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Histoire de la peinture, panorama (5ème partie)

 

 

Le Moyen-Âge

  • Art de la vieille Europe

Les enluminures gothiques : Apparu tout d’abord dans l’architecture et la sculpture, le style gothique concerna la peinture vers le 13e siècle (et plus tard en Italie), mais sans que l’on puisse véritablement établir une transition nette entre les arts roman et gothique.  On constate un assombrissement des peintures mais les couleurs restent assez vives; il faut tenir compte du fait que les seuls vêtements colorés étaient ceux des classes sociales supérieures (religieux et nobles). Le reste de la population évoluait dans un monde pauvre en couleurs.

La peinture gothique se développa à partir du début du 13e  en Occident (un siècle plus tard en Italie). Ce courant était orienté vers la religion et les images créées servaient (encore une fois) à s’assurer l’obéissance d’une population assez faiblement éduquée et ainsi à garder un certain équilibre dans une société où l’espérance de vie était assez courte. L’art devait donc rester accessible au plus grand nombre et il puisait son inspiration dans le quotidien du peuple. Les messages véhiculés  édictaient des règles civiques et morales, traitant aussi de la fin du monde, du jugement dernier …

Le dessin était volontairement peu réaliste (dans un premier temps), pour éviter à l’artiste de  s’attirer les foudres de la religion et de subir l’accusation de vanité. Il s’exprimait alors de manière symbolique afin qu’on puisse reconnaître un personnage sur une oeuvre (des personnages plus grands s’ils sont importants, des auréoles pour les saints…).

 

Psautier de la reine Marie, 1310

 

Les enluminures de type gothique apparurent tout d’abord en France et en Angleterre puis plus tard en Allemagne qui était encore influencée par l’art roman. Globalement, les arts décoratifs de France occupèrent une place prédominante en Occident et rayonnèrent dans toute l’Europe.

Se détachant de la rigueur gothique originelle, l’enluminure gothique proposa vers 1200 des personnages plus souples, élancés et des vêtements plus vivants. Pour délimiter le cadre et en faire une décoration, les artistes représentaient des éléments d’architecture. Concernant la décoration des initiales, on utilisait des arabesques de feuillages, de fleurs ou de fruits mais pour les ouvrages de moindre importance.

Les artistes étaient amenés à beaucoup se déplacer et avec les familles nobles dont les membres se mariaient entre eux, on retrouva petit à petit un style commun qui se répandit dans une bonne partie de l’Europe. C’est ce qu’on appellera ensuite au 19e siècle le gothique international, phase tardive du gothique qui se développa simultanément en Bohême (une partie de l’actuelle République tchèque) en Bourgogne, dans le nord de l’Italie et dans les terres franco-flamandes à la fin du 14e siècle puis dans toute l’Europe centrale et occidentale.

Qualifié de style doux, cet art gothique international proposa une plus grande souplesse encore des corps, des vêtements et des cheveux. Même dans le cadre d’une scène biblique, les enluminures proposèrent des représentations de personnages bien conformes à leur époque et l’architecture qui allait avec. Durant le gothique tardif, la frontière entre enluminure et peinture sur tableau fut très incertaine. Les miniatures (peintures servant à enluminer un livre et à illustrer un texte) prirent le dessus sur les tableaux. Elles perdirent leur fonction première d’illustration éducative et devinrent des tableaux à part entière, faisant du même coup concurrence aux compositions détaillées des tableaux au sens strict du terme. La période gothique est probablement l’une des dernières qui aient été favorables à l’enluminure. L’essor considérable de l’imprimerie dans la deuxième moitié du 15e siècle affecta profondément l’art de l’enluminure. En effet, dès 1461, l’imprimerie permit la mécanisation de la copie du texte comme celle de l’illustration. L’enluminure revint alors à la confection, plus confidentielle, de manuscrits luxueux destinés à de riches personnalités. Ainsi, l’activité des enlumineurs, déjà en retrait, connut un fort déclin après 1520.

 

Miniature du livre “Les Très Riches Heures du duc de Berry”,
Les frères de Limbourg, 1410-1416

 

Art des primitifs italiens : Au début du 20e siècle, l’adjectif “primitif ” fut retenu pour désigner les artistes de cette période de transition. Durant les 13e et 14e siècles, des artistes italiens amorcèrent un changement dans le traitement de la peinture en se basant sur de nouveaux concepts :

  • humanisation des personnages,
  • introduction du paysage dans le cadre pictural,
  • tentatives de création de peinture architecturale,
  • passage d’une influence byzantine à un style plus italien avec des bases de gothique français.

Une évolution lente, mais remarquable eut lieu à partir de la fin du 13e. La rupture avec le style byzantin se fit plus tardivement en peinture qu’en sculpture; l’art byzantin continuant de se répandre en Italie durant une partie du 13e siècle à cause du pillage de Constantinople par les croisés et les échanges commerciaux déjà en place.

Néanmoins, l’art des primitifs fut une renaissance avant l’heure, générant un nouveau souffle artistique en Italie puis en Europe occidentale. Une importante production d’oeuvres virent le jour et des noms resteront dans l’histoire (comme Cimabue, Duccio, Giotto, Maso di Banco, …).

L’art “traditionnel” du Moyen-Âge dissociait le sacré de l’ordinaire et ainsi, aucune dimension humaine n’était alors donnée aux représentations humaines. Mais avec les premières peintures des “Primitifs”, les personnages sacrés furent “humanisés”. Et cela passait par la représentation des habitations, des tâches quotidiennes, de la faune et de la flore; bref, de la réalité humaine avec ses contraintes,  ses imperfections et ses sentiments.

Cette nouvelle vision est liée au fait que la religion catholique elle-même évolue, certains désirant des relations plus proches et non plus élitistes entre clergé et croyants. Jusque là, le clergé détenait le savoir face à des croyants peu éduqués et qui devaient se soumettre aveuglément. Le nouveau courant de pensée dans le clergé veut au contraire qu’il se rapproche du peuple pour lui expliquer les textes saints. Et là, encore une fois, l’image est un outil important de par sa force quand la population est peu éduquée car elle permet de susciter l’émotion (et l’adhésion).

 

“Les noces de Cana”, Giotto di Bondone, 1304-1306

 

En ce qui concerne les paysages, les arrière-plans décoratifs du Moyen-Âge laissèrent la place petit à petit à des représentations de paysages et d’architecture. Le doré disparut au profit du bleu pour le ciel et  la peinture s’inspira des lieux du quotidien (villes, campagnes, déserts, montagnes). Les réalisations des primitifs abondent en arbres, collines, ravins, ruisseaux, villages perchés ou villes dans le lointain.

Même s’il existait encore des formes conservatrices de représentations de paysages, cette nouvelle tendance se diffusa dans la majorité des peintures du 14e. Cette peinture de paysage connut son apogée au 15e siècle.

 

“Allégorie et effets du Bon et du Mauvais Gouvernement”,
Ambrogio Lorenzetti, 1338-1339

 

Concernant l’architecture, les peintres ne maîtrisaient pas encore les règles de la perspective. Néanmoins, les progrès furent rapides, les faisant passer de la représentation d’un seul bâtiment à des perspectives architecturales de plus en plus complexes. La perspective proposée était de plus en plus proche de la réalité. Ces travaux furent l’objet de nombreuses expérimentations étant donné que les œuvres achevées étaient placées en hauteur et qu’aucun effet de distorsion ne devait alors apparaître.  Le travail des ombres selon l’éclairage  tendit de plus en plus vers l’exactitude, tout comme les dégradés des teintes entre ombre et lumière.

 

La Présentation au Temple. Ambrogio Lorenzetti, 1342

 

Notre prochain rendez-vous sera consacré à la renaissance.

 

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