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Vincent Van Gogh, l’artiste qui douta jusqu’à la fin

 

30 mars 1853 – 29 juillet 1890

30 mars 1853 – 29 juillet 1890

 

Un enfant discret, mais déjà sensible

Issu  d’une famille pieuse de l’ancienne bourgeoisie, Vincent Van Gogh est le fils aîné de Theodorus Van Gogh et d’Anna Cornelia. Enfant peu expansif,  il réalise ses premiers croquis lorsqu’il rejoint l’internat de Jan Provily (1864).

Deux ans plus tard, il intègre le collège Guillaume II, situé à une quarantaine de kilomètres de chez lui. Cet éloignement passe mal pour cet enfant discret et en 1868, il rentre chez ses parents à Zundert.
L’année suivante, Vincent Van Gogh, alors âgé de 16 ans, part pour La Haye afin de suivre la tradition familiale  en travaillant pour la compagnie de négoce d’art « Goupil & Cie » (une filiale fondée par son oncle). Cet apprentissage est une réussite, car il finit par être embauché et obtient un poste à Londres 4 ans plus tard. Une période qui est présentée comme une des plus heureuses de sa vie jusqu’à ce qu’il connaisse un déboire amoureux. Une bonne claque devrait-on dire d’ailleurs puisqu’il déclare sa flamme à une jeune fille qu’il fréquente, sauf que celle-ci s’est secrètement fiancée avec un autre.
S’isolant de plus en plus et développant un intérêt des plus important pour la religion, son attitude inquiète ses proches (bien que sa famille soit très pieuse, son père étant pasteur).

 

Un premier virage

C’est lors de son voyage à Paris en 1875 pour rejoindre le siège de son entreprise qu’il prend la pleine mesure du négoce artistique. Mécontent et profondément choqué de voir une création traitée et vendue comme une marchandise, il exprime ouvertement sa vision des choses. Visiblement, cela n’est pas du tout apprécié, car il perd son emploi moins d’un an après.
Il rentre alors en Angleterre et laisse sa foi religieuse s’exprimer de plus belle. Parallèlement à cela, il enseigne dans un internat à Ramsgate et dessine quelques croquis de la ville. Alors que l’école déménage, Van Gogh reste sur place et prêche l’Évangile sans cesse à qui veut bien l’entendre.

Après une expérience professionnelle malheureuse dans une librairie et alors qu’il se laisse aller jusqu’à oublier de se nourrir, sa famille comprend son intérêt pour la religion et le pousse à suivre des cours à l’université pour étudier la théologie. Mais tant à Amsterdam qu’à Bruxelles, il échoue aux examens.
Il deviendra alors prédicateur laïc et obtient une mission d’évangéliste auprès des mineurs de charbon du Borinage en Belgique. Il est alors un homme engagé, fougueux et solidaire des luttes contre le patronat. Il va jusqu’à abandonner un certain confort pour vivre comme les mineurs auprès desquels il fait ses prêches.

Un engagement qui passe mal auprès des autorités de l’Église qui l’accusent d’être un semeur de trouble. Il doit alors abandonner sa vocation. Cet épisode de sa vie marquera ses œuvres à venir. La misère des mineurs l’aura profondément marquée.
Vincent Van Gogh vit alors comme un désœuvré ce qui n’est pas sans inquiéter à nouveau ses proches, qui tentent de le faire réagir, sans succès. Pire, il se brouille avec son frère Théo ainsi qu’avec son père qui pense à faire admettre Vincent dans un institue psychiatrique.

Portrait de paysan, 1885, huile sur toile

Portrait de paysan, 1885, huile sur toile

 

Le Début d’une décennie de création

Nous sommes alors en 1880, Vincent Van Gogh a 27 ans et c’est à cet instant qu’il décide de devenir peintre. Autodidacte, il commence par représenter ses proches et des situations du quotidien par le biais de croquis au crayon, au fusain ou à la mine de plomb. Il travaille de façon indépendante et parfois en collaboration avec le peintre Anton Van Rappard. Mais n’ayant pas de réels moyens de subsistance, c’est son frère Théo qui le prendra en charge, comme souvent durant toute l’existence de Vincent.

Puis, après être encore retourné chez ses parents, éclate une énième dispute avec son père. Cette fois-ci Vincent Van Gogh trouve refuge à La Haye, chez son cousin, le peintre Anton Mauve. Il donnera alors des cours de dessin, étudiera la perspective et peindra des aquarelles.

 

Lorsque j’étais à Londres, je m’arrêtais souvent pour dessiner sur les rives de la Tamise en revenant le soir de Southampton Street, mais cela n’aboutissait à rien. Il aurait fallu que quelqu’un m’explique la perspective. 

 

Durant l’été 1882, il est hospitalisé à cause d’une maladie vénérienne. Ce problème de santé lui offre la possibilité de se réconcilier avec ses parents. C’est aussi à cette période qu’il commence la peinture à l’huile et à tester différentes techniques.

Sa relation intime avec une ancienne prostituée lui coûte l’amitié de son cousin lorsque Van Gogh se met en ménage avec elle. Est-ce à cause de ses lectures (Zola, Hugo, Balzac…etc) ou à cause de ses moments de réflexion, mais ses convictions sociales se voient renforcées et il décide de partir à la Drenthe, à la campagne.

Cette future vie isolée met fin à sa relation amoureuse et Vincent se retrouve alors seul, à nouveau. Pour lutter contre ce sentiment d’abandon, il se concentre sur la peinture. Mais son frère Théo ne pouvant plus l’aider à cause de problèmes financiers, Vincent Van Gogh doit retourner encore (!!) chez ses parents qui vivent maintenant à Nuenen. Profitant d’un atelier spécialement aménagé pour lui par ses parents, Vincent y réalise ses premières œuvres liées à la vie populaire. C’est aussi à cette période que son talent émerge.

Mais comme la vie de Vincent Van Gogh n’est pas un long fleuve tranquille, après cette période d’accalmie vient de nouvelles difficultés. En effet, après une nouvelle relation amoureuse qui finit mal (Margot Begemann tente de se suicider), le père de Vincent décède en 1885. Il quitte alors la maison familiale pour tenter de vivre de sa peinture à  Anvers. Il ne le sait pas encore, mais il ne reviendra jamais. Une fois à Anvers, il se rend compte que le marché de l’art est en récession et que sa technique n’est pas appréciée par les figures locales. Néanmoins, il peut profiter des nombreux musées et monuments pour stimuler sa créativité.

Au bout d’un an, il part pour Paris et rejoint son frère. Il s’adapte très vite d’ailleurs à  la vie parisienne et fait de nombreuses rencontres comme Émile Bernard ou Henri de Toulouse-Lautrec. C’est aussi durant sa vie parisienne qu’il décide de quitter ses harmonies de gris si longtemps utilisées pour adopter une palette plus colorée. Il réalise alors des vues de la ville et des scènes de rue.

Intéressé par l’impressionnisme et par les études de Georges Seurat et de Paul Signac qui souhaitent créer un néo-impressionnisme, Vincent Van Gogh étudie l’impression optique laissée par de légères touches de couleur primaire (rouge, bleu, jaune) et complémentaire (violet, orange, vert). Il se penche aussi sur le synthétisme de Gauguin.

 

Autoportrait au chapeau de feutre, 1887, huile sur toile

Autoportrait au chapeau de feutre, 1887, huile sur toile

 

S’il est venu à Paris pour être reconnu comme artiste, force est de constater qu’il ne vendit de son vivant que deux tableaux (qui plus est grâce à son frère Théo). D’ailleurs, il doit exposer son travail dans de petits commerces comme beaucoup d’autres impressionnistes à l’époque. Cette période de sa vie est une étape très fertile en matière de création. Mais les sorties nocturnes, le travail acharné et la consommation importante d’absinthe entament un peu plus son état mental.

Conscient de cette décrépitude, il souhaite quitter l’agitation parisienne pour le cadre plus chaleureux du sud de la France. Il pose ses valises à Arles en 1888 et durant son séjour, il y peindra pas moins de 200 toiles, rédigera autant de lettres et dessinera une centaine de croquis. La lumière, les paysages, les scènes de vie agricole, les personnages…. Tout l’inspire dans la Provence.

La Maison jaune (« La Rue »), 1888, huile sur toile

La Maison jaune (« La Rue »), 1888, huile sur toile

 

Il tiendra cela dit des propos changeant sur Arles, prouvant qu’il n’arrivera jamais à s’intégrer dans cette ville. Il adore la beauté des paysages, des femmes, des costumes, mais trouve la population paresseuse et insouciante.

Van Gogh rêve, depuis la maison jaune, d’une communauté d’artistes dans laquelle ils partageraient tous leurs expériences et recherches. Il finit par convaincre Paul Gauguin de le rejoindre vers le début de l’automne 1888.  Mais ces deux fortes personnalités ont du mal à s’entendre. C’est d’ailleurs suite à une énième dispute entre les deux artistes que l’histoire de l’oreille coupée est née.

Selon la thèse défendue par le musée Van Gogh d’Amsterdam et qui se base sur le témoignage de Gauguin, le 23 décembre 1888, Vincent Van Gogh aurait menacé Gauguin d’une lame de rasoir. Prenant peur, Gauguin s’enfuit. Malheureux, ne supportant pas cet « abandon » et dans un geste de délire, Van Gogh décide de se trancher (partiellement) l’oreille puis l’offre à une prostituée.

 

La Nuit étoilée, 1889, huile sur toile

La Nuit étoilée, 1889, huile sur toile

 

Il est alors conduit à l’hôpital et c’est peut-être là-bas que lui viendra l’idée de peindre le portrait du médecin qui s’occupe de lui, le Docteur Rey. Van Gogh se rétablit assez vite et retourne à la maison jaune début janvier 1889. Il se remet à peindre et donne naissance à son « Autoportrait à l’oreille bandée » ou au « portrait du Docteur Rey ». Début février, il retourne à l’hôpital, se plaignant d’entendre des voix. Des rumeurs commencent à courir les rues d’Arles et il finit par s’installer chez le Docteur Rey. Durant le printemps 1889, il décide de se faire soigner et entre à l’asile de Saint-Rémy.

 

Autoportrait à l'oreille bandée, 1889, huile sur toile

Autoportrait à l’oreille bandée, 1889, huile sur toile

 

Si son état de santé s’est dégradé et malgré des crises de démence, Vincent reste très productif. En effet, la direction de l’asile l’autorise très rapidement à reprendre la peinture, et comme chez ses parents, il bénéficie d’une pièce qui lui est spécialement aménagée.  L’asile lui fournit d’ailleurs de nombreux sujets de peinture : « Jardin de l’hospice à Saint-Paul » et « Arbres devant l’hospice de Saint-Paul » en sont des exemples. Il garde toujours d’importants contacts avec son frère Théo à qui il envoie régulièrement ses créations.

Les deux frères sont alors très enthousiastes lorsque Monet et Pissarro émettent des critiques positives sur le travail de Vincent, lui qui pensait alors que sa vie d’artiste ne se résumait qu’à un travail sans valeur.

 

Le dernier voyage

En mai 1890, il quitte l’asile pour ne passer seulement que quelques jours chez son frère Théo. Ne supportant plus Paris et son agitation, il effectue son dernier voyage pour Auvers-sur-Oise sur recommandations de Théo et de Pissarro afin d’y rencontrer le Dr Gachet.

Est-ce parce que cette ville était un des lieux favoris d’artistes comme Monet ou Pissarro, mais Van Gogh est rapidement sous le charme des lieux. Ainsi, il se remet rapidement au travail et finit une série sur les maisons aux toits de chaume, les rues du village ou encore son église. Le milieu artistique reconnait son talent et les soins reçus l’aident ; en deux mois, il peindra 70 tableaux.

Est-ce à cause d’une nouvelle crise de démence ou à cause de son inquiétude pour son frère Théo et pour son neveu tous deux malades, mais le 27 juillet 1890, il se suicide en se tirant une balle de révolver dans la région du cœur lors d’une balade avec son matériel de peinture.  Il décédera deux jours plus tard après avoir eu la force de revenir à son logement.
Dans une de ses lettres destinées à son frère, Vincent écrivait :

« Je croirais presque que ces toiles vous diront ce que je ne sais dire en paroles, ce que je vois de sain et de fortifiant dans la campagne. »

Et dans sa poche, le jour de sa mort, on retrouva ce mot :

« Eh bien vraiment, nous ne pouvons faire parler que nos tableaux. »

 

Ses œuvres

Ses créations témoignent de son expérience de la vie quotidienne. Elles portent aussi la marque de sa personnalité tourmentée et instable.

Études pour « Les mangeurs de pommes de terre ».

Études pour « Les mangeurs de pommes de terre ».

« Les Mangeurs de pommes de terre », 1885

« Les Mangeurs de pommes de terre », 1885

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Restaurant de la Sirène à Asnières, 1887, huile sur toile

Le Restaurant de la Sirène à Asnières, 1887, huile sur toile

 

Moissons en Provence, juin 1888, environs d'Arles, huile sur toile

Moissons en Provence, juin 1888, environs d’Arles, huile sur toile

 

Croquis de La Chambre à coucher

Croquis de La Chambre à coucher

 

La Chambre à coucher 1888

La Chambre à coucher 1888

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terrasse du café le soir, 1888, huile sur toile

Terrasse du café le soir, 1888, huile sur toile

 

Portrait du docteur Rey, huile sur toile, 1889

Portrait du docteur Rey, huile sur toile, 1889

 

Le Docteur Gachet, 1890, huile sur toile

Le Docteur Gachet, 1890, huile sur toile

 

Anecdotes sur Vincent Van Gogh

  • Encore aujourd’hui, la pathologie mentale de Van Gogh reste indéterminée, et cela malgré la centaine de psychiatres ayant pu travailler sur le sujet. Les réponses les plus courantes sont les troubles bipolaires, la schizophrénie, l’épilepsie, le saturnisme ou la syphilis. Le fait est que chacune de ces maladies est responsable de troubles qui s’aggravent si l’alimentation n’est pas saine ou à cause d’un rythme de vie trop intense. Sans parler de l’abus d’alcool, notamment l’absinthe pour notre artiste.
  • L’engagement est une notion importante dans la famille Van Gogh. La jeune sœur de Vincent et Théo, Willemina Jacoba Van Gogh est considérée comme une pionnière en matière de féminisme.
  • Théo Van Gogh qui est atteint de syphilis, finit par sombrer dans la folie et décède de démence paralytique.
  • Vincent et Théo seront passionnés de Japonisme. Ils parviendront à réunir 400 œuvres.
  • Van Gogh aurait produit plus de 2 000 œuvres d’art, dont environ 900 tableaux et 1 100 dessins. Mais peut-être bien plus encore, car Vincent détruisait régulièrement son travail si cela ne lui convenait pas.
  • La peinture « Amandier en fleurs » (huile sur toile, 1890),  est en réalité une création dédiée à son neveu,  le fils de Théo, né en janvier de la même année.
« Amandier en fleurs » (huile sur toile, 1890)

« Amandier en fleurs » (huile sur toile, 1890)

  • À sa mort, son œuvre est presque inconnue. C’est la femme de Théo, Johanna, qui travaillera pour faire reconnaître le talent de son beau-frère. C’est elle aussi qui fait transférer la dépouille de son mari Théo à côté de son frère Vincent. Un lierre, qui vient du jardin du Dr Gachet et qui symbolise la fidélité, recouvre les deux tombes.
  • Le travail de Vincent Van Gogh divise. Salvador Dali le considère comme une honte pour la peinture tandis que d’autres voient en lui celui qui a ouvert de nouvelles voies à la peinture.
  • Selon certains, Vincent Van Gogh ne se serait pas suicidé. Il aurait été victime d’une balle perdue, tirée par deux adolescents jouant avec un révolver volé. Le peintre aurait alors décidé de tenir secret cet accident afin de protéger les enfants, mais aussi pour soulager son frère Théo, pour lequel Vincent se considérait comme un fardeau. Une hypothèse d’une mort accidentelle invérifiable en l’état.

 

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