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Histoire de la peinture, panorama (6ème partie)

 

L’art de l’époque moderne

 

  • Renaissance

Traditionnellement, on considère que le Moyen-Âge occidental prend fin avec la chute de Constantinople en 1453 (ou avec l’arrivée de Colomb  sur le continent américain mais d’autres dates sont aussi proposées). Considérée comme l’âge d’or de la peinture, la période de la renaissance s’étend du 14ème à la fin du 16ème siècle. Ce mouvement se diffusa rapidement ses modèles dans toute l’Europe. La renaissance fut la première étape de 5 siècles de réussite picturale, les artistes voulant représenter la réalité telle que l’on peut la voir et dépasser les limites de l’art moyenâgeux. L’autre critère de la peinture de cette période fut celui de “beauté”. On peut légitimement s’interroger sur l’aspect assez subjectif  d’un tel critère, tout comme on peut se demander si cela n’est pas en contradiction avec la volonté de retranscription du réel (il s’agit là d’un questionnement purement personnel).

C’est en Italie que le renouveau des arts européens commença. La ville de Florence joua un rôle majeur dans la première renaissance avec la redécouverte du monde antique qui influença l’architecture, la peinture et la sculpture; trois coeurs de métier difficilement dissociables durant la renaissance. On remit donc en cause l’esthétique médiévale, pour aller vers une véritable révolution de la pensée et de tous les champs artistiques, touchant le rapport de l’homme à la nature, au monde ou à Dieu. Retrouvez  la fiche consacrée à  la renaissance, disponible ici.

De Vinci, Botticelli, Michel-Ange, Bellini et autres ont mené la peinture à un très haut niveau d’excellence grâce à différents progrès dans les techniques artistiques et grâce à un savoir approfondi. En effet, la connaissance de l’anatomie humaine s’améliora, tout comme la maîtrise des proportions et de la perspective; cette dernière permettant de simuler les 3 dimensions alors que les peintures du Moyen-Âge étaient sans relief.

La peinture à l’huile remplaça la tempera à l’œuf utilisée au Moyen Âge. La tempera était généralement appliquée sur des panneaux de bois et séchait très rapidement. À l’inverse, le séchage de la peinture à l’huile prenait plus de temps et permettait donc de travailler plus “sereinement” une oeuvre. Tous ces progrès permirent la réalisation d’œuvres extrêmement abouties. Certaines d’entre elles, marginales, eurent une thématique non religieuse. Ces dernières se firent plus nombreuses à partir du 17ème siècle (La peinture religieuse et mythologique ne devint secondaire qu’au 19ème).

 

“La Trinité”, Masaccio, 1428

 

Le terme de “renaissance” fut utilisé pour la première fois au 16e siècle par l’intermédiaire de Vasari lorsqu’il voulut évoquer ce courant artistique qui avait émergé deux siècles auparavant. Cette renaissance s’étend sur 3 siècles pour autant de chapitres :

  • le 14ème siècle (ou Trecento)
  • le 15ème siècle (ou Quattrocento)
  • le 16ème siècle (ou Cinquecento)

À cela, on peut y rajouter les artistes de la pré-renaissance (Duecento et Trecento pour 13ème et 14ème siècle) tels que Cenni di Pepo, peintre italien majeur de cette période. C’est d’ailleurs avec lui que la peinture commença à se détacher du style byzantin et des principes artistiques stricts de l’Eglise.

La première caractéristique de la renaissance est donc son regard sur l’antiquité et les leçons qu’elle tira de cette période avec la volonté de  retrouver la grandeur d’antan. De plus, la représentation graphique s’ouvrit à la représentation humaine, donnant ainsi une nouvelle place à l’Homme. Ce dernier “appartient à la nature”. Ainsi, les personnes représentées jouissent d’une plus forte présence dans une composition. Les  jardins et architectures prennent la place des fonds dorés de type byzantin ou des fleurs médiévales. Le paysage n’était pas encore un genre pictural et reste en arrière-plan d’une scène ou d’un portrait. Les premiers paysages apparurent vraiment au 17ème siècle mais toujours avec une représentation humaine dans la composition.

Les nouveaux modèles de représentation et la pensée humaniste se diffusèrent largement au 14ème et encore plus vite lorsque Gutenberg inventa l’imprimerie (bien qu’il existe des doutes sur sa paternité); invention considérée comme majeure et déterminante de la renaissance. Les échanges commerciaux internationaux participèrent également à la diffusion des arts de la renaissance.

Si l’antiquité fut donc la référence à respecter et à reproduire pour les artistes (et notamment le nu), chacun se préoccupa en même temps de l’épanouissement de son propre style, de sa vision personnelle ; ce qui était un désir assez nouveau à cette époque. Les artistes, confirmés ou amateurs, firent des séjours dans certaines villes où des ruines antiques avaient été retrouvées (comme à Rome). Les fouilles de sites antiques se multiplièrent. Certaines découvertes marquèrent davantage la population (comme la sculpture “Le groupe du Laocoon”) et furent décortiquées par les artistes, complètement inspirés par elles.

Pour revenir sur les principes de la perspective, Brunelleschi fut un des premiers à les utiliser. Ainsi, après avoir étudié les édifices antiques (mesures et proportions), il réalisa l’immense coupole de la cathédrale de Florence, Sainte Marie de la Fleur (Santa Maria del Fiore). Il s’agit de  l’innovation la plus précoce et la plus remarquable de la Renaissance sur le plan architectural (plus de 40 m de diamètre avec une croix qui culmine à 115 m). Alberti fut le premier à théoriser ses principes de perspective dans des ouvrages qui influencèrent ses contemporains : “De re ædificatoria” (L’Art d’édifier) et “De pictura” (De la peinture). Stimulé par toutes les formes d’arts plastiques, Alberti multipliait les casquettes : architecte, écrivain, philosophe ou encore théoricien. Dans “De pictura”, Alberti développe pour la première fois les principes de la perspective linéaire qui vont révolutionner la peinture italienne de la Renaissance.

Dès le 15ème siècle, les nouvelles conceptions architecturales se diffusèrent à travers le vieux continent et les architectes, influencés par les œuvres d’Alberti, continuèrent à imiter les travaux antiques.

Si Florence fut le berceau de la renaissance, des personnalités influentes comme les Médicis y furent pour beaucoup, amenant avec elles d’autres importants mécènes qui permirent ce renouveau artistique. C’est pourquoi durant les 14ème et 15ème siècles, l’art se développa si fortement. La peinture florentine fut très variée au début du 15ème siècle et un des artistes les plus influents fut à ce moment-là Masaccio. Se basant sur le travail de Brunelleschi, Masaccio réalisa la “Trinité”  pour la Basilique Santa Maria Novella ou encore “le Tribut de saint Pierre” pour la chapelle Brancacci. “La Trinité” fut un des premiers exemples du potentiel illusionniste de la perspective tandis qu’avec “le Tribut de saint Pierre”, Masaccio mit ses personnages en volume, de manière sobre et réelle. Bien que l’artiste disparut assez jeune, il eut une grande influence sur plusieurs générations de maîtres de la renaissance.

 

 

“Le Tribut de saint Pierre”, fresque de 255 × 598 cm,
peinte entre 1424 et 1427 par Masaccio

 

Florence fut d’autant plus importante en matière de renouveau artistique qu’elle put compter pendant un temps sur la présence simultanée des plus grands noms. En effet, De Vinci, Raphaël et Michel Ange se retrouvèrent en même temps dans la capitale de la Toscane fin 15ème début 16ème. Une véritable émulation artistique se produisit alors, bien que les artistes ne soient pas de la même génération.  De Vinci réalisa alors “La Vierge aux Rochers”, “La Cène” ou “La Joconde”. Il étudia aussi les fondements optiques de la perspective, qu’il critiqua et proposa d’utiliser à la place une nouvelle technique, le “sfumato”. Parfois qualifiée de perspective atmosphérique, cette technique produit un effet vaporeux, donnant à un sujet des contours imprécis lorsque l’on utilise des glacis. De son côté, Michel-Ange créa sa sculpture la plus célèbre “David” ou encore la peinture “La Sainte Famille à la tribune”. Raphaël  bénéficia de l’influence de ces deux grands maîtres qui l’aidèrent à compléter sa formation. Quelques années plus tard, il réalisa son dernier chef d’oeuvre “La Transfiguration”. Raphaël n’eut pas le temps de terminer ce tableau mais les membres de son atelier s’en chargèrent.

 

“La Transfiguration”, Raphaël, 1520

 

Évoquée pour l’art byzantin, Venise commerçait depuis longtemps avec l’Orient par voie maritime et occupait toujours un rôle important en matière de culture et de politique. C’était d’ailleurs une des villes les plus riches de cette époque.

Mais quand on parle de Venise et de sa renaissance, il est difficile de ne pas évoquer certains grands noms.

Bellini fut considéré comme le précurseur de l’école vénitienne, comme le peintre de la transition entre la première renaissance et la haute renaissance. Bellini proposa une oeuvre rompant complètement avec le style gothique alors en vigueur à Venise. ll voyagea assez peu, travaillant essentiellement à Venise. Formé par son père Jocopo, Bellini eut comme maître Mantegna qui l’influença longtemps. Petit à petit, il proposa des œuvres plus chaleureuses que celles de son maître, développant un nouveau type de paysage avec une lumière plus rayonnante, des contours moins forts et des couleurs douces. Bellini est célèbre aussi pour son usage de la tempera, qui permet de peindre plus facilement mais sans la possibilité de modifier par la suite.

 

“Madone des prés”, Bellini, 1505

 

Tiziano Vecellio, ou plus communément appelé Le Titien fut un des plus grands portraitistes de son époque, sachant faire ressortir les traits de caractère des personnages. À 15 ans, il entra dans l’atelier de Bellini. C’est justement à la mort de son maître Bellini, que Titien fut nommé peintre officiel de Venise. Son nom fut ainsi connu dans toute l’Europe et les plus grandes familles voulurent s’attacher ses services. Titien privilégia la couleur et sa relation avec la lumière, plutôt que les lignes, comme le lui avait conseillé son maître Bellini.

 

L’Assomption de la Vierge, Titien, 1516-18

 

Paolo Caliari, dit “Véronèse” fut un grand coloriste vénitien qui commença son apprentissage dès 10 ans chez un oncle. À 20 ans, son travail était déjà reconnu et admiré. Il s’installa à Venise lorsqu’il reçut une commande de décoration de l’église San Sebastiano venant du prêtre Bernardo Torlioni. Cette réalisation fit ainsi de lui une référence et les commandes affluèrent. Il devint l’un des peintres attitrés de la noblesse ou du haut clergé et réalisa un grand nombre de fresques et de portraits.

 

Les Noces de Cana, Paolo Caliari, 1563

 

Entre l’influence religieuse et les vestiges antiques, Rome ne fut pas en reste, devenant même un centre artistique et politique incontournable. Ce qui se révéla encore plus vrai au début du 16ème siècle. En effet, entre les différents papes, collectionneurs et mécènes qui voulaient rendre sa grandeur passée à cette ville, et Rome fut très active, attirant toujours plus d’artistes et de savants venus de toute l’Europe. Raphaël fut chargé de la décoration des différentes pièces du Vatican (ou stanze) que son atelier termina en 1524 alors que le maître était  déjà décédé depuis 4 ans. C’est le cas de la plus grande chambre, la 4ème, qui fut commencée en 1517.

De son côté, Michel-Ange fut aussi démarché pour réaliser des travaux d’importance. Se basant sur les ruines et différentes fouilles, le maître réalisa le plafond de la chapelle Sixtine.

Les guerres d’Italie permirent la diffusion de la renaissance hors de ses frontières, notamment en France où elle apparut de façon assez localisée vers 1500. François 1er fit appel aux artistes italiens pour la décoration du château de Fontainebleau, le roi souhaitant en faire un nouveau centre de la renaissance. Ainsi, Giovanni Battista di Jacopo assura la décoration de la galerie du château, Francesco Primaticcio celle de la chambre du couple royal. François 1er était aussi un grand collectionneur d’art (comme la Joconde de De Vinci).

Les espagnols  étaient déjà implantés en Italie depuis un certain temps et certains artistes espagnols furent formés par des maîtres italiens. Ainsi, quand ils rentrèrent au pays, ils purent mettre en application ce qu’ils avaient appris. Les Flandres et l’Allemagne furent aussi des territoires très accueillants en matière de renaissance. L’Angleterre et le Portugal le furent moins.

 

Le 7ème chapitre de notre panorama portera sur le maniérisme et le baroque.

 

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