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Rembrandt van Rijn, l’insondable

 

15 juillet 1606 – 4 octobre 1669

15 juillet 1606 – 4 octobre 1669

 

Une prise de conscience précoce

Né à Leyde (Pays-Bas) dans une famille de la bourgeoisie aisée, Rembrandt est le 8e enfant d’une fratrie de 10. C’est dans sa ville natale que Rembrandt évolua jusqu’au début de sa vie d’artiste. D’ailleurs, il suivit ses premiers cours de dessin dès l’âge de 10 ans alors qu’il était scolarisé dans une institution calviniste (doctrine théologique reposant sur le principe de la souveraineté de Dieu en toutes choses). C’est probablement durant ces 4 années qu’il réalisa que l’art serait un choix de carrière possible.

Mais est-ce pour cela que ses parents l’inscrivirent juste après dans une université de philosophie ? Difficile de se prononcer, mais on ne peut pas dire que ce septennat philosophique fut une grande réussite étant donné que Rembrandt ne suivit aucun cours ou presque. Immédiatement (il n’a que 15 ans), il décida de devenir apprenti chez un artiste local, Jacob van Swanenburgh. Ce dernier devint célèbre essentiellement parce qu’il fut le premier maître de Rembrandt.

En 1624, à tout juste 18 ans, il prit la direction d’Amsterdam pour passer quelques mois d’apprentissage chez un des plus grands maîtres de la ville à l’époque, Pieter Lastman. Puis, il retourna dans sa ville natale pour ouvrir un atelier avec un autre apprenti de Lastman, Jan Lievens. Ce dernier fut l’un des principaux collaborateurs de Rembrandt puis son concurrent. C’est Jan Lievens qui initia Rembrandt à l’eau-forte (procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un mordant chimique acide).

Et seulement un an plus tard, en 1625, Rembrandt termina sa première grande œuvre connue « La Lapidation de saint Étienne ».

 

« La lapidation de saint Étienne », Huile sur panneau de chêne, 1625

« La lapidation de saint Étienne », Huile sur panneau de chêne, 1625

 

Cette peinture représente une scène biblique décrite dans les Actes des Apôtres, à savoir le martyre de saint Étienne, jeune diacre chrétien de Jérusalem, qui fut condamné à mort par lapidation à la suite de faux témoignages.

Le jeune Rembrandt représenta le moment précis où, jeté hors des murs de la ville par la foule en colère, Étienne est encerclé par ceux qui s’apprêtent à lui jeter des pierres. À genoux, il semble invoquer le Ciel et un rayon de lumière l’illumine, faisant allusion à une vision divine située hors champ.

On constate déjà tout le potentiel du jeune artiste et sa maîtrise des lumières pour créer une atmosphère. Rembrandt en aurait même profité pour glisser son autoportrait, juste au-dessus de la tête de saint Étienne.

2 ans après avoir terminé sa première œuvre majeure, voilà que Rembrandt commença à enseigner à d’autres jeunes artistes, dont certains se firent également un nom (comme Gérard Dou).

 

Autoportrait, « Rembrandt aux yeux hagards », 1630, eau-forte

Autoportrait, « Rembrandt aux yeux hagards », 1630, eau-forte

 

Amsterdam comme nouvelle étape

Commençant à se faire un nom, un premier officiel lui rendit visite. Il s’agit de Constantin Huygens, poète, écrivain et conseiller du prince de la principauté d’Orange, Maurice de Nassau (ce territoire n’est alors pas français).

Ainsi, il reçut des commandes, vit sa notoriété croitre et surtout, il se sortit des difficultés financières. Constantin Huygens, convaincu du talent de Rembrandt, poussa ce dernier à s’installer à Amsterdam en 1631. Il fut alors hébergé par Hendrick van Uylenburgh, très important marchand d’art néerlandais. Cette rencontre avec le marchand d’art se révéla fructueuse, car non seulement Rembrandt épousa sa nièce en 1634, mais il bénéficia aussi des relations ces deux nouvelles rencontres.

Dès lors, Rembrandt enregistra presque une soixantaine de commandes jusque dans le milieu des années 1630 et vit sa notoriété croitre toujours plus. Il était le peintre à la mode. Rembrandt inventa une lumière arbitraire, nommée « le clair-obscur ». Il devint le génie de la lumière qui éclaire un visage, une main, un objet…

 

« La Leçon d’anatomie du docteur Tulp », 1632

« La Leçon d’anatomie du docteur Tulp », 1632

 

« La Leçon d’anatomie du docteur Tulp » était, par exemple, une commande reçue grâce à ses nouvelles relations. La guilde des chirurgiens et leur puissant représentant Tulp étaient à l’origine de cette commande.

 

« Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée », 1633.

« Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée », 1633.

 

Sa situation financière s’étant donc améliorée, Rembrandt achèta en 1639 une demeure spacieuse qui lui permit de recevoir et d’exposer. Néanmoins, l’artiste eut les yeux plus gros que le ventre, car il dut s’endetter assez lourdement pour obtenir ce bien immobilier sans compter qu’en parallèle, l’artiste dépensait aussi beaucoup. Mais l’argent ne fait pas tout. Il fut touché par les disparitions successives des enfants qu’il eut avec sa femme Saskia van Uylenburgh. Entre 1635 et 1640, le couple eut 3 enfants qui décédèrent peu de temps après la naissance.

Leur quatrième enfant Titus vit le jour en 1641 et atteindra l’âge adulte. En 1642, Saskia, la femme du peintre, décède (tuberculose).

C’est durant cette période qu’il acheva « La Ronde de nuit ». Œuvre aux dimensions colossales et qui fait le portrait de membres d’une milice civile. La représentation dynamique des personnages fut alors révolutionnaire pour ses contemporains.

 

« La Ronde de nuit », 1642

« La Ronde de nuit », 1642

 

Le peintre commença alors à fréquenter celle qui fut la nourrice de Titus. Une liaison de 6 ans qui se révéla des plus compliquées et qui valut à Rembrandt les foudres de la famille de sa défunte femme. En effet, l’artiste offrit à sa nouvelle compagne Geertje Dircx, des bijoux ayant appartenus à sa défunte épouse. Rembrandt lui aurait même promis un mariage. Mais pour une telle union, le peintre aurait dû renoncer à l’héritage de Saskia. Une relation prenant des aspects de plus en plus sordides, principalement pour des raisons d’argent. Entre procès et coups de gueule, Geertje Dircx fut condamnée à 12 ans d’internement dans un asile de fou après avoir mis en gage les bijoux de Saskia. Rembrandt aurait contribué à cette condamnation.

 

« Le Moulin », 1648

« Le Moulin », 1648

 

Rembrandt ne baissa pas les bras et entame en 1649 une nouvelle relation amoureuse avec Hendrickje Stoffels, une jeune servante. Elle fut son modèle dans plusieurs des tableaux du peintre.

Cette nouvelle relation ne plait guère à l’Église. En 1654, Rembrandt et Hendrickje furent accusés de concubinage et traduits devant la cour ecclésiastique. Hendrickje comparut seule et fut excommuniée. La même année, l’artiste et sa compagne eurent une fille nommée Cornélia.

 

La faillite

L’artiste vit toujours au-dessus de ses moyens, notamment pour ses recherches artistiques (achats de costumes et œuvres d’art). En 1656, n’arrivant plus à payer ses dettes ; sa demeure, sa collection ainsi que ses œuvres furent vendues aux enchères.

Il partit vivre avec Hendrickje dans un logement bien plus modeste. Hendrickje et Titus décidèrent de mettre sous tutelle le peintre. Tous les deux eurent aussi l’idée d’installer dans ce nouveau logement une galerie d’art spécialisée dans l’œuvre de Rembrandt. Cela permit de donner du travail à l’artiste sans être assiégé par les créanciers toujours plus nombreux. Une situation d’autant plus paradoxale que si Rembrandt reçut effectivement moins de commandes, elles restent toujours aussi importantes. Antonio Ruffo et la guilde des drapiers lui adressèrent notamment plusieurs commandes entre 1653 et 1662.

 

« Aristote contemplant le buste d’Homère », 1653

« Aristote contemplant le buste d’Homère », 1653

 

« Le syndic de la guilde des drapiers, 1662 »

« Le syndic de la guilde des drapiers, 1662 »

 

La fin de son existence ne fut décidément pas rose. Hendrickje décèda en 1663 de la peste tout comme son fils Titus en 1668. Désargenté, Rembrandt aurait même vendu la tombe de sa première femme Saskia afin de financer l’enterrement de la seconde, Hendrickje.

 

Portrait de Titus, par Rembrandt, 1656-1657

Portrait de Titus, par Rembrandt, 1656-1657

 

Rembrandt décèda en octobre 1669, entouré de sa fille de 15 ans Cornélia, de sa belle-fille Magdalena (veuve de Titus et décèdera peu après) et de sa petite-fille de 7 mois Titia (née de l’union entre Titus et Magdalena). Sans-le-sou, il fut inhumé dans une tombe louée anonymement à l’église de Westerkerk. Le reste de la famille ayant des moyens plus que limités, aucun tombeau ne fut construit. Il n’existe plus aucune trace de la tombe de l’artiste, mais au début du 20e siècle, une plaque commémorative fut déposée dans l’église.

 

Autoportrait, 1669

Autoportrait, 1669

 

Anecdotes sur Rembrandt

  • D’après certains spécialistes de Rembrandt, ce dernier aurait antidaté quelques-unes de ses œuvres. Afin que celles de Lievens donnent l’impression d’avoir été inspirées par celles de Rembrandt et non l’inverse.
  • Durant les années 1630, Rembrandt apposa sa signature sur un certain nombre de créations de Lievens. Nul ne sait si les deux hommes eurent encore des contacts après 1631. Mais après la faillite de Lievens, Rembrandt acquit l’une de ses peintures.
  • Certains spécialistes affirment que dans la première œuvre de Rembrandt « La Lapidation de saint Étienne », les autoportraits de l’artiste seraient au nombre minimum de 3.
  • Rembrandt aimait aussi glisser des portraits de ses proches dans ses œuvres.
  • « La Ronde de nuit » est une œuvre aux dimensions conséquentes. Ces dernières furent diminuées en 1715 quand le tableau fut transféré dans un autre bâtiment dont les murs étaient trop petits.
  • « La Ronde de nuit » n’est pas le titre réel de cette œuvre. En réalité, on ignore le titre exact de l’œuvre. Il s’agit en fait d’un groupe sortant à la lumière du jour et ce n’est qu’au 19e siècle que l’œuvre fut nommée ainsi. Le vieillissement du vernis et la saleté provoquent cette illusion de nuit.
  • Il existe un flou en ce qui concerne les œuvres attribuées à Rembrandt. En effet, l’artiste n’hésitait pas à signer de son nom des œuvres réalisées par ses collaborateurs. Ces derniers ainsi que des imitateurs firent de même en signant du nom de Rembrandt. Alors, le nombre d’œuvres authentiques passa de 600 à 1000 avant de retomber à nouveau à 600. Actuellement, ce nombre a été ramené à 300 œuvres « estimées comme authentiques ». L’enjeu financier est de taille, car une œuvre authentique peut se vendre une trentaine de millions d’euros et se retrouver avec une œuvre ayant été désavouée est une perte colossale.
  • En mars 1990, « Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée » fut volé ainsi qu’une dizaine d’autres œuvres également de Rembrandt, mais aussi de Vermeer, Manet, Degas ou Flinck. La valeur totale des pièces volées a été estimée à 500 millions de dollars.
  • Comme sa peinture, la vie de Rembrandt fut pleine de zones ombres. Il donna toujours l’impression de cacher quelque chose, de se dérober. Bien qu’il ait eu une demeure spacieuse, son installation fut laborieuse et désordonnée. Pendant bien longtemps, tout ce que l’on savait du peintre était lié au témoignage de ses élèves. Donc entre jugements ou rumeurs, autant dire que cela ne pesait pas lourd. Les éléments les plus fréquents le concernant parlaient de bizarreries et de manies. On le disait aussi intéressé, cupide ou encore dissipateur et désordonné dans ses dépenses, mais aussi solitaire et ombrageux. La gestion de son enseignement aussi pouvait surprendre. Il mettait ses élèves dans des chambres à compartiments, veillait à ce qu’il n’y eût entre eux ni contact ni influences, et tirait de cet enseignement méticuleux de gros revenus.
  • Il avait aussi l’image d’un brave homme, appréciant les choses simples comme la vie de couple ou un feu de cheminée. Ne supportant pas le célibat ou le veuvage. On dit qu’il fut réellement épris de sa première femme Saskia, qu’il peignit souvent, mais jamais comme elle était vraiment. L’artiste renvoyait donc des images de lui très différentes.
  • Il n’eut pas beaucoup d’amis non plus malgré ses différentes relations. Rêveur et taciturne, c’était un homme à part.

 

Autres œuvres

 

« Le Festin de Balthazar », 1635

« Le Festin de Balthazar », 1635

 

« Les Pèlerins d’Emmaüs », 1648

« Les Pèlerins d’Emmaüs », 1648

 

Autoportrait avec béret et col droit, 1659

Autoportrait avec béret et col droit, 1659

 

Autoportrait en Zeuxis, 1663

Autoportrait en Zeuxis, 1663

 

« Autoportrait aux deux cercles », 1665-1669

« Autoportrait aux deux cercles », 1665-1669

 

« Le Retour du fils prodigue », 1663-1669

« Le Retour du fils prodigue », 1663-1669

Lors de notre prochaine fiche artiste, nous nous pencherons sur Gustave Courbet, le magnanime.

 

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