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Les secrets des artistes prolifiques révélés dans cet article !

 

 

Au quotidien

Comment devenir une personne qui réussit chaque jour de l’année ? Voilà la question à laquelle avait tenté de répondre l’auteur, businessman et conférencier américain Stephen Covey. Originaire de Salt Lake City, Covey consacra sa vie à démontrer à sa façon comment chaque individu pouvait maîtriser sa destinée et aspirer à une vie meilleure.

Malgré sa mort en 2012, il reste une référence internationale en matière de leadership et en gestion de l’organisation. Avec plus de 20 millions de livres vendus et traduits dans presque 40 langues, ses travaux ont éclairé des millions de personnes.

En 1989, Covey publia un ouvrage de développement personnel « les 7 Habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent ». Comme son nom l’indique, le livre présente 7 aspects/habitudes devant aider une personne à gérer son quotidien professionnel et familial plus efficacement. Ce livre, qui est le résultat de nombreuses années de recherches et d’expériences, fut cité comme un des plus influents du XXe siècle.

 

Voyons rapidement à présent chaque habitude :

  •  Être proactif

Face à différentes problématiques, la plupart des personnes ont des attitudes réactives. Elles peuvent alors attendre et espérer que le temps solutionne une situation, qu’un tiers leur vienne en aide et les chouchoute, voire que l’on décide à leur place, en assumant du même coup le poids de la prise de décision.

À l’inverse, on retrouve des personnalités proactives. Celles-ci anticipent, cherchent des solutions par elles-mêmes, ne tournent pas en rond. Elles ne bayent pas aux corneilles. 😉

On distingue notamment ces deux types de personnalités à travers leur langage. Les réactifs vont tenir un discours au passé, centré sur leur(s) problème(s) et qui aura tendance à écarter leur responsabilité, à incriminer les autres ou le manque de chance.

Alors que les proactifs vont étudier les alternatives possibles et opter pour l’échange et les compromis. Donc leur langage sera orienté vers le futur et les solutions.

 

 

Autre critère de différenciation, les préoccupations et les influences. Il est fréquent que l’on dépense notre énergie pour des choses plus ou moins importantes, pas forcément urgentes.
Si le cercle des préoccupations regroupe des choses pour lesquelles notre contrôle est limité individuellement ou impossible (le comportement d’autrui, le climat, la crise, les conflits…), celui des influences rassemble des éléments que nous pouvons contrôler comme notre comportement, nos actions, nos achats, nos projets.
Une personne proactive passera donc plus de temps à se consacrer au cercle des influences et dépensera donc son énergie à des choses qu’elle peut contrôler. Elle sera plus efficace qu’une personne passant la majorité de son temps dans le cercle des préoccupations. Ce cercle renforçe à la fois l’emprise des autres sur notre vie et un esprit négatif.

Bien que l’on ne puisse avoir un contrôle sur tout, chacun peut agir plus intelligemment pour son bien-être personnel. L’amertume et la victimisation n’apportent pas de solution sans compter que le temps passe inexorablement.
Ainsi les personnalités proactives vont reconnaître leurs torts, rectifier le tir et se souvenir de leurs erreurs. En somme, elles vont de l’avant.
Agir ou subir.

 

  • Rester concentré sur l’objectif pour créer sa vie

Cette habitude repose sur la théorie expliquant que toutes les choses sont créées deux fois : mentalement puis physiquement. Par exemple, une personne qui souhaite construire son propre logement. Dans un premier temps, elle va l’imaginer dans ses moindres détails avant même de « mettre le premier coup de pelle ».
Il s’agit donc d’avoir une vision personnelle des choses. Cette vision est un cadre de référence à partir duquel on examine notre environnement et chaque journée qui passe doit permettre la réalisation de cette vision.
En fait, cette vision doit nous permettre de « rester sur le droit chemin », de ne pas nous polluer l’esprit avec les problèmes du quotidien de moindre importance. Le fait de « dessiner sa vie à l’avance » offre un sentiment de responsabilité, d’organisation et d’équilibre tout en se préparant aux inévitables impondérables.

Avancer sans vision, c’est prendre le risque de dépendre fortement :
• de nos failles personnelles,
• des autres et de leur regard,
• de notre sentiment d’appartenance.

Chacun d’entre nous possède assez d’imagination pour élaborer sa propre vision. Celle-ci se formant à partir des valeurs personnelles et autres qui nous importent le plus. Ces dernières constituent une source de bien-être, de sécurité, d’orientation… et forment le centre de nos vies. Centre qui peut être tourné vers la famille, les amis, la réussite professionnelle, les plaisirs… Pris séparément, aucun de ces aspects ne peut offrir un bonheur viable et avec le recul, on peut se rendre compte que nombre de gratifications, de plaisirs éphémères s’avèrent futiles.

 

 

Ainsi, pour éviter d’avoir le sentiment de passer à côté de sa vie ou d’avoir des regrets, il est bon d’examiner ce que l’on place au centre de son existence. Si ce que l’on a mis au cœur de notre vie ne contribue pas au développement de notre proactivité, il faut donc procéder à une modification de paradigme.

Ensuite, il convient de rédiger sa mission personnelle : ce pour quoi on est là et ce que l’on désire le plus. Cette rédaction demande du temps et nécessite d’être réajustée selon la maturité et l’expérience de la personne, sans oublier des éléments du cercle des préoccupations qui pourraient venir troubler cette démarche. Une telle rédaction exige aussi une ouverture d’esprit et d’engager tous ses sens.

Pour résumer, nous avons tendance face aux problèmes ou à nos projets à toujours chercher des solutions rapides et simples.

Mais le plus souvent, ces remèdes miracles ne résolvent pas les problématiques en profondeur,  qui feront leur retour tôt ou tard. Ces solutions rapides sont envisagées quand un individu ne garde pas en tête l’objectif final

 

  • Prioriser et s’y tenir

Cette habitude est donc la seconde création, la création physique. Elle consiste à garder en tête les choses importantes à accomplir et à ne pas tomber à la merci de celles qui ne comptent pas.

On doit alors se demander quelles activités réalisées de manière régulière apportent des résultats concrets dans un projet personnel ou dans notre quotidien. Mais ne pas confondre rendement et efficacité. Pour une machine, on parlera de rendement alors qu’en matière de ressources humaines, l’efficacité est l’objectif. Une machine n’étant pas flexible ou spontanée.

Les deux facteurs qui définissent une activité sont : « Urgent » et « Important »

 

 

Généralement, les choses urgentes sont facilement identifiables, exerçant une certaine pression sur nos nerfs, nos sens… Les activités importantes sont moins pressantes, mais vitales pour la réalisation des objectifs à long terme.

(1) Toutes les activités qualifiées de crises, de problèmes avec le vocabulaire qui va avec. Les personnes inefficaces y perdent presque tout leur temps.

(2) Concerne la gestion personnelle efficace, le développement et le positif. C’est dans cette zone que passent le plus de temps les personnes qui réussissent et elles y dépensent un maximum d’énergie. Pour celles et ceux qui ont fait du commerce et du marketing, cela renvoie vers la loi des 20/80 (ou règle de Pareto). Dans notre cas, 20 % des activités produisent 80 % du résultat.

Mais attention à la routine. À trop ronronner, on ressort de ce cadre (2). Il faut aussi savoir dire non.

(3) C’est la catégorie des personnes qui s’occupent des urgences non importantes, qui sont en réalité au service des urgences et priorités des autres.

(4) Zone du plaisir, de l’amusement, du divertissement.

Pour rester dans cette deuxième catégorie, il serait alors bon de programmer de manière hebdomadaire les activités. Cela offre alors une certaine visibilité et donne une marge de manœuvre plus claire en cas d’aléas.

 

  • La théorie du gagnant-gagnant

Les personnes efficaces vont être guidées dans leurs actions par un esprit gagnant-gagnant (ou d’abondance). C’est-à-dire qu’elles vont chercher un bénéfice mutuel, à préserver l’intérêt commun.

En effet, ces personnes voient la vie comme une succession d’opportunités, de coopération et non pas comme une compétition perpétuelle. Le succès des uns ne pouvant pas se faire au détriment des autres, car dans leur esprit règne une certaine abondance. En somme, tout le monde aura droit à sa part et si ce n’est pas le cas, ces personnes n’hésiteront pas à ne pas conclure d’accord.

Ne pas être guidé par cet esprit gagnant-gagnant amène à entretenir les rancœurs, la méfiance…

Mais cet esprit d’abondance nécessite une forte intégrité personnelle, de l’ouverture d’esprit et de la maturité.

 

 

  • Comprendre puis être compris

Jugements infondés, conclusions hâtives, voilà ce à quoi nous pouvons tous être confrontés lors d’échanges avec les gens sans que pour autant ils aient méthodiquement analysé le discours ou la situation.

C’est pourquoi savoir communiquer est une des capacités les plus importantes dans la vie humaine. Ce n’est pas par hasard si cela nous demande plusieurs années d’apprentissage dans notre enfance. Et même adulte, nous continuons à évoluer sur ce point.

Pourtant, il est plutôt rare de trouver des personnes sachant véritablement écouter, échanger et faisant preuve d’empathie. Mais quelque part, c’est « humain ». Tout ce qu’elle entend, une personne le passe dans son filtre personnel. Ce dernier étant lié à sa vision du monde, c’est pourquoi cette personne aura tendance à projeter ce qu’elle est et son expérience sur les récits et attitudes d’autrui.

Ainsi, la communication empathique nécessite un effort important pour réellement comprendre l’autre (ce qui ne veut pas dire être d’accord sur tout ce que l’on entendra). De plus, les mots employés par une personne ne représentent qu’une infime partie d’un message, le reste étant exprimé par la gestuelle du corps et les sons émis.

C’est pourquoi savoir écouter et comprendre est si délicat. Cela nécessite d’utiliser ses oreilles, ses yeux, « le cœur », le tout chapeauté par le cerveau.

 

 

  •  Les synergies

Stephen Covey expliquait sa théorie sur les synergies par la formule suivante :

1+1 = 3 ou 4 ou 10 ou même 1 000 000. Ou encore, « un ensemble est plus grand que la somme de ses parties ».

Alors, non, Stephen Covey  n’avait pas à ma connaissance de problème avec les maths et je ne pense pas qu’il était spécialement fan des « célèbres » calculs de Jean-Claude Van Damme (je cite : « 1+1=1 ou 1+1=11. Et ça, c’est beau » 😉 ).

Covey voulait juste faire comprendre que « la somme de ce que peut faire chaque individu en agissant seul est dérisoire comparé à ce que peuvent faire tous les individus mis ensemble et œuvrant en synergie ». La synergie c’est donc la multiplication des compétences et non pas leur addition, permettant d’obtenir des résultats bien supérieurs à ce qu’une simple coopération aurait pu produire.

Pour les cinéphiles, cela devrait vous rappeler un passage de la nouvelle trilogie de « La planète des singes » quand César explique à Maurice « un singe seul est faible, ensemble, c’est une force ».

Tout ce que nous avons étudié jusqu’à maintenant dans cet article conduit donc vers la synergie. Cela dit, il est nécessaire de faire preuve d’ouverture d’esprit. Les personnes développant des obsessions (gains, rareté…) vont voir diminuer leurs capacités de communication positive,  de découverte et de créativité. C’est ainsi qu’elles vont passer à côté de certaines opportunités et enfermer leur esprit dans un cercle vicieux teinté d’égocentrisme, de négativisme.

Mais cette synergie a ses limites. Pour qu’elle se développe, elle nécessite, en plus de l’ouverture d’esprit évoquée précédemment, d’adopter une attitude positive et d’évoluer dans un cadre sain.

De plus, la synergie encourage la différence. La similitude ne constitue pas forcément l’unité tout comme l’uniformité ne favorise pas la créativité. Échanger avec quelqu’un qui pense exactement comme vous ne vous apportera rien de plus à terme.

Une personne efficiente aura l’honnêteté d’admettre ses limites comme elle saura reconnaître qu’un échange avec des personnes pensant différemment est enrichissant.

 

 

  • Le renouvellement intelligent

Voici donc la dernière habitude générée par le travail de Stephen Covey. Afin d’être toujours efficace, il est nécessaire de renouveler nos ressources qu’elles soient mentales, émotionnelles ou physiques. Tant dans la sphère privée que professionnelle, on peut donc parler d’automaintenance dans le but de favoriser une amélioration continue.

Mais il ne s’agit pas de foncer tête baissée. Pour être efficace, ce renouvellement doit être équilibré et tenir compte de nos propres aspects spirituels, émotionnels, physiques et mentaux, car ces derniers contribuent à la qualité de notre production. Et encore une fois, la qualité de l’environnement d’une personne influencera aussi ses ressources propres.

  1. La dimension spirituelle peut se définir comme le centre à partir duquel se manifestent notre vraie nature et les valeurs qui nous sont les plus chères. Dans l’esprit de ce renouvellement, il faudra savoir identifier les activités susceptibles d’accroître nos compétences pour obtenir des résultats en termes de qualité. Cela peut être des sorties en forêt, l’écoute ou la pratique de musique afin d’entretenir une certaine sérénité intérieure.
  2. La dimension émotionnelle va être liée au cadre social. En effet, les émotions d’une personne constituent une réponse à ses interactions avec son environnement.
  3. La dimension physique concerne tout simplement l’alimentation, le sport et le repos. Ces activités sont indispensables pour se maintenir en forme et avoir de l’énergie.
  4. La dimension mentale se veut être un prolongement de ce que l’on apprend durant nos études. Une fois quitté le système scolaire, notre développement mental n’est plus aussi intense et nous nous contentons souvent d’utiliser les compétences que nous avons acquises par le passé, sans forcément chercher à en obtenir d’autres. Autre tendance générée par certains médias modernes, le survol de la culture ou de l’information. Comprenez « ingérer une information pas forcément judicieuse et sans réflexion » ce qui ne contribue pas au développement de l’esprit critique. C’est pourquoi Stephen Covey  recommandait déjà à son époque de consulter les travaux de grands auteurs afin de continuer à développer nos capacités.

 

Voilà donc des pistes pour devenir plus efficace au quotidien. Mais me direz-vous, quel est le rapport avec le dessin ?

J’y viens, j’y viens.

 

Dans l’univers artistique

En fait, il est possible de se servir du travail de Stephen Covey et de l’adapter à l’univers artistique.

 

  • Pratique quotidienne

Les artistes les plus doués s’entraînent tous les jours, même lorsqu’ils sont épuisés ou qu’ils aimeraient faire/penser à d’autres choses.

Pourquoi tous les jours alors qu’ils pourraient se reposer le week-end ? Ou inversement, pourquoi ne pas profiter du week-end pour disposer de plus de temps d’un coup pour dessiner ?

Tout simplement parce que disposer d’un long moment pour dessiner est une chose rare. Autant alors, dessiner quotidiennement 20 à 30 min plutôt que d’espérer trouver dans la semaine un jour avec 1 à 2 heures consacrées au dessin.

Les grandes créations de notre civilisation ont été réalisées par des personnes travaillant dessus quotidiennement et sur une période longue. Qu’il s’agisse de cinéastes, d’écrivains ou de peintres. Par exemple, Picasso pouvait s’offrir le luxe de faire des grasses matinées et de ne se mettre à la peinture qu’une fois l’après-midi entamée.

Et même si vous pensez que le temps vous manque, que 5 min ne servent à rien, ce n’est pas grave. Si effectivement, vous êtes à court de temps, ces 5 min seront toujours plus utiles que 0. Un carnet de croquis vous sera alors fortement utile pour vous exercer pendant une pause déjeuner par exemple, dans les transports en commun (si vous n’êtes pas sujet au mal des transports ^^ )… etc.

Chez vous, il en va de même. Faites en sorte d’avoir toujours un lieu approprié pour dessiner quotidiennement (une table propre dans la cuisine est suffisante ^^ ) et donnez-vous un objectif. Par exemple, vous vous dites « aujourd’hui, je vais juste dessiner une ou deux lignes ». Pris dans l’action, vous en ferez alors probablement plus et ainsi vous aurez trouvé le temps qui en apparence vous manquait.

Je suis conscient que la pratique quotidienne demande un certain travail, notamment sur soi. Apprendre à se discipliner par rapport à une tâche est une capacité qui ne vient pas du jour au lendemain et sa mise en œuvre demande une volonté réelle et sérieuse.

 

  • Oubliez la perfection

Comme le dit le proverbe, « la perfection n’est pas de ce monde », ce qui n’empêche pas beaucoup d’artistes d’être perfectionnistes et d’en tirer une certaine force créatrice.

Néanmoins, il ne faut pas confondre un haut niveau de qualité et le perfectionnisme. Cette dernière notion pourrait compromettre à terme les progrès des artistes ou les bloquer sur un projet.

Le plus important n’étant pas la perfection, mais le volume de travail. Ce n’est qu’en travaillant que nous pouvons nous rapprocher de nos ambitions.

Si on pense aux grands maîtres, généralement, on ne se souvient que de quelques-unes de leurs œuvres. Et pourtant…

Encore une fois, prenez Picasso. 1800 peintures, plus de 10 000 dessins, presque 3 000 céramiques. Ou encore Dalí. 1 600 peintures, un grand nombre de sculptures et de dessins. Plus on produit, plus on a de chances de réaliser un excellent travail et pourquoi pas un chef d’œuvre !

Alors qu’être obsédé par la perfection nous poussera à rester bloqué sur une œuvre pendant des jours, des semaines. Autant d’heures qu’il aurait été possible d’employer différemment en travaillant dans un autre style, sur un autre sujet ou avec une autre technique. Au final, c’est une perte de temps et d’apprentissage.

Le perfectionnisme est une bonne chose, mais à doses homéopathiques. Acceptez vos défauts artistiques, apprenez à vivre avec.

Sachez terminer une œuvre et passer à la réalisation suivante.

 

 

  • Sources d’inspiration et style personnel

Dans l’esprit de beaucoup de personnes, tous les grands artistes d’hier et d’aujourd’hui sont nés avec un talent prodigieux et avec des idées uniques pour leurs toiles.

C’est bien évidemment faux et archifaux.

Par exemple, prenons Francisco de Goya, auteur de « Tres de Mayo ». Cette œuvre faisait suite aux évènements de la nuit du 2 au 3 mai 1808 (rébellion du peuple madrilène contre l’occupation de la ville par les Français, et qui s’étendit dans toute l’Espagne. Ce fut le début de la guerre d’indépendance espagnole). La toile représente l’exécution des combattants espagnols prisonniers par les troupes de Napoléon.

 

« El Tres de Mayo », Francisco de Goya, 1814

 

Pour construire sa composition, l’artiste s’était alors inspiré de l’estampe « Los cinco religiosos fusilados en Murviedro » de Miguel Gamborino (1813). Œuvre qui fait aussi référence à la guerre d’indépendance espagnole.

 

« Los cinco religiosos fusilados en Murviedro, Miguel Gamborino, 1813 »

 

Il est probable également que Goya se soit inspiré d’une œuvre du même thème signée Antoine-Jean Gros (peintre travaillant pour Napoléon), « Capitulation de Madrid, le 4 décembre 1808 » de 1810. Goya étant antinapoléonien, il réalisa alors son « Tres de Mayo ».

 

« Capitulation de Madrid, le 4 décembre 1808 », Antoine-Jean Gros, 1810

 

L’œuvre de Goya passa à la postérité, inspirant d’autres artistes à travers les âges. C’est le cas d’Édouard Manet qui, plus de 50 ans après, réalisa en plusieurs versions « L’Exécution de Maximilien » pour dénoncer un autre fait de guerre : la condamnation à mort et le passage par les armes de l’empereur du Mexique, Maxililien 1er et de deux de ses fidèles, les généraux Miguel Miramón et Tomás Mejía.

 

« L’Exécution de Maximilien », Édouard Manet, 1868

 

Plus d’un siècle après l’œuvre de Goya, Picasso, également choqué par un fait de guerre (le bombardement de la ville de Guernica par les forces de l’Axe en 1937), réalisa « Guernica ». Bien qu’inspirée de Goya, l’œuvre de Picasso est plus personnelle et s’en détache davantage que celle de Manet.

 

« Guernica », Picasso, 1937

 

Picasso toujours, en 1952 en réaction à la guerre de Corée, réalisa « Massacre en Corée ».

 

« Massacre en Corée », Pablo Picasso, 1952

 

D’autres artistes encore s’inspirèrent du travail de Goya, comme l’allemand Wolf Vostell avec « Miss America » de 1968 ou l’artiste chinois Yue Minjun avec « Exécution » en 1995.

Peut-on parler de vol ? De plagiat ? Certainement pas. Tous les grands artistes de ce monde furent influencés par d’autres et pas uniquement par des idées qui leur traverseraient la tête ou par ce qu’ils auraient pu voir au détour d’une rue.

Donc comme j’ai déjà dû vous le dire dans le cadre d’un article ou d’une de mes formations, constituez-vous une compilation d’œuvres que vous aimez le plus, quel que soit le style, et gardez-la à portée de main.

Cela vous servira évidemment de référence, mais aussi de motivation, notamment lors des périodes de doute ou de manque d’envie.

 

  • Zone de confort et exercices

Je vous disais tout à l’heure qu’il faut vraiment pratiquer quotidiennement, qu’il ne faut pas s’arrêter aux détails et ne pas être obsédé par la perfection. La pratique aide effectivement « à tendre vers la perfection » (bien que cette dernière  n’existe pas !). Mais la pratique seule amène à la procrastination et nous pousse à ronronner. Je m’explique.

Si par exemple, tous les jours, vous vous contentez de faire des dessins ici ou là, vous allez vite plafonner.

En effet, en procédant ainsi, vous resterez dans votre zone de confort et pire vous répéterez toujours les mêmes erreurs sans savoir pourquoi. Donc la pratique oui, mais ne pas oublier les exercices et autres tutos (comme ceux que vous pouvez retrouver sur ce blog, la page YouTube ou dans mes formations).

Je sais que certains exercices ne plaisent pas à beaucoup d’entre vous (comme le travail de la perspective). Néanmoins, ils sont indispensables pour évoluer et être capable de dessiner autre chose dans le futur. Une habitude difficile à prendre, car ça nous pousse à faire ce qui ne nous plaît pas forcément alors que naturellement, nous préférons passer du temps sur ce que nous aimons.

Vous faire violence vous permettra notamment de ne pas avoir une construction bancale ou d’éviter le syndrome Picasso pour la réalisation d’un portrait.

 

 

  • Savoir couper

Donc, vous voilà motivés pour appliquer tout ce que nous avons pu voir jusqu’à maintenant. Mais la fatigue s’accumule et comme bien d’autres avant vous, vous vous obstinez à toujours dessiner. Comme si votre vie en dépendait…

Sauf que cela ne sert à rien. Arrivés à un stade, non seulement vos yeux vont vous « piquer », mais en plus ils ne verront plus vos erreurs. Votre cerveau étant comme déconnecté. Ou alors, vous êtes face à votre œuvre, mais vous ne savez plus comment la prendre, ni quelle direction lui donner.

Donc, selon le dessin que vous réalisez et la complexité de celui-ci, une pause de quelques minutes à quelques jours sans le toucher peut être utile (période durant laquelle vous pouvez très bien passer à un autre dessin comme ne rien faire si vraiment c’est nécessaire).

Dans tous les cas, cela vous permettra de revenir avec des yeux « tout neufs ». Les erreurs et améliorations potentielles vous apparaîtront bien plus facilement. Vous vous sentirez aussi plus libres d’expérimenter, de sortir de votre style habituel et vous devriez finir le dessin plus vite que si vous vous étiez obstinés à vouloir le terminer au mauvais moment.

Ainsi, vous pourrez obtenir plutôt qu’un dessin final correct, quelque-chose  de très bon.

 

  • Obtenir des critiques et avis

Avoir peur du regard extérieur sur nos réalisations est une réaction assez classique sans oublier que l’on a tendance à mettre sur un piédestal celles et ceux qui affrontent les critiques sans sourciller.

Tout d’abord, il faut différencier la critique constructive de la critique « gratuite ». Il y a ceux qui tentent de regarder objectivement le travail d’un autre, de lui dire ce qui pourrait clocher et il y a les « rageux », adeptes des phrases sans contenu constructif de type « C’est moche ».

Même si ce n’est pas évident, il ne faut pas s’arrêter à la deuxième catégorie de commentaires et ne prêter attention qu’à la première. Celles et ceux qui parmi vous utilisent les différents forums du blog savent à quel point des commentaires constructifs et une ambiance saine aident à faire diminuer la peur du regard des autres. Et c’est pourquoi nous travaillons tous les jours pour maintenir le bon esprit sur les forums.

Voilà pour cette petite distinction sur la notion de critique.

Recevoir des avis, commentaires et critiques permet d’avoir un regard totalement extérieur sur nos réalisations. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi savoir les écouter et en tenir compte. Cela peut vous faire économiser du temps de travail et éviter des prises de tête. Et pour récolter des critiques, pas besoin d’avoir forcément un professionnel sous la main ; amis et famille peuvent tout à fait faire suffire. Et cela même s’ils n’y connaissent pas grand-chose.

 

 

  • Plaisir

Une autre idée reçue sur les artistes et qui a la peau dure : les artistes peuvent créer une œuvre d’art à partir de n’importe quel thème même si cela ne les touche pas.

C’est bien évidemment faux. Les génies et maîtres d’hier comme ceux d’aujourd’hui réalisent des œuvres d’art à partir de sujets qui les touchent ou qu’ils aiment.

Prenez par exemple l’ingénieur serbe Nikola Tesla. Grand humaniste et voulant que l’électricité bénéficie à tous gratuitement, il engagea toute son énergie dans la recherche quitte à passer pour un fou. Auteur de 300 brevets et sûrement plus encore.

Prenons le cas d’Émile Zola et de son « J’accuse ». L’officier français Alfred Dreyfus fut accusé d’avoir livré des documents à l’Allemagne. Scandalisé par la tournure judiciaire que prenaient les événements et voyant les vrais coupables s’en sortir, Émile Zola rédigea cet article accusant nominativement les personnes qu’il considérait comme fautives. Texte dans lequel il mit tout son cœur, mais qui lui valut des démêlés avec la justice.

Ou encore les œuvres d’art de Goya, Manet et Picasso vues plus haut dans lesquelles les artistes mirent tout leur cœur.

À l’inverse, dessiner autre chose, sans y mettre son cœur, juste pour satisfaire d’autres personnes, c’est prendre le risque d’obtenir un dessin plat, ne provoquant pas d’ émotion. Les spectateurs même non initiés peuvent faire la différence entre un dessin dans lequel l’artiste a mis tout son cœur et un autre qu’il aura fait sans réelle passion.

L’art doit rester un moyen d’évasion, d’expression, d’exultation. La vie quotidienne est déjà bien assez cadrée ; donc la création artistique est peut-être un des derniers moyens d’être libre de « ses mouvements ».

 

Pour conclure en un rapide résumé,

  1. Sans objectif, un dessinateur aura tendance à procrastiner.
  2. Sans projet clair, un dessinateur aura du mal à se mettre au travail.
  3. Être trop focalisé sur la technique empêche d’avancer artistiquement et de se démarquer.

On apprend beaucoup mieux :

  • en réalisant un projet que l’on aime,
  • en se penchant sur la technique au fur et à mesure que son projet avance, quand le besoin s’en fait sentir, même si les dessins ne sont pas « parfaits ».

On passe toute sa vie à apprendre des choses, alors autant le faire en s’amusant.

A contrario, les dessinateurs débutants ou amateurs qui attendent que leur technique soit parfaite avant d’attaquer un projet (bien souvent vaguement défini d’ailleurs) vont abandonner dans 99% des cas et arrêter le dessin inéluctablement.

 

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26 commentaires pour “Les secrets des artistes prolifiques révélés dans cet article !”

  1. Photo du profil de Baltha Baltha dit :

    merci Pit pour cet article tquand ellement important !
    j’avoue qu’avec la rentrée j’ai peur de me perdre dans mon boulot et ne plus savoir ou donner de la tête en dessin… faire des exercices réguliers du genre études même si cela plait moyennement ou se focaliser sur un projet plus grand qui me tente plus en étant très serré niveau temps libre.. bref je vais essayer d’appliquer tes conseils et on verra 🙂

  2. Josefa dit :

    Excellent article

  3. lola dit :

    Bravo pour cet article vraiment complet ! j’y ai beaucoup appris, et c’est très motivant. Merci beaucoup 🙂

  4. Erik dit :

    Très bon article et tellement vrai.
    Malheureusement il ne suffit pas toujours de connaitre ses erreurs pour réussir à les corriger mais j’imagine que c’est déjà un bon début.Personnellement je me sens totalement concerné par la dernière phrase de l’article qui me décrit très bien.
    Le problème avec ces méthodes de développement personnel c’est que ça ne fonctionne que si on a le déclic. Si on ne « ressent » pas le truc ça restera des jolies phrases un peu générales. J’ai réussi à arrêter de fumer grâce à ce genre de méthode et je ne saurais pas dire pourquoi à un moment donné ça a marché alors que ça me faisait doucement rigoler auparavant. Je ne sais pas trop pourquoi je n’arrive pas à utiliser cette méthode pour dessiner régulièrement et finir mes nombreux projets en cours.
    Je pense, si cela peut aider qui que ce soit, et en me basant sur mon expérience d’arrêt du tabac, que l’aspect le plus important c’est de prendre une décision et de s’y tenir (dans mon cas ne pas fumer par exemple) mais il faut être convaincu.
    En tout cas merci Pit de nous faire partager cet esprit positif. Ca fait du bien même en dehors du dessin. 🙂

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      avec plaisir Erik. 🙂

    • Photo du profil de Lours blanc Lours blanc dit :

      je suis bien d’accord avec ta remarque, sans déclic mais surtout sans « miroir » extérieur (comme un référent bien veillant prêt à vous foutre des coups de pieds dans le fondements de temps entre-autre bref un ami au mieux ou un psy au pire (lol)) il faudrait être une personne vraiment bien dans sa tête pour nous même s’auto-analyser et avancer.
      En dehors de cela ca ne restent que de jolies phrases reproduites sur de joli photo de pierre et cours d’eau très « Zen Spirit » sur les profiles Facebook si elles ne sont pas incarnée par une prise de conscience existentielle. nous racontons parfois pas mal d’histoire sur nous même.

      Alors si et seulement si, cette petite étincelle émerge en nous alors le reste n’ai que question de travail « Y a pu qu’a », nous dépassons le statut de spectateur de notre vie a celui d’acteur voir d’auteur

      comme par magie, l’inertie ( la force d’opposition a un mouvement) n’existe plus. Pit par ces exemples multiples d’articles de coaching voire de développement personnel nous invite a une reflexion, une prise de conscience mais ne nous donne que les outils, c’est a nous d’avancer.

      enfin mon expérience d’éducateur spécialisé, m’apprise que pour faire « avancer » une personne, c’est d’abord construire avec elle et sur SES attentes a elle, dans son histoire a elle, SON projet de vie et non coller des paterns sociaux qui ne correspondent a rien pour la personne.

  5. Denis Cat dit :

    Bonjour Pit,

    Excellente idée d’avoir mis en perspective la pratique du dessin dans un cadre de « développement personnel »
    Depuis quelques mois je pratique le dessin dans le but d’en faire mon activité principale.
    Salarié depuis toujours cette nouvelle liberté n’est pas sans me poser quelques problèmes.
    Alternativement j’ai tous les défauts mais aussi toutes les qualités décrits dans ces 7 points.
    Intuitivement mais aussi de par mes lectures et fréquentations, aucun de ces point ne m’est étranger, pourtant tous les mettre en pratique relève d’un vrai défi…
    Cet article est donc pour moi un rappel, un axe, un fil rouge, auquel je me référerai durant les mois qui viennent
    Merci pour l’ensemble de votre oeuvre !!!

    Amicalement

    Denis Cat

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      effectivement, cela fait maintenant presque 10 ans que je travaille à domicile, et sans organisation rien n’est possible 🙂
      merci pour votre message!

  6. Mag3 dit :

    Bonjour Pit,
    Quel plaisir de te lire, j’espère que tu vas mieux et que toute l’énergie que tu nous donnes t’est renvoyée, car tu le mérites !!!
    Ton article tombe bien….vraiment et je le retrouve bien dans ton dernier paragraphe… Je vais tenter de faire exploser ma créativité que je fais taire depuis longtemps mais je préférais jusque-là bien maîtriser le côté technique. Je vas tenter d’allier les deux. Merci encore 1000 fois, tu es vraiment un « petit ange » pour nous 😉

  7. Elize dit :

    Je partage complètement ces idées. Je retiens surtout le schéma des choses importantes/urgentes, j’essaie au quotidien de ne pas me faire happer par des choses qui ne me concernent pas, et qui sont peu urgentes.
    Je me reconnais aussi complètement dans l’idée de créer beaucoup, ou au moins un peu chaque jour, qui reviens à créer beaucoup dans le temps.
    Merci pour cet article très détaillé.

  8. Voilà un article dès plus intéressant. ^^

  9. Ninon dit :

    Très intéressant. Merci!

  10. gerard dit :

    Effectivement l’ouverture d’esprit, le partage d’expériences et la positivé dans ce que l’on entreprend sont des facteurs importants pour progresser. Cela demande souvent une remise en question sur notre comportement que malheureusement peu de personnes sont prêtes à envisager. Souhaitons que cet excellent article fasse son effet.
    Gérard

  11. Actarus dit :

    Excellent article, cela va m’aider dans mes projets. Merci de ton travail.

  12. Photo du profil de orey59 orey59 dit :

    Oô grand Maître ! Je suis ravie d’avoir de bonnes nouvelles. Courage et merci pour cet article. Bonjour à Océ. Je tiens à signaler que Pyf a publié de bons portraits, bravo à lui. À +

  13. jayvee dit :

    Super article , il tombe pile poil pour la rentrée et cela signifie partir avec des bonnes habitudes !;)

  14. Photo du profil de Amandine58 Amandine58 dit :

    Merci pour cet article. J’avais lu Covey, mais sans rien en tirer, ça m’avait même gonflée. Je crois aussi, comme c’est dit plus haut dans les commentaires, qu’il y a des moments où on est plus disponible psychiquement pour pouvoir appliquer ce genre de méthodologie,et où on arrive à s’autobotter les fesses. Mais il faut essayer quand même, sans attendre le bon moment, sinon on attend longtemps que les planètes soient alignées pour faire avancer nos projets.
    Merci !

  15. Fab dit :

    Hello Pit,
    Merci d’avoir relayé ces pistes de réflexions et d’action !
    Finalement, pourrions-nous tomber d’accord que la réussite est liée à l’état d’esprit 😉
    Savoir ce que l’on veut, avoir confiance en soi, s’adapter, rester souple et optimiste, être curieux (beaucoup de choses qui ne s’apprennent pas à l’école et pourtant tellement fondamentales !).
    J’ai bien aimé aussi Une vidéo en anglais avec Blender Guru sur les habitudes des artistes efficaces..
    Bon apprentissage et réussite à tous !!

    • Photo du profil de Pit Pit dit :

      oh oui! se développer personnellement et avoir confiance en soi, sont des atouts incroyables.
      Mais il faut faire l’effort de les travailler, et ça, c’est une autre paire de manche. Rares sont les gens qui le font. ^^

    • Photo du profil de Lours blanc Lours blanc dit :

      Je dirais plus tôt une hygiène de vie ou une philosophie, qu’un état d »esprit. Savoir ce que l’on veut est bien difficile a savoir dans nos jeunes années et quant bien même, nos envies peuvent évoluées. Nous vivons par cycles, notre vie ne ressemblent guère a celle d »il y a 10 ans 20 30 40 50 ans a chaque époque correspond un environnement

  16. Photo du profil de isadoralys isadoralys dit :

    Merci beaucoup pour cet article! Ça motive et surtout ça aide beaucoup pour un projet!

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