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Écoles d’art : les changements dès 2018

 

Article pouvant évoluer dans le temps en fonction des annonces gouvernementales

(dernière mise à jour : 23 janvier 2018 à 14h04)

 

Le gouvernement français a annoncé dernièrement plusieurs changements concernant les filières artistiques. Il nous fallait donc faire une mise à jour liée aux précédents articles hors-série.

 

 

Le premier sujet que nous allons donc évoquer : l’Admission Post-Bac.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a présenté début novembre 2017 un nouveau système devant remplacer l’Admission post-bac (APB) dès janvier 2018. Je cite :

 

« Les élèves n’auront plus à classer leurs vœux par ordre de préférence et il n’y aura plus de « tours » pour les réponses à leurs candidatures. La plate-forme, qui ouvrira le 15 janvier 2018 (le lancement officiel étant le 22 janvier 2018), doit permettre aux bacheliers de formuler dix vœux maximum jusqu’à la fin du mois de mars.

Ensuite, ils seront traités par les établissements et les réponses commenceront à arriver en mai, les unes après les autres. Si un élève reçoit des oui à des demandes, mais est sur liste d’attente pour une autre, il aura toujours la possibilité d’attendre d’avoir une meilleure proposition.

Mais, pour ne pas engorger le système, à chaque fois qu’un élève recevra deux oui à des formations différentes, il devra choisir entre l’une des deux, sans pour autant renoncer aux vœux en attente. »

 

Le but annoncé de cette réforme est de diminuer les orientations par défaut et le taux élevé d’échec/d’abandon des jeunes bacheliers après une première année d’études supérieures. Un maximum d’élèves doivent donc être fixés sur leur orientation avant le bac.

Cette nouvelle organisation veut également aider ceux qui ne sont pris à aucun vœu. Ainsi, une commission dirigée par le recteur va examiner le profil d’un bachelier et lui soumettre d’autres formations similaires à ses choix initiaux. Cela doit permettre de balayer les différentes possibilités et notamment celles que le bachelier n’avait pas envisagées.

 

 

Formations qui peuvent par contre être un peu plus loin de chez lui. La réforme promet que des moyens seront mis à la disposition du rectorat afin d’aider les étudiants devant s’éloigner de leurs domiciles. Les recteurs auront des places réservées dans les cités universitaires, dans les internats des lycées et des aides sociales pour accompagner la mobilité des étudiants dans certains cas.

Sans vouloir entretenir la polémique, le système APB avait ses détracteurs et la réforme (pas encore appliquée) suscite déjà des débats. En effet, si ce nouveau système est ouvert, il n’a toujours pas été voté au Parlement (le débat a eu lieu à l’Assemblée Nationale mais la loi n’arrive pas au Sénat avant le 7 février 2018). Une mise en place dans l’urgence donc, afin d’éviter comme dit plus haut que beaucoup de futurs étudiants se retrouvent sans rien (comme en septembre 2017 et ses 10 000 jeunes tous profils confondus). De plus, il y aura maintenant une sélection à l’entrée des universités pour les filières surchargées. La réforme prévoit d’y ouvrir un « maximum de place » afin de diminuer les tensions (en espérant aussi que l’orientation s’améliore et ne se fasse plus par hasard ou dépit). Le dossier d’un étudiant sera envoyé dans tous les établissements du secteur qui proposent la formation visée. Enfin, si avant il pouvait y avoir un tirage au sort, maintenant, les écoles prendront en compte la cohérence entre la formation visée par l’élève et son profil.

Un comité éthique doit garantir le bon fonctionnement de la nouvelle plate-forme, assurer le traitement équitable des lycéens et l’absence de passe-droits. Le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en profite pour rappeler que les licences ont l’obligation d’accepter tous les candidats jusqu’à ce que leur capacité d’accueil soit atteinte. Le ministère est en train de mener une enquête pour identifier les lieux prioritaires pour l’ouverture de nouvelles places dès l’an prochain septembre 2018.

 

Le 21 novembre 2017,  le nom de la future plateforme d’inscription a été dévoilé. « Parcoursup » prendra donc la relève d’APB et ouvrira le 15 janvier 2018. Après consultation, 20.000 votants composés de lycéens, d’étudiants et de parents ont pu s’exprimer et 43% d’entre eux ont préféré le nom de « Parcoursup. Dès l’ouverture, on pourra consulter les fiches des formations: contenu, date des journées portes ouvertes, taux de réussite ou encore débouchés. Des tutos seront proposés pour apprendre à utiliser le site et à partir du 22 janvier, les lycéens pourront s’inscrire et saisir leurs vœux (10 maximum) jusqu’au 13 mars. Ils recevront les réponses progressivement à partir du mois de mai, ce qui était déjà le cas dans l’ancien système pour les écoles qui étaient déjà sélectives (oui, non ou liste d’attente). À l’université, les réponses seront « oui », « oui si » ou liste d’attente si pas assez de places. Le « oui si » correspond à une personne n’ayant pas les prérequis exigés mais qui sera acceptée dans la filière visée, si elle suit un parcours de remise à niveau.

Les enseignants pourront donner leurs avis sur les choix d’orientation et émettre des recommandations à l’issue du conseil de classe du premier trimestre. Le conseil de classe donnera ensuite un avis lors du deuxième trimestre pour chaque vœu et transmettra le dossier du candidat aux établissements. Par le passé, les appréciations n’étaient communiquées qu’aux filières sélectives (comme les classes préparatoires, BTS ou IUT). Un avis qui restera purement consultatif.

Attention, certaines écoles ne sont encore pas sur cette nouvelle plate-forme. Elles ont jusqu’en 2020 pour se conformer à la loi afin que toute l’offre soit présente sur le site. On nous promet que Parcoursup sera facilement compréhensible même si cela peut prendre du temps de le parcourir. La date limite étant le 13 mars, inutile de se précipiter.  Le passage du lycée aux études supérieures peut être un grand bouleversement donc continuez de vous renseigner, d’aller aux journées portes ouvertes, aux salons, etc. Il est également bon de savoir que de plus en plus de filières mettent en place des passerelles vers d’autres formations afin d’éviter de perdre une année entière lorsque celle-ci a commencé mais que le cursus ne convient finalement pas à l’étudiant. À lui de se renseigner.

 

Passons maintenant à la suite.

Les études d’art commencent une mutation. Depuis plusieurs années, il semble qu’une réforme sur les différentes formations ouvertes sur le marché de l’enseignement supérieur était en préparation. Et si on en croit les premiers éléments qui commencent à en ressortir, les diplômes d’art sont concernés, c’est peu de le dire.

Manaa, BTS en arts appliqués et DMA vont petit à petit disparaître pour laisser la place à un diplôme unique. Ce dernier se verra affublé de l’acronyme un peu barbare DNMADE pour Diplôme National des Métiers d’Art et du Design. Il s’agira d’une Licence (bac+3) calquée sur les standards européens nés des accords de Bologne. Ces derniers sont le fruit de la réunion du 19 juin 1999 entre les ministres européens de l’Éducation et ont pour but l’harmonisation de l’enseignement supérieur européen.

Le premier objectif de ces accords est de créer une « zone européenne de l’enseignement supérieur ». Ils veulent renforcer la mobilité des étudiants, augmenter l’attractivité des études en Europe et faciliter la reconnaissance des diplômes. Presque 20 ans après, ce système a permis un rayonnement international de l’offre de formation européenne et des échanges entre les étudiants et les universités (souvent les plus aisés). Cela dit, on constate encore des dysfonctionnements en matière d’application de la réforme dans les différents États membres, de suppression des différences entre établissements d’enseignement supérieur et de reconnaissance de diplômes.

 

 

Mais revenons à nos chers diplômes actuels. Il s’agit là d’un grand changement, car ce nouveau diplôme sera donc d’un niveau licence alors que la Manaa était, comme son nom complet l’indique, une mise à niveau d’une année et que les BTS et DMA étaient de niveau bac+2. Le grade licence du DNMADE permet aux étudiants de continuer leurs études en Master et donc également de rentrer dans les standards européens.

Les métiers d’art font partie des filières sous pression. Certains établissements reçoivent tous les ans plusieurs milliers de candidatures pour seulement une centaine de places disponibles. L’arrivée de ces licences doit en théorie permettre le regroupement des étudiants et ouvrir plus de places.

Ces changements étaient à prévoir étant donné que parmi les grands pays signataires des accords de Bologne, la France était la dernière nation à ne pas avoir transposé ce système à la filière métiers des arts et du design.

La première année du cursus sera une année d’orientation, de consolidation et d’acquisition des fondamentaux. Elle sera aussi obligatoire, contrairement à la Manaa selon le bac obtenu. L’approfondissement s’effectuera en deuxième année. Les étudiants auront un « domaine de spécialité »  (intitulé majeure ou mention)  :  animation, espace, événement, graphisme, innovation sociale, instrument, livre, matériaux, mode, numérique, objet, ornement, patrimoine, spectacle et textile. Ce programme sera complété par un domaine mineur (car prenant moins de place dans l’emploi du temps et non pas de moindre intérêt). Ce domaine doit permettre d’ouvrir l’esprit de l’étudiant  à de nouvelles choses certes différentes mais complémentaires. La deuxième année doit permettre de construire le projet professionnel. Enfin, en troisième année, les étudiants  se perfectionneront avec un mémoire et un projet individuel ou collectif soutenus à l’oral (comme cela pouvait se faire ailleurs). Cela devant permettre d’enrichir grandement un portfolio (afin d’être embaucher plus facilement) et de faciliter la poursuite des études supérieures.

 

La réforme sera appliquée en deux temps :

  • Dès la rentrée 2018, quelques académies volontaires expérimenteront ces changements. Aix-Marseille, Lyon et Rennes se seraient portées volontaires.
  • Après cette phase d’expérimentation, d’éventuels ajustements seront  amenés, mais à la rentrée 2019, toutes les académies seront concernées par ce nouveau diplôme.

 

Sans vouloir paraître trop alarmistes ni lancer une éventuelle polémique, les plus âgés d’entre nous savent à quel point tenter de modifier le système éducatif français peut poser des problèmes. Citons notamment  les dernières réformes du lycée, de la maternelle, de la formation des professeurs, etc.

Et entre les grèves et les manifestations (justifiées ou non, là n’est pas la question), rares furent les ministres qui ont mené leurs réformes sans “incident” (citons par exemple Claude Allègre, ministre de l’Éducation entre 1997 et 2000, qui fut contraint à la démission). Autant de troubles qui compliquent et/ou retardent une réforme ou qui perturbent la vie scolaire.

Sans oublier que pour un lycéen ou un étudiant, l’orientation peut se révéler être un calvaire, un vrai parcours du combattant. Raison pour laquelle nous avions réalisé quelques articles hors série portant par exemple sur la Manaa.

 

 

Face à cette période de transition, les établissements vont devoir s’adapter rapidement. En effet, des candidats ont pu demander des Manaa sur le site Admission Post-Bac en 2017. En septembre 2018, il y aura donc des élèves issus de ces Manaa auxquelles les académies doivent proposer des poursuites d’études en BTS. Des débouchés en BTS provisoires donc. Le temps qu’il n’y ait plus d’étudiants en Manaa.

Ainsi, il serait bon de se renseigner au plus tôt sur :

  • les métiers ciblés par l’étudiant,
  • les éventuels impacts sur le cursus correspondant en contactant les écoles proposant les formations.

Bien que dans les cartons depuis un moment, cette annonce assez soudaine a déstabilisé beaucoup d’établissements. D’autant plus que pendant un moment, on ne savait pas grand chose voir même rien sur le contenu des cours, le maintien ou non du Bac STD2A. Pire, un bras de fer peut avoir lieu entre l’Education Nationale et les Universités qui craignent aussi que le DNMADE fasse concurrence aux licences pro arts appliqués et design.

Mais en l’état, difficile de critiquer des réformes dont au final on ne sait que peu de choses en terme de contenu ou de conséquences. Les infos continuant d’arriver au compte-goutte.

Participer à des salons étudiants semble être plus que jamais une bonne idée pour en savoir plus car il va bien falloir que tout soit clarifié dans les prochains mois.

 

 

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