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Le top 18 des conseils que j’aurais voulu recevoir quand j’ai commencé le dessin

Juin 28

Salut à toi compagnon dessinateur,

 

Voici les conseils que j’aurais voulu recevoir quand j’ai commencé le dessin et qui m’auraient fait non seulement gagner  du temps et de l’énergie mais aussi économiser pas mal d’argent.

C’est un résumé de toutes les erreurs que j’ai faites par le passé, et de toutes les pratiques et techniques qui m’ont servi à m’améliorer beaucoup plus vite en tant qu’autodidacte.
En définitive, l’article qui va suivre s’avère encore plus précieux qu’un cours de dessin classique, car  non seulement il relate mon expérience en tant que dessinateur, mais aussi celle que j’ai en tant qu’instructeur.

En effet, j’ai vu passer des dizaines de milliers de dessinateurs sur mon blog, et j’ai accompagné de très près, plus d’une centaine de dessinateurs dans un laps de temps relativement court.
Je pense savoir exactement ce qui pose problème à la plupart de mes élèves, peut être bien plus qu’un prof de dessin classique formé à base d’éducation nationale et de beaux arts d’ailleurs (merci internet). J’aimerais  partager cela avec vous ici.

Je vous conseille donc de marquer cette page dans vos favoris et d’y revenir souvent au cours de votre apprentissage, car cela va vous épargner de nombreux déboires inutiles (c’est le moins qu’on puisse dire).
Je sais que la plupart d’entre nous ne peuvent suivre aveuglément un inconnu qui écrit des articles sur internet. Mais ceux qui me connaissent mieux savent à quel point je suis dévoué à mon travail et à la cause du dessin.

Jamais je ne dis de choses sans réfléchir sur mon blog, et je m’efforce toujours de me rapprocher de la vérité commune, même si chacun a la sienne, en étant le plus transparent possible sur ce que je pense vraiment.
Malgré les apparences, je n’aime pas tourner autour du pot, alors autant aller directement dans le vif du sujet.
Avant tout, j’aimerais répondre une bonne fois pour toutes au top 10 des questions redondantes que les dessinateurs débutants (et amateurs en tous genres) me posent très fréquemment, et auxquelles je voudrais mettre un terme.

 

Le dessin est-il un don?

Cette remarque naïve, on me l’a faite d’innombrables fois: “vous avez le don du dessin je vous envie!”.
Et pour quelqu’un qui a travaillé sans relâche en autodidacte depuis plus de 12 ans, cette remarque peut s’avérer très vite déplacée, voire blessante (aujourd’hui elle ne l’est plus car j’ai acquis bien trop de répartie sur le sujet).
C’est comme si on me disait: “tu ne mérites pas ta compétence, c’était un cadeau de mère nature”. Et tout le travail derrière alors? ça ne compte pas? Surtout que je n’étais pas un enfant spécialement doué à l’origine.

Ce qui me fait tendre à croire que certaines personnes en sont encore à l’âge du miroir: s’ils n’ont pas vu, c’est que ça ne s’est jamais passé…
Donc un petit rappel pour toutes ces personnes qui croient encore au père noël 🙂
Voilà le niveau que j’avais à 25 ans:

On est très loin du super talent inné légendaire, et encore bien plus loin du nouveau-né avec le crayon dans la main.

 

Combien de temps faut-il pour apprendre à dessiner?

“6 mois, 2 semaines, 4 jours et 3 heures”: C’est le genre de réponse que je peux lâcher un peu sarcastiquement à ceux qui me  posent la question. Je ne crois pas me l’être posée une seule fois, même si au fond de moi j’ai trouvé le temps très long (et j’en bave toujours).

En gros, ce que je veux dire c’est qu’il est impossible de répondre à cette question, car il me faudrait une boule de cristal pour le savoir. Cela va dépendre de nombreux facteurs: motivation, capacité d’attention, régularité, temps disponible, théorisation… autant de paramètres complètement personnels.

Et d’ailleurs la notion de “savoir dessiner”  reste très subjective. J’ai ma définition, chacun a la sienne, et chacun a ses objectifs. Par exemple, dessiner avec des formes simples d’imagination est tout à fait différent de dessiner d’observation et de manière réaliste.

Pour moi, savoir dessiner c’est pouvoir aligner deux traits pour que la personne en face puisse reconnaître (ou ressentir) ce dont je parle, quels que soient le style et la forme. Le dessin est un langage non verbal à part entière, c’est presque aussi bien que la télépathie, car on peut transmettre son message mais aussi ses émotions à autrui sans ouvrir la bouche.

Le dessin nous ouvre à une liberté infinie. Même coincé entre quatre murs, on peut s’échapper de la réalité quelques instants avec seulement un crayon et une feuille.
Il faut voir le dessin comme un marathon, pas comme un sprint. C’est la constance du dessinateur qui va payer. Dessiner 30 minutes à 1 heure par jour est bien plus bénéfique que de dessiner 10 heures toutes les deux semaines.

Un apprentissage efficace et durable est un apprentissage qui se construit sur une longue période, en cimentant la théorie avec la pratique.
Il est bien plus facile de mémoriser la théorie si on l’applique au fur et à mesure.
Après rien n’empêche un dessinateur de procéder par cures s’il en a le tempérament.

Mais dans tous les cas, l’endurance primera toujours sur le sprint.
Personnellement je n’ai pas beaucoup dessiné par rapport à certains professionnels que je connais. Jamais beaucoup plus de 1h par jour. Et parfois je reste des semaines, voire des mois, sans dessiner.
Mais cela ne m’empêche pas de progresser.

Vous savez où je veux en venir?
Alors que certains se jettent  sur la première photo qu’ils trouvent sur google image ou pinterest, d’autres travaillent plus intelligemment, sans copier littéralement (voir cet article).
S’inspirer de photos est essentiel et apprend beaucoup, mais savoir s’en détacher est une étape que doit planifier l’amateur dans son apprentissage, s’il désire se dépasser:
Donc ceux qui s’attendent à des prouesses en l’espace d’une semaine, vont être bien déçus.
On peut apprendre les bases du dessin en deux mois, oui. Mais de là à parvenir à ses objectifs les plus fous en un délai aussi court, voire à dessiner d’imagination de façon réaliste, c’est complètement illusoire.

Le mieux est de ne pas vouloir prendre des raccourcis impulsivement, car l’expérience m’a prouvé qu’il est bien plus facile d’apprendre et d’automatiser les choses les unes après les autres, plutôt que de faire du multitâche et de s’éparpiller dans tous les sens. Ça ralentit le processus plus qu’autre chose, voire pire: cela mène à l’abandon et aux excuses.

Quel matériel me faut-il pour démarrer?

Un crayon HB, une feuille d’imprimante et une gomme dure sont les trois seuls objets que je recommande pour apprendre les bases du dessin. En réalité je ne recommande pas de démarrer avec autre chose.
S’éparpiller sur l’utilisation des médiums est une terrible erreur, même s’il est vrai que cela peut motiver par moments et “dépayser” le dessinateur.

Nombre de débutants essaient de compenser leur manque de connaissances théoriques et leurs défauts en utilisant des stratégies diverses et variées, notamment en achetant une tonne de matériel qui va pourrir dans leurs tiroirs pendant des années, ou des livres de dessin “pas à pas” qui vont jaunir dans leurs placards. Un sacré gâchis si vous voulez mon avis.

Je le sais car je suis le premier à l’avoir fait. J’ai encore des blocs de papiers et du matériel fantaisiste que je n’ai jamais touché depuis 2005. Inutile de dépenser des fortunes en matériel. Mieux vaut investir dans un bon pédagogue. Ce n’est même pas pour me faire mousser que je dis cela; si j’avais à recommencer, je commencerais par trouver un instructeur d’expérience qui sait vulgariser les connaissances et mettre en confiance.

J’aurais voulu avoir quelqu’un qui me prenne la main et qui me guide à l’époque où j’apprenais. Et apprendre en autodidacte, sans l’aide de personne, prend tellement de temps que c’en est limite indécent. J’ai dépensé littéralement des milliers d’euros dans du matériel, des magazines et des livres qui ne m’ont rien appris et je n’avançais pas comme je voulais.
En définitive, nous avons tendance à croire que c’est en possédant du matériel et des livres que les choses vont magiquement se débloquer dans notre tête.
Or, il est toujours plus efficace de connaître un livre ou une vidéo parfaitement plutôt que de consommer tout et n’importe quoi.

Consommer sans pratiquer ressemble davantage à du divertissement qu’à de l’apprentissage. Lorsque je me suis rendu compte de cela, j’ai arrêté de faire 10000 choses à la fois, et surtout, j’ai arrêté de percevoir les séries télé, les jeux vidéos, ou facebook comme des divertissements anodins;  je les ai alors vus davantage comme des addictions insidieuses qui ne me laissaient pas le temps d’être créatif ou d’apprendre.
Préférez des cours suffisamment interactifs et qui vous poussent dans vos derniers retranchements. C’est un investissement à court terme, mais vous ne perdrez pas d’argent à long terme comme j’ai pu le faire par le passé.

Et le plus gros avantage dans le fait d’aller à l’essentiel sans peur du jugement au tout début, c’est qu’on évite ainsi de prendre de mauvaises habitudes.
Je le sais car la plus grosse difficulté que je rencontre à présent à titre d’instructeur, c’est la correction des mauvaises habitudes parfois tenaces de mes élèves amateurs, qui stagnent depuis des années et le fait de devoir leur apprendre à réapprendre justement. Ça m’use parfois, mais c’est nécessaire.

Certaines personnes ne savent pas écouter et agir en conséquence. J’en suis conscient et ce sont malheureusement ces personnes qui avancent le moins. Le dessin, c’est aussi accepter qu’on doive se remettre en question, et que le fait de stagner est la preuve flagrante qu’on s’y prend mal et qu’on ne se donne pas les moyens. L’excuse est toujours le plus beau des boucliers psychiques pour préserver son égo.

Rares sont les personnes qui peuvent apprendre en autodidacte sans abandonner au bout d’un moment. D’ailleurs c’est cette persévérance à elle seule qui définit la plupart des artistes ayant fait leurs preuves.
L’outil ne fait pas le moine. Ce n’est pas parce que vous utilisez le même matériel que votre artiste préféré, que vous allez réussir aussi bien que lui. Vous risquez d’être une pâle copie à la limite?

En réalité vous allez surtout sentir la frustration monter en vous au bout d’un moment, alors que vous ne comprenez pas  pourquoi vous stagnez, et pourquoi les mêmes erreurs reviennent constamment; sans parler du fait que vous allez finir par obtenir toujours les mêmes résultats, dans  un style impersonnel et non maîtrisé.

Objectivement, mes artistes préférés ont tous un point commun: Ils connaissent parfaitement les bases du dessin ou de la peinture, et ne s’inspirent pas que d’un seul et unique artiste.
Ni plus ni moins. Vos inspirations multiples vont définir votre style. Vous inspirer de sources variées en les combinant avec votre propre expérience vous permettra de sortir du lot.

Donc quand j’entends cette question de la bouche d’un débutant: “quel matériel utilises-tu?”, cela me donne davantage envie d’expliquer pourquoi ça n’a aucune importance pour lui; car il a tout à apprendre, et que des médiums farfelus ne pourront que dissimuler des défauts qui devraient être mis en évidence et corrigés au plus vite sans leur laisser le temps d’être automatisés.

Pourquoi vouloir cacher ses défauts à ses débuts, alors que c’est justement à ce moment-là qu’il faudrait se révéler.

Pour illustrer cet exemple dans un autre domaine:
Il y a quelques années j’ai commencé à jouer de la guitare, et j’ai voulu apprendre sur une guitare de bonne qualité. Résultat des courses, je joue toujours aussi mal mais avec une guitare à 500€.
Échec total. Tant pis pour moi. Je l’avais cherché.

 

Cela fait plus de 5 ou 10 ans que je dessine mais je stagne. Pourquoi?

Selon mon expérience, on peut dessiner toute une vie sans faire aucun progrès.
Oui je n’exagère pas. Il n’y a là rien d’illogique quand on y pense.
Les gens habitués à faire de la copie sans jamais réfléchir à ce qu’ils dessinent, ne maîtriseront jamais des aspects du dessin autres que la copie.

Ils vont peut être à la limite, gagner du temps en planifiant plus vite, et améliorer la confiance qu’ils ont dans leur trait…mais ensuite?
Difficile d’avouer à son entourage et  à ses fans qu’après tous ces beaux dessins, il va falloir tout réapprendre depuis le début car on a juste habitué son cerveau à copier.Pourquoi? le principe est très simple, et c’est pareil dans toutes les disciplines: quand on s’entraîne pour parvenir à un objectif bien précis, on tend vers cet objectif.
Comme l’a si bien dit Vince Lombardi :

“Practice does not make perfect. Only perfect practice makes perfect.”

Traduit littéralement: “La pratique ne rend pas parfait. Seule une pratique parfaite rend parfait”.
Ce qui signifie en gros que lorsque l’on a un objectif ciblé, des exercices ciblés s’imposent. Et si on n’y connaît rien et qu’on ignore comment remplir ses objectifs, alors on demande à quelqu’un qui s’y connaît, plutôt que de piocher des infos erronées à droite et à gauche et n’importe où sur le net.

Ce n’est pas parce qu’un dessinateur est bon qu’il est capable de bien enseigner (et l’inverse est tout à fait possible aussi).
C’est comme dire qu’un pâtissier fait de la bonne cuisine. Un pâtissier est spécialisé et reste un pâtissier. Il sera beaucoup moins compétent pour faire des plats chauds meilleurs que ceux d’un traiteur spécialisé dans les plats chauds. Croire le contraire serait une hérésie empreinte de naïveté.

Quand on s’entraîne en automatique de façon chaotique et sans aucun objectif, il n’y aura pas de miracle. Si on s’entraîne seulement à copier, on restera en mode ”photocopieuse à plat” toute sa vie. Les dessins pourront au mieux ressembler à une photo. Mais dans ce cas, autant se mettre à la photographie si on n’a pas la volonté d’aller plus loin.

Attention je ne dis pas que le réalisme est une mauvaise chose. Mais je connais des artistes qui peuvent sublimer une photo en faisant mieux avec leurs créations. Ce sont en général les artistes qui comprennent la lumière, les couleurs et l’essence du réalisme, pas ceux qui louchent sur leurs références photos sans prendre aucun recul.

Le dessin de “copie bête et méchante” comme je l’appelle, se différencie du dessin d’observation dans le sens où notre compréhension et notre créativité n’interviennent pas.
Et dessiner de cette manière pendant des années peut amener à une lassitude, voire à un abandon.

Pour se sortir de ce cercle vicieux très fréquent, il est indispensable d’apprendre les bases du dessin et de réapprendre à travailler intelligemment.
Si notre but en tant qu’artiste est d’arriver à dessiner d’imagination, devinez quoi? Il va falloir s’entraîner à dessiner d’imagination.
Ça paraît simple dit comme ça, mais en pratique c’est une autre affaire, surtout que la grande majorité d’entre nous a peur du jugement d’autrui. C’est sûr qu’il n’est jamais très agréable de réaliser qu’on est seulement capable de copier bêtement des photos ou les dessins des autres.

Personnellement, je préfère enseigner à des personnes qui démarrent de zéro, car alors l’égo et les automatismes entrent moins en ligne de mire. Il est beaucoup plus difficile de faire comprendre à un dessinateur plus expérimenté qu’il fonce droit dans le mur. Donc à tous mes amis débutants: vous êtes privilégiés!

Certains dessinateurs assument complètement cette pratique de copie, et c’est tant mieux pour eux s’ils se font plaisir; mais si vous êtes comme moi et que vous souhaitez vous libérer des références autant que possible, sachez que le meilleur moyen d’y parvenir est de mettre votre fierté de côté et de changer radicalement vos pratiques.

Le changement prend du temps, demande des efforts, un détachement par rapport aux regards extérieurs mais chaque individu normalement constitué en est capable. C’est souvent la peur du jugement qui nous bloque, et non pas la difficulté de la tâche en elle-même, car apprendre les fondamentaux est loin d’être difficile. C’est même plutôt simple quand c’est bien expliqué. Mais encore faut-il faire sauter ses barrières mentales.

Après certains s’étonnent que je parle de développement personnel… cela me fera toujours sourire 🙂
Cette peur du jugement est exacerbée chez les personnes qui copient sans réfléchir aux formes, à la lumière, à la hiérarchie de valeur…. sans s’intéresser aux pourquoi; cette curiosité bien spécifique est ce qui fait la différence entre les personnes qui stagnent et qui semblent perdues, et celles qui progressent constamment.

Répéter constamment la même erreur sans se poser de question n’a jamais aidé personne à maîtriser une discipline (encore faut-il aussi être structuré ou apprendre à l’être, oui je parle encore de développement personnel).
Donc le fait que vous ayez 2, 5 ou 10 ans d’expérience ne veut tout simplement rien dire, surtout si votre expérience se limite à de la copie décérébrée et aléatoire.

Enfin ce n’est pas la première fois que je dis tout cela, certains lecteurs le savent depuis le temps.

Voici un exemple pour illustrer ce propos: Il y a quelques années, une connaissance à moi ceinture noire de judo (poids lourd), avec quelques 15 années de compétition derrière lui, m’avait défié sur le tatami, très confiant. De mon côté, deux ans d’expérience, ceinture verte fraîchement obtenue, un peu plus léger que lui… il ne m’a fallu qu’une minute pour le faire tomber sur les fesses (même si j’aurais mieux aimé sur le dos). Il a pris un coup à son égo et m’a évidemment planté dans le tapis en m’imposant sa meilleure technique quelques instants après.

Mais tout ça pour dire que si vous pratiquez intelligemment, vous pouvez acquérir un bon niveau bien plus rapidement que si vous dessinez simplement  “dans le vide” sans remise en question et surtout sans intention.
Si j’avais su tout cela avant, j’aurais travaillé tout de suite 2 ans de façon intelligente pendant que j’apprenais les bases, versus 10 ans en stagnant avec un travail anarchique et non ciblé.

 

Peut-on apprendre à dessiner sur tablette graphique?

Oui c’est possible, mais je ne le conseille pas du tout.
Apprendre les bases du dessin peut parfois déjà décourager, surtout si on est mal informé; mais apprendre à dessiner sur tablette et apprendre un logiciel de dessin en même temps, cela me semble vraiment risqué niveau frustration.
Quelle que soit la technologie utilisée, rien ne paraît plus naturel et facile que le dessin sur papier.
Comme tout outil ou gadget, l’ordinateur ne sauvera pas le dessinateur, et ne lui épargnera pas d’apprendre les bases du dessin.

Apprendre à dessiner sur tablette d’emblée, en pensant que ce sera plus facile, me paraît être complètement inapproprié, car il faut à la fois apprendre le logiciel et apprendre la technique du dessin (qui prend déjà toute notre attention au début).
Si la personne connait bien son matériel et son logiciel, c’est tout à fait possible et je n’y vois pas d’inconvénient.
Mais pour une personne qui n’y connait pas grand chose en ordinateur, et qui ne connait pas son logiciel, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, car cela mène tout droit à l’abandon, ou à négliger les bases.

Je vois trop de jeunes artistes peignant de beaux effets, sur des scènes complètement bancales, alors qu’ils gagneraient plus de temps à apprendre les bases du dessin en premier, puis seulement ensuite essayer d’embellir leurs peintures avec des effets plus complexes.

 

Comment savoir si vous vous êtes engagés en digital painting trop tôt?

Quand vous essayez de dissimuler vos lacunes en perspective et en anatomie sous une tonne de textures et d’effets.
Pour un digital painting réussi il n’y a pas 10000 façons.
Plutôt que de vouloir faire du speed painting et faire genre que vous travaillez vite (et mal bien souvent), pourquoi ne pas travailler un peu plus longtemps et soigner la qualité.

Croyez-vous que vos artistes préférés montrent des travaux bâclés dans leur portfolio?
Non, ils montrent tout simplement leurs meilleures pièces, et certaines créations peuvent prendre plusieurs semaines. Littéralement.

Oubliez les belles illustrations léchées en 6h, à moins d’utiliser des morceaux entiers de photos ou de 3d, mais cela ne vous apprend pas à peindre ni à dessiner, mais à « photobasher ». C’est un autre art; on parle d’une discipline dérivée, adaptée pour le divertissement et les contraintes de production.

Une bonne peinture à la main se reconnaît dans le modelé, dans les volumes et dans le résultat final. Ces derniers peuvent avoir leur charme, mais une création réfléchie, bien composée et faite traditionnellement avec le même style de pinceaux et de médiums n’a pas encore trouvé son égale en terme d’esthétique. Après évidemment, chacun ses goûts! On trouvera toujours des contre-exemples marginaux.

 

Dois-je attendre de “bien savoir dessiner” pour commencer à dessiner pour mes projets?

Il faut savoir que la meilleure source de motivation qu’on puisse générer vient en dessinant pour un projet personnel.
Attendre de savoir dessiner parfaitement pour réaliser ses propres projets est une erreur monumentale.

Cela arrive souvent aux perfectionnistes qui ne peuvent s’empêcher de se restreindre à cause de leurs limites techniques. Le gros problème est que cela mène à de la procrastination, à de la frustration et à l’abandon (encore une question d’égo).
Avoir des projets personnels, et spécialement quand ils sont réalisés en groupe (ex: bd, mini-jeu vidéo entre amis, projet collectif, etc.), représente le summum des projets créatifs car ils s’auto-suffisent en général.

J’ai vu des artistes progresser 10 fois plus vite que d’autres rien qu’en étant portés par leur propre projet. Donc plutôt que de remettre un projet motivant à plus tard, pourquoi ne pas s’y atteler tout de suite? Je le recommande fortement en tout cas.
Mais cela ne doit pas empêcher d’étudier ou de réviser les bases en parallèle.

Je dis cela car si le dessin d’observation a ses limites, il en va de même avec le dessin d’imagination. Combiner les deux me paraît être la solution la plus efficace pour progresser de façon sûre et se donner les capacités d’aller au bout de ses projets, sans pour autant prendre de mauvaises habitudes.
Attendre la perfection n’est jamais une bonne solution car cette perfection n’existe pas, et il ne faudrait pas qu’elle devienne la cause d’une procrastination intensive.

Commencez dès aujourd’hui à dessiner pour vous, même si toutes les bases ne sont pas encore acquises, et vous résoudrez les problèmes techniques au fur et à mesure, ce qui est bien plus productif.
Apprendre la technique sans aucun but précis est possible, mais le temps peut alors paraître parfois bien long, et dans ces conditions on perd rapidement de vue ses objectifs (si on en avait établis au préalable).

Pour ma part j’ai commencé à dessiner des petites bandes dessinées ridicules pour mon frère quand j’avais 14 ans, puis j’ai pratiquement arrêté de dessiner entre 17 et 25 ans, avant de reprendre de plus belle avec des projets personnels en même temps que l’apprentissage des  bases du dessin.
Le processus d’apprentissage est toujours plus rapide quand on sait ce qu’on veut, mais il n’est jamais trop tôt pour commencer.

Les perfectionnistes de tous bords sont donc avertis!

 

A-t-on besoin de faire des études artistiques pour trouver du travail dans le dessin?

Non. Le seul truc dont on a besoin c’est l’envie d’y arriver avant tout.
Les entreprises et clients en tous genres ne se fient qu’à trois choses: la capacité à communiquer, la rapidité de production et le portfolio.
La plupart du temps dans le milieu artistique, le diplôme n’est pas une preuve de compétence, ni une source de prestige, sauf quelques rares exceptions.

Le vrai talent c’est d’avoir envie. La seule chose qui devrait inquiéter l’artiste n’est pas de ne pas trouver de travail, mais plutôt de ne plus avoir envie de créer au bout d’un moment; car les personnes motivées et qui agissent plutôt que de parler dans le vent, sont celles qui réussissent à long terme.
Il faut savoir aussi qu’il est plus difficile de prendre du plaisir quand on est professionnel, car on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

Je pense qu’en l’espace d’une vie, chacun peut devenir qui il veut, il suffit de s’en donner les moyens et d’agir maintenant et pour du long terme, en écartant les obstacles les uns après les autres. Il n’y a pas de secret en réalité. Seulement de la volonté, de la consistance et de l’endurance.

Je sais combien il est difficile de nos jours de ne pas tomber dans le divertissement pur et dur que la vie moderne nous offre. Mais ceux qui réussissent ont tous fait des sacrifices, transformé leur peur en motivation, orienté leur envie de divertissement vers le dessin. L’action fait la différence entre les personnes velléitaires et les personnes volontaires.

Les personnes velléitaires représentent malheureusement une majorité, et même si elles se rendent compte de leur faiblesse par rapport à l’action et à la prise de risque et de leur stagnation dans la  rêvasserie, sans travail sur soi quotidien ou définition d’objectif aucun passage à l’acte n’est possible.

On n’a qu’une vie, il faut apprendre à croire en soi, c’est pour cela que je traite si souvent de développement personnel dans mes articles. Il faut prendre le temps de ressentir les choses pour les comprendre; il ne suffit pas de suivre la vie d’autrui sur facebook ou dans des séries télé pour être touché par la grâce de la créativité. C’est l’expérience sensorielle qui active les neurones. Il faut savoir sortir de chez soi et faire des choses dont on n’a pas l’habitude pour rompre les cercles vicieux (pas besoin d’aller à l’autre bout de la planète, parfois parler à son voisin suffit).

Souvenez-vous aussi toujours que nos artistes préférés ont aussi été débutants un jour et que grâce à leur régularité et à leur ténacité, ils y sont arrivés. Certains ont été stimulés dès leur jeunesse,  par leur éducation,  leur expérience d’enfants… mais même si nous n’avons pas tous eu forcément les mêmes privilèges étant jeunes, rien n’est perdu pour autant à l’âge adulte.

Avoir un bon enseignement aide beaucoup. Certaines écoles comme les Gobelins sont mondialement réputées mais laissent peu de place aux “vieux” comme moi et sont parfois bien trop chères pour le budget d’un étudiant modeste.
Apprendre tout seul est largement possible, mais il est difficile de se motiver quand on est isolé dans son coin; c’est d’ailleurs pourquoi j’ai créé ce blog et cette communauté, pour que chacun puisse y trouver son compte.

 

Est-on obligé d’apprendre la perspective si on veut être bon?

Oui, il est pour moi obligatoire de comprendre le dessin en perspective si on veut se détacher de la copie bête et méchante (à moins de produire de l’art abstrait ou naïf).

Il faut se souvenir que tout ce qui entre dans le champ de vision humain est soumis à la perspective, car c’est la perception du monde que l’humain a par nature. C’est un fondement visuel dont on ne peut se détacher. Autant apprendre la perspective d’entrée de jeu pour éviter des déboires inutiles ou pire, de mauvaises habitudes ancrées à vie!

Cependant, personne ne nous demande d’être aussi bon qu’un architecte et il n’est pas nécessaire d’avoir fait 10 ans d’études en trigonométrie.
La perspective c’est avant tout du bon sens, avant d’être de la géométrie. Et ce bon sens s’apprend pour la vie. Il suffit de prendre la décision de s’y plonger une bonne fois pour toutes, pour être plus libre ensuite dans sa créativité.

J’ai créé récemment un petit cours de dessin en perspective que voici:

Il suffit de connaître quelques principes simples pour s’en sortir.
En quelques jours/semaines on peut maîtriser les bases du dessin en perspective.
Plutôt que de vouloir en mettre plein la vue en copiant n’importe quelle image trouvée sur internet (ce que la majorité des dessinateurs tend à faire), pourquoi ne pas apprendre à dessiner quelques objets simples de mémoire et en perspective.

Oui au début, il faudra construire toutes les lignes de fuite, tous les points de fuite, mais avec l’expérience, il deviendra plus facile d’imaginer la plupart des constructions des formes géométriques dans l’espace, et c’est là qu’on commencera à se faire plaisir.
Donc autant commencer tout de suite à “bouffer du cube en perspective”, pour s’éviter le malaise du phénomène “sans l’aide d’une photo je dessine comme un écolier”.

 

Comment puis-je trouver mon style?

une bien vaste question… j’en ai parlé dans cet article pour les intéressés: comment trouver son style.

En tant qu’enseignant, j’évite d’opter pour un style particulier pour pouvoir enseigner tout ce qu’il est possible d’enseigner, même si malgré moi certaines habitudes s’installent.
Cela ne m’empêche pas d’analyser et d’adopter un style particulier quand j’en ai besoin.
Cela est très pratique pour travailler sur une multitude de projets différents et ça permet de ne pas s’ennuyer.

 

Sur quel genre d’exercice  pourrais-je m’entraîner au tout début?

Certains risquent de ne pas aimer ma réponse, mais plutôt que de recopier des personnages ou des planches d’anatomie, il est important de se concentrer sur des choses simples au tout début, des objets usuels, des objets non organiques comme une théière, une nature morte (oui je sais, pas super excitant), et comme d’habitude: il est préférable de se concentrer sur une seule chose à la fois afin de privilégier la qualité d’information à la quantité.

Dessiner 1000 cubes en perspective, avec des perspectives différentes (plongée, contre- plongée, différents horizons ), en essayant de se détacher peu à peu des traits de construction de perspective, peut être une très très bonne pratique les premiers jours.
A partir de là, on peut garder ces principes de perspective simple en tête et les appliquer sur des objets un peu plus complexes.

Par exemple, une des choses où mes élèves ont bien du mal est le dessin d’ellipse (cercle en perspective). Sans l’ellipse, on ne va pas très loin en dessin. Par exemple pour dessiner un personnage, il faudra maîtriser cette ellipse pour être plus à l’aise avec les cylindres qui représentent les formes simples de base pour le dessin des bras, des jambes, ou des mains, entre autres.

Voici une vidéo où j’explique le dessin d’une ellipse:

Cela ne vous empêchera pas, en parallèle, de vous faire plaisir en essayant de dessiner d’observation des personnages ou autres. Mais le principe même d’apprendre la construction de formes simples sans aucune référence, nous permet de mettre un pied dans le dessin d’imagination sans même nous en rendre compte.
Maintenant que nous avons fait le tour des questions les plus fréquemment posées, nous allons voir les différents principes, comportements et routines que tout dessinateur débutant devrait connaître pour gagner du temps et aller à l’essentiel.

 

La construction est essentielle au début

La construction d’un dessin est essentielle et vous devriez la prendre au sérieux, autant que vous preniez au sérieux les adultes quand vous étiez jeunes. Avec le temps, on peut parvenir à dériver vers une ligne claire au trait sans construction, mais seulement grâce à l’expérience et à l’audace de s’y essayer.

Certains dessinateurs professionnels ne construisent pas, mais ne vous comparez pas à des artistes qui ont passé leur vie à dessiner, car il y a tout de même une question d’expérience et de pratique.
Même si la qualité de la pratique est différente d’un individu à l’autre, il y a plus de chances qu’un dessinateur qui a seulement quelques semaines d’expérience soit moins bon qu’un dessinateur qui a pratiqué pendant des années, même de façon destructurée. C’est statistique.

Mais si vous deviez retenir quelque chose dans ce paragraphe ce serait que:
Les 20% de travail du début du dessin (construction) sont bien plus importants que les 80% du reste (détails).
Donc utilisez 80% de votre concentration sur les premiers 20% de votre travail.

Un principe qui fonctionne bien pour moi consiste à me demander si chaque étape du dessin est expressive et esthétique. Si quelque chose ne me plaît pas, j’efface ou je recommence immédiatement.
Des traits mal placés lors de la construction sont comme la gangrène pour une blessure: plus on attend pour les enlever et plus ça pourrit le dessin à mesure qu’on avance.

Bien commencer un dessin, c’est s’assurer de sa réussite future.
Les détails et effets ne rattraperont jamais une mauvaise construction.

 

C’est le cerveau qui dessine pas la main

Un geste part avant tout du cerveau.
Si la main est un pion, le cerveau est le roi. La répétition d’un mouvement vous permettra de maîtriser votre geste automatiquement.
Mais ceci est le sommet de l’iceberg. Une chose bien plus importante est de rigueur: Dessiner avec intention.

Cela veut dire que chaque trait doit être réfléchi et doit signifier quelque chose.
Et je ne parle pas des lignes expressives et effets qui participent au style, je parle bel et bien des traits de construction de départ, et des contours des formes principales.

Un débutant apprendra bien plus vite en étant plus attentif à la façon dont les formes s’imbriquent dans la profondeur.
Je montre comment faire avec cet exercice simple.

Et n’ayez pas peur de dessiner lentement au départ, car la concentration vous prendra beaucoup de ressources, et encore une fois, ne vous comparez pas aux pros.
Vous dessinerez plus vite quand vous réfléchirez plus vite. Et pour réfléchir plus vite mieux vaut prendre son temps pour réfléchir bien dès le début.
Ça semble paradoxal dit comme ça, mais ça ne l’est pas tant que ça.

 

Design et construction

Comprendre le design d’un objet, c’est savoir décomposer l’objet selon 5 formes élémentaires: sphère, parallélépipède, cylindre, cône, pyramide.
Voilà les étapes de décomposition d’un dessin. Cela peut varier selon le sujet, mais ma méthode est basée sur deux perceptions principales:

  • La perception 2d
  • La perception 3d

Mes élèves me demandent souvent ce que cela signifie.
En fait c’est relativement simple.
La perception 2d consiste à se concentrer uniquement sur l’aspect graphique à plat, c’est à dire tout ce qui n’évoque pas la profondeur.

Il s’agit des contours externes, des aplats de valeurs, et tout ce qu’on peut voir sur l’image à plat.
C’est la méthode naturelle de reproduction des débutants.
On peut améliorer l’observation en 2d par des méthodes de segmentation ou de restriction de la palette de tonalités, que j’enseigne entre autres dans ma formation croquis.

A contrario, la perception 3d est ce qui manque à la grande majorité des dessinateurs.
Cela passe par la perspective, par la construction en formes simples dans l’espace 3d et par tout ce qui participe à la perception dans la profondeur.

La combinaison de la perception 2d et de la 3d est un cocktail détonnant qui peut vous faire passer de simple dessinateur à expert en quelques mois, voire quelques années. Bon en moyenne je dirais qu’il faut un bon “1 à 2 ans” pour que les bases soient bien ancrées dans un cerveau et maîtrisées (pas forcément avec un travail acharné ni chronophage, mais surtout avec des exercices bien ciblés).

Mais encore une fois, il s’agit de consulter les bonnes connaissances et/ou les bonnes personnes pour pratiquer correctement.
Sur internet j’en ai vu de toutes les couleurs… il y a beaucoup de choses à balancer par la fenêtre au niveau théorique.

Par exemple, j’ai vu des super artistes sur youtube, super compétents dans leurs domaines. La plupart des vidéos accélérées sont divertissantes, mais rien de plus. Et quand je vois la façon dont les fans essaient de les imiter, sans aller au delà, je peux prédire que très peu d’entre eux trouveront leur voie artistique (1% et encore je suis très généreux).

On peut bien sûr apprendre certaines choses en étant observateur. Mais apprendre des techniques avancées alors qu’on n’a pas encore maîtrisé les bases, c’est l’erreur qu’on fait tous, mais peu s’en rendent compte.
Travailler des effets complexes avant d’avoir saisi les bases du dessin, c’est un peu comme mettre la charrue avant les boeufs… de la poudre aux yeux!

Si on ne fait pas la part des choses, on se retrouve vite noyé dans un flot d’informations inutiles, et le temps peut passer vite à se divertir.
En réalité, à l’ère des réseaux sociaux, on peut passer toute une vie (voire plusieurs) à se divertir passivement, et à observer ce que font les autres, pour ensuite se lever un matin et se dire: “où est-ce que le temps est passé? Qu’ai-je accompli dans ma vie?” et finir avec des regrets.
Je trouve cela dommage personnellement d’entendre les gens râler alors qu’il existe des solutions.

 

Les détails, la cerise sur le gâteau

Les détails, les textures, bien que moins importants que la construction, apportent quand même un rapport d’échelle\une dimension non négligeables au dessin.
Comparons un dessin avec et sans les détails.

Les deux sont corrects, mais l’un a l’air plus fini et surtout plus grand, alors que sur la page ils semblent faire la même taille.
Cet effet de dimensionnalité n’est pas seulement dû aux traits de texture à l’intérieur des contours, mais aussi à la complexité de la structure.

 

Rôle de la vignette

Travailler sans vignette, c’est comme faire l’amour la première fois sans préservatif. Ce n’est pas conseillé, car on ne sait pas où ça peut nous mener: une belle petite MST façon dessin. Beurk, sans moi. Un dessin grand format sans vignette, c’est comme un bébé sans ses parents, il ne fera pas long feu.

 

Le dessin de mémoire est essentiel pour dessiner d’imagination à long terme

Dessiner de « mémoire », revient à comprendre et retenir les formes élémentaires qui constituent l’objet.
Pas de bras, pas de chocolat comme on dit. Rien n’arrive par hasard.
Si vous n’entraînez pas votre mémoire visuelle régulièrement, rien ne se passera et vous travaillerez encore en mode photocopieuse dans quelques années

Commencez déjà par cet exercice si vous vous êtes décidés à changer vos habitudes.

 

Apprendre à aimer le procédé et pas la finalité

 La vie c’est maintenant, pas hier, ni demain. Maintenant.
Si vous souhaitez faire quelque chose d’important, vous émanciper à travers les dessins ou toute autre activité, commencez maintenant.

Si vous ne commencez pas maintenant, faites la vie dure à vos meilleures excuses et évincez les dans la limite du possible, sinon il est possible que vous procrastiniez en pensant que les conditions seront mieux réunies demain. Aujourd’hui est la vérité, demain est un mensonge.

Et trop attendre fait peur. On se met trop la pression.
Aucun projet n’est parfait. Aucune création ne devrait l’être. Un dessin est quelque chose d’imparfait par essence, car c’est un produit de l’humain. Embrassez la différence car c’est elle qui vous définit, et tirez-en partie.

Mettez de la passion dans ce que vous faites et cela se ressentira: les autres s’intéresseront naturellement à votre travail.
L’esprit humain ne remarque en général pas la demi-mesure.
Si vous êtes arrivés jusqu’au bout, merci de votre lecture.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à partager vos pensées, ou à poser des questions en commentaires.

 

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A propos de l'auteur

Pit Graf, créateur du blog Apprendre-a-dessiner. Ancien kinésithérapeute recyclé en prof de dessin, il a juré fidélité à ses lecteurs et ses élèves pour la vie. En effet il préfèrerait mourir que de laisser ses élèves dans l'ignorance (bon il préfèrerait tout de même ne pas disparaître pour rien :) ).

  • Germain11 dit :

    C’est un plaisir de vous lire.

  • Be Happy dit :

    Merci Pit pour cet article très intéressent 🙂 J’ai pris quand j’étais à l’école primaire 2-3 ans de cours de dessins à domicile avant d’arrêter (non pas que je voulais plus en faire mais ma soeur arrêtait, donc j’ai fait pareille). Je dessinais ensuite encore de temps en temps, mais j’ai commencer à dessiner plus récemment et régulièrement (j’ai 16 ans). Je dessinais d’abord des dessins déjà fait avant de me mettre au dessins d’observation (au crayon papier). Je me demandais alors s’il n’était pas trop tôt pour dessiner avec des couleurs (des restes de mes cours de dessins : peinture, pastelles sèches/à l’huile, aquarelles, crayon de couleurs, ect.) et si tu avais un article écrit pour apprendre à dessiner avec des « couleurs » pour les débutants. Je voulais également savoir à partir de combien de temps, ou à partir de quelle étape conseilles-tu de commencer le dessin de mémoire, puis d’imagination ? Car personnellement, je n’ose pas encore démarrer cela car je me dis qu’il faut peut-être améliorer un minimum mes techniques d’observation (même si je sais que ce ne sera jamais parfait). Est-ce que ces dessins de memoires peuvent-être aussi bien réaliser (à plus long termes biensûr) que des dessins d’observation ? Merci d’avoir lu mon message et merci d’avance pour ta réponse 🙂

    • Pit dit :

      Salut,
      Je n’ai pas d’article qui parle du dessin en couleur, mais j’enseigne cela dans mes formations théorie des couleurs et colorisation.

      La plupart des dessinateurs sont meilleurs en dessin d’observation qu’en imagination, et il est très fort probable que ton dessin d’imagination ne soit jamais aussi bon que ton dessin d’observation.
      C’est comme si je te disais: « lis ce livre » en comparaison à « apprends le par coeur ».
      Tu ne pourras jamais retenir le livre par coeur, tu pourras essayer de deviner certains passages, mais ils seront souvent approximatifs.

      Donc commence tout de suite à faire les deux, à parts égales (50%-50%)

  • Blueblue284 dit :

    Très inspirant tout ça, comme toujours :-).
    Pour ma part j’ai décidément un mal fou à vraiment me lancer dans le dessin… toujours cette impression que je n’arriverais jamais à dessiner ce que j’ai dans la tête. Mon côté perfectionniste m’aide pas! Ayant fait du développement personnel (bien qu’un peu en stand by depuis quelques temps) je comprend très bien cette notion du « maintenant » au lieu de « demain » mais c’est toujours très très difficile pour moi. Je me rend compte au fil du temps que je suis tellement habitué à rêvasser qu’au final je suis limite plus enclin à prendre du plaisir dans mes rêves plutôt qu’à les faire… ce qui est triste quand on y pense…
    J’ai pris ta formation débutant puis personnage, en l’espace d’un an j’ai très peu pratiqué, au final j’ai le sentiment de n’avoir presque pas progressé (dessiner 2 heures par mois c’est moyen pour s’améliorer…).
    Des idées pourtant, j’en ai des tonnes, mais ça reste des idées. J’espère un jour pouvoir vraiment mettre en forme tout ce que j’ai dans ma tête…
    Je crois qu’il faut vraiment que j’imprime le « maintenant, pas demain » sinon oui dans 10 ans je serais toujours au point mort.
    Ça me rappelle d’ailleurs une autre phrase (je sais plus de qui) : « L’espoir est un menteur qui remet toujours au lendemain ».
    Sur ce, je vais dessiner!
    Merci Pit pour tes écrits et tes cours.

    • Pit dit :

      merci à toi!
      Courage, en dessin il faut prendre le rythme et l’intégrer progressivement à ton emploi du temps.
      Si tu as des idées c’est déjà très bien.
      J’ai beaucoup d’élèves qui viennent juste pour acquérir la théorie, mais qui ne prennent pas le temps de pratiquer, et toute la théorie passe à la poubelle en un rien de temps. La pratique ancre la théorie dans le cerveau, et présente les choses différemment.

      Avec un peu de discipline tu peux y arriver

      PS: je suis très rêveur aussi

  • alg dit :

    Pit : Est-on obligé d’apprendre la perspective si on veut être bon ?
    😀 j’adore cette question et la réponse qui va avec ; c’est ce que je répète aux membres de mon atelier à longueur d’année et quand bien même ce mot fait peur on ne peut y échapper.
    Pour ma part, je prends en pleine figure les passages sur la motivation et le projet perso pour avancer. « demain est un mensonge » et paf, prends ça Nana et attrape tes crayons 🙂
    Merci Pit ! Tes articles nous rebooste…

  • Pinson dit :

    Merci Pit! Ton blogue, c’est un peu ma « bible » du dessinateur… J’aime lire et relire tes enseignements… et surtout les mettre en pratique! Merci de nous pardonner nos fautes et de nous guider vers la bonne perspective!

  • Marie-alicia dit :

    Article très instructif, comme toujours. Merci Pit ^^

  • Bastoche dit :

    Très bon article. J’ai bien aimé le chapitre sur la vignette ^^.

  • L'ours blanc dit :

    Pit a écrit: Comment puis-je trouver mon style?

    rien que cette question pourrait devenir une question du Bac. De quoi parles-t-on ? du fond de la forme, allez on va pas commencer lol Connait-toi toi meme

  • L'ours blanc dit :

    Pit a écrit: Apprendre tout seul est largement possible, mais il est difficile de se motiver quand on est isolé dans son coin; c’est d’ailleurs pourquoi j’ai créé ce blog et cette communauté, pour que chacun puisse y trouver son compte.

    L’ours repond : merci

  • L'ours blanc dit :

    oui le diplôme n’est pas une garantie de compétence. Le diplôme n’est finalement que la sanction de la connaissance et la mise en ouvre des techniques nécessaires a la bonne pratique, mais pour le professionnel il y a obligation de résultat.
    On attend de vous une production stable dans le temps. Il n’est question de rater la le reportage photo le jour du mariage de votre client pour que l’on a pas remis le petit bouton de mise au point automatique de votre superbe objectif si performant

  • L'ours blanc dit :

    pfffff encore une fois bravo pour cet article qui va bien au de la que le dessin. Je ne peux qu’abonder. Et pour ne pas tout commenter, ( en effet je ne ferais que te paraphraser ), je noterai toutefois pour ce qui est de l’approche du dessin sur ordinateur que cet outils est bien lorsque qu’il est question du handicap.

    J’ai animé un atelier informatique dans une MAS ( Maison d’Accueil Spécialisée en France qui accueil des personnes en situation de handicap important), l’ordinateur permet a des IMC de dessiner via une licorne, un pointeur sur le front, des capteurs infra rouges… avec des logiciel comme illustrator ( dessins vectoriel )

    Certes ces personnes n’ayant pas l’expérience de la calligraphie sur une vrai feuille de papier, concevoir la gestion d’un dessin sur un espace verticale (l’écran) n’est pas acquit mais avec le travail on arrive

  • CatHyel dit :

    Merci Pit ! Une fois de plus des mots justes et forts utiles!
    Je reprends justement les bases et depuis peu j’ai repris mon projet, afin qu’il soit terminé pour la fin de l’année. Même si mon niveau actuel ne me suffit pas. Mais comme tu l’as si bien dit, si j’attends d’avoir le niveau qui me convient, je ne finirai jamais ce projet. Tes derniers mots sont très encourageants, je vais m’y mettre à fond ! 🙂

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