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DNMADE, un nouveau diplôme des métiers de l’art

Oct 13

Le DNMADE

Comme vous le savez déjà, depuis plusieurs années, différents protagonistes politiques se sont penchés sur la question des formations disponibles sur le marché de l’enseignement supérieur. Une réflexion ayant abouti à une réforme qui était en gestation depuis plusieurs années. Et les études d’art sont bien évidemment concernées par ces changements.

Nous avions déjà évoqué le DNMADE dans un article dédié « aux changements dès 2018 » ; article que nous avions mis à jour en fonction des annonces officielles. Mais certains d’entre vous nous ont demandé de consacrer au DNMADE un article à lui tout seul. C’est donc ce que nous allons faire.

Donc l’acronyme DNMADE signifie Diplôme National des Métiers d’Art et du Design. Avec l’apparition de ce nouveau diplôme unique, les Manaa, DMA et BTS en arts appliqués sont condamnés dans les établissements publics et privés sous contrat. Le DNMADE répond aux standards européens, décidés lors des accords de Bologne.

Le 19 juin 1999, les différents ministres européens de l’Éducation se sont réunis afin de travailler sur l’harmonisation de l’enseignement supérieur européen. Ils se sont mis d’accord sur six actions à mener :

  • Créer un système facilement compréhensible et comparable afin de garantir une bonne lisibilité, tout en facilitant la reconnaissance internationale des diplômes et qualifications.
  • Organiser les formations sur un premier cycle destiné au marché du travail (de 3 ans au moins) et un deuxième cycle nécessitant l’accomplissement avec succès du premier.
  • Valider les formations par un système d’accumulation de crédits transférables entre établissements.
  • Favoriser et renforcer la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs.
  • Coopérer en matière d’assurance de la qualité des enseignements.
  • Donner une dimension réellement européenne à l’enseignement supérieur.

Ces différentes actions devant augmenter l’attractivité des études en Europe et faciliter la reconnaissance des diplômes.

20 ans plus tard, on constate un certain rayonnement de l’offre de formation européenne à l’international. Les échanges entre étudiants et universités ont également augmenté. Mais il reste du travail à accomplir puisqu’il subsiste des dysfonctionnements entre États membres, en ce qui concerne l’application de la réforme, les différences entre établissements et la reconnaissance des diplômes d’un pays à l’autre. Des changements qui étaient à prévoir en France pour les diplômes artistiques, car notre pays a été le dernier à appliquer ce système à la filière “métiers des arts et du design”.

Refermons cette parenthèse européenne.

Certains établissements reçoivent tous les ans plusieurs milliers de candidatures pour seulement une centaine de places disponibles. Un certain nombre de filières sont donc des secteurs sous tension. C’est le cas des métiers d’art.

Beaucoup de demandes pour peu de places.

Beaucoup espèrent que l’arrivée de ces licences permettra le regroupement des étudiants et l’ouverture de places supplémentaires. Et comme expliqué juste avant, ce diplôme a pour objectif d’harmoniser les études des métiers d’art et du design au niveau national ET européen sur le modèle Licence-Master-Doctorat. Le DNMADE s’effectuera en 3 ans après le bac et confèrera le grade de licence, niveau 2. Un grade licence qui permettra aux étudiants de continuer leurs études en Master ou en diplôme supérieur des arts appliqués (DSAA) s’ils le souhaitent (nous y reviendrons plus bas). Alors que les BTS et DMA sont de niveau 3 (Bac+2). Sans oublier que la Manaa n’était « qu’une année de mise à niveau ».

Certaines académies ont déjà mis en place ce diplôme dès 2018 (Besançon, Clermont-Ferrand, Créteil, Dijon, Limoges, Lyon, Montpellier, Orléans-Tours, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Versailles). Pour les autres, ce sera à partir de 2019.

Et durant cette période de transition, établissements et étudiants vont devoir s’adapter rapidement. Lors de l’annonce de cette réforme, des étudiants étaient déjà engagés en première année de BTS dans ces différentes académies et ils ont poursuivi leurs études en seconde année de BTS depuis à la rentrée 2018. Idem pour des candidats qui ont pu demander des Manaa sur le site Admission Post-Bac en 2017. À la rentrée 2018, il y a donc eu des élèves issus de ces Manaa. Les académies ont alors dû conserver provisoirement des BTS d’arts et de design, le temps qu’il n’y ait plus d’étudiants en Manaa, car en parallèle, dans les académies citées plus haut, les DNMADE sont déjà proposés. Normalement, dès 2020, le DNMADE régnera seul.

Le DNMADE propose 14 mentions : Animation, espace, évènement, graphisme, innovation sociale, instrument, livre, matériaux, mode, numérique, objet, ornement, patrimoine, spectacle. Chaque mention correspond à un diplôme. Un établissement peut proposer plusieurs DN MADE avec différentes mentions et diverses spécialités. Il est important de se renseigner sur l’offre de formation avant de faire son choix.

Les inscriptions en DNMADE se font sur la nouvelle plateforme Parcoursup. Celle-ci offre la possibilité de faire des vœux. Mais une mention vaut un vœu (sachant qu’en janvier 2019, il n’était pas possible de les classer par ordre de préférence). Et pour chaque vœu, vous pouvez formuler 10 sous-vœux. C’est-à-dire que pour une mention choisie, vous pouvez en réalité démarcher 10 établissements proposant cette mention. Là aussi, pas de possibilité de classement. Le nombre de sous-vœux est limité à 20. Donc si, par exemple, 3 mentions vous intéressent, il faudra répartir vos 20 sous-vœux en conséquence [sachant que chaque vœu doit forcément être accompagné d’un sous-vœu]. Autrement dit, il est impossible de choisir une mention [vœu] sans préciser un établissement [sous-vœu]. Il vous est possible de dépasser les 20 sous-vœux à condition… de ne pas vous limiter au seul DNMADE. D’autres formations ne sont pas sélectives ou ne comptabilisent pas les sous-vœux. Mais nous nous écartons du sujet du jour.

TOUS les bacheliers [généraux, technologiques ou professionnels] peuvent postuler. Les titulaires d’un diplôme de spécialité proche, de niveau équivalent au bac, tel que le brevet des métiers d’art peuvent également prétendre à faire un DNMADE.

Mais inscription ne vaut pas recrutement. En effet, les dossiers scolaires seront scrutés de près et une lettre de motivation [ou projet de formation motivé] sera demandée. L’entretien peut faire partie des conditions d’admission. C’est un recours possible lorsque les jurys ont besoin d’un complément d’information.

Le book n’est pas demandé systématiquement, mais mieux vaut en avoir préparé un. En effet, pour certaines mentions de DNMADE, peu d’établissements les proposeront et les places seront d’autant plus rares. La sélection va alors être plus sévère. Mais le book est surtout un moyen pour les écoles de mesurer le potentiel d’un candidat et de vérifier sa motivation. En effet, ce diplôme demande un réel engagement et une importante ouverture d’esprit. Il est donc bon de s’intéresser à l’actualité culturelle. Et si vous avez une activité en lien avec le social, l’animation, l’associatif, précisez-le dans le dossier de candidature. Cela démontre justement une certaine ouverture d’esprit. Enfin, il n’est pas demandé à un étudiant de savoir faire dès la candidature à la formation ce qu’il vient justement y apprendre. On n’attend pas de vous que vous soyez le nouveau Picasso, Capa ou Doisneau dès votre inscription !

Pour mettre toutes les chances de votre côté, pensez aussi à vous inscrire dans plusieurs établissements proposant la mention qui vous intéresse.

Sachez également qu’un bon niveau d’anglais est demandé. L’art est international !

Afin de proposer le DNMADE, les établissements ont dû signer un conventionnement avec une université ou un établissement public [à caractère scientifique, culturel et professionnel]. L’établissement dispose alors d’une marge de manœuvre puisqu’il peut à sa guise définir les spécialités à l’intérieur des mentions et décliner l’organisation ainsi que les contenus d’enseignement selon les spécificités et les besoins des territoires.

Mais comment se déroule alors ce diplôme pendant ces 3 années ?

Le diplôme fonctionne autour de trois grands pôles :

  • les enseignements génériques, cultures et humanités [philosophie, lettres et sciences humaines ; culture des arts, du design et des techniques] ;
  • les enseignements transversaux [méthodologies, techniques et langues vivantes, avec également un module sur les contextes économiques et juridiques] ;
  • les enseignements pratiques et professionnels [ateliers de création ; travail interdisciplinaire ; professionnalisation].

Les étudiants auront 30 heures de cours par semaine en première année, 27 heures en deuxième année et 24 heures pour la troisième et dernière année [avec un renforcement progressif des heures en ateliers de création].

La première année permet l’acquisition des outils fondamentaux conceptuels, artistiques et techniques, d’orientation et de les consolider. Contrairement à la Manaa [selon le bac obtenu], la première année est obligatoire.

En deuxième année, on parle alors d’approfondissement au sein d’un domaine de spécialité. Il s’agit des 14 mentions citées plus haut. Cette deuxième année a pour but d’aider l’étudiant dans son orientation et dans la construction de son projet professionnel.

Enfin, en troisième année, les étudiants se perfectionneront dans la fameuse mention choisie l’année d’avant, avec un mémoire et un projet individuel ou collectif soutenus à l’oral devant un jury.

La formation prévoit une période obligatoire de stage en France ou à l’étranger [de 12 à 16 semaines], ainsi qu’une possibilité de séjour d’études à l’étranger [Erasmus]. À noter que les évaluations fonctionnent sur le principe du contrôle continu. Cela oblige les étudiants à travailler toute l’année régulièrement.

Et après, quel chemin emprunter ?

Cette réforme ouvre plus de portes que par le passé. En effet, le DNMADE offre plus de possibilités qu’avec les anciens BTS ou DMA. À l’issue de ces trois années, les étudiants peuvent notamment poursuivre leurs études en s’orientant vers un DSAA [diplôme supérieur des arts appliqués] de même spécialité, mais aussi un master [pour 2 années supplémentaires]. Ils peuvent aussi intégrer une grande école d’art [Ensad, Ensci, etc.] ou préparer un DNSEP [diplôme national supérieur d’expression plastique] en entrant dans une école des beaux-arts.

Après ces trois ans, les étudiants peuvent aussi intégrer le marché du travail. Le DNMADE les prépare aussi pour ça. Ainsi, en fonction de la mention choisie, les étudiants sont formés à différents métiers [photographe, designer, maquettiste, ébéniste, sculpteur de bois…] et pourront être salariés, entrepreneurs ou travailler pour une collectivité.

Voilà cet article terminé. N’hésitez pas, en commentaires, à nous raconter votre expérience concernant ce nouveau diplôme. Cela pourra servir aux futurs artistes qui passent par ici.

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A propos de l'auteur

Pit Graf, créateur du blog Apprendre-a-dessiner, ancien kinésithérapeute recyclé en prof de dessin: il a juré fidélité à ses lecteurs et ses élèves pour la vie (jusqu'à ce que la mort les sépare).

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