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Édouard Manet, l’indépendant

 

23 janvier 1832 – 30 avril 1883

23 janvier 1832 – 30 avril 1883

 

Apprentissage

Né à Paris en 1832, Édouard Manet grandit dans une famille de la haute bourgeoisie française, ayant un père haut-fonctionnaire et un grand-père maternel diplomate. Enfant dissipé, il ornait ses cahiers de caricatures. Comme d’autres futurs grands artistes, Manet fut orienté vers le droit par son père. S’opposant à une telle carrière, mais devant néanmoins prendre une décision pour son avenir, il proposa à son père de travailler dans la marine.

Ainsi, il présenta le concours d’entrée à l’École Navale en 1848, mais échoua. Il effectua alors un voyage au Brésil où il réalisa un grand nombre de dessins. Il retenta sa chance au concours en 1849, mais échoua à nouveau. Son père finit par accepter l’idée d’une carrière artistique et laissa son fils Édouard entrer dans l’atelier de Thomas Couture. Si ce dernier semble être oublié de nos jours, il n’en était pas moins à l’époque, un grand peindre académique et professeur influent. Manet passa 6 ans chez Couture et put y apprendre les techniques de peinture tout en recopiant les œuvres de maîtres au Louvre afin de se perfectionner. Il profita aussi de son apprentissage pour voyager dans plusieurs pays d’Europe afin d’étudier les œuvres exposées. Ainsi, il visita les musées italiens et se rendit également en Allemagne, en Autriche, en Hollande. À Paris, il s’enthousiasma pour Eugène Delacroix, qu’il rencontra. Ce dernier l’autorisa même à copier « Dante et Virgile aux enfers ».

Après ces 6 années au sein de l’atelier Couture, Manet s’installa dans un petit atelier avec Albert de Balleroy. Ce peintre et graveur se spécialisa dans la peinture des sujets de chasse. Les deux artistes embauchèrent un adolescent comme modèle et aide, mais le jeune garçon se suicida dans l’atelier. Choqués, les artistes déménagèrent.

 

Salons, critiques et refus

Manet proposa sa première œuvre au Salon officiel de l’Académie en 1859, mais elle fut rejetée (« Le Buveur d’absinthe »).

 

« Le Buveur d’absinthe », Manet, 1859

« Le Buveur d’absinthe », Manet, 1859

 

L’œuvre d’un réalisme sévère ne proposait pas les critères de beauté que le jury du Salon aimait voir.

Manet ne désarma pas et en 1861, deux de ses créations furent retenues par le jury. Il s’agissait du « Portrait de M. et Mme Auguste Manet » et du « Chanteur espagnol ».

 

« Portrait de M. et Mme Auguste Manet », Manet, 1860

« Portrait de M. et Mme Auguste Manet », Manet, 1860

 

« Le chanteur espagnol » fut une de ses nombreuses œuvres inspirées de la péninsule ibérique dans les années 1860. En 1865, afin de reprendre des forces, mais aussi pour trouver un nouvel élan créatif, il partit à Madrid. L’artiste Velasquez le fascinait et il réalisa de nombreux dessins tirés de la vie locale.

 

« Le Chanteur espagnol », Manet, 1860

« Le Chanteur espagnol », Manet, 1860

 

« Le Chanteur espagnol » fut la seule de toutes ses toiles à être bien accueillie jusqu’en 1873 ; le reste de son travail étant refusé ou vivement critiqué pendant de nombreuses années. D’ailleurs, en 1863, il rejoignit le salon des Refusés pour y exposer « Le déjeuner sur l’herbe ». L’œuvre provoqua un scandale tant esthétique que moral. La toile de Manet, qui représente une femme nue et assise, entourée de deux hommes en costume, dans un décor champêtre, attira immédiatement l’attention du public, mais fut violemment attaquée par les critiques. Le nu féminin était accepté, répandu et aimé si certaines règles liées à la pudeur étaient respectées.

Adoré par de nombreux jeunes peintres qui voyaient en lui leur nouveau chef de file, Manet se trouva au centre d’une dispute opposant les défenseurs de l’art académique aux artistes « refusés ». Cette œuvre est la confirmation du détachement de Manet avec le classicisme et l’académisme.

 

« Le Déjeuner sur l’herbe », Manet, 1863

« Le Déjeuner sur l’herbe », Manet, 1863

 

Parmi ses thèmes récurrents, il représentait notamment les rencontres bourgeoises, étant lui-même issu de la haute-bourgeoisie et ayant conservé ce mode de vie. Par exemple, dès que possible durant les beaux jours, il se rendait au jardin des Tuileries et rapidement, une véritable petite cour d’admirateurs se forma autour de lui. Véritable dandy, Manet fréquentait également le café Tortoni dans lequel se retrouvaient aussi d’autres artistes, intellectuels et personnalités influentes.

Après le scandale de 1863, le Salon de 1864 accepta deux œuvres de Manet et en 1865, il y exposa « Olympia ». Avec ce nu inspiré d’une toile italienne célèbre du Titien, la « Vénus d’Urbino », le scandale fut encore plus grand, la critique étant notamment choquée par le réalisme de la nudité. Accablé et présenté comme immoral, c’est à ce moment que Manet décida de faire un voyage en Espagne.

En 1866, il fréquentait un autre établissement, le café Guerbois dans lequel il retrouva Degas, Monet, Pissarro ou Cézanne. Étant d’une nature pleine d’assurance, amicale et sociable, il fut rapidement un de leurs inspirateurs. La même année, il tenta à nouveau sa chance au Salon avec une œuvre extrêmement sobre : « Le Fifre », mais il essuya un refus du jury.

 

« Le Fifre », Manet, 1866

« Le Fifre », Manet, 1866

 

Repoussé, Manet le fut encore avec l’Exposition universelle de 1867. Soutenu par Émile Zola, Manet organisa son exposition personnelle (comme Courbet l’avait fait avant lui) où il présenta plus de 50 de ses tableaux. Il fit construire à ses frais un pavillon, mais malheureusement, le public bouda son exposition.

Le peintre Fantin-Latour lui présenta Berthe Morisot qui fut un temps son modèle et son élève. Elle fut aussi l’une des grandes figures de l’impressionnisme et épousa plus tard le frère de Manet, Eugène, en 1874.
Malgré tous ces échecs et vives critiques, Manet ne baissa pas les bras et tenta de revenir au Salon de 1869 avec deux nouvelles œuvres : « Le Balcon » et « Le Déjeuner à l’Atelier ». L’accueil ne fut pas différent que par le passé et on lui reprocha d’avoir privé d’émotion tous ses personnages.

 

« Le balcon », Manet, 1868

« Le balcon », Manet, 1868

 

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« Le Déjeuner à l’atelier », Manet, 1868

 

En 1870, avec la guerre et la proclamation de la IIIe république, Manet s’engagea dans la Garde Nationale.

 

Succès et impressionnisme

Ce n’est qu’à partir de 1873 que Manet connut le succès. Par le biais de Durand-Ruel, marchand d’art, plusieurs ventes de toiles de Manet eurent lieu. Malgré son amitié avec Monet, Degas, Renoir ou encore sa belle-sœur Berthe Morisot, Manet refusa de participer à l’exposition impressionniste de 1874. Cette dernière n’eut pas le succès espéré.

Des relations saines avec les impressionnistes qui s’illustrent par le fait que Manet aida Monet lorsque celui-ci était confronté à des difficultés financières, lui achetant des toiles ou l’assistant lorsqu’il cherchait une maison à louer.

Si Manet se tenait à distance respectable des expositions impressionnistes, c’était essentiellement pour conserver une certaine indépendance stylistique sans pour autant être totalement fermé. En effet, les influences entre Édouard Manet et les impressionnistes furent réciproques. Des impressionnistes qu’il soutenait.

Malgré la diversité de ses œuvres, de ses styles ou les soutiens d’importance comme Baudelaire ou Zola, Manet ne s’imposa que tardivement dans les milieux officiels. Pour le « Portrait d’Henri Rochefort », il obtint même une récompense en 1881 et fut aussi décoré de la Légion d’Honneur par son ami devenu ministre des Beaux-arts, Antonin Proust.

 

« Portrait d’Henri Rochefort », Manet, 1881

« Portrait d’Henri Rochefort », Manet, 1881

 

Malheureusement, Manet ne put profiter longtemps de cette reconnaissance, car à partir de 1880, sa santé devint fragile. Lorsqu’il reçut sa récompense en 1881, il était malade, immobilisé chez lui. Ayant contracté la syphilis, les complications se multiplient et amenèrent l’artiste à subir une amputation d’une jambe en 1883. Il ne se remit jamais et la gangrène le tua quelque temps après, en avril 1883. À cet instant, son art était toujours en partie incompris, mais il meurt en sachant son travail tout de même reconnu.

 

Anecdotes sur Édouard Manet

  • Son camarade d’enfance Antonin Proust le suivit dans l’apprentissage de la peinture. Par la suite, Proust abandonna la carrière artistique, mais fut un homme politique important, fondateur notamment de l’École du Louvre. L’amitié entre les deux hommes dura jusqu’à la mort du peintre.
  • Manet fut toute sa vie proche du milieu littéraire. Baudelaire compta parmi ses amis dès la fin des années 1850 et inspira Manet dans ses créations pendant une dizaine d’années. Zola fut aussi un soutien important pour Manet quand ce dernier était rejeté par le Salon. Enfin, Mallarmé fut également l’ami du peintre. Manet réalisa plusieurs illustrations pour le poète.
  • Lors des funérailles de Manet, plusieurs personnalités allèrent de leurs déclarations sur l’artiste, mais c’est Degas qui marqua cette journée en déclarant : « Son art était bien plus grand que nous le pensions »
  • Toute sa carrière, Manet et son œuvre furent critiqués. Enchaînant les scandales, il passa pour un provocateur qu’il n’était en réalité pas du tout. Voulant convaincre le Salon toute sa vie, Manet recherchait avant tout une reconnaissance officielle.
  • Manet avait déclaré lors de son exposition personnelle de 1867 vouloir faire des œuvres sincères. Une volonté qui n’allait pas dans le sens des critères de beauté et de perfection du Salon, mais qui faisant de Manet un témoin de son époque en peignant ses amis et son milieu social aisé.
  • Pendant un temps, les futurs et jeunes impressionnistes firent de lui leur chef de file, ce qui n’était pas pour plaire à Manet. Ce dernier, en peignant plus sombre que ces jeunes amis, montra qu’il suivait quelques préceptes académiques alors que les futurs impressionnistes étaient plus novateurs, révolutionnaires. Manet fut tout de même considéré comme le précurseur de ce mouvement impressionniste qu’il a engendré malgré lui et dont un des grands représentants fut son quasi homonyme, Monet. Édouard Manet fut un artiste permettant la transition entre le classicisme et l’art moderne.
  • Son champ thématique fut très large, explorant tous les genres : scènes historiques, portraits, paysages, marines, scènes de genre (cafés, loisirs en plein air), natures mortes.
  • Son influence sur ses amis impressionnistes fut manifeste, mais il conserva sa liberté, n’appartenant vraiment à aucun courant, à aucune école, sinon celle de la modernité. Manet apprit la technique académique chez Thomas Couture pour la mettre au service de sa propre subjectivité. Il assimila également de toutes les innovations du moment, du réalisme de Courbet à l’impressionnisme qui se développait. Il devint ainsi l’une des figures les plus originales du renouveau de l’art à la fin du 19e siècle.

 

 

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