CONSIGNES:

choisir un des 6 textes ci-dessous (ou un passage), et créez un croquis, dessin ou illustration que vous inspire ce texte (ou ce bout de texte).
Ne prenez pas tous le même texte si possible car Lucie et Aurélie aimeraient un maximum de participants par texte.
Merci pour elles!
(Je pense que c’est un très très bon exercice, même pour ceux qui débutent.)

Note: si vous choisissez un petit bout de texte, veuillez citer le passage qui vous a inspiré pour réaliser votre dessin. 😉
Bon, pour le texte n°6 essayez de rester correct dans la mesure du possible, je compte sur vous 😉

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TEXTE 1 – A LA SURFACE DES PROFONDEURS

Un claquement de porte. Un néon qui clignote. Un fracassement de verre. Puis plus rien. Le silence.
Je me redresse doucement de mon fauteuil. Et lui est là, tombé à terre. Il me regarde d’un air horrifié. Il ne comprend rien, il n’a jamais rien compris. Il a du mal à bouger, incapable de se redresser. Il git au sol, tentant de s’adosser au mur. Quelques sons sortent de sa bouche. Il a peur. Je lui fais peur. Lui, l’infaillible est aujourd’hui à mes pieds.
— N’essaie pas de te relever mon amour, tu n’y arriveras jamais.
Le ton cinglant de ma voix le terrifie, je le vois dans ses yeux. Aujourd’hui c’est à lui d’avoir peur. Après des années, j’ai le pouvoir. A présent je vais contrôler ma vie. Il tente de crier mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres. J’ai envie de rire.
Je m’approche lentement de lui. Je sens un souffle chaud et lent glisser le long de mon cou. Je caresse sa mâchoire du bout des doigts.
— Elle est tellement parfaite, blanche, lisse, sans aucun défaut. Regardes la mienne, marquée, bleutée.
Il doit penser que je suis folle. Et il a raison, je le suis.

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TEXTE 2  – DES ANIMAUX CONSTRUISENT UNE TOUR

Quand enfin elle entra dans la pièce sombre, je compris. La première fois que mon regard s’est posé sur ses yeux noisette, pailletés d’or, moi-même je n’aurais pu y songer. Nous étions deux animaux farouches, de deux clans différents, mais nous avons entamé une conversation tout de même. Et sans le savoir, ces deux animaux avaient commencé à construire une tour, ensemble. Au fil du temps, cette tour se termina, mais cela ne nous suffisait pas. Nous avons peu à peu changé, les bêtes devenant homme et femme. Et, main dans la main, nous avons construit notre propre château, avec l’envie de fonder notre propre clan au sein de celui-ci. Aujourd’hui, malgré toutes les fois où les fondations ont tremblé, je sais que ce château sera imprenable, indestructible. Mais, je dois l’avouer, ce qui me fais frissonner, ce qui accélère mon rythme cardiaque et qui coupe mon souffle, c’est de voir que dans peu de temps, le clan s’agrandira un petit peu.

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TEXTE 3  – GRAVITE

Je suis une scientifique pour la NASA, je vais vous expliquer ma première expérience avec la gravité. Le monde sur Terre est tellement plus agréable sans la gravité, les personnes qui ont réussi à aller sur la Lune, nous on expliqués que là-haut c’était tellement plus compliqués de se déplacer, il fallait marcher ! Cette sensation pour moi est tellement inimaginable, même dans les films, ils n’arrivent pas à rendre réaliste cette façon de vivre. Les astronautes, nous on racontés que lorsqu’il était sur la Lune, ils on eu du mal, puisque notre corps est habitué à la légèreté et à la facilité de se déplacer. Là, ils ont été obligés de marcher, mais la première fois, ils se sont retrouvés scotchés au sol, ils ne pouvaient pas bouger tellement la gravité était importante. En plus, ils ont été obligés de rester quelques jours et ils ont été obligés de se nourrir sur place.
Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que la nourriture aussi serait affectée par la gravité. Avez-vous déjà essayé de boire alors que votre eau se retrouve sur la table et que vous êtes incapables de pouvoir l’attraper ? Eh bien, je vous assure que ce n’est pas facile. Du coup, la NASA m’a mandaté pour aller étudier le phénomène physique de la gravité et de trouver des idées pour pouvoir nourrir les personnes qui viendraient par la suite faire des études sur la Lune. Seulement, ce que je ne savais pas, c’est que mon billet était un simple allé, car personne ne savait comment repartir de la Lune, cela faisait aussi partie de ma mission. Mais, rassurer vous, si vous lisez ces lignes c’est que j’ai réussi à trouver un moyen pour repartir de la Lune. Car sinon mon écrit serait mort et enterré avec moi.
Pour ma conquête de la Lune, je suis parti avec une grande capsule qui était remplie de nourriture et de tous les éléments qui existent sur Terre, ainsi que tous nos instruments de recherche et de la documentation sur notre monde. J’ai aussi eu un « guide de survie » pour savoir comment créer mon propre système de nourriture et comment rationaliser celle-ci pour éviter la pénurie au bout de 10 ans. Vous vous demandez surement comment l’eau a été stockée ? D’après le témoignage des deux astronautes, paix à leurs âmes, nous avons pu savoir que l’eau pouvait tenir dans des sortes de conteneur comme les tubes que nous utilisons pour transporter la famille lorsque l’on décide de partir en voyage à l’autre bout de la Terre. Donc, nous avons décidé d’utiliser ces conteneurs pour transporter de l’eau. Avant mon grand voyage, nous avons décidé de créer un système, désolé à l’avance pour les personnes qui peuvent trouver cela écœurant, ce système permettait de transformer mes urines en eaux potables.

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TEXTE 4  – PISCINE

J’ai toujours voulu une piscine. Malheureusement, ma cuisine inondée par mon fils de 15 ans qui apprend à faire la vaisselle ne peut que difficilement être exploitée comme telle, et la piscine locale me donne des mycoses.
Mes nuits sont hantées par ce fantasme. Une prairie se dessine dans mes rêves, puis j’y discerne un creux bleuté. Un manoir magnifique se trouve à côté, mais il m’importe peu. Pour autant que je sache, il pourrait très bien n’être rien de plus qu’une coquille vide, et je n’y verrais que du feu.
Le soleil se reflète dans l’eau et m’éblouit. Comment un rêve peut-il être aussi réaliste ? En général, c’est à ce moment-là que je me réveille. Parfois à cause de l’éblouissement, parfois à cause de l’excitation quand je me rends compte que je suis dans un rêve et qu’il devient lucide. Je suis donc ramené en sueur dans ma maison étouffante, et je n’ai jamais l’occasion de goûter à cette sublime fraîcheur. Jamais l’expression « même pas en rêve » n’a été aussi réelle pour moi. Bien plus réelle que cette piscine…

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TEXTE 5 – UN SAUT

L’épreuve du jour de saut en longueur va commencer. Je prends mon élan et m’élance sur la piste. Mes pointes accrochent agréablement à la surface du sol, et j’ai l’impression de voler. Je ne suis plus qu’à quelques foulées de la planche. Il faut que je me concentre sur mes marques. Monsieur Arnolphe, mon entraîneur, m’observe d’un air sévère du bord de la piste, et je repense aux longues heures d’entraînement passées à ses côtés. Je saute. Pas d’applaudissement car le stade est vide. Pas de public, seulement des athlètes concentrés sur leur objectif du jour. Alors que je me relève, je sens que mon saut est mordu. Ce que confirme le drapeau rouge levé par le juge. Merde. Je regarde vers mon entraîneur. Aucune émotion ne traverse son visage morne, et j’espère qu’il se déridera un peu lors de mon prochain saut. Mais pour l’instant, c’est le silence. J’enlève le sable resté collé sur mes jambes, et je me dirige vers le banc pour préparer mon prochain saut. Je me renferme dans ma bulle. Je fais le vide dans mon esprit, alors que les bruits habituels du stade continuent de résonner autour de moi.

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TEXTE 6  – X

— Tu prends combien ?
— 500. Ses yeux gris laissèrent transparaître sa surprise.
C’était donc si cher que cela, ce dont tous les garçons de l’Aérostal parlaient ? Il les entendait le soir se chamailler âprement sur laquelle des filles du club il fallait avoir rencontré. Ce club devant lequel il était resté planté là, n’osant pas franchir la porte noire luisant d’intentions peu avouables. Il fallait bien dire que ce qui faisait lieu de vigile ne l’avait pas vraiment accueilli à bras ouverts, c’était tout juste s’il n’avait pas promené sur ses vêtements dégoulinants un regard torve et dissuasif. Tant pis, de toute façon, la pluie s’était arrêtée, alors il pouvait aussi bien partir à la chasse de ces belles plantes prenant racine entre deux flaques d’eau. Ce qui l’avait attiré chez cette fille à peine plus jeune que lui, c’était ses chaussures brodées de sequins et paillettes sur lesquelles s’étaient perdus les reflets des néons dans les flaques d’eau. Ça brillait. Un peu le contraire de lui, lui qui se posait encore la question de savoir ce qu’il foutait là, à parler à une inconnue. Tout le monde le faisait, ça il le savait bien. C’était la norme. C’était comme ça. Et puis, de toute manière, il n’y avait que cela. Elle était belle, sous les néons, les cheveux légèrement ondulés par la moiteur ambiante. 500, c’est ça ? Pour un semblant de lumière dans la nuit. Pour du vide aussi, ou tout du moins pour un gaz qui a vite fait de s’échapper. Tout comme ce néon qui grésille encore.

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