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15 tatoueurs à connaître absolument

Août 06

Voici la sélection des 15 tatoueurs qui ont attiré notre attention.
Même si tout le monde n’apprécie pas forcément l’art du tatouage, voici une dose d’inspiration pour les dessinateurs et dessinatrices en quête d’inspiration, ou même pour les artistes en herbes qui souhaitent devenir tatoueur professionnel (dit tatoo artist en anglais).

Xoïl

Un des premiers à utiliser Photoshop pour ses créations, Xoïl est devenu une référence incontestée du tatouage contemporain. Ses tatouages graphiques révèlent un univers très personnel qui lui a permis de se distinguer nettement des autres artistes. Il est notamment le parrain du festival Little Tattoo depuis sa création; festival qui s’intéresse aux tatoueurs de la nouvelle génération, issus des beaux arts, des arts graphiques, du design. Jeune adulte, il fut tout d’abord maçon mais c’est avec son frère qu’il eut son premier contact avec l’univers du tatouage.

N’ayant à la base aucune formation artistique, il a été aidé par sa perception de la géométrie, acquise pendant son expérience en maçonnerie (de son propre aveu). Xoïl a su faire sa propre expérience en observant les tatoueurs expérimentés, en échangeant avec d’autres, mais aussi en étant humble. Cela lui a permis d’être invité par Tin-Tin lorsque ce dernier créa le mondial du tatouage à Paris. Xoïl est resté un temps à Thonon les Bains et on peut maintenant le retrouver à Lausanne en Suisse, où il est tatoueur résident au DropinShop.


Chaim Machlev

Après une enfance à Tel Aviv, Chaim Machlev n’avait pas de bagage artistique; il débuta le tatouage vers 30 ans. Plus précisément, c’est au moment où il se fit tatouer que sa vie bascula. Chaim abandonna tous les a priori négatifs qu’il pouvait avoir sur le tatouage. Cette expérience l’obséda au point qu’il décida de quitter Tel Aviv pour l’Europe, abandonnant une vie confortable de project manager dans l’informatique pour l’inconnu du vieux continent. Il se forma sur le tas auprès des rares personnes voulant bien lui accorder un peu d’importance. On retrouve aujourd’hui Chaim Machlev à Berlin dans son salon « Dots To Lines » .

Ses tatouages partent d’un point fixe et s’adaptent aux courbes et formes du corps. Ses créations sont généralement de type minimaliste mais pourtant complexes, composées de lignes parfaites, de courbes folles. Chaim Machlev est devenu un maître de la symétrie, des contrastes, de l’art géométrique. Chacune de ses oeuvres semble vraiment ne plus faire qu’une avec le corps humain.

Peter Aurisch

Artiste tatoueur berlinois, Peter Aurisch réalise de véritables œuvres d’art sur la peau de ses clients. Son travail n’est pas sans rappeler celui des artistes appartenant au mouvement cubiste. Certains fans comparent même son travail avec celui de Picasso. Il est aussi influencé plus particulièrement par Gustav Klimt et Egon Schiele.

Peter Aurisch propose des formes géométriques, des angles prononcés. L’ensemble donne un très bel effet dans un tatouage et permet à l’artiste de se distinguer. Préférant la qualité à la quantité, il ne prend qu’un rendez-vous par jour dans son atelier le “Johnny Nevada”.

Pour garder l’esprit allégé, Peter Aurisch préfère réfléchir à une nouvelle oeuvre uniquement lors du premier contact avec un client, afin de s’inspirer directement de lui. Il travaille sans modèle ni croquis, préférant en général les réalisations à main levée.


Amanda Wachob

Originaire de Brooklyn et diplômée des beaux arts de New-York, Amanda Wachob se lança assez vite dans l’univers du tatouage. Elle y fut encouragée par ses amis, mais aussi par les différentes rencontres qu’elle put alors faire.

Amanda Wachob a son propre style, son propre coup de main. Elle a également réalisé des projets pour The Metropolitan Museum of Art, the Museum of Arts and Design, The Clyfford Still Museum, The Museum of Contemporary Art Denver, and The Whitney. Son travail est également exposé dans des galeries et musées du monde entier.

Amanda Wachob est le chaînon manquant entre art du tatouage et beaux arts, entre tatouage, peinture et body painting. Son style aquarelle est véritablement remarquable. Elle est capable de réalisations de type expressionniste abstrait de l’école de New York, comme de choses plus classiques. Mais c’est toujours en légèreté.


Kenji Alucky

Maître incontesté du Dot Work (tattoo pointilliste): l’artiste Kenji Alucky est connu dans le monde entier pour ses créations. Il est amoureux des tatouages tribaux et ses créations sont quasi exclusivement réalisées avec de l’encre noire.

Une célébrité tellement importante qu’il vaut mieux s’armer de patience si on souhaite passer entre ses mains. En effet, la liste d’attente est terriblement longue; avec plus de 203 000 abonnés sur Instagram, c’est un peu logique.

Né à Hokkaido (Japon), Kenji Alucky s’installe au salon « Black Ink Power » à Berlin. Cela ne l’empêche pas de parcourir le monde, tel un vrai globe-trotteur. Kenji Alucky se concentre sur le volume du corps, afin de donner une impression graphique en trois dimensions; les volumes du corps se chargeant des dégradés de gris et le trait augmentant le volume.

Influencé par différents styles, Kenji Alucky ne connaît pas uniquement le Dot Work. Dans ses réalisations, il combine aussi la géométrie, le tribal ou encore l’art fractal. Ainsi, on obtient des tatouages détaillés, complexes.


Mariusz Trubisz

Tatoueur depuis 2009, l’artiste pratique depuis Wroclaw en Pologne, son pays d’origine. Il se laisse influencer par la pop culture, l’art du collage, la photographie érotique vintage ainsi que par la nature.

Son art est un mélange de lignes fines et de couleurs vives. Mariusz Trubisz flirte avec un certain surréalisme, tout en proposant un art contemporain. Ici, les couleurs vont être au service du noir et blanc, des corps et des visages. Un savoureux mélange de rêve et de réalité.

Pour ce philosophe, le tatouage est un moment d’échange d’énergie entre l’artiste et le client. De plus, Mariusz Trubisz ne souhaite pas présenter des oeuvres trop radicales. C’est pour cela qu’il aime réaliser des tatouages mêlant corps féminin et fleurs.


Ien Levin

Artiste ukrainien travaillant exclusivement à l’encre noire, Ien Levin a débuté en 2010. Il développe un univers sombre, avec des lignes parfaites et des détails en nombre. Dans ses créations, on remarque les formes graphiques et la géométrie. Ien Levin décrit ses réalisations comme assez chics, neutres, sans émotion, minimalistes, un peu sacrées, et parfois effrayantes.

Son inspiration, il la puise dans la nature, la science et l’histoire, tout un programme. Néanmoins, il concède que les peintres des 15ème et 16eme siècles Albrecht Dürer, Pieter Brueghel, Jérôme Bosch ont une influence sur son propre art. Mais quand on lui demande s’il se considère comme un artiste, il botte en touche. Il ne veut pas se prendre la tête avec ce genre de considération, préférant tracer son chemin, voilà tout.


Tin-Tin

Comment parler tatouages sans évoquer cette référence absolue. Né à Nantes dans les années 60, Tin-Tin est un pur autodidacte. Il a observé les professionnels, tout en bouquinant des tonnes de livres d’art (notamment ceux sur le travail de Raphaël et Michel-Ange) mais aussi des BD.

Pour compléter sa culture du tatouage, il a voyagé à travers le monde pour rencontrer des maîtres de la profession. Fort de toutes ces connaissances, il est rentré en France et a ouvert, au milieu des années 80, son premier salon. Puis il est monté à Paris, où le succès demeure toujours aussi important.

Professionnel engagé, il est l’un des fondateurs du SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs) qu’il préside toujours au moment où nous écrivons ces lignes. Il est également indissociable du Mondial du Tatouage à qui il a offert un deuxième souffle.

Bref, Tin-Tin est une figure incontournable par son talent et son implication dans la profession.

Sasha Unisex

Basée à Saint-Pétersbourg, Sasha Unisex est diplômée de St Lviv, l’école nationale d’art, en 2010. Elle utilise des encres vibrantes sur le corps de ses clients, pour ses portraits d’animaux, ses bouquets de fleurs ou encore ses scènes nautiques. Sasha Unisex aime se concentrer sur les formes et les ombres.

L’artiste partage aussi son savoir-faire sur internet et notamment son processus de travail. Elle réalise notamment en aquarelle les modèles qu’elle va tatouer sur ses clients.

Mais avant de se lancer dans l’univers du tatouage, Sasha a rencontré de nombreux artistes tatoueurs et participé à différents évènements. Elle ressentait le besoin d’en savoir plus sur le métier et sa culture. Au final, elle s’est formée toute seule.

Sasha est une artiste sensible, rêveuse mais travailleuse. Et il vaut mieux, étant donné qu’elle est très fortement demandée.


Roxx

Ayant débuté sa carrière à la fin des années 80 à Londres, Roxx a réalisé ses premiers tatouages sur les Punks. Un peu comme Tin-Tin, Roxx a voyagé dans le monde entier et a fini par se poser à San Francisco.

Elle estime qu’elle a prostitué son art pendant longtemps; à savoir qu’elle reproduisait ce que voulaient ses clients car quand elle propo­­sait ses propres idées, la plupart des clients refu­­saient. Et ces derniers finissaient par reve­­nir plus tard lui avouer regretter de ne pas avoir suivi ses conseils. Maintenant, elle s’impose beaucoup plus et échange plus directement avec ses clients; une sorte de pré-rendez-vous durant lequel l’artiste sonde le client et réfléchit à ce qu’elle pourrait créer pour lui.

Composée uniquement de noir, sa géométrie tire son influence des cultures indigènes, spirituelles et tribales, de modèles présents dans la nature ou la science, ainsi que de formes architecturales.


Violette Lovecat

Vivant et travaillant à Paris, Violette est diplômée en licence d’arts graphiques; études qu’elle a finalement décidé d’abandonner car cet univers ne lui correspondait pas. Et comme depuis toute petite, elle aimait dessiner sur ses amis, c’est finalement assez naturellement qu’elle s’est orientée vers le tatouage.

Par le biais d’amis, elle put toucher sa première machine et s’exercer sur des agrumes. Elle décida alors d’arrêter son master et de se lancer pleinement dans le monde du tatouage.

Son univers, tout en finesse, est composé d’animaux, d’une végétation abondante, sans oublier des motifs graphiques très contrastés et détaillés.

Artiste prometteuse de la nouvelle génération, cette jeune femme voit son agenda se remplir en quelques heures aussitôt qu’il est ouvert au public; un signe incontestable de la qualité de l’artiste. Il faut donc faire preuve de patience mais cela vaut le coup.


Dr Woo

À défaut d’être devenu médecin comme son père le souhaitait, Brian Woo (de son vrai nom) a intégré cette non-vocation à son pseudo d’artiste. Dr Woo, à coup sûr, le tatoueur des célébrités. Et avec plus d’un million et demi à son Instagram, on peut dire sans se louper que Dr Woo est l’un des tatoueurs les plus célèbres au monde.

Son style est très reconnaissable : un travail au trait fin, compact et extrêmement détaillé. Le tout effectué à une échelle microscopique. Pour arriver à un tel résultat, Dr Woo travaille avec une seule aiguille, contrairement aux huit aiguilles traditionnellement utilisées pour le tatouage.


Marine Ishigo

Tatoueuse depuis 2010, Marine Ishigo est une artiste 100% autodidacte.

Marine Ishigo propose des motifs tout en sensualité et délicatesse. En effet, ses créations sont d’une réelle finesse et s’adaptent parfaitement aux courbes du corps des hommes comme des femmes.

Ses travaux s’inspirent d’anciennes techniques de dessin au trait telles que le mehndi, la dentelle et la géométrie sacrée. Retrouvez-la à Besançon chez Dynam’ink tattoo.


Jean Pierre Mottin

Venant tout droit de Belgique et plus précisément de Liège où il a installé son salon, Grizzly Inc., Jean-Pierre Mottin se déplace aussi ponctuellement dans d’autres salons en France (comme chez Tin-Tin Tatouages à Paris).

Au début des années 2000, Jean-Pierre se fit faire son premier tatouage. Et comme pour beaucoup d’autres artistes, cette expérience fut une révélation. Immédiatement après ce premier tatouage, Jean-Pierre se procura du matériel pour tatouer. Voilà, son expérience était lancée !

Et une dizaine d’années plus tard, lors de sa première participation au Mondial du tatouage de 2016, il fut récompensé pour son travail : meilleur tatouage réalisé le dimanche (best of day) et meilleur tatouage réalisé durant le week-end (best of show).

L’artiste préfère la technique du dotwork car elle lui permet de donner plus de matière au dessin.


Pietro Sedda

Diplômé de l’Institut d’Etat des Beaux-Arts d’ Oristano en 1989, Pietro Sedda s’inscrivit ensuite à l’Académie des Beaux-Arts de Brera , à Milan, où il obtint son diplôme de scénographe en 1995 . Après avoir terminé ses études, Pietro Sedda s’essaya brièvement au design d’intérieur mais il préféra ensuite se consacrer aux tatouages.

En 2000, il ouvrit son premier studio à Oristano. Il déménagea successivement à Londres et Urbino avant de retourner à Milan. C’est là qu’il a ouvert le studio dans lequel il travaille toujours : Saint Mariner. Pietro Sedda est aussi connu pour ses collaborations en tant qu’artiste visuel pour différentes marques.

Ses sources d’inspiration sont plus classiques que pour d’autres tatoueurs : la peinture hollandaise du 17ème siècle, Max Ernst ou encore Giorgio De Chirico; sans oublier ses voyages et sa vie milanaise. Ainsi, Pietro définit son style personnel comme néo traditionnel ou surréaliste.

Voilà un bel article pour ceux et celles qui souhaitent devenir tatoueur ou même simplement trouver l’inspiration.

Alors que pensez-vous de ces tatouages?
Même si certains et certaines d’entre vous les pensent parfois vulgaires, on ne peut ignorer tout le talent de ces personnes qui dessinent sur la peau avec une telle dextérité.

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A propos de l'auteur

Pit Graf, créateur du blog Apprendre-a-dessiner, ancien kinésithérapeute recyclé en prof de dessin: il a juré fidélité à ses lecteurs et ses élèves pour la vie (jusqu'à ce que la mort les sépare).

  • Anne dit :

    Génial… extraordinaire nouveauté dans vos cours et partages… une réelle motivation pour moi de continuer a vous suivre avec plaisir… Merci pour vos intéressants conseils qui me permettent de ne pas stagner et de naviguer sur une feuille ou autre… avec régal quand je gribouille.

  • Tal dit :

    Tout art qui débute (oui, enfin, d’accord, le tatouage existe quasi depuis que l’être humain existe, mais il n’a jamais connu l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui) est considéré comme un sous-art par les tenants des arts « nobles », mais du moment où l’être humain se met à créer, sur peau , sur marbre ou sur papier, le génie est forcément au rendez-vous, ce qui me fait penser à certains artistes peintres qui pensent encore que la bd est un sous-art… Merci pour ce bel article qui nous permet d’élargir encore la palette des artistes, et les sources d’inspiration… moi je change trop souvent d’envies pour oser m’essayer au tatouage, mais ça n’empêche pas du tout l’admiration!!

  • tous sylvain dit :

    superbe arcticle tres interesant merci.

  • Millburn dit :

    J’ai rencontré un tatoueur lors d’un voyage au canada, Nando Zevê, je le regardais dessiner ses croquis entre deux cours d’anglais. Passer jeter un coup d’oueil sur son instagram @nandozeve.

  • Anne-marie dit :

    J’adore le « Klimt » d’Amanda Wachob.
    Merci pour ce partage.

  • Bernard Sananès dit :

    Merci Pit pour ton talent artistique et pédagogique, ta constance et ta bonne humeur.
    Bernard, 78 ans… ancien Kiné, toujours 18 ans quand je dessine… chatouillé, énervé, exalté par un drôle de toujours même papillon, plume électrique et fiévreuse.

  • DARANC dit :

    Tin-Tin oui ze (en français) référence on le trouve même dans un San-Antonio. je me rapelle aussi d’un article ou il était question d’un maquillage de cicatrice. dans cet article (c’est vieux) il parlait aussi de l’évolution et du désir de tatouge en citant un procés ou un témoin anglais justifié de l’origine pénal d’un prévenu du fait de ses tatouages, ce qui fait relevé la manche du juge pour demander si lui était un évadé du bagne(Sic..) Come toi je ne porte pas de tatouage deux raisons est ce que je m’en lasserais? et qu’est ce que je pourrais bien avoir envie de porter à même la peaux (mes T-shirts mesuffisent (^_^) )
    ceci étant le tatou (héné n’est pas mal non plus certes il ne prends pas sur toutes les peaux mais il a l’avantage d’être ephémère
    Autrement il y a une emession sur la TNT ( la chaine je ne m’en rapelle pas je sui tombé dessus durant les zap de ma femmes ) ou il y a des réparateur de tatouages. Un tatouage démodé ou débile fait lors d’une soirée lègèrement arrosée( genre 3 bouteille de wiski par pesonne, de celles qui te persuade d’êrte un génie méconu) Il ne répare pas en fait il recouvre par un truc plus classe (et plus gros) mais dans le travail il y a des vrais artistes.

    • Pit dit :

      Oui on ne peut malheureusement pas réparer un tatouage.
      J’ai entendu parler d’un laser, mais je ne suis pas certain que d’envoyer un laser à haute intensité sur ses cellules souches ne soit pas cancérigène…
      Je suis plutôt pour la prévention. 🙂

  • Sandy dit :

    Certains tatouages sont vraiment originaux et magnifiques !! J’aime aussi beaucoup le travail de Lionel Fahy dont l’approche est similaire à Peter Aurisch (un client par jour, dessin à main levée dessiné le jour même, directement sur le corps, avant le tatouage). On compare parfois le mien à du Cocteau ou Picasso…
    Merci pour cet article!

  • jytte dit :

    Cher Pit Je préfère les dessins sur papier que sur le corps. Je pense toujours que l’exagération est une signe de mal-être :o)

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